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Le Pays de Galles et l’Euro 2016, quand l’expression “outsiders” prend tout son sens

Le Pays de Galles. Une terre où le sport sacré, au point d’en devenir presque une religion, se joue à 15 par équipe, et se prénomme Rugby. Et pourtant, en 2016, alors que l’équipe nationale galloise se qualifie pour la première fois de son histoire pour un Championnat d’Europe, la donne va s’inverser l’espace d’un été. C’est alors tout un peuple qui se met à rêver au cours d’un parcours historique entré dans l’histoire. L’Euro 2020 approchant à pas de géants, God Save The Foot vous narre à nouveau cette épopée aux allures de roman chevaleresque.


Le 13 octobre 2015, au Cardiff City Stadium. Le Pays de Galles, après un parcours historique en éliminatoires, est d’ores et déjà qualifié pour le premier Championnat d’Europe de son histoire. Ce dernier se tiendra quelques mois plus tard, en France. Profitant de la défaite d’Israël à Chypre 3 jours plus tôt, les hommes de l’emblématique Chris Coleman accueillent Andorre le cœur léger. Au bout d’une domination totale (32 tirs à 1, 81% de possession à 19%), ce sont les deux internationaux les plus en forme du moment, à savoir le milieu d’Arsenal de l’époque Aaron Ramsey, et la star madrilène Gareth Bale, qui permettent aux Dreigiau (Dragons en Gallois) de s’imposer sur le score de 2 à 0. Au coup de sifflet final, le Cardiff City Stadium s’embrase, et la communion entre supporters et joueurs n’a jamais semblé aussi forte. En effet, c’est à ce moment précis, bien que qualifiés depuis quelques jours, que les Gallois commencent à réaliser –  leur équipe va participer au premier Championnat d’Europe de son histoire.

Palais des Congrès de la Porte Maillot, Paris, 12 Décembre 2015. Le tirage au sort final pour les phases de groupes de l’Euro à venir. Un moment attendu de pied ferme par l’ensemble des supporters des 24 sélections participantes. Très vite, le groupe B se constitue : l’Angleterre, la Russie, la Slovaquie et… le Pays de Galles. Les Dreigiau se retrouveront donc face aux Three Lions. A ce moment précis, cet Euro 2016 devient une affaire de fierté pour les deux nations qui auront à cœur de dominer leurs voisins dans l’optique d’obtenir les célèbres bragging rights. Et si l’Angleterre paraît assez largement favorite, leur manager de l’époque, Roy Hodgson, appelle à la prudence.

“Nous connaissons tous les joueurs du Pays de Galles – presque tous jouent en Angleterre, mais ce que nous savons par-dessus tout, c’est que leur équipe est très organisée. ils ont un très bon état d’esprit et une solide colonne vertébrale”. 

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Le 31 mai 2016, Chris Coleman annonce son groupe de 23 joueurs qui partiront pour Paris afin d’y disputer l’Euro tant attendu. Un groupe majoritairement composé de joueurs évoluant dans des petits clubs de Premier League et de Championship, ainsi que de quelques fortes têtes qui composeront la “solide colonne vertébrale” dont parlait le sélectionneur anglais Roy Hodgson quelques mois plus tôt. C’est le cas par exemple du défenseur central Ashley Williams (Swansea) et du latéral Ben Davies (Tottenham) pour la défense, des milieux de terrain Aaron Ramsey (Arsenal) et Joe Allen (Liverpool), ainsi que de l’incontournable madrilène Gareth Bale, principale arme offensive du Pays de Galles version Coleman.

Une équipe aux joueurs majoritairement inconnus du grand public, et s’envolant pour Paris avec un statut d’outsider clairement assumé. Mais qu’importe : la force de cette équipe ne réside pas intégralement dans ses individualités, mais bel et bien dans son organisation tactique ainsi que dans la force de son collectif. Car oui, si le Pays de Galles possède une équipe bien moins forte sur le papier que les grands favoris du tournoi, l’adage “dans le football, tout peut arriver” résonnera massivement dans les oreilles des milliers de supporters Gallois qui traverseront la Manche pour venir encourager leur équipe.

