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Ayman Ben Mohamed : “En Tunisie on m’appelle l’irlandais”

Né à Londres d’un père tunisien et d’une mère irlandaise, le parcours d’Ayman Ben Mohamed est une invitation au voyage. De son enfance à Dublin jusqu’à la sélection tunisienne, en passant par la Ligue 2 française, le championnat turc et deux Champions Leagues africaines avec l’Esperance de Tunis, le latéral nous raconte son histoire.

Peux-tu te présenter aux lecteurs en quelques mots ?
Je m’appelle Ayman, j’ai 26 ans, né en Grande Bretagne, plus précisément à Londres et j’ai vécu la plus grande partie de ma vie en Irlande. Je suis irlando-tunisien : mon père est tunisien et ma mère irlandaise.

Quel est ton parcours ?
J’ai fait mes classes à St Joseph’s Boys, un club formateur irlandais réputé qui a sorti un grand nombre d’internationaux. Pendant mes études, j’ai joué à UCD (University College Dublin), une équipe universitaire qui évolue entre la première et la deuxième division – d’abord en U19 puis avec l’équipe première pour mes débuts dans le championnat d’Irlande. J’ai porté les couleurs de deux autres clubs irlandais – Longford et Bohemian FC. J’ai ensuite découvert d’autres championnats avec l’Esperance de Tunis, puis Le Havre en Ligue 2. J’étais prêté depuis janvier 2021 en Turquie à Denizlispor. Je suis également international tunisien – j’ai été appelé pour la première fois en 2016 lorsque j’évoluais au Bohemian FC.

Tu as la spécificité d’avoir changé de position sur le terrain au cours de ta carrière.
J’ai principalement évolué ailier gauche dans le championnat d’Irlande. Lors de mon arrivée à l’Esperance de Tunis, le coach en place a décelé en moi des qualités de latéral et a souhaité me tester à cette position, ce qui correspondait à mon jeu. Depuis, je joue latéral en club comme en sélection nationale. J’ai le sentiment d’être à ma place sur le terrain maintenant et que je jouerai à ce poste pour le reste de ma carrière professionnelle.

Né en Angleterre d’un père tunisien et d’une mère irlandaise, tu étais prédisposé à voyager !
Oui exactement ! Je navigue entre les cultures irlandaise et tunisienne. J’ai toujours aimé voyager, et le football me donne ce privilège incroyable de découvrir le monde et de m’intéresser à de nouveaux pays. Je mesure ma chance de pouvoir associer le foot et les voyages. J’ai pu visiter des régions du monde et vivre des expériences que je n’aurais jamais imaginées.

En Irlande les sports gaéliques et le rugby sont omniprésents. Comment et pourquoi as-tu choisi le football ?
Un des potes avec qui je jouais dans la rue était inscrit dans le club du quartier. Un jour il m’a proposé de l’accompagner. Les entrainements et l’ambiance m’ont plu et j’ai vite compris que j’avais de bonnes bases, donc j’ai pris ma première licence et n’ai jamais arrêté. Je me suis également essayé aux sports gaéliques et au rugby comme tous les gamins en Irlande. Ce sont des sports hyper exigeants physiquement. 

Quelles sont tes passions en dehors du foot ?
Pendant mon temps libre les moments de repos sont essentiels. C’est pourquoi je privilégie les activités « calmes » telles que jouer aux jeux vidéo ou regarder un bon film par exemple. J’adore suivre le sport à la TV : en tant que supporter de Liverpool, je me pose volontiers devant un match des Reds. Je m’intéresse également beaucoup à d’autres pratiques comme l’UFC, la boxe et le rugby.

Ayant grandi dans un environnement multiculturel, penses-tu que ton football est influencé à la fois par un style tunisien et irlandais ?
Je suis assez d’accord sur ce mélange de cultures dans mon football. J’ai fait mes classes en Irlande et bien que n’étant pas un gros gabarit, je me suis adapté à un football physique exigeant une grosse débauche d’énergie et de fighting spirit. Et mon côté tunisien se retrouve dans mes qualités techniques balle aux pieds. Cette double culture se perçoit aussi dans mes capacités à m’acclimater aux conditions météo parfois difficiles en Irlande avec des terrains détrempés, ou à l’inverse aux chaleurs accablantes en Tunisie.

