Tour d'Europe

Toute compétition commence par des Playoffs.

Trent Alexander Arnold (Liverpool), révélation de ces playoffs aller de Champions League (crédit: http://www.uefa.com)

L’aventure européenne 2017/18 commence pour les dignes représentants du Royaume-Uni. Liverpool, dernier 4ème de Premier League à passer par les playoffs, et le Celtic affrontaient respectivement le TSG 1899 Hoffenheim et le FK Astana pour obtenir le précieux sésame pour la Champions League, tandis qu’Everton se mesurait au HNK Hadjuk Split dans la course à l’Europa League.

Champions League

TSG 1899 Hoffenheim 1 – 2 Liverpool FC

C’est l’affiche tant attendu de ce 4ème tour des playoffs de la Champions League : le 4ème de Premier League face au 4ème de Bundesliga. Hoffenheim qui pour la première fois de son histoire jouait un match de Champions League, est dirigé par le très jeune Julian Nagelsmann (30 ans). Cet affrontement avec Jurgen Klopp peut être considéré comme un affrontement entre père et fils spirituels, ces deux entraîneurs bousculant l’ordre établi avec une autre approche de leur profession. Est-ce que le jeu pragmatique de Nagelsmann peut éliminer les Reds ?

Le fil du Match

Pour ce match, Nagelsmann aligne un 3-4-3 inédit, alors que Klopp opte pour le 4-3-3 classique (le même que face à Watford). D’entrée de jeu, l’on voit une équipe des Reds plus affutée physiquement que lors de son premier match de championnat. Cependant, Hoffenheim tente de prendre le jeu à son compte, et accélère fortement le jeu. Kramaric dès la 5e minute de jeu, effectue un centre dangereux, repoussé par Matip. Le tournant, peut-être du match, arrive peu de temps après. Gnabry, prêté par le Bayern, fait face à Lovren. Après un dribble intérieur-extérieur, Gnabry laisse traîner une jambe, que le défenseur accroche. Pénalty. C’est Kramaric qui s’en charge mais à la surprise générale, il frappe mollement au centre… On pourrait qualifier cela de « passe » à Mignolet.

Les deux équipes ont des occasions, et l’on remarque de part et d’autre, l’absence de sérénité lors des coups de pieds arrêtés. L’ouverture du score arrive en fin de seconde période. Mané obtient un coup-franc dans l’axe à la 35e. Alors que Can semblait vouloir tirer, c’est le très jeune Trent Alexander Arnold qui s’en charge. Sa frappe enroulée au ras du poteau gauche, trompe Baumann qui ne peut rien faire. À la 42e minute, Hoffenheim rate l’occasion de revenir au score avec un arrêt de Mignolet sur Gnabry, suivi d’une reprise de volée ratée de Wagner. 1-0 à la mi-temps.

Milner faisant le break pour Liverpool dans un match difficile (crédit: http://www.uefa.com)

Au retour des vestiaires, Hoffenheim tente de revenir au score et met la pression sur Liverpool. L’entraîneur des allemands décide, avec l’entrée de Nordveit, de passer à une défense à 4, permettant de mieux défendre sur Mané. Les corners d’Hoffenheim, avec des variations entrant/sortant, apportent un danger sur la cage de Mignolet, mais ils ne trouvent pas de têtes. À la 73e, lorsque Hoffenheim baisse le pied, c’est alors que Wijnaldum joue rapidement un coup-franc, sur Firmino. Celui-ci lance Milner seul côté gauche en position d’ailier. Milner tente de centrer vers Salah au second poteau, mais le centre devient lob grâce à une légère déviation de Nordveit. Ainsi, Baumann est pour la deuxième fois battu. Les allemands peinent alors dans le jeu, avec des pertes de balle et des fautes incessantes.

Cependant, à la 87e, Nordveit sert magistralement Mark Uth. Contrôle de la poitrine orienté, et frappe fouettée. Mignolet ne peut rien, 1-2. Dans le temps additionnel, Hubner rate de peu le cadre sur une tête, ce qui permet à Liverpool de conserver la victoire.

Un Hoffenheim dominant, mais pas efficace

Les joueurs de Nagelsmann ont largement dominé le match, mais ont manqué d’efficacité et d’expérience, rendant leur domination stérile. En effet, le beau jeu est pratiqué, les joueurs coordonnent leurs mouvements, font les bons choix et le pressing est bien effectué. La défense à 3 a su contenir le trio d’attaque de Liverpool, notamment grâce à Vogt, qui a montré des qualités d’anticipation, de placement et de lecture du jeu évidentes.