Les Gallois à Bordeaux

11 juin 2016, Bordeaux. Pour leur retour dans une compétition majeure pour la première fois depuis plus de 50 ans, les Gallois se retrouvent face à la Slovaquie à l’occasion du premier match du groupe B. Au niveau des compositions, Coleman adopte le même système qu’en qualifications, et dont il se servira pendant la majorité de la compétition. A savoir un 3-5-2 / 5-3-2 hybride, qui permet au Pays de Galles d’être très solide défensivement en laissant très peu d’espace à l’adversaire, et d’exploser sur les phases de transitions. Danny Ward (Liverpool) remplace Wayne Hennessey de Crystal Palace pour ce premier match de poule. Devant lui, un solide back three, composé d’Ashley Williams, Ben Davies à gauche et James Chester (West Brom) à droite.

Pour suppléer cette défense à trois, deux latéraux qui joueront un rôle important : Chris Gunter (Reading) et Neil Taylor (Swansea). Au milieu, Dave Edwards (Wolverhampton) est aligné en pointe basse, en lieu et place de Joe Ledley (Crystal Palace), qui s’est fracturé la jambe un mois avant la compétition. Pour l’accompagner, deux milieux qui font la force du Pays de Galles : Joe Allen et le Gunner Aaron Ramsey. Jonathan Williams (Crystal Palace) est aligné devant, en compagnie de Gareth Bale qui occupera un rôle de neuf et demi.

Le magnifique coup-franc de Bale contre la Slovaquie (Crédits : Icon Sport)
Le magnifique coup-franc de Bale contre la Slovaquie (Crédits : Icon Sport)

10 minutes. C’est le temps qu’il faudra au Pays de Galles pour vivre ses premiers frissons européens. Légèrement excentré sur le côté droit, à 25 mètres des buts adverses, Gareth Bale s’apprête à tirer un coup-franc. Le ballon, flottant, fusille Kozacik, le gardien slovaque, et se loge au fond des filets. Les Gallois exultent, de Cardiff à Bordeaux.

En deuxième période, la Slovaquie parvient à recoller au score par l’intermédiaire de son milieu de terrain Ondrej Duda. A la 80ème minute, Aaron Ramsey reçoit le ballon entre les lignes aux abords de la surface adverse. Son crochet finit par atterrir dans les pieds de Robson-Kanu, ailier en fin de contrat avec Reading (Championship), rentré en pointe à la place de Jonathan Williams. Sa frappe du pied gauche complètement écrasée parvient à tromper la vigilance du portier slovaque. Robson-Kanu revêt alors l’habit de l’homme providentiel, et permet aux Pays de Galles d’obtenir la première victoire de son histoire dans un Championnat d’Europe. L’histoire commence à s’écrire.

6 jours plus tard, c’est contre l’Angleterre que le Pays de Galles s’apprête à jouer son second match de poule. Un match ô combien important, emprunt d’un symbolisme à la fois historique et politique, et que les supporters des deux nations ont à cœur de remporter. Trois changements par rapport à l’équipe alignée par Coleman contre la Slovaquie – le gardien Wayne Hennessey retrouve sa place de titulaire, Joe Ledley est aligné au milieu de terrain derrière Joe Allen et Aaron Ramsey, tandis que l’homme providentiel d’un jour, Robson-Kanu, est préféré à Jonathan Williams. Les hymnes nationaux retentissent ensuite dans un Bollaert-Delelis en effervescence.

Et comme si l’histoire était amenée à se répéter, c’est une nouvelle fois par l’intermédiaire de son maître à jouer Gareth Bale, sur coup-franc, que le Pays de Galles prend l’avantage. Menés à la mi-temps, les Anglais vont pousser, pour finalement revenir au score grâce à l’incontournable Jamie Vardy. Dans le temps additionnel, les hommes de Roy Hodgson continuent à mettre de la pression sur les Gallois. Daniel Sturridge récupère le ballon dans la surface après un énorme cafouillage, et sa frappe soudaine du pied droit vient tromper Hennessey. L’arbitre siffle la fin du match, l’Angleterre s’impose, et la réalité frappe un Pays de Galles qui semblait pourtant jusque-là vivre le parfait conte de fée.

