Tour d'Europe

Ligue des Champions – Acte 1, Scène 1 : Ah ! La revoilà !

“Acte 1” ? Oui selon l’adage “à partir de la phase de matchs aller-retour c’est une toute autre compétition”, considérons que cette Ligue des Champions est une nouvelle édition. Surtout que cette fois-ci on a droit à la VAR…

Manchester United 0-2 Paris Saint-Germain

Par Bento

Manchester United recevait le PSG à Old Trafford pour la première manche de ces huitièmes de finale. Ole Gunnar Solskjaer, qui a remplacé José Mourinho sur le banc mancunien, s’est incliné pour la première fois par deux buts à zéro. 

Face à un PSG privé de Neymar, Cavani et Meunier, nous attendions plus d’un Manchester pourtant en confiance et au complet. La première mi-temps avait pourtant bien démarrer: les mancuniens montrent beaucoup d’envie, pressent, se créent quelques occasions et font peur à Paris. En fin de première mi temps, Jesse Lingard et Anthony Martial sortent sur blessure. Ces deux pertes ont paralysé l’attaque des locaux, cela s’est remarqué lors du pressing où les deux blessés avaient réussi à empêcher le PSG à construire depuis la défense. Au retour du vestiaire, les parisiens montre un meilleur visage et domine un Man Utd qu’on ne reconnaît plus avec ces deux pertes dans le pressing dans le dernier tiers. Kimpembe ouvre le score sur corner à la 53e minute et Mbappé double la mise à l’heure de jeu. Les Red Devils ne montreront aucune réaction, n’y arrivent plus. La défense et le milieu parisien ont été intraitables.

Man Utd finit le match à 10 après le deuxième jaune de Paul Pogba pour une faute sur Dani Alves. Il manquera le match retour au Parc des Princes.
(crédits: Football Ace)

On notera la bonne idée de Thomas Tuchel de jouer en fonction des phases de la rencontre. Avec le ballon le PSG jouait en 3-4-3, en 4-4-2 sans. Dani Alves passait milieu droit, Kehrer et Bernat en latéraux au côtés de Kimpembe et Silva. Le duo Verratti-Marquinhos était en soutien du trio offensif. United a proposé un 4-3-3 amovible en 4-2-3-1 avec un Pogba au positionnement libre souvent au niveau de Lingard et Martial tout comme Herrera. C’est Matic qui restait un peu plus reculé afin de permettre à ses deux coéquipiers du milieu de terrain de jouer. Cependant, le 4-4-2 du PSG s’est montré imperméable, rarement on a vu les locaux s’immiscer entre les lignes adverses.

Ce match est un retour à la réalité pour Manchester qui n’a définitivement pas l’effectif et les qualités pour rivaliser avec les cadors européens. Cette différence de niveau s’était déjà contre la Juventus à Old Trafford (octobre 2018, 0-1). Le club va devoir se renforcer à certains postes et notamment en défense s’il veut avoir une place, dès l’année prochaine, parmi les meilleures équipes européennes.

“Aujourd’hui, nous n’étions pas au niveau. Le PSG était fort mais c’est le niveau que nous voulons atteindre, et nous allons chercher à renforcer l’équipe.” Ole Gunnar Solskjaer


Comment se rapprocher de la surface adverse ? (Source : @Caley_graphics)

Désormais, les chances de qualification pour les quarts de finale sont minimes pour MU. L’équipe jouera sans Pogba au milieu, suspendu après son carton rouge. Ole Gunnar Solskjaer et ses hommes se doivent d’y croire même si la marche semble haute et la mission impossible. OGS a même déclaré que même les montagnes n’étaient pas infranchissables…

https://twitter.com/MUSCFR/status/1096682457989042176
Et ça ne va pas s’arranger à Manchester United…

Tottenham Hotspur 3-0 Borussia Dortmund

Par Ilhan

C’était une rencontre que beaucoup d’amoureux de la tactique et du beau football attendaient. Le 3ème de Premier League le leader de la Bundesliga à Wembley, un rendez-vous immanquable malgré les absences des deux côtés, un peu plus pour l’équipe visiteuse.

On a eu droit à des surprises bien avant le coup d’envoi puisque Dortmund alignait un 4-3-3 au lieu du traditionnel 4-2-3-1, formation qui n’est pas une neuve non plus cette saison. Ce 4-3-3 est sans doute pour avoir un peu plus de contrôle au milieu de terrain et on aurait pu s’imaginer que Lucien Favre n’était pas enclin à aligner Mahmoud Dahoud ou Thomas Delaney en milieu offensif. Formation aussi expliquée à cause de l’épidémie de grippe qui a décimé le club de la Ruhr dernièrement, en plus des blessures plus habituelles. Mauricio Pochettino a opté pour un 3-4-2-1 positif au lieu du 4-4-2 losange dont il nous avait habitué au cours des dernières semaines. Lui aussi a sûrement été contraint d’appliquer ce plan de bataille à cause des absents, à l’image d’un Vertonghen en piston gauche à la place de Danny Rose encore fragile et Ben Davies blessé.