Tu as effectué tes débuts senior avec UCD, un club universitaire qui a la particularité d’évoluer dans le championnat national irlandais. C’était important de répartir ton temps entre les études et le sport de haut niveau ?
C’était un équilibre à trouver, car je ne voulais pas sacrifier mes études pour le football. Mon objectif premier était de devenir pro mais l’université me permettait d’obtenir une certaine sécurité. Finalement j’ai pu effectuer et valider deux années à la fac avant d’être contacté par l’Espérance de Tunis. Il ne m’a pour l’instant pas été possible de reprendre mes études depuis, ma carrière ayant « pris le dessus ». Je souhaitais réellement terminer mon cursus universitaire, mais je ne pouvais pas laisser passer l’opportunité de signer dans un club mythique comme L’Espérance, d’autant plus que j’ai de la famille à Tunis.

Ici à gauche avec UCD, l’apprentissage du haut niveau

Pendant ta période irlandaise tu as joué à UCD, puis Longford dans le centre du pays, avant un retour à Dublin avec Bohemian FC. Quel fut le déclic pour devenir footballeur professionnel ?
Dès ma première saison en League Of Ireland avec UCD, j’ambitionnais de devenir footballeur à plein temps. Mon but s’est précisé lors de mon passage au Bohemian FC. Je jouais mon meilleur football dans l’un des clubs les plus prestigieux du pays, de surcroit basé dans la capitale et qui bénéficie d’une exposition médiatique accrue. Ainsi, plusieurs clubs ont commencé à me superviser. C’est en outre à ce moment-là que j’ai été appelé en équipe de Tunisie, donc tout s’est réellement accéléré en 2016.

Bohemian FC, un club avec une identité affirmée. Pourquoi est-il si spécial ?
Déjà, je veux mettre en avant les supporters qui sont absolument incroyables ! Le club bénéficie d’une solide fanbase. C’est une institution au sein de laquelle les valeurs d’humilité et d’ouverture à la culture de l’autre sont de rigueur. On le ressent sincèrement au quotidien. Par exemple étant moi-même musulman, pendant le ramadan le club s’est montré extrêmement compréhensif et à l’écoute de mes besoins. Lorsqu’on se sent aimé et soutenu en toutes circonstances, on a envie de se donner corps et âme sur le terrain pour les dirigeants, les co-équipiers, les employés du club et les supporters. 

Ayman se fait un nom lors de son passage au Bohemian FC

Grâce à tes performances remarquées avec Bohemian FC, tu reçois ta première convocation avec l’équipe nationale de Tunisie. Raconte nous comment c’est arrivé.
J’étais à la bibliothèque universitaire lorsque j’ai reçu un appel d’un numéro tunisien. Je pensais évidemment à un coup de fil de ma famille à Tunis, mais l’interlocuteur se présente comme un membre de la fédération tunisienne. Difficile à croire ! J’étais sous le choc car cela arrivait de nulle part. Je n’imaginais pas un seul instant que la fédération tunisienne puisse s’intéresser au championnat irlandais et à mon parcours. Un moment inoubliable pour moi ! J’ai appelé mon père, ma famille, mes amis, pour partager ce moment d’euphorie.

Comment la fédération tunisienne te connaissait-elle ?
Je ne suis pas certain de la manière dont ils sont arrivés jusqu’à moi. Il me semble qu’ils avaient surtout analysé mon jeu en regardant des vidéos avant de me convoquer.