Après cette première désillusion, le Pays de Galles a toujours son destin entre les mains. Mais la qualification des coéquipiers d’Ashley Williams n’est toujours pas assurée : en cas de défaite contre la Russie à l’occasion du dernier match de groupe, les Gallois tomberaient à la 4ème et dernière place du groupe, synonyme d’élimination. L’enjeu ne semble pourtant pas faire trembler les hommes de Chris Coleman, qui réalisent leur meilleur match de la compétition. Une prestation collective de premier ordre, un bloc défensif qui ne laisse aucune marge de manœuvre à une équipe russe complètement asphyxiée, et une faculté à emballer les rencontres grâce à un supplément d’âme au cœur des ambitions de jeu. Aaron Ramsey ouvre le score d’un somptueux piqué à la 11ème minute, puis le latéral gauche Neil Taylor enfonce le clou 9 minutes plus tard. A la 67ème minute, c’est l’inévitable Gareth Bale qui vient crucifier la Russie d’un superbe extérieur pied gauche après un gros travail d’Aaron Ramsey à la construction.

L’histoire continue de s’écrire, et le Pays de Galles se qualifie pour les huitièmes de finale de la compétition. Mieux encore, avec le nul dans la rencontre opposant l’Angleterre à la Slovaquie, ce sont les Gallois qui récupèrent la première place du groupe. Les Outsiders ont désormais outrepassé leur statut, dans une compétition d’ores et déjà légendaire. Le fier peuple du Dragon Rouge jubile, et peut continuer à rêver. Son adversaire en huitièmes de finale sera l’Irlande du Nord, troisième du Groupe C.

C’est au Parc des Princes, le 25 juin 2016, que se déroule ce fameux huitième de finale entre ces deux voisins que l’Irish Sea sépare. Deux nations au statut d’Outsiders que personne n’attendait aussi loin – et pourtant, le vainqueur obtiendra bel et bien son billet pour les quarts de finale. Un match sur le point de déchaîner les passions des supporters des deux équipes venus en nombre sur le territoire français.

Les Gallois à Paris avant le match contre l’Irlande du Nord

Au niveau de la composition, le Pays de Galles continue avec le système qui lui a tant réussi jusque-là, avec un petit changement : Sam Vokes remplace Robson-Kanu. Le match démarre, et est relativement fermé. Les deux équipes sont en effet très solides défensivement, avec des blocs très denses laissant très peu d’espace à leurs adversaires respectifs. Du côté du Pays de Galles, le défenseur central James Chester de West Brom continue à être impérial, repoussant les assauts lancés par les coéquipiers de Stuart Dallas. Les minutes passent, les respirations se font de plus en plus longues. Le poids de la tension pèse plus intensément sur les épaules des 44 000 supporters présents au Parc des Princes, et celles des millions de téléspectateurs réunis chez eux, en fan zones, ou dans les bars.

75ème minute, le score est toujours vierge. Excentré sur le côté gauche, Gareth Bale reçoit le ballon et adresse un centre puissant dans la surface adverse. Ce dernier oblige le défenseur central McAulay à tacler. Le ballon rebondit sur sa semelle droite, et vient se loger au fond de ses propres filets. Le Pays de Galles prend l’avantage, et il parviendra à le conserver durant les minutes restantes. Le coup de sifflet final retentit. Pays de Galles 1-0 Irlande du Nord. Une nouvelle fois, de Paris à Rhyl en passant par Cardiff, les fans Gallois exultent : l’histoire continue à s’écrire devant eux, alors que leur sélection vient d’obtenir son billet pour les quarts de finale du premier Championnat d’Europe de son histoire. En interview d’après-match, Chris Coleman semble toujours sur un petit nuage.

“Ces garçons… Ce qui est fort avec eux, c’est qu’ils ont un super état d’esprit, et même quand ils ne jouent pas super bien, ils arrivent à tenir bon. Nous avons mis beaucoup de cœur, nous avons été très courageux, et nous avons montré que nous sommes capables de nous adapter. On passe, et c’est un exploit incroyable, un sentiment juste génial”.

