Tour d'Europe

Ligue des Champions – Acte 1, Scène 2 : Le carré magique

Aux termes d’une double confrontation anglo-allemande, Liverpool et Manchester City se qualifient pour le tour suivant et, au vu de leur prestation respective, se présentent comme des sérieux prétendants à la victoire finale. Ils complètent le quatuor britannique complété par Tottenham et Manchester United. Pas mal pour une “Farmer’s League”.

Manchester City 7-0 Schalke 04

Par Clément

Dans l’épisode précédent…

Habitué des phases à élimination directe délicate, Manchester City se rendait à la Veltins-Arena en position d’ultra-favori. Bien rentrés dans leur partie, les Skyblues profitaient d’un moment de flottement de Fahrmann pour ouvrir le score grâce à Agüero. S’en est suivi un premier tournant avec une main malheureuse d’Otamendi dans la surface repérée par la VAR. Bentaleb remettait les équipes dos à dos avant que Fernandinho ne concède un nouveau penalty sur une faute naïve sur Salif Sané. Menés à la pause par une équipe largement inférieure aux hommes de Guardiola, les Skyblues s’en sont remis à un éclair de génie de Leroy Sané sur coup franc face à son ancien club, puis une réalisation de Sterling dans le temps additionnel. Vainqueurs 3-2, les Cityzens se retrouvaient dans une position idéale, presque inespérée.

Dans ce qu’il faudra songer à appeler le “Sterling time“, l’ailier anglais donnait la victoire aux siens dans les ultimes minutes de la première manche. Inespéré (crédits : The Guardian).

Le match

Poussifs à l’aller après avoir été mené 2-1 à la Veltins-Arena, les Cityzens devaient ainsi confirmer leur victoire à l’arrachée et convaincre les sceptiques sur la scène européenne. Pour cela, Pep Guardiola a dû faire preuve d’ingéniosité au moment de coucher les noms sur sa feuille de match, en particulier en défense centrale. Privé de Kompany, blessé, d’Otamendi, suspendu, le coach catalan décide de faire confiance à Laporte, tout juste remis de blessure, et de Danilo. Zinchenko et Walker occupaient les couloirs, tandis que Sané reprenait sa place à la gauche de l’attaque des Skyblues au vu de sa rentrée convaincante à l’aller face à son ancien club. En face, Domenico Tedesco misait de nouveau sur une défense à trois avec le retour de Stambouli. Embolo occupait cette fois le front de l’attaque des vice-champions d’Allemagne.

Impérial ! Après un match aller laborieux, Manchester City écrase Schalke et accède aux quarts pour la deuxième fois consécutive (crédits : Eurosport)

Plutôt prudents dans l’utilisation du ballon pendant la première demi-heure de jeu, les coéquipiers de David Silva n’étaient pas pour autant inquiétés par leurs vis-à-vis, plutôt préoccupés à garder leurs cages inviolées. Principe quelque peu contradictoire et finalement assez risqué face à un rouleau compresseur comme City. La sentence tombe à la 35e minute, où Bruma retient Bernardo Silva dans la surface sur une passe de l’autre Silva, David. Agüero ne se faisait pas prier pour ouvrir la marque, peu après avoir manqué une énorme occasion à deux mètres des cages sur un excellent service de Sterling. Le duo se rattrapait à la 38e minute pour le doublé de l’attaquant argentin.

Plus rien ne semblait pouvoir inquiéter les Skyblues dans une rencontre plus tranquille que prévue. Abattus, les visiteurs ont inconsciemment relâché la pression et laissé intervalles dont ont su profiter les Mancuniens. En particulier Leroy Sané, décidément acteur principal dans l’élimination de son club formateur. Idéalement servi par Zinchenko, encore une fois épatant, l’international allemand triplait la mise avant la pause. Avant de délivrer un récital en seconde période avec trois passés décisives au compteur, respectivement pour Sterling, Bernardo et Phil Foden qui inscrit là son premier but en Ligue des Champions à 18 ans.

Ce match apparaît, au vu de l’ampleur de la fessée, comme un tremplin potentiel pour les Skyblues, souvent en manque de confiance en Europe après deux éliminations face à Monaco et Liverpool les deux dernières saisons. Côté allemand, il s’agit de la plus large défaite d’un pensionnaire de Bundesliga dans la compétition. Autre enseignement de la rencontre, Leroy Sané apparaît indubitablement comme un pion essentiel dans la conquête de la Coupe aux grandes oreilles. Certes laissé sur le banc lors des deux dernières sorties en Premier League, il fait à chaque fois preuve d’une capacité à rebondir sur les pelouses européennes, en témoigne ses deux buts et trois offrandes sur les deux matchs face à Schalke. Avec les retours prochains de De Bruyne et Fernandinho, Manchester City a en tout cas les armes pour accéder pour la deuxième fois de son histoire au dernier carré. Il faudra pour cela passer l’obstacle Tottenham.

