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York City FC: Bootham Crescent, au stade du changement

York City Football Club quitte son stade historique, Bootham Crescent. C’est dans un nouveau complexe moderne situé à la périphérie de la ville, le York Community Stadium, que le club va déménager. Symbole d’un football moderne tourné vers le business et vers la quête d’un nouveau public, le phénomène se développe et touche aussi bien les petits clubs que les grands. Nous nous étions rendus à l’un des derniers matchs de football avec public dans ce stade apprécié des passionnés. C’était en Février 2020. Ce jour là, York City rencontrait Chester FC en National League North, la sixième division anglaise.

Le stade refusant de mourir tranquillement

Quatre vingt huit ans. L’histoire d’une vie. L’histoire d’un club. Bootham Crescent vit ses dernières émotions. Initialement, l’adieu était prévu en 2019. Puis il a été repoussé au début de l’année 2020. Mais la crise sanitaire, causée par le coronavirus, a de nouveau reporté l’échéance. Et York City a repris et terminé la saison 2019-2020 dans son antre historique, en aout. Le club n’ayant pu avoir l’accord de jouer dans la nouvelle enceinte, la saison 2020-2021 a aussi repris à Bootham Crescent. Le temps d’obtenir les autorisations nécessaires pour le déménagement. Il faut théoriquement qu’un stade accueille quatre événements “tests” afin de pouvoir être homologué. Les conditions sanitaires en ont empêché la mise en œuvre et les exigences ont changé.

Un adieu spécial pour le stade de 88 ans

La date était tombée en ce début d’année. York City devait jouer le dernier match de son histoire à Bootham Crescent ce mardi 12 janvier, face à Fylde AFC. Aussi, des joueurs du club étant positifs au Covid 19, le match a été reporté à une date ultérieure. Et il n’aura pas lieu dans l’ancienne demeure des Minstermen’s. L’histoire retiendra que le dernier match disputé à Bootham Crescent aura eu lieu le 28 Décembre 2020 face à Guiseley (1-0). Le 12 Janvier devenant une soirée d’hommage, le club diffusant les plus beaux moments de l’histoire du stade en direct sur Youtube.

C’est donc officiel, le club déménage aux abords de la ville. York City débutera une nouvelle histoire, dans son nouveau stade, le 19 Janvier, face à Gateshead (dans l’attente de la décision suite aux cas de Covid19). Au bout d’une tournée d’adieux tumultueuse, qu’un Bob Dylan, n’a lui, toujours pas terminée. À l’image d’autres clubs anglo-saxons, et à l’instar de Brentford (avec Griffin Park) cet été, York City va changer de maison. Pas seulement pour des besoins économiques. Aussi pour des raisons de confort.

entrée de Bootham Crescent
Entrée de Bootham Crescent – Photo @maximeb7

Bootham Crescent est ancré au cœur de la cité de York. Cette charmante ville, située au nord-est de l’Angleterre, donne son nom au comté du Yorkshire. Reconnue pour sa cathédrale gothique, la plus grande d’Europe du Nord, elle est très plaisante à découvrir. On aime y prendre le temps de se promener dans ses rues médiévales. Particulièrement « The Shambles », qui a inspiré certains décors des films Harry Potter.

Bootham Crescent fait partie de ces stades que les supporters rejoignent à pieds. Il y a peu de places pour s’y garer, seulement quelques unes destinées aux officiels dans l’étroite entrée, où s’y improvise un pseudo parking. Nombre de supporters viennent donc des quartiers environnants, ou plus loin dans la ville pour encourager le club local. Souvent, ils profitent d’une pause, au passage, dans leur pub habituel. Pour partager des moments avec leurs amis, leurs familles, ou tout simplement d’autres passionnés de football.

Comme au York Burton Lane Club, situé à un  trottoir du stade, où l’on paie “un pound” le droit d’entrée. On se rend ensuite soit vers le coté « home » soit vers le coté « away » du pub, selon le club que l’on soutient. Comme il est courant autour des stades britanniques. Le jour où nous nous y sommes rendus, une ardoise indiquait d’ailleurs une offre sur la pinte à 2£ pour fêter le Brexit qui venait d’être effectif (le 1er Février 2020). Alex habite York, il va régulièrement au stade, et il apprécie ce genre de moments: « J’ai toujours adoré un stade de foot au cœur de la ville. Les gens qui arrivent à pied peuvent boire un verre, ou manger quelque chose dans le centre ville, ça fait partie de l’expérience. »

les portes d'accès aux tribunes, ont accueilli nombre de passionnés
Les portes d’accès aux tribunes, ont accueilli nombre de passionnés – Photo @maximeb7

Puis, ils reprennent la direction du stade pour voir le match de leur équipe favorite. Car oui, en Angleterre il est courant de soutenir son club local. Quelque soit la division où il joue. Certains seront donc surpris de voir pères et fils aux couleurs rouges et bleues. Bootham Crescent est niché au sein des habitations. Et selon l’endroit d’où vous venez, et que les hauts projecteurs traditionnels n’ont pu vous guider, vous êtes étonnés de vous trouver devant l’entrée.