Nagelsmann: « C’est sûr qu’il n’allait pas vous dire que Hoffenheim a bien joué pendant que son équipe jouait comme des merdes »

La « bataille » du milieu a aussi été gagnée par les allemands. En l’absence de Polanski, leur capitaine, et suite au départ de Rudy, Nagelsmann a décidé d’aligner un milieu sans récupérateur. Cela ne les a pas empêchés de prendre le dessus sur le trio Can – Henderson – Wijnaldum. Un des joueurs clé d’Hoffenheim, a été Demirbay, grâce à son volume de jeu, sa vista, son pied gauche et sa générosité dans l’effort, mais malheureusement pour son équipe, il s’est blessé en fin de match. Après-match, Nagelsmann a réagi avec franchise, à la déclaration de Klopp, comme quoi Liverpool aurait « laissé la balle à Hoffenheim dans certaines zones » : « C’est sûr qu’il n’allait pas vous dire que Hoffenheim a bien joué pendant que son équipe jouait comme des merdes »

Outre le manque d’efficacité et d’expérience des Hoffs, la préparation physique des joueurs a eu une influence considérable sur le résultat. La Premier League, reprenant une semaine avant la Bundesliga, il y a un écart dans la préparation entre les deux équipes. Ainsi, lors des baisses de rythmes d’Hoffenheim, Liverpool a su profiter des erreurs (pertes de balles et fautes) pour gagner.

Un Liverpool inquiétant

De l’autre côté, il y a eu un Liverpool quelque peu inquiétant. Après une prestation peu aboutie face à Watford (3-3), les Reds ont tenté de mieux rentrer dans le match. En l’absence de Lallana (blessé pour 4 mois) et de Coutinho (officiellement blessé au dos, mais officieusement, convoité par le Barça), le milieu de terrain a subi… Can Henderson et Wijnaldum ayant des profils assez similaires, ils ont manqué de percussion et de créativité. Un des manques à Liverpool, est un profil similaire à Naby Keita, une de leur cible estivale.

La défense de Liverpool a aussi montré les carences de l’effectif de Klopp. Effectivement, Lovren ne s’est pas montré rassurant. À noter que Liverpool a longtemps tenté d’enrôler Virgil Van Dijk de Southampton, mais suite à leur échec sur le dossier, l’on voit difficilement Liverpool chasser un autre défenseur. Le côté gauche de Moreno a aussi été en difficulté, en l’absence de la recrue prometteuse Robertson.

Néanmoins, Liverpool s’est créé de nombreuses occasions, grâce à leur homme fort : Sadio Mané. Que ce soit en solitaire, ou en combinaison avec Firmino, le sénégalais a donné du fil à retordre aux défenseurs. Salah a aussi apporté le danger avec ses courses. D’un point de vue défensif, Arnold (18 ans), pur produit du centre de formation et enfant du club, a montré l’étendue de son talent avec un apport offensif considérable et un bon travail défensif. Simon Mignolet quant à lui, a presque tout arrêté et a contribué à ce succès.

En somme, le match, bien que dominé par Hoffenheim, a souri à Liverpool, qui a su profiter des temps faibles adverses à deux reprises. Le but allemand en fin de match, permet de croire en un renversement de situation, mais difficile d’imaginer Liverpool perdre par 2 buts à Anfield.

Celtic FC 5 – 0 FK Astana

Au bouillant Celtic Park de Glasgow, l’on assistait à une affiche d’habitués aux barrages de Champions League. Le champions d’Écosse et celui du Kazakhstan se sont en effet rencontrés l’an dernier au 3e tour. La double confrontation s’était soldée par un 3-2 cumulé, arraché dans les derniers instants par M.Dembélé sur pénalty. De quoi espérer des playoffs serrées… Mais il n’en est rien.

Le Fil du Match

Les écossais se sont largement imposés face aux hommes de Stoilov, 5-0 dans un match maîtrisé. Orpheline de son meneur de jeu Nemanja Maksimovic, parti à Valence, l’équipe d’Astana n’avait pas de leader technique. Le très compact 4-5-1 de Stoilov n’a pas tenu longtemps, dérouté par le jeu haut de Tierney, Sinclair et Forrest. Cette domination du Celtic (65% de possession de balle) aboutit sur l’ouverture du score, contre son camp de Postinikov (32e). Rogic lancé, élimine deux défenseurs et voit sa frappe déviée dans les buts par le défenseur russe. Quelques minutes plus tard, suite à un corner dangereux des Kazakhs, Scott Sinclair double la mise en solo (40e). 2-0 logique à la mi-temps, tant Astana n’a pas de flamme, pas d’inspiration dans le jeu.

En seconde mi-temps, les Hoops déroulent grâce à leur efficacité. À la 60e, Griffiths délivre une passe à Sinclair, à la limite du hors-jeu, qui réalise une course parfaite dans le dos de la défense.. En 1 contre 1, Sinclair trompe Mokin (préféré à Eric) par un petit pont, pour s’offrir un doublé. Le 4ème but est marqué par Forest à la 79e… Ntcham réalise une magnifique transversale sur Griffiths, qui donne l’assist dans la profondeur. Malheureusement pour lui, Scott Sinclair n’arrive pas à toucher le ballon avant qu’il ne rentre, et n’aura pas de triplé. En toute fin de match, Griffiths lancé sur le côté droit, frappe au but de façon dévissée. Le ballon est dévié par Shitov, imparable pour Mokin.