Bayern Munich 1-3 Liverpool

Par Ilhan

Précédemment…

Lors du match aller on a vu un match synonyme d’impasse pour les deux équipes. Liverpool avait misé sur un jeu long et large tout en bloquant l’axe du terrain grâce à son milieu à 3. En face les munichois avaient misé sur un jeu large et un pressing haut en direction de la défense de Liverpool. Dans ce match, l’impasse a été crée à cause d’une crainte partagée par les deux formations et se soldant par un score nul et vierge.

Le prolongement de l’impasse jusqu’à l’éclair

Un peu moins d’un mois plus tard, on a cru voir un remake du match aller. Comme en février, Jürgen Klopp et Niko Kovac ont opté pour les mêmes systèmes avec quelques changements. Virgil van Dijk, suspendu à l’aller, reprenait sa place en défense aux côtés de Matip, Milner a été préféré à Keita au milieu de terrain. En face, Coman a laissé sa place à Ribery tout comme Kimmich au profit de Rafinha en défense.

Avec des formations, des plans de jeu identiques et une crainte réciproque, on pensait vivre le même genre de soirée qu’à l’aller. Dès le début de la partie on a tout de même vu un bloc de Liverpool haut et le trio offensif se baladant dans les demi-espaces pour tenter de recevoir des ballons dans l’axe. Cependant, les mouvements des offensifs manquaient de conviction, celle qui permet de créer des ruptures et des dysfonctionnement dans le pressing adverse. En face, le Bayern a continué avec son jeu large, étirant difficilement les lignes. Le pressing des bavarois faisait monter James d’un cran, transformant le 4-2-3-1 en 4-4-2 à plat et empêchant Liverpool d’emballer le rythme de la rencontre. Avec un Henderson en régulateur, les deux autres milieux, Milner et Wijnaldum ne pouvaient pas être trouvés sur la première passe, obligeant Liverpool à jouer latéral lors de la phase de préparation.

Jusqu’à l’ouverture du score, on a vu un Bayern attaquer sans étant capable de donner de la vitesse au jeu et un Liverpool qui avait du mal à coloniser l’axe comme à l’accoutumée.

Oh Mané Mané !

L’avantage d’avoir trois attaquants de classe mondiale c’est s’assurer que lorsque les uns sont moins bien, un autre parvient à tirer son équipe vers le haut. Mo Salah qui a été bloqué sur son côté longtemps au cours de la rencontre, Firmino ne répondant pas, c’est Sadio Mané qui a brillé ce soir-là. Sur un tir de mortier de Van Dijk, Mané effectue un “spin move” à la manière d’un running back au football américain sur Manuel Neuer, sorti de ses buts sans aucun motif apparent. Le Sénégalais n’a plus qu’à glisser le ballon dans des cages vides pour ouvrir le score.

Cependant, le match ne s’est emballé par la suite, devenant tout de même un peu plus intéressant. Liverpool a eu l’occasion de doubler la mise via Robertson cinq minutes plus tard, mais c’est l’égalisation du Bayern, construit dans la même esprit que celui de Mané. Jeu long de Nicklas Süle sur Serge Gnabry, l’ex-Gunners ajuste Matip pour égaliser. 1-1 à la mi-temps, de quoi espérer que le match s’enflamme en seconde période.

Est-ce la folie qui crée les erreurs défensives ou le contraire ?

Pour ne rien vous cacher, on a a vu les mêmes dispositions tactiques que lors des 3 mi-temps précédentes, mais avec quelques différences notables. On pourra également noter les problèmes de verticalité des deux équipes, la partie ressemblant de plus en plus une sorte d’attaque-défense au fil des minutes. C’est Liverpool qui en a profité le plus, mais jusqu’à la 68ème, les occasions ne se soldaient pas par des tirs.

Difficile de marquer sans tirer, non ? (Source : @Caley_graphics)

Cette 68ème minute est le moment où Van Dijk double la mise reprenant un ballon sur corner. A partir de ce moment, le Bayern s’est lancé à l’abordage, laissant beaucoup d’espace dans le dos des Bavarois. Chose qu’apprécient les joueurs de Liverpool, surtout quand Salah délivre un magnifique extérieur du gauche pour la tête de Mané, doublé du Sénégalais. De quoi s’assurer la qualification pour les quarts.

Il faudra compter sur Liverpool cette saison

Au coup se sifflet final, on a vu des joueurs de Liverpool satisfaits mais pas euphoriques, malgré une excellente prestation où on a vu les Reds défendre avec conviction, cruels et froids devant le but. On sent que ces joueurs ont l’expérience de la saison précédente tout comme cette fin de saison en tête où il faudra jouer à la fois le titre en championnat et en Ligue des Champions. Avant de voir Liverpool célébrer la victoire dans une compétition pour la première fois avec Klopp, on a vu un allemand lever les bras en direction de ses supporters perchés en hauteur, eux qui ont vécu une soirée mémorable à Munich.

L’auteur

God Save The Foot

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