Un stade dans la tradition britannique

Dans l’entrée du stade, la façade atypique de briques rouges fait son effet. On y trouve les loges, donnant vue sur… le parking du stade! York City est sans doute l’un des seuls clubs à en posséder d’aussi originales, ne donnant pas accès au terrain de jeu. Aussi on retiendra de Bootham Crescent ses « turnstiles » (tourniquets d’entrée), ou ses étroites portes d’entrées en bois, déteintes et cassées avec l’âge, d’un autre temps. Sa petite boutique où les supporters adverses se précipitent dès la descente du bus afin d’acheter pin’s ou autres souvenirs…

Vue de coin de Bootham Crescent, entre David Longhurst Stand et Popular Stand
Vue de coin de Bootham Crescent, entre David Longhurst Stand et Popular Stand – Photo @maximeb7

Du Main Stand, installés sur les sièges ancestraux en bois (le club a organisé une vente pour que chacun puisse en acquérir comme souvenir), dont les numéros de rang sont écrits à la peinture blanche sur le mur de briques, on peut voir partiellement le quartier environnant. Ainsi, certains voisins aussi peuvent jeter un coup d’œil au terrain. En face, c’est le “Popular Stand”, et il faut passer par une autre tribune (le David Longhurst Stand) pour y accéder, en payant 1£ de plus que son ticket d’entrée à un autre guichet! Du Popular Stand, on remarque une palissade en bois qui longe la ligne de touche.

Aussi, il y a ce chemin donnant dans les jardins jouxtant la tribune « David Longhurst » (située derrière les buts) menant vers… les toilettes! Tellement le stade est intégré dans le quartier… chaque instant passé nous donne en fait un retour en arrière, un flash back d’une période où le football était plus pur et populaire. 

Se rendre à Bootham Crescent, c’est se rendre compte que cette époque est révolue. Et que seuls certains stades résistent encore. Mais, comme Bootham Crescent, pour combien de temps? Cette époque où le plaisir de se rendre dans les tribunes populaires et traditionnelles, se perd petit à petit. Mais à York, une jeune garde est là: c’est un groupe de jeunes supporters qui continue de mettre de l’animation dans le Longhurst Stand (nom d’un joueur mort d’une crise cardiaque sur le terrain en 1990), la tribune “debout” derrière les buts. Cette tribune est la plupart du temps bondée… Et ces jeunes ne s’arrêtent pas de chanter et de tenter d’entraîner le reste du stade avec eux. Parfois sans, mais aussi avec succès. Bootham Crescent rassemble, ces dernières années, en moyenne plus de deux mille supporters par match. 

Bref, chaque amateur de football s’étant rendu à Bootham Crescent a pu profiter de ce joli stade, dans le pur style traditionnel britannique. Ou comme l’on aime dire, « an old fashioned ground » ! Il faut toutefois avouer que, devenant vétuste, Bootham Crescent subit des coûts de maintenance élevés et offre peu d’opportunités de développement face aux exigences du football professionnel et moderne. 

Le York City Football Club fut créé en 1922. Il rejoindra la Football League en 1929. En 1932, le club décide d’implanter son stade à la place de l’ancien club de cricket. Entre autres pour se recentrer au cœur de la ville et faire ainsi face aux basses affluences. Naît alors Bootham Crescent. Le stade bat rapidement son record d’affluence, en 1938, avec 28 123 spectateurs lors d’un match de FA Cup face à Huddersfield. Elle le restera. Durant la seconde Guerre Mondiale, les installations seront utilisées comme repli pour l’école de la Royal Air Force Shipton. 

Tony Cole a publié deux ouvrages pour se souvenir de Bootham Crescent

Composé de quatre tribunes distinctes et proches du terrain, Bootham Crescent est un traditionnel stade à l’anglaise apprécié, il peut accueillir 8 256 spectateurs. Aussi, dans les années 1990, plusieurs changements sont apportés afin de mettre Bootham Crescent aux normes du Rapport Taylor, résultant du drame d’Hillsborough. 