Tu as accepté directement la sélection tunisienne. Bien qu’étant aussi éligible pour l’équipe nationale irlandaise, tu n’as pas tergiversé une seconde.
Un appel pour une sélection nationale ne se refuse pas. J’aurais accepté aussi l’Irlande mais la Tunisie s’est manifestée avant. Je n’avais jamais été sélectionné chez les jeunes avec l’Irlande, à l’exception d’un unique match amical avec les meilleurs irlandais U21 évoluant en Irlande. Donc je n’espérais pas de convocation avec l’Irlande pour être honnête.

Tu es rentré dans l’histoire en devenant premier international tunisien évoluant dans le championnat d’Irlande.  Les autres joueurs proviennent tous de championnats plus huppés comme la France, l’Italie, l’Allemagne, la Turquie ou le Moyen Orient. Comment as-tu trouvé tes marques dans le vestiaire ?
L’adaptation fut compliquée. J’étais jeune, ne parlais pas bien l’arabe, pas du tout le français, et peu de joueurs maitrisaient l’anglais. La communication pour s’intégrer dans un groupe est primordiale, à fortiori en sélection nationale. De plus, arrivant d’un petit championnat je me sentais un peu moins légitime que des joueurs expérimentés à dire vrai. Ça m’a pris un peu de temps mais j’ai appris à connaitre les autres joueurs et mon arrivée à l’Espérance a facilité mon intégration.

Tu es ensuite régulièrement appelé en 2018 et 2019, et participes à des tournois tels que la Coupe d’Afrique des nations.
En arrivant à l’Espérance je n’avais pas le temps de jeu espéré, puis j’ai eu le malheur de me rompre les ligaments croisés. J’ai énormément travaillé pour revenir au niveau. Mon retour sur les terrains s’est déroulé lors d’une demi-finale de ligue des champions africaine, un match hyper médiatisé au pays. Ceci m’a permis de rapidement réintégrer l’équipe nationale après cette blessure.

En sélection il se frotte au gratin mondial

Quel est ton meilleur moment avec l’équipe nationale ?
Ma première sélection restera gravée à jamais. En devenant joueur international, je réalisais un rêve qui paraissait auparavant inaccessible. J’ai pu rendre mes proches fiers, ce qui a une valeur inestimable et donne ainsi une dimension supplémentaire à ce moment inoubliable. 

Quelques mois après ta première apparition dans la liste pour la sélection tunisienne en 2016 tu signes avec l’Esperance, un des plus grands clubs d’Afrique. Comment on passe de Bohemian FC à l’Espérance ?
Après ma première convocation avec l’équipe nationale, et bien que n’étant pas entré en jeu, plusieurs clubs ont manifesté leur intérêt. J’ai reçu des propositions de grosses cylindrées tunisiennes. J’ai tout de suite donné priorité à l’Espérance de Tunis, un club iconique qui empile les trophées, et m’offrait ainsi une belle exposition pour la suite de ma carrière. Le fait d’avoir de la famille à Tunis a bien entendu joué dans cette décision et fait pencher la balance. 

Selon toi quelle aurait été ta carrière en club sans convocation avec l’équipe nationale ?
Tout serait différent indéniablement ! J’ai toujours rêvé d’être footballeur professionnel, mais à aucun moment l’idée de jouer pour un club aussi prestigieux que l’Espérance de Tunis ne m’avait traversé l’esprit. Comme tous les jeunes irlandais, le chemin se trace naturellement vers la Grande Bretagne donc je me voyais plutôt intégrer un club en League One, Championship ou en Ecosse. Lors de mon passage au Bohemian FC j’ai appris que des clubs britanniques me supervisaient, mais l’histoire a choisi une autre direction. 

Lors de ton arrivée en Tunisie, un nouveau monde s’ouvre à toi. Tu passes d’un championnat d’Irlande avec une moyenne de 2.000 à 3.000 spectateurs dans un pays où le foot est secondaire, à la Tunisie qui vibre pour le ballon rond. Tu joues au stade de Rades devant 60.000 spectateurs. Quel choc !
Oui c’était le grand écart. Sans offenser le championnat irlandais et le Bohemian FC qui est un club avec des fans extraordinaires, j’ai compris la folie autour du foot lors de mon arrivée à l’Espérance. Les supporters sont amoureux de leur club ! Pour te dire à quel point ils sont passionnés, ils préfèrent leur club à l’équipe nationale. Il y a aussi des grosses rivalités entre Esperance, Club Africain, Etoile du Sahel. Jouer ces matchs devant des supporters en feu est une expérience absolument incomparable.

