RetroTour d'Europe

Liverpool et le Real Madrid : des confrontations dantesques

Liverpool et le Real Madrid ont une histoire commune très filée. Revenons sur les différentes confrontations entre les deux clubs.

Le Liverpool Football Club et le Real Madrid se retrouvent une nouvelle fois opposés dans une finale européenne. Si Liverpool apparaît de façon très claire comme l’outsider vis à vis de l’ogre madrilène, cela n’a pas toujours été ainsi. Focus sur cette finale à venir, et retour sur les confrontations entre Liverpool et le Real Madrid dans l’histoire. 

Liverpool – Real Madrid 2018 : la folie face au pragmatisme 

Les parcours des deux clubs finalistes sont diamétralement opposés : Liverpool s’est fait peur face à des adversaires réputés plus faibles en dehors de Manchester City, quand le Real Madrid a froidement fermé la porte aux grosses écuries européennes, dont une qualification chanceuse face à la Juventus. Ayant chacun bénéficié d’un arbitrage européen plus que discutable dans sa qualité, les deux clubs se sont hissés au sommet sur des décisions parfois litigieuses.

Salah célébrant face à Manchester City en Ligue des Champions.

Néanmoins, c’est une véritable opposition de style qui s’annonce entre Liverpool et le Real Madrid pour cette finale. Le jeu rapide et dynamique s’appuyant sur une attaque en réussite cette saison face au jeu construit et réfléchi nourrit de maturité des madrilènes. À noter le retour dans le groupe du LFC d’Emre Can, revenu de blessure et prêt à offrir sa technicité au milieu du terrain. Si le Real Madrid part évidemment grand favori de cette opposition, nul doute que Liverpool aura sa carte à jouer, et si ses cadres sont en grande forme, peut-être retourner les pronostics comme en 2005 dans cette finale mythique face au Milan A.C. 

Liverpool – Real Madrid 1981 : Symbole de la maturation du LFC 

L’affiche de ce soir n’est pas inédite. Les deux clubs se sont déjà affrontés en finale de C1, il y a maintenant plus de trente-cinq ans. Ce soir-là, Liverpool fait face à un problème inattendu avant même le début du match. Les joueurs furent obligés de couvrir le logo Umbro de leurs maillots avec de l’adhésif blanc suite à des conflits concernant la publicité de la part des diffuseurs TV. « C’était absolument diabolique » rappelle Alan Kennedy, aillier du Liverpool Football Club. « Quelques heures avant le début du match, nous étions là à mettre de l’adhésif sur nos maillots les uns les autres. » 

But de Kennedy face au Real Madrid.
But de Kennedy face au Real Madrid. (Source : LFC TV)

« C’était absolument ridicule et n’arriverait jamais de nos jours, mais Bob (Paisley, entraîneur du club, ndlr) a réagit de la bonne façon. Il a dit que nous devions être encore plus déterminés à gagner le match. Son attitude était toujours de dire que si quelqu’un nous mettait des bâtons dans les roues, nous passerons au dessus, et c’est exactement ce que nous avons fait. »

Allan Kennedy était incertain pour ce match. Pourtant, c’est bien lui qui marquera le seul but de cette opposition, permettant à Phil Thompson de soulever la coupe aux Grandes Oreilles pour la troisième fois de l’histoire du club. « We won it in gay Paris » taquinent les supporters du LFC dans leur chanson « we won it five times ». Liverpool célébrera le titre avec une banderole « Thanks Barney », pour s’amuser de la ressemblance entre Kennedy et le personnage de la série animé les Pierrafeu Barney Rubble.  

Liverpool passera de longues années sans recroiser le chemin du club madrilène, qui enchaîne les trophées. Jusqu’en 2009. 

Liverpool – Real Madrid (aller-retour) 2009 : Liverpool au sommet 

Le temps a passé, et Liverpool a su reconstruire son équipe après la consécration de 2005. En 2009, nous sommes sur la fin de la période Gerrard-Torres, le duo qui fit trembler l’Angleterre. Liverpool hérite d’un groupe assez relevé, et sort en tête de celui-ci avec derrière lui l’Atlético Madrid, puis les deux équipes disqualifiées l’OM et le PSV Eindhoven. Le tirage des huitièmes de finale est loin d’être clément pour les Reds : le Real Madrid aussi tôt dans la compétition, il y a de quoi trembler. Pourtant, c’est l’équipe de Rafael Benitez qui prend le pas sur celle de Juande Ramos grâce à un match pourtant dominé par les locaux, trop empruntés pour être décisifs qui sont crucifiés à la 82ème minute par un coup de tête rageur sur coup france de Yossi Benayoun. Le LFC exulte, et se met en bonne position pour le match retour. 

Gerrard et Torres célébrant après le but. (Source : BBC)
Gerrard et Torres célébrant après le but. (Source : BBC)

Mais c’est bien ce match retour qui va marquer les esprits. Anfield vibre comme rarement dans l’histoire récente. Et le Liverpool Football Club va produire un jeu extraordinaire, mené à la baguette par Gerrard, Torres et Mascherano laissant le grand Real Madrid totalement impuissant. Les occasions se multiplient, jusqu’à ce que Torres profite d’une passe millimétrée de Dirk Kuyt pour ouvrir le score. Casillias offre une performance sublime empêchant son équipe de sombrer, mais c’est peine perdue. Heinze concède un penalty sous la pression pour une main, que Gerrard transforme sans trembler. En seconde période, c’est encore le capitaine qui marque d’une reprise de volée superbe comme il en a seul le secret. Le Real Madrid est au fond du gouffre, et Liverpool parachève sa victoire face au nouveau club de Jerzy Dudek par le premier but de Dossena sous les couleurs de la Mersey. Liverpool écrit une page d’histoire face au géant madrilène,  mais perdra la confrontation anglaise en quarts de finale face à Chelsea. 

Liverpool – Real Madrid (aller-retour) 2014 : le parcours de la honte

« When you walk, through a storm… », les premières paroles du célèbre You’ll Never Walk Alone ne pourrait pas mieux résumer la difficulté de ce retour tant attendue de Liverpool en Ligue des Champions.

Liverpool n'espère pas revoir un tel scénario. (Source : Ian Hodgson)
Liverpool n’espère pas revoir un tel scénario. (Source : Ian Hodgson)

Le groupe semblait pourtant accessible, composé en dehors du géant espagnol d’un timide champion de Bulgarie avec le Ludogorets Razgrad et du FC Bâle. Et pourtant, c’est bien Liverpool qui terminera à la troisième place du groupe, synonyme de disqualification. Le Real Madrid surclasse une équipe des Reds encore trop fragile, sans fond de jeu à Anfield et se venge sur la même pelouse où quelques années avant ces mêmes clubs s’étaient affrontés. Trois buts à zéro à domicile, le score est difficile à avaler pour Liverpool. Le match retour sera sans enjeu, Liverpool étant déjà éliminé et envoyant une équipe totalement farfelue à Santiago Bernabeu, qui aura au final donné le change en ne perdant que un but à zéro. C’est sur ce souvenir que Liverpool quitte le Real Madrid, et c’est ce soir que les deux formations vont se retrouver, avec un passif plein de volonté de revanche pour soulever le plus prestigieux des trophées. 

L’auteur

Hadrien

Hadrien

Liverpool Football Club par la naissance, souvent aperçu dans les bars parisiens louant les qualités intrinsèques de Dirk Kuyt et les coups de tête de Ian Rush. Très peu objectif envers Manchester United, rarement habillé après les buts de Salah. Pour le reste, il fait ses études à la Sorbonne et se passionne pour le football roumain.