York Community Stadium, un stade communautaire et commercial

Les prémices du projet de nouveau stade à York remontent à la fin des années 1990, lorsque les terrains sont acquis par le club. Aussi, la construction du nouveau stade est alors annoncée en 2008. Le directeur général de York City, Jason McGill, justifiant le choix par « un coût annuel de £60 000 pour l’entretien et le peu d’opportunités commerciales et génératrices de revenus d’un stade datant de 1932 ». Cependant le projet a subi de nombreux revers et retards. Le conseil d’administration de la ville de York approuve finalement les nouveaux plans en 2015. L’installation sera cependant partagée avec le club de rugby de la ville. L’ouverture est prévue en 2016 pour un coût de 37M£, puis retardée à 2018 pour un montant total de 44M£.

Le York Community Stadium, sujet de moqueries sur sa longue durée avant de sortir de terre

York Community Stadium : voici donc le nom du stade qui remplacera Bootham Crescent. Déjà, ce nom a une connotation plus conformiste. Construit au nord de la ville, dans la périphérie, il est situé dans une zone commerciale, alors que l’ancienne demeure se trouve au cœur de la cité du Yorkshire. Un éloignement ? Oui, à l’image des stades modernes qui s’exilent des centres villes, pour prendre place aux portes des agglomérations. Quitter la population, quitter l’atmosphère, chercher à accueillir plus de monde et un nouveau public. Alex, le supporter de York, déchante: « J’étais à une demi heure à pied de Bootham Crescent. Maintenant, je vais devoir faire quinze minutes en voiture pour m’y rendre. Et là, ce n’est même pas en comptant le temps dans les embouteillages. En plus, ce ne sera plus possible de boire une bière si je conduis… »

Mais Jason McGill, devenu président du club, est optimiste quant au potentiel attrait du nouveau stade pour accueillir les familles et un nouveau public:

« Le nouveau stade sera plus qu’un stade communautaire, et il y aura des choses en dehors du football qui encourageront les familles à venir, ce qui est assez difficile à réaliser dans un stade aussi vétuste.  »

Jason Mc Gill

York devrait profiter du nouveau stade pour développer la restauration, les hospitalités… tout ce qui était limité à Bootham Crescent à cause des infrastructures étroites. Les habitations voisines empêchant aussi l’agrandissement. Des supermarchés, des magasins, des restaurants, un cinéma… tout est donc fait pour que le nouveau stade devienne un lieu familial. D’ailleurs, il se trouve complètement intégré à l’activité commerciale, par son emplacement et son architecture (deux côtés de tribunes sont accolées aux commerces, notamment le cinéma). Les supporters seront invités à consommer autant que possible dans la zone commerciale, ainsi qu’au stade. Mais, par exemple, les familles n’auront-elles pas ce choix cornélien de choisir le cinéma au football, par temps de pluie ou par temps temps froid, le prix du ticket étant moins cher ? Alors qu’un fidèle supporter serait prêt à braver vents et marées !

Oui, un stade de football se cache ici!
Oui, un stade de football se cache ici!

De plus, un complexe de loisirs et un pôle communautaire accompagnent le York Community Stadium. Face à ce tournant dans l’esprit du club, Alex reste interrogatif: « Je ne pense pas que le changement de stade change vraiment l’avenir du club à court terme. S’il permet d’augmenter les recettes, j’espère sans augmenter le prix des places, on pourrait avoir une vision plus ambitieuse, mais pour l’instant l’essentiel c’est de limiter les pertes dues au manque de supporters au stade. » Car l’objectif reste en premier lieu sportif. Le club a raté la montée en play-offs durant l’été 2020. Il ne doit pas continuer à échouer. Il faudra rapidement rejoindre l’élite de la Non League, puis jouer l’accession à la Football League, en y montrant des ambitions. L’objectif, à terme.

Le York Community Stadium ne sera pas un simple stade de football, il accueillera aussi le club de rugby York City Knights. D’où, malheureusement, ces couleurs de sièges multicolores qui ne personnalisent pas le lieu. Comme à Brentford, qui a quitté son mythique Griffin Park en aout 2020. Le club de Championship a aussi quitté son quartier pour rejoindre une zone de développement commercial. York et Brentford ont finalement deux stades dans le même style. 