L’ambiance éléctrique des grands rendez-vous avec l’Esperance de Tunis

Comment gères-tu les gros matchs dans un stade en folie pendant 90 minutes ?
Il y a eu un temps d’adaptation. Lorsque tu rentres dans un stade en ébullition, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché. Au départ j’étais nerveux car l’ambiance te prend un peu par surprise. Il faut bien respirer et savoir gérer ses émotions. Juste après mon arrivée au club on dispute par exemple la finale de la coupe nationale contre le grand rival Club Africain devant 60.000 spectateurs. Je suis blessé et ne joue pas, mais je ressens cette ambiance incroyable. Le bruit est tel que tu n’entends pas le gars à coté de toi.

Et une fois que tu as pris la mesure de l’ambiance, c’est que du bonheur ?
Exact, au bout de quelques semaines j’ai pris la mesure de l’évènement et c’est devenu ultra galvanisant d’être soutenu par des fans aussi passionnés et qui mettent le club au cœur de leur vie. Ça donne une énergie folle et indescriptible. 

Comment gère-t-on une notoriété naissante lorsqu’on est footballeur à l’Espérance de Tunis et en équipe nationale. Est ce qu’on t’arrête dans la rue par exemple ?
Les joueurs de l’Esperance sont reconnus dans la rue surtout quand tu joues régulièrement. C’est un club qui fait partie intégrante de la ville. En Irlande personne ne reconnait les joueurs du championnat, alors c’était tout nouveau et un peu étrange de gérer cette relation avec le public à Tunis, qu’on m’interpelle, qu’on me demande des selfies. Il faut préciser qu’en Tunisie on suit essentiellement le championnat tunisien, contrairement aux irlandais qui s’intéressent principalement au foot anglais.

Avec l’Espérance de Tunis tu as rempli ton armoire à trophées avec 3 titres de champion de Tunisie, une  Super Cup et deux Champions Leagues africaines. Quel est ton sentiment d’évoluer dans un club qui gagne tout ?
J’ai vraiment pris du plaisir lors de ma troisième saison ici, j’ai eu plus de temps de jeu et j’ai contribué pleinement au succès du club. La saison précédente je revenais doucement de ma rupture des ligaments croisés donc je me suis armé de patience pour trouver ma place. D’autant plus que mon retour de blessure coïncide avec la phase finale de la Champions’ League qui correspondait au 100ème anniversaire du club. Les supporters nous ont mis une pression extraordinaire, et n’auraient rien accepté d’autre qu’une victoire. Autant te dire que c’était un soulagement lorsqu’on a gagné et une victoire personnelle après ma longue blessure.

Explosion de joie après la victoire en Champions League africaine

La victoire en Champions League africaine ouvre les portes de la Coupe du Monde des Clubs que tu as pu disputé en 2019. Tu affrontes des clubs que tu n’aurais jamais soupçonné rencontrer.
Encore un de mes plus beaux souvenirs ! J’étais vraiment heureux d’entrer dans une compétition avec des clubs venant des quatre coins du monde, comme Guadalajara (Mexique) par exemple. Déjà en Champions League on s’était déplacé au Congo et en Guinée. Chaque voyage est un souvenir particulier. 

