Tour d'Europe

Ligue des Champions – Acte 3, Scène 2 : le sac de Rome

Rome, la Ville Eternelle n’avait pas été mise à sac depuis les guerres d’Italie au XVIème siècle. Cette fois c’est une armée rouge venue d’outre-Manche menée par un général originaire de la Forêt-Noire qui est venue à bout de La Louve et se dirige désormais en direction de Kiev.

AS Roma 3-2 Liverpool FC (cumulé 5-7)

5-2 à Anfield, nous n’imaginions pas les Romains se laisser conquérir de la sorte chez eux, au Stade Olympique de Rome. La Rome Impériale a décidé de restaurer l’ordre et de punir la désertion de Mo Salah en faveur de Liverpool, et comme Jürgen Klopp avait annoncé que Russell Crowe était bien avec lui.

La Roma alignée en 4-3-3, est rentrée dans ce match avec l’intention de presser haut des Reds acculés et résignés à jouer d’une manière hasardeuse en priant pour que l’un des trois offensifs récupère le ballon. Tout au long de la partie, Mo Salah a

Sadio Mané dans la Ville Eternelle. (Source : uefa.com)
Sadio Mané dans la Ville Eternelle. (Source : uefa.com)

été marqué par 3 joueurs romains qui en ont oublié Sadio Mané de l’autre côté qui se trouvait systématiquement en un contre un avec Alessandro Florenzi à l’image de l’ouverture du score. La construction est un classique du jeu kloppien et de son gegenpressing, récupération de James Milner qui est venu presser Radja Nainggolan, il lance Salah qui trouve le connétable Firmino. Sadio Mané qui a attendu patiemment le ballon du brésilien, accélère et croise son ballon. Une action menée en moins de 15 secondes et 3 passes, Rome est stoppé dans son élan.

La suite de la rencontre a alterné entre péplum et tragédie liverpoolienne, entre bravoure, sagacité et pathétique. À l’image du pauvre James Milner qui marque contre son camp, sur un ballon mal dégagé par Dejan Lovren et que l’anglais ne peut éviter, qu’il se prend en pleine poire. 1-1 après un quart d’heure de jeu, on pensait que les romains allaient lancer l’offensive et véritablement leur match. Mais c’est Gini Wijnaldum qui double la marque, un peu chanceux, sur un coup de tête rageur et qui donne l’avantage aux siens face à des Romains tétanisés. Ces derniers n’ont pas osé se lancer à l’abordage, si les Romains enlevaient l’embouteillage, cela aurait fluidifié le trafic et laissé de l’espace au trio fantastique. Un dilemme pour lequel Eusebio di Francesco n’a pas su trancher, en coupant son équipe en deux groupes de 5, laissant le contrôle de l’entrejeu aux milieux de terrain des Reds et qui s’est avéré efficace pour empêcher d’encaisser davantage de buts, moins pour en inscrire.

En seconde période, Klopp a demandé à Mané et à Salah de jouer davantage dans des positions axiales, laissant les deux latéraux en 1 contre 1 et cela a laissé à Edin Dzeko l’occasion de revenir au score et de conserver l’espoir pour les Romains. Problème rapidement contourné par le technicien allemand où les Reds sont passés en 4-4-2 avec Mané descendant sur le côté gauche avec les 3 milieux et Salah-Firmino à la pointe de l’attaque, la Roma ne trouve aucune parade et laisse la bataille s’enliser, tout bon pour les joueurs de Liverpool qui n’ont pas craqué ou presque… Peu avant la fin du temps réglementaire, Radja Nainggolan lance un missile à 25 mètres que Loris Karius n’essaye même pas d’arrêter avant que le Belge ne fasse le doublé sur pénalty dans les dernières secondes du temps additionnel.

Les Reds iront à Kiev ! Au terme d’un match aussi fou que le score cumulé, Liverpool valide son ticket pour la 8ème finale de la Ligue des Champions de son histoire. Jürgen Klopp a réussi son coup de force et tentera son coup raté de 2013 face au Bayern Munich, cette fois ce sera face au double-vainqueur en titre de cette compétition, le Real Madrid, facile non ?

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.