La nouvelle enceinte aura une capacité de 8005 places. L’avis d’Alex est mitigé: « Il faut avouer qu’à Bootham Crescent, il n’y avait pas de confort, rien de luxueux. Personnellement, j’adore aller dans ce genre de stades, à l’ancienne. Mais je comprends aussi que des gens aiment le confort, et un stade plus sécurisé, avec de nouveaux sièges… Ça augmente aussi les chances que les gens viennent en famille. » Il ajoute, concernant les utilisations annexes du stade: « Il y a aussi l’option d’utiliser le nouveau stade pour des concerts, ce qui n’est pas une mauvaise idée. Il n’y a pas de grande enceinte ici, donc c’est plutôt une bonne nouvelle pour les fans de musique populaire. » 

Présentation du York Community Stadium

Reste que les expériences passées de stades multi fonctionnels n’ont pas permis de préserver la saveur d’un match de football comme les supporters aiment habituellement les vivre : « J’aime aussi le confort, mais je trouve que ça réduit l’ambiance. Ça devient moins “populaire”. Dans les nouveaux stades, comme à l’Emirates, les gens paient plus cher, et pensent donc qu’ils doivent avoir un beau spectacle à chaque match. Aussi, l’idée de partager le stade avec une équipe de rugby est une bonne idée financièrement. Mais la pelouse va souffrir…. »

De nouveaux pour de nouveaux publics

En 1988, lors de l’inauguration de son nouveau stade, Glanford Park, Scunthorpe United est le premier club à changer de stade depuis trente trois ans ! Un tiers des quatre vingt douze clubs formant les quatre premières divisions ont déménagé depuis. Le chiffre est considérable, et il reflète un changement profond dans le football anglais. La catastrophe d’Hillsborough à Sheffield, en 1989, lors de la demi-finale de FA Cup opposant Liverpool à Nottingham Forest, va changer les mœurs. Les supporters sont rapidement mis en cause dans le mouvement de foule entraînant la mort de 96 personnes, le plus grand drame du football anglais. Il s’avérera tardivement que la police a eu sa responsabilité dans le drame, après un long combat mené par les supporters de Liverpool et les familles des victimes.

Hillsborough, la plus grande tragédie du football anglais.

Mais cette catastrophe va mener au rapport Taylor, publié en 1990 dans son intégralité. Et ce dernier va précipiter les changements dans les tribunes anglaises et du monde entier. Le rapport recommande que les stades soient totalement équipés de places assises, contrairement à la coutume d’utilisation de tribunes debout. La ligue de football anglaise introduira l’obligation aux clubs de l’élite (les deux premières divisions) à se conformer à cette recommandation. Jusqu’à l’année passée, Brentford faisait office d’exception, la promesse de construction du nouveau stade n’imposant pas les modifications.

Le rapport Taylor constate que les tribunes comportant des places debout ne sont pas dangereuses en elles-mêmes. Mais c’est le gouvernement qui prit la décision qu’aucune tribune de ce type ne devait désormais être permise. Les autres recommandations du rapport sont relatives à des sujets comme la vente d’alcool dans les enceintes, la présence de barrières, le prix des tickets et d’autres sujets relatifs aux stades. Les clubs vont devoir s’adapter. Et le développement financier du football anglais, notamment avec la refonte du système et la création de la Premier League, va les déterminer à regarder vers le futur… Les stades sont désormais tournés vers une nouvelle ère. Une ère de développement. Et tout est alors mis en place pour accueillir un nouveau public, afin de casser la mauvaise réputation trainée par les « terraces »

Vue d'angle entre la Terrace d'Ealing Road et New Stand Road
Vue d’angle d’Ealing Road Terrace, longtemps restée exception dans l’élite des deux premières premières divisions anglaises – Crédit @maximeb7

Des expériences divisées entre échecs et réussites

On peut remarquer que, principalement, les nouvelles enceintes s’orientent bien vers l’extérieur des agglomérations. Pour une question de coût, mais aussi de développement commercial. Aussi, pour des besoins de rentabilité, les angles sont désormais fermés afin d’accueillir le maximum de spectateurs. Des stades semblables dans leur ensemble. Devenus aseptisés. 

Réussites ou pas, ces nouveaux stades ont souvent perdu leur âme en quittant leurs terres historiques. Et le financement n’a pas toujours permis de rentabiliser l’enceinte, et de faire progresser le club au niveau sportif. Nombreux sont les exemples. On peut citer la Ricoh Arena à Coventry, qui a fait parler d’elle récemment – un conflit d’accord entre le propriétaire du stade et le club a empêché ce dernier de jouer à domicile ces deux dernières saisons. Et l’a obligé à s’exiler dans l’enceinte de Birmingham City, St Andrew’s. Jusque là, le club partageait son stade avec le club de rugby des London (!) Wasps. 