En fin de contrat en Tunisie, contre toute attente tu t’engages avec Le Havre en Ligue 2 !
En toute transparence, dès ma signature avec l’Espérance mon objectif était de revenir en Europe. Je comptais sur la visibilité du club pour me faire connaitre. Les trophées nationaux et continentaux m’ont permis d’être sollicité par un certain nombre de clubs. J’ai refusé de prolonger car Le Havre m’offrait une belle opportunité d’évoluer en France avec de l’ambition et une forte exposition. Mon but était de poursuivre ma progression pour viser plus haut et pourquoi pas me faire remarquer par des clubs anglais, voire monter en Ligue 1 car c’est l’ambition du HAC à l’entame de chaque saison.

Tu avais des touches en Angleterre avant ta signature au Havre ?
Quelques clubs en Championship avaient manifesté leur intérêt à mon agent. Ils souhaitaient me superviser plus spécifiquement pendant la CAN 2019 avant de formuler une éventuelle offre plus concrète. Malheureusement j’ai peu joué pendant la CAN donc cela n’a pas abouti. A la même période, Le Havre m’a fait confiance donc je n’ai pour ainsi dire pas hésité.

Comment s’est passée ton adaptation au Havre ?
En arrivant je ne parlais pas suffisamment le français. J’avais opté pour l’espagnol à l’école, ce qui était peut-être une erreur quand j’y repense. Arrivant de Tunisie j’avais quand même quelques notions de français, mais je devais m’améliorer pour être en mesure de communiquer parfaitement. Culturellement j’ai senti un « gap » avec la Tunisie ou l’Irlande, donc il a fallu prendre le temps de s’intégrer. Maintenant je me sens super bien, mon expérience en France est réussie, je parle et je comprends le français. Désormais je me sens véritablement à l’aise au sein du club et dans la ville.

Quelle fut ton ambition principale et signant en Ligue 2 ?
Mon objectif premier était de rentrer en Europe pour profiter de la visibilité d’un club français comme Le Havre afin de poursuivre ma progression de carrière. Quand on voit la modernité des infrastructures et du Stade Océane, je savais que j’évoluerais dans les meilleures dispositions. De plus, la Ligue 2 est un championnat rugueux qui regorge de talents, dont certains sont repérés par des grands clubs en Angleterre ou ailleurs. Le club veut remonter en Ligue 1 donc j’étais conscient en arrivant ici de trouver les ingrédients nécessaires pour franchir une étape et ambitionner de voir plus haut par la suite. 

Depuis 2020, le COVID a affecté le monde du football. De ton côté, en manque de temps de jeu au Havre, tu pars en prêt en Turquie à Denizlispor. Comment est-ce que tu gères cette période délicate ?
Il a déjà fallu trouver les ressources nécessaires lors du premier confinement la saison dernière. S’entrainer tout seul à la maison pendant plusieurs semaines était un peu bizarre. Cette saison vers la période des fêtes mon temps de jeu s’est réduit, j’ai eu un sentiment de frustration car j’ai besoin d’enchainer les matchs pour être performant. J’ai demandé à partir en prêt pour retrouver un statut de titulaire. Denizlispor en difficulté dans le championnat turc cherchait des joueurs motivés pour la deuxième partie de saison afin d’éviter la relégation. En janvier 2021, j’ai accepté le challenge d’aider le club à se maintenir. Dès mon arrivée cependant, l’entraineur qui m’a fait venir quitte le navire, et je n’entre pas dans le plan de jeu du nouveau coach qui me fait moins jouer. A force de pugnacité j’obtiens malgré tout une place de titulaire. Mauvaise nouvelle, il y a quelques semaines je me suis blessé au genou, ce qui a sonné la fin de ma saison et un retour en France précipité pour me soigner. Sur le coup j’ai pensé à une blessure bénigne mais les ligaments sont touchés. Je vais par conséquent passer par la case opération et mon retour sur les terrains n’est pas prévu avant fin 2021.

Une demie-saison à Denizlispor dans des stades vides

Vas-tu rester en France pendant ta convalescence ?
Oui, j’ai la chance de jouer pour un club français, dans un des meilleurs pays au monde sur le plan médical. Je sais que je vais être bien pris en charge et ça me rassure. Je suis confiant pour revenir plus fort après ma blessure, j’ai encore un an de contrat au Havre et compte me remettre au travail le plus vite possible sans prendre de risque inutile. Je vis une période de transition à 26 ans, et la seule chose à faire est de me concentrer à 100% sur ma rééducation.