Le CSC de McAulay qui envoie les Dragons en quarts (Crédits : IconSport)
Le CSC de McAulay qui envoie les Dragons en quarts (Crédits : IconSport)

Lille, 1er Juillet 2016. C’est à Pierre-Mauroy que se jouera ce quart de finale historique entre Gallois et Belges. La Cité Nordiste, prise d’assaut par des milliers de supporters des deux équipes, est depuis quelques jours un gigantesque terrain de jeu où se mêlent chants et célébrations. Et pour cause : le futur gagnant atteindra les demi-finales, et figurera parmi les 4 meilleures sélections européennes. Aucune des deux sélections ne souhaite rentrer à la maison, et encore moins les Gallois pour qui le chant “Don’t Take Me Home” n’a jamais eu autant de sens.

Les Gallois à Lille, chantant le célèbre “Don’t Take Me Home”

La composition alignée par Chris Coleman est sensiblement la même que depuis le début de la compétition, avec Robson-Kanu qui retrouve une place de titulaire en pointe aux côtés de Gareth Bale. S’il n’est absolument pas favori face à l’ogre Belge, le Pays de Galles devra compter sur sa vaillance et sur sa force collective pour espérer faire face à une équipe aux talents individuels largement supérieurs. Le coup d’envoi est donné, et déjà la silhouette d’un match à haute intensité se dessine. Au bout de seulement 6 minutes de jeu, la Belgique passe tout près d’ouvrir le score après trois tentatives successivement repoussées par les Gallois, dont une par James Chester sur sa ligne. Deux minutes plus tard, c’est Gareth Bale qui trouve le petit filet extérieur de Courtois après une grosse frappe côté gauche. Le match est lancé. Et il est sur le point de s’emballer : 12ème minute de jeu, Nainggolan crucifie Wayne Hennessey d’une frappe incroyable à 25 mètres. Le ballon vient se loger dans la lucarne gauche du portier gallois et offre l’avantage à la Belgique.

A ce moment précis, les dés paraissent quasiment jetés. Mais le Pays de Galles a de la ressource, et est poussé par toute une nation. Il en faudra bien plus pour les voir abdiquer. Et pour cause : 30ème minute de jeu, le Gunner Aaron Ramsey s’apprête à tirer un corner côté droit. Bien fouetté, son ballon atterrit sur la tête du capitaine Ashley Williams, qui crucifie un Thibaut Courtois impuissant. Les deux équipes sont de nouveau à égalité, dans un match à l’intensité folle. Au retour des vestiaires, la Belgique se fait de plus en plus pressante. Lukaku puis Eden Hazard passent tout près de redonner l’avantage à la Belgique. Et puis, à la 55ème minute, le moment fatidique. L’état de grâce. La transition officielle, de ce qui ressemblait jusque-là à un conte de fée, vers le roman chevaleresque. Un moment que tous les fans de football devant le match n’ont pu oublier, tant le symbolisme en suintant fut puissant.

Aaron Ramsey est lancé sur le côté droit, contrôle, puis centre. Le ballon arrive sur Robson-Kanu, dans la surface, dos au but. Et soudain, l’éclair de génie. D’un Cruyff Turn qui restera dans les annales, il se débarrasse de Thomas Meunier et Marouane Fellaini complètement laissés sur place. En une fraction de secondes, il se retrouve face à Thibaut Courtois, et ouvre son pied gauche. Les soufflent se coupent, les cœurs se remplissent. Jamais un moment, d’ordinaire si court, n’a paru aussi long. Le ballon quitte le pied gauche de Robson-Kanu, et termine sa course au fond des filets. Le stade gronde, tout comme la fan zone de Cardiff, où l’engouement se traduit par des centaines de verres projetés en l’air.

Le Cruyff Turn légendaire de Robson-Kanu (Crédit photo : Skysports)

A ce moment précis, les Gallois mènent face à des Belges qui peinent à croire la scène venant de se dérouler sous leurs yeux tant elle paraît invraisemblable. Et pour cause : qui aurait pu prévoir que Robson-Kanu se muerait à nouveau en homme providentiel ? Lui, l’ailier de Reading, aux 3 maigres réalisations en Championship, et dont le contrat n’allait pas être prolongé après l’Euro ? Absolument personne. Comme un symbole, c’est pourtant lui qui délivre son pays, rappelant à tous à quel point le football est un sport imprévisible.