Birmingham City jouant à l'extérieur face à Coventry... dans son stade de St Andrew's!
Birmingham City jouant à l’extérieur face à Coventry… dans son stade de St Andrew’s! Photo by Icon Sport

Le Darlington FC a construit un stade de 25000 places au début des années 2000. La Darlington Arena n’a jamais attiré les foules, avec une moyenne de 2 000 spectateurs. Le coût de l’opération a poussé le club à entrer en liquidation trois fois. Et finalement, il a fini par quitter son stade après neuf ans, en 2012 !

Arsenal a longtemps souffert financièrement du coût considérable de l’Emirates Stadium, les années suivant sa construction, malgré les recettes importantes générées. Ces dernières saisons, ce sont les loges VIP qui ont considérablement baissé les revenus. Aussi, le stade a obtenu le surnom péjoratif de “bibliothèque” tant l’âme d’Highbury s’est perdue dans le transfert.

West Ham a modifié à nouveau son stade pour tenter de lui donner une impression d’enceinte de football

West Ham reste l’exemple le plus concret d’échec d’un déménagement ! Très heureux de chiper l’utilisation post Jeux Olympiques du London Stadium, le stade est devenu outre manche un symbole des nouvelles enceintes multi-fonctionnelles où le supporter est considéré comme un simple consommateur. Cependant, certaines nouvelles enceintes peuvent être considérées comme des réussites.

Millwall a quitté The Den, son stade à la réputation sulfureuse. The new Den a été le premier stade respectant les préconisations du rapport Taylor. En 2017, le club a été élu « club familial de l’année » par l’England Football League. Un projet de rénovation et d’agrandissement est à l’étude. Leicester a quitté Filber Street, mais le King Power Stadium, ouvert en 2002, a contribué à la progression du club. Respectant les standards d’un stade de football, il s’est fait remarquer par de très belles atmosphères accompagnant la grande épopée de l’équipe de Ranieri en 2015-2016. 

Plus récemment, Tottenham a quitté White Hart Lane. S’étant fait rafler la mise du London Stadium par West Ham, les Spurs se sont offerts l’un des stades les plus modernes au monde. Le club a voulu allier modernité et spectacle tout en gardant un stade répondant de mieux possible aux besoins du football, en laissant notamment les tribunes au plus proche du terrain, en construisant la plus grande tribune sur un même niveau d’Angleterre dans le style du « mur » de Dortmund. Mais surtout, les Spurs ont gardé une âme. Effectivement, en construisant son nouveau stade quasiment sur l’ancien terrain, Tottenham a choisi de rester dans son quartier historique.

Wimbledon, home, sweet home !

Il y a quelques semaines, nous vous parlions de l’AFC Wimbledon qui inaugurait son nouveau stade, Plough Lane. Signe d’une revanche sur Milton Keynes (et son stade-complexe hôtelier vide). Et d’un renouveau pour le club créé par les supporters. 

La crise du coronavirus a montré que les recettes sont essentielles pour les clubs qui ne touchent pas ou peu de revenus télévisuels. Beaucoup se sont démenés afin de limiter la casse, et obtenir des revenus grâce au merchandising, aux programmes de matchs digitaux qui se sont développés, ou encore aux diffusions de matchs au « pay per view » ou « pay what you can »

Aussi, York City a pu toucher une indemnité sur le transfert de Ben Godfrey quittant Norwich vers Everton à l’intersaison (25M£). Ce transfert a permis au club de toucher 2,5M£, le joueur étant formé à York. Une aide considérable alors que les clubs n’ont plus, si ce n’est peu, de recettes de billetterie depuis la restriction du public dans les stades.

Les programmes de matchs souvenir se sont succédés. Programme du dernier match à Bootham Crescent
Les programmes de matchs souvenirs se sont succédés. Programme du dernier match à Bootham Crescent

York City FC a fait le choix de quitter sa demeure historique. Nécessaire pour faire évoluer le club face aux besoins du football moderne, le déménagement au York Community Stadium permettra au club de trouver de nouvelles ressources commerciales et sportives. Resteront les souvenirs de Bootham Crescent… C’est Alex qui nous donnera le mot de la fin : « On aura de nouveaux souvenirs avec le nouveau stade, mais on perd une partie de l’histoire de notre club en déménageant. Ça prend du temps de créer des souvenirs… ».

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L’auteur

Maxime

Maxime

Passionné par les histoires, les stades et les atmosphères de football britannique.
«Il n’y a pas d’endroit où l’homme n’est plus heureux que dans un stade» Albert Camus
Twitter: @maximeb7