Un Griffiths impérial pour une victoire facile face aux Kazakhs. (crédit: http://www.uefa.com)

Une équipe du Celtic solide

La Performance des Bhoys est convaincante. La charnière centrale Bitton-Simunovic a été performante, malgré les 10 tirs des kazakhs dont seulement 2 cadrés. Lustig et Tierney rendent de belles copies, avec un travail défensif solide, et un apport offensif non négligeable pour Tierney. Le milieu de terrain a été essentiel dans la performance du Celtic. Ntcham, très propre dans ses passes, a su contrôler le milieu de terrain et a été un pourvoyeur de ballon d’attaque (avec notamment cette passe lumineuse sur le 4ème but). Les courses de Rogic (responsable du premier but) ont posé énormément de problèmes à la défense adverse, tout comme le travail des ailiers Sinclair et Forrest.

Cependant, l’un des hommes du match s’avère être Griffiths. Auteur de 3 passes décisives, et d’un but (compté comme un c.s.c), il a montré une élégance rare balle au pied, et a toujours fait les bons choix. En l’absence de Dembélé, il a su mettre en valeur ses coéquipiers par son jeu collectif.

En somme, victoire 5-0 plus que méritée. Difficile donc de voir cette solide équipe s’écrouler au match retour au Kazakhstan. Le FK Astana sera renversé en Europa League.

Le reste des Playoffs de la Ligue des Champions

(crédit : @ChampionsLeague)

Europa League

Everton FC 2 – 0 HNK Hadjuk Split

Forts de leur succès 1-0 face à Stoke City, les Toffees devaient affronter le 3ème du Championnat de Croatie afin d’accéder en Europa League, à l’instar d’Arsenal. Les croates, bien qu’ils aient battu le Levski Sofia et le Brondby IF aux tours précédents, ne partaient absolument pas favoris… Le résultat et la physionomie du match ne font que le confirmer. Everton a nettement dominé le match et s’est imposé 2-0 à Goodison Park.

Le Fil du Match

Ronal Koeman décide d’aligner un 4-5-1, très dense au milieu de terrain avec Wayne Rooney en pointe, contrairement à Carillo qui mise sur un 4-3-3.

Les joueurs d’Everton ont dès l’entame du match, pris le jeu à leur compte. À la 5ème minute, une tête sur corner de Wayne Rooney frôle la transversale… Hajduk est averti… À la suite d’un gros travail sur le côté droit, le jeune Lookman centre à ras de terre devant le but. Klaassen arrive quelques centimètres en retard et ne peut reprendre le ballon (11e). À la 25e minute de jeu, la défense croate dégage le ballon sur corner. Leighton Baines arrivé lancé, subtilise le ballon, réalise un une-deux avec Klaassen, et centre au second poteau sur la recrue Michael Keane restée aux avants postes. Il marque son premier but sous ses nouvelles couleurs.

À la 33ème minute, le match est interrompu par l’arbitre et les joueurs priés de rejoindre les vestiaire. En effet, les supporters croates commettent alors des débordements (jets de projectiles, envahissement de la pelouse, vandalisme, et tapage), pouvant valoir des sanctions pour les deux clubs par l’UEFA.

En toute fin de première période, Klaassen va provoquer balle au pied les défenseurs, avant de donner le ballon à Wayne Rooney, qui délivre une passe laser à Idrissa Gueye qui croise sa frappe et trompe Stipica. À la mi-temps, 2-0. Les joueurs d’Everton auront fait une démonstration de football.

Everton, tout en maîtrise (crédit : https://royalbluemersey.sbnation.com)

La Seconde période est cependant bien plus calme… Les Blues temporisent et les Croates se créent quelques occasions de but. À la 48e, la tête croisée de Rooney sur un service de Martina fuit le cadre du gardien croate. Les croates arriveront tout de même à se montrer dangereux, notamment sur la frappe de Ohandze détournée par Pickford (60e) ou la frappe dévissée de Hamza Barry. À la 82ème minute, Erceg et Memolla inquiètent Pickford sur des frappes lointaines, qui doit sortir deux magnifiques parades.

2-0 score final, Everton prend une option sur la qualification avec ce score, mais il faudra tout de même confirmer cette bonne prestation en Croatie.

 

L’auteur

William

William

Etudiant et grand romantique du Arsenal FA Cup & Community Shield Club, à ses heures perdues. Ballon au pied, se croit être Little Einstein, alors qu'il est plutôt Theodore James Walcott. A réussi dans sa vie à mettre un sombrero à un piquet de 50cm. Espère voir ses petits préférés soulever la Premier League avant sa mort, mais en vrai Gunner, il n'oubliera jamais Henry, Bergkamp, Mesut, Chamakh ou André Santos. Futur scientifique, il rêve de trouver un remède au syndrome de SaNoGoal, et de séparer Jack Wilchèvre de la belle infirmière... Made in Europe de l'Est, lui aussi a des problèmes avec sa fermeture-éclair de parka Wengerienne l'hiver.

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