Lors de tes passages en Tunisie, en France ou en Turquie, tu étais le seul joueur ayant évolué dans le championnat irlandais. Comment réagissent tes coéquipiers lorsque qu’ils apprennent que tu as grandi et joué en Irlande ?
Partout où je suis passé, les gens se sont montrés particulièrement intrigués et intéressés par mes racines irlandaises, la vie là-bas et les spécificités du championnat. Je suis toujours fier de répondre à ceux qui m’interrogent sur la vie en Irlande, le foot irlandais etc. Même en Tunisie j’ai cette petite réputation : on m’appelle “l’irlandais” (en français dans le texte) malgré le fait que je joue en sélection tunisienne.

Terminons avec des questions rapides.

Meilleur stade dans lequel tu as joué ?
Mon stade préféré est Rades, avec l’Esperance de Tunis

Meilleur joueur avec lequel tu as évolué ?
Tino Kadewere, l’attaquant l l’OL avec qui j’ai joué au Havre lorsqu’il termine meilleur buteur du championnat de Ligue 2. Au-delà d’être un bon joueur, c’est un gars génial ! On est devenu très amis.

Meilleur joueur contre qui tu as joué ?
En tant que supporter de Liverpool je suis obligé de dire Mo Salah et Sadio Mané que j’ai affrontés en sélection. Je peux ajouter Wijnaldum quand il jouait à Newcastle, lors d’un match de présaison avec Bohemian FC. Cette saison avec Le Havre on a joué le PSG en amical donc j’ai pu me frotter à Neymar et Mbappe.

En amical avec Le Havre face aux stars du PSG

Meilleur souvenir de match vu au stade ou à la TV ?
Sans hésiter la finale de la champions League Liverpool AC Milan en 2005. J’étais dévasté à la mi-temps Liverpool perd 3-0, et cette mythique remontée en 2eme période pour remporter le trophée aux tirs au but. J’étais un tout jeune fan et j’avais des étoiles plein les yeux.

Dans les pays où tu as vécu (Irlande, Tunisie, France et Turquie), quel est ton préféré pour :

La nourriture ? En Turquie sans l’ombre d’un doute, c’est du très lourd ! Cela prendrait trop longtemps pour en parler car j’aime vraiment tout dans la cuisine turque. Les desserts notamment et en particulier le katmer, mon péché mignon.

Les supporters ? Malheureusement je n’ai joué en Turquie que dans des stades vides, mais j’aurais adoré vibrer avec des grosses ambiances, les supporters turcs étant reconnus pour être parmi les plus chauds. Si je dois choisir avec mon vécu je prends la Tunisie.

Le football ? La Turkish Superleague c’est le niveau au-dessus avec des clubs de calibre international comme le Galatasaray ou Besiktas, et le style de jeu y est emballant et vraiment porté vers l’avant. La Ligue 2 française est composée de talents, mais propose un football un peu plus haché, rugueux et défensif.

Les vacances ? Je vais encore dire la Turquie ! On y trouve des endroits fabuleux et le climat est estival quasiment toute l’année. Quand tu joues là-bas, le weekend tu peux prendre un vol domestique et passer un vrai moment de détente dans des lieux magnifiques comme Antalya.

La météo ? Le climat tunisien entre février et mai c’est parfait.

Les souvenirs ? Evidemment l’Irlande, là où j’ai grandi, mes potes, ma famille. Ça restera toujours la maison. 

Un dernier mot pour les lecteurs ? 
Un grand merci aux lecteurs, j’espère que vous avez pris du plaisir à lire cet entretien et je souhaite que vous ayez l’occasion de me voir jouer en France avec Le Havre dès mon retour de blessure.

Merci à Florent Peyrard pour la relecture

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