Tour d'Europe

Ligue des champions – Acte 2, scène 1 : Les anglais sont encore en Europe

Pendant que les négociations sur le Brexit s’éternisent et rendent les perspectives d’avenir radieux bien ternes, les clubs de Premier League continuent de s’amuser en Europe.

Tottenham 1-0 Manchester City

Par Clément

Dans des dynamiques diamétralement opposées en championnat, Manchester et Tottenham se rencontraient pour l’affiche 100% anglaise de ces quarts. Dans un stade flambant neuf qui transpirait de passion et de ce doux parfum de soirée européenne d’avril, la première manche a accouché d’un duel intense, très tactique avec peu d’occasions. Les Spurs iront à l’Etihad la semaine prochaine avec le petit orteil du pied gauche en demi-finale.

Côté compo, la surprise est venue de Pep Guardiola. Exit Kevin De Bruyne au milieu, le coach catalan ayant préféré une triplette Fernandinho-Gündogan-Silva à l’allure plus offensive qu’à l’accoutumée. Sans Zinchenko ni Mendy, trop juste, c’est Fabian Delph qui occupait le flanc gauche de la défense. Otamendi était préféré à Stones dans l’axe de la défense. Pas de bluff ni d’expérience farfelue en ce qui concerne Pochettino. Le coach argentin s’est appuyé sur ses hommes forts avec, notamment, une doublette Sissoko-Winks au milieu, juste derrière Alli. Eriksen, Son et Kane étaient chargés de l’animation offensive au côté du jeune meneur anglais.

Le premier tournant de la soirée. Hugo Lloris fait taire les mauvaises langues… Une nouvelle fois. (Photo : @SpursOfficial)

D’emblée, on a su que l’affiche n’accoucherait pas d’un torrent de buts et de vagues offensives de part et d’autre. Deux blocs défensifs disposés assez hauts sur le terrain, peu de risques dans les premières relances côté Skyblues. La prudence est de mise et il faut attendre une première brèche pour voir Sissoko débouler sur l’aile gauche et centrer pour la reprise de Delle Alli (8′). Ce fût peu avant le premier coup du sort de la soirée, sur cette main malheureuse de Rose dans sa surface sur un frappe pleine axe de Sterling. Une main que manifestement personne n’avait vue, si ce n’est l’arbitre vidéo. Poussé par le South Stand, Hugo Lloris, comme un spécialiste des penaltys qu’il ne semble être devenu que récemment, stoppait la tentative de Sergio Agüero. Son troisième penalty arrêté de suite alors qu’il n’en avait arrête qu’un seul au cours de sa carrière à Tottenham.

Avantage Spurs pour la bataille du milieu

La possession n’est en rien le gage d’un succès sur la scène européenne. Pep Guardiola ne le sait que trop bien après la claque reçue à Anfield l’an dernier en quart de finale aller, encore, de cette “coupe aux grandes oreilles”. Avec 59% de possession de balle, le coach catalan semblait satisfait d’avoir “contrôle le match”. Pourtant, c’est bel et bien les Spurs qui ont progressivement remporté la bataille du milieu. David Silva et Gündogan ont peiné à endosser leur rôle de distributeurs de bons ballons, bloqués par la densité et l’agressivité de Tottenham au milieu, surtout dans le premier acte. Sterling et Mahrez n’ont eu que très peu l’occasion de se retrouver en un contre un. Et même lorsqu’ils y arrivaient, Moussa Sissoko, Harry Winks, et même Wanyama après son entrée en jeu, sont venus prêter main forte à leurs coéquipiers.

Premier buteur dans la nouvelle antre des Spurs, Son est désormais le premier buteur à domicile en Ligue des Champions. Idole (Photo : @SpursOfficial).

Dans l’animation, les Spurs ont également su poser des problèmes aux Skyblues. Eriksen a brillé par sa vista, son placement et cette vision du jeu qui font son charme. Placé juste derrière les milieux de terrain, il a profité des failles défensives adverses pour basculer le jeu rapidement d’un côté à l’autre. Sa passe décisive pour Son témoigne de son rayonnement aux abords de la surface. Bon timing, bon dosage, tout y était pour résumer en peu de mots la prestation du Danois. Et que dire de Son. Déjà premier buteur dans la nouvelle antre des hommes de Pochettino, il récidive ce soir en Ligue des Champions. Peu à son avantage en première période, il s’est démené en seconde, d’une frappe surprenante du gauche d’une part (48′), d’un but sournois d’autre part. Après un bon appel, un premier contrôle raté, il revient sur ses pas et enchaîne d’une frappe du gauche qui passe sous les bras d’Ederson. Imparable. Ça suffira au bonheur des supporters.

L’homme du soir : sacré Moussa

Seuls ceux qui ne regardent pas les matchs de Tottenham s’étonneront de voir Moussa Sissoko appelé une nouvelle fois pas DD en juin prochain. Indéboulonnable cette saison dans ce milieu à deux avec Winks, il était tout simplement partout. Il s’est d’abord attelé à museler David Silva pour l’empêcher d’imposer son tempo sur la partie. Il a su se projeter quand l’occasion lui était donnée, comme sur ce centre en début de partie pour Winks. Comme un soldat au front, il a épaulé ses frères d’armes sur les côtés face à Sterling et Mahrez. Deux interceptions, trois tacles réussis et 97% de passes réussies. Crédité seulement d’un petit 6 dans L’Équipe, le couteau suisse de DD méritait plus au vu de son abattage énorme.