La Belgique pousse, mais ni Eden Hazard, ni Kevin De Bruyne, ni Marouane Fellaini, ni Romelu Lukaku, pourtant tous partie intégrante de cette génération belge dorée, ne parviennent à trouver la solution. 85ème minute. Chris Gunter adresse un centre côté droit. Il trouve Sam Vokes dans la surface. La tête décroisée de l’attaquant de Burnley, tout récemment promu en Premier League, trompe un Thibaut Courtois désemparé. Une nouvelle fois, c’est un joueur de Championship qui crucifie les espoirs Belges.

L’histoire nous apprendra plus tard que Chris Coleman ne voulait pas que son latéral centre, dans l’optique de conserver le ballon et le score de 2 à 1. “Ne centre pas ce putain de ballon, il me disait. Je suis bien content de l’avoir fait!”. L’histoire devait, de toutes façons, appartenir aux Dragons gallois ce soir-là. Quelques minutes plus tard, elle s’écrit à nouveau. L’arbitre siffle la fin du match, et officialise ce qu’aucun observateur n’avait prévu : le Pays de Galles se qualifie pour les demi-finales de l’Euro 2016. A Lille, les fans explosent. A Cardiff, à Swansea, à Newport, à Wrexham, à Neath, dans les fan zones, dans les pubs, dans la rue, dans les foyers, tout le monde explose. L’effervescence est généralisée, comme le sentiment commun de vivre un événement historique. 

Les Gallois exultent après ce match historique contre la Belgique

Il est vrai que du mérite, le Pays de Galles en aura eu beaucoup tout au long de son parcours. La force de cette équipe aura résidé dans son collectif, et sa capacité à respecter un système qui tirait également le meilleur des individualités disponibles. Mais ce qui est important à retenir, c’est l’âme et le cœur qu’ont mis les Gallois dans leur football, portés par toute une nation dont la fierté n’aurait pu être plus grande. Une fierté envers Gareth Bale, Aaron Ramsey, Joe Allen, Ben Davies, Ashley Williams, que le monde connaissait et qui ont su devenir de vrais leaders. Envers James Chester, défenseur central impérial pendant toute la compétition, ou encore Chris Gunter le centreur fou, tous deux de Reading. Mais également envers Sam Vokes qui a su délivrer les siens, et Robson-Kanu, le rejet de Reading, dont l’enchaînement est entré dans le Hall of Fame de la compétition. Comme l’ont prouvé tous ces Gallois face à la Belgique, les individualités ne sont rien si elles ne s’inscrivent pas dans un collectif qui bonifie. Et c’est précisément ce collectif, couplé à la force de caractère de ces Gallois, qui leur ont permis de réaliser un parcours aussi admirable.

Cristiano Ronaldo s’envole pour inscrire le premier but de la rencontre, sur corner (Crédit photo : Goal.com)

Le 6 juillet 2016, à Lyon. Demi-finale de l’Euro 2016. Après une première période plutôt fade, le Pays de Galles se fait cueillir à froid en tout début de deuxième période. En l’espace de 3 minutes, Ronaldo sur corner puis Nani scellent l’issue de la rencontre. Les Portugais deviendront par la suite Champions d’Europe. L’aventure s’achève pour les hommes de Chris Coleman. Certains diront que la marche était trop haute, et que le Pays de Galles peut avoir des regrets. Si ce fut certainement le cas quelques minutes après cette demi-finale historique, les regrets se sont vite envolés pour faire place à la fierté et à la gratitude. La gratitude envers un groupe de 23 joueurs, d’un sélectionneur et d’un staff que personne n’attendait à ce niveau. La gratitude envers un parcours épique et semé de moments qui sont entrés dans l’histoire du football Gallois. 

De retour au pays, les Dragons sont accueillis comme de vrais héros. Après l’adrénaline d’une compétition au rythme frénétique vient le retour à la réalité et au football de club pour l’ensemble du groupe. Le spleen s’installe chez certains pour qui ce retour est plus fracassant que prévu. Mais qu’importe : tous se rappelleront de ce 1er juillet 2016 et de cette victoire historique contre la Belgique. Et c’est précisément armé de se souvenir que les Gallois se rendront à Baku le samedi 12 juin 2021 à l’occasion de leur premier match de groupe face à la Suisse, certainement avec la ferme volonté de continuer à écrire les pages de l’histoire de leur football.

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Quentinschlz

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