Dès l’entame de match ce qui a frappé c’est la différence totale entre les réponses apportées par les deux équipes lors des phases défensives. Le Borussia Dortmund paraissait peu dynamique, optant pour un marquage de zone et un positionnement très bas. Une modération en contraste avec les Spurs qui poussaient très haut, avec marquage individuel et exerçait un pressing en jaillissements. Ce positionnement avancé permettait ainsi de marquer un temps de repos pour certains joueurs lors des récupérations de balle.

Dans ces phases de transition, Tottenham paraissait également le plus entreprenant. Balle au pied, l’équipe du Nord de Londres voyait tous ses joueurs monter excepté le back three et Harry Winks. Moussa Sissoko s’est constamment positionné au-délà de Thomas Delaney. Cependant, les deux pistons n’arrivaient pas à s’aligner parfaitement entre la volonté d’aller coller aux latéraux adverses et la crainte de laisser trop d’espace aux ailiers Jadon Sancho et Christian Pullisic dans leur dos. Les potentielles contre-attaques du BvB pouvaient se jouer en 3 contre 4. Cependant il a été difficile de créer des occasions à cause du milieu plat à 3 puisque Mario Götze était confiné seul en attaque et le bloc bas de ses coéquipiers l’a empêché de créer des interactions dans l’axe.

Le principal problème du BvB en phase offensive aura été de se défaire du marquage individuel imposé par les locaux. Aucune imagination pour élargir la zone de pressing horizontalement ou verticalement. La seule arme aura été de passer dans l’espace entre les défenseurs centraux et latéraux, Götze à gauche et Sancho à droite, mais l’infériorité numérique causée par le positionnement bas a empêché les visiteurs de pouvoir véritablement en profiter. Sancho n’a aussi pas assez profité du 1 contre 1 potentiel avec Alderweireld lorsqu’il partait dans le dos de Vertonghen. L’illustration vient de la 21ème minute où il se défait des deux belges, se joue de Sanchez et centre dans le vide. A sa décharge, Dortmund n’avait pas de buteur capable de peser dans la surface des locaux pour bonifier ses actions, ceci explique cela.

A la mi-temps, malgré une possession en faveur de Tottenham, ce sont les visiteurs qui se sont procurés les meilleurs occasions, surtout celle de Dan-Axel Zagadou sur corner qui a nécéssité l’intervention façon Gordon Banks d’Hugo Lloris.

Kane n’est pas là, Son mène la danse. (Photo : @SpursOfficial)

Au retour des vestiaires, il a aura fallu 60 secondes à Tottenham pour prendre l’avantage grâce à un Achraf Hakimi joueur tentant un petit pont sur Vertonghen. C’est un Eriksen mobile qui récupère le ballon et joue en avant pour Lucas qui remet pour Vertonghen et centre en direction de Son ouvrant le score sur un plat du pied face pour tromper Roman Bürki alors figé sur sa ligne. D’ailleurs, Bürki le sera également sur les deux autres buts, il n’est pas le seul fautif mais on peut déplorer son inaction sur un ballon volant au-dessus de la tête de Zagadou.

La suite du match aura été beaucoup plus facile pour les Spurs et beaucoup plus frustrante pour le Borussia. Les joueurs en jaune ont été frustré à cause de la possession adverse mais davantage à cause d’eux-mêmes. La seconde période a fait écho à la première, d’une manière beaucoup plus marquée pour les hommes de Favre. Ajouté à cela, les 3 offensifs de Dortmund (Sancho, Pullisic et Götze) ont joué beaucoup plus rapprochés de leur milieu de terrain, laissant des côtés exsangues. Cela a intensifié la pression londonienne qui utilisait les côtés comme principale arme, surtout avec des pistons plus hauts délivrés des joueurs. Et pour couronner cela, le jeu axial a provoqué un embouteillage, le même qu’on retrouve sur l’A10 à Londres. Quand Delaney ou Dahoud montaient balle au pied ils n’ont pas réussi à passer dans les espaces parce que les offensifs étaient beaucoup trop statiques.

Finalement, il n’y a aucun débat, non ? (Source : @Caley_graphics)

Alors que Tottenham envisageait un match retour difficile en Allemagne avec une légère avance, c’était sans compter les deux buts en fin de match 83ème et 86ème). Le premier sur un énième tir repoussé d’Eriksen qui joue dans un second temps pour Aurier qui centre pour Vertonghen comme une répétition de l’action qui a mené à l’ouverture du score. Le troisième est de Llorente, fraîchement entré en jeu et reprenant un de la tête un corner Eriksen, la passivité de la Défense du Borussia a été remarquable puisque l’espagnol n’a presque pas bougé pour se défaire et mettre son coup de casque.

A la fin de la rencontre, Son Heung-Min s’est amusé à jongler devant le public, comme si le public ne s’était pas assez diverti. A son image, les Spurs ont fait preuve d’altruisme, de courage et parfois, du talent. Avant le match retour au Signal Iduna Park, Tottenham a remporté une belle victoire face à un gros nom d’Europe et a engrangé de l’expérience européenne.


Et sinon, le prochain but de Son sonnera l’heure du bain pour Pochettino, c’est peut-être ça la leçon du match.

https://twitter.com/SpursFR/status/1096062604315889664
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