La French Touch de Tottenham était à l’honneur ce mardi soir (Photo : @MoussaSissoko).

Manchester City : la faute à Guardiola ?

Au-delà du court avantage pris par Tottenham, les choix tactiques de Guardiola ont pu laissé songeur. Le coach catalan n’avait pourtant pas l’air malheureux en conférence de presse, estimant que son équipe avait relativement bien joué. Face à une équipe très intelligente et bien en place tactiquement, les Citizens se sont pourtant procurés peu d’occasions franches. Certes, ils n’en ont pas concédé énormément non plus, mais ne pas avoir marqué à l’extérieur pourrait être préjudiciable avant le match retour. Mieux valait perdre 2-1 dans ce cas de figure. Sans De Bruyne, les Skyblues ont semblé ronger leur frein dans l’animation, se contentant de passes latérales et peu risquées. Il a fallu attendre l’heure de jeu pour les voir progressivement prendre le dessus tactiquement et physiquement, avant ce but de Son qui leur aura coupé les ailes. L’absence de Bernardo, préservé du fait d’une petite gêne musculaire, aura coûté cher à son équipe, alors que Guardiola le considère comme le maillon essentiel de son dispositif.

Tottenham en position favorable

Certes rien n’est fait, mais les hommes de Pochettino ont pris un petit ascendant sur leurs vis-à-vis. Ce court avantage leur offre de belles perspectives si tant est qu’ils parviennent à scorer à l’Etihad dans une semaine. Évidemment, l’absence de Harry Kane, touché à la cheville après une vilaine intervention de Delph, risque de peser dans la balance. Les Spurs ne pourront plus s’appuyer sur lui, tandis que Llorente ne pèsera et ne perturbera pas autant l’arrière-garde mancunienne. Pour autant, le coach argentin dispose de quelques cartouches. L’entrée de Lucas a été intéressante et représente bien plus qu’une roue de secours en vue de la seconde manche. Pochettino n’a peut-être pas toutes les cartes en main, d’autant plus quand vous avez Guardiola en face, mais il est pour l’instant le maître du jeu.

Liverpool FC 2-0 Porto FC

Par Hadrien

Fort de sa victoire face au même adversaire un tour plus tôt la saison passée, Liverpool aborde sereinement ce quart de finale aller de Ligue des Champions. Au niveau de la composition d’équipe, Robertson est suspendu ce qui pousse Jurgen Klopp à positionner James Milner sur son côté. Petite surprise, Dejan Lovren fait son retour en tant que titulaire au détriment de Joël Matip, incertain avant la rencontre.

Liverpool déroule sans impressionner

Le match débute dans un ensemble somme toute assez brouillon, et le spectateur sait très vite qu’il va assister à une prestation médiocre footballistiquement parlant. Le match prend tout de suite une tournure favorable aux Reds, avec une frappe déviée de Naby Keita à la cinquième minute qui va tromper Iker Casillas. Les vociférations des nombreux fans portugais présents à Anfield n’y changeront rien, Liverpool domine son sujet et les pertes de balle au milieu donnant lieu à des incursions dans la surface des scouses sont vite rattrapées par un Virgil Van Dijk des grands soirs (existe-t-il un mauvais Virgil Van Dijk ?). Liverpool combine bien, et à la vingt-sixième minute c’est au tour de Robert Firmino de pousser le ballon dans un but vide après une action collective laissant totalement passive la défense portugaise.

Le reste de la partie sera plutôt terne. Un arbitrage difficile donnera lieu à quelques décisions litigieuses, comme une possible main de Trent Alexander-Arnold ainsi qu’une faute de Mohamed Salah. De l’autre côté, un but sera refusé à Sadio Mané pour hors-jeu lors d’une décision assez discutable. Sans forcer mais surtout sans convaincre, Liverpool se défait facilement d’un adversaire portugais assez faible, n’ayant pas réussi à se montrer très dangereux sur ses occasions et n’ayant pas pu profiter des espaces laissés par un milieu de Liverpool parfois trop approximatif.

Une qualification à portée, comme espéré

Liverpool n’a pas offert sa meilleure prestation, mais a su conserver l’essentiel : un clean-sheet à domicile et deux buts d’avance avant d’aller jouer à Porto. Un but à l’extérieur face aux Portugais devrait assurer aux joueurs de la Mersey un ticket pour les demi-finales. On attendait Liverpool supérieur à Porto, et l’équipe a su répondre aux attentes sans les dépasser. Comme souligné par Jurgen Klopp en interview post-match, une performance mature de ses joueurs les met aujourd’hui en position de qualification et permet de relâcher la pression européenne de façon relative en vue de la bataille pour le titre en championnat.

Manchester United 0-1 FC Barcelone

Par Bento

Mercredi soir, Manchester United recevait le FC Barcelone à Old Trafford pour la phase aller de ces quarts de finale de LDC. Au terme d’un match peu spectaculaire, les hommes d’Ole Gunnar Solskjaer se sont inclinés sur le score d’un à zéro. Les mancuniens devront donc sortir une grande prestation mardi prochain au Camp Nou pour se qualifier en demi-finales.

Scott McTominay, l’un des meilleurs mancuniens mercredi soir, face à Busquets et Arthur. (crédits: INews.co.uk)

De bonnes intentions mais…

Au coup d’envoi, Ole Gunnar Solskjaer propose un onze inédit: une défense à cinq avec Dalot et Shaw à gauche pour contrer Messi. Cependant, l’argentin se place dans l’axe dès le début du match et contrecarre les plans des Red Devils. Dès la 13e minute, Barcelone ouvre logiquement le score sur un but contre le camp de Luke Shaw.

Ce but sonne comme un coup de massue pour des mancuniens qui subissaient et jouaient jusque là très bas. Ils vont alors se réveiller. Les offensifs se mettent à presser, les barcelonais peinent à relancer le ballon et MU recupère des ballons hauts sur le terrain. Manchester attaque, a le ballon, met beaucoup d’impacts et gagne enfin ses duels. Au milieu de terrain, McTominay et Fred ont fait un travail monstre notamment dans la récupération et mérite du crédit. En tribunes, les supporters y croient de plus en plus et haussent la voix. Old Trafford est en mode Ligue des Champions. Avant la mi-temps, Dalot, de la tête, manque de peu d’égaliser et concrétiser les efforts mancuniens. Au retour des vestiaires, le match continue sur ce rythme. Il y avait de la place pour égaliser côté United.

Cependant, l’équipe paye les imprécisions de ce même Fred par exemple ou d’Ashley Young et, bien que se montrant dangereux, MU ne cadre aucune frappe. Les intentions étaient bonnes mais encore une fois, le manque de qualité dans l’effectif se fait ressentir.

Un mauvais coaching de Solskjaer?

Hier soir, à l’issu du match, nombreux étaient ceux qui critiquaient les choix du norvégien. Côté gauche, Dalot est titulaire comme latéral et Shaw, lui, joue à gauche dans la défense centrale. Défensivement, cette tactique est cohérente puisqu’elle permettait de mettre deux joueurs sur Messi. Cependant, ce dernier s’est placé dans le coeur du jeu.

Offensivement, Dalot ne centrait que très peu, étant sur son mauvais pied, et Shaw ne montait que très peu en raison de son rôle défensif. La percussion, les combinaisons et les centres de l’anglais ont beaucoup manqué à MU mercredi. Pour en finir avec la défense, la même question revient encore et toujours: pourquoi Young est-il titulaire et capitaine ? Le latéral droit a été un réel handicap pour Manchester United mercredi soir.

Face à ces problèmes, nous attendions du coach mancunien qu’il réagisse. L’idéal aurait été de sortir Young, de décaler Dalot à droite (sur son bon pied) et de faire rentrer Martial. Le tout en gardant Lukaku et Rashford devant. Cependant, c’est Lukaku qui a cédé sa place au français. Son impact physique a beaucoup manqué. Par la suite, Dalot (et pas Young) est sorti, puis Rashford. En conférence de presse, Solskjaer a évoqué la fatigue pour expliquer les sorties des deux attaquants. Quoi qu’il en soit, ces changements ont coûté le match à United. Sur les vingt dernières minutes, le FC Barcelone a remis le pied sur le ballon, a maîtrisé son avance et le match était plié.

Un match retour à Barcelone pour y croire:

Comme au tour précèdent face au Paris Saint Germain, Manchester s’est incliné à l’aller et devra revenir au score à l’extérieur si elle veut continuer dans la compétition. Rien est impossible quand on est Manchester United. Joueurs et supporters y croient.

“Nous avons vu une équipe que nous pouvons battre. Nous croyons que nous pouvons les battre. Nous sommes Manchester United et nous jouons en Ligue des champions, comme eux, et nous pouvons nous qualifier, bien sûr.” Paul Pogba en zone mixte après le match

@MUnitedFR

Mercredi soir, les joueurs mancuniens ont montré qu’ils étaient capables d’inquiéter le Barca. Devant le match, nous n’avons pas senti cet écart de niveau comme face à la Juve en poule ou encore face à Paris à l’aller en huitièmes. Au Camp Nou, les intentions devront être les mêmes qu’à l’aller mais il faudra se montrer plus précis pour faire tomber ce Barcelone là.

Encore faut-il rappeller qu’il y a six mois, jouer ce quart face à Barcelone était impensable. Beaucoup considèrent que la Ligue des Champions n’est qu’un bonus cette saison pour MU. Pourtant, plus la saison avance et plus on se dit que, pour le club, la C1 est la seule chance de qualification pour cette dernière l’année prochaine. Il faudra tout donner à Barcelone et faire le match de la saison si Manchester United veut continuer de rêver.

L’auteur

God Save The Foot

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