Tour d'Europe

Ligue des champions : Acte 1 – Scène 2

Deux défaites, un nul et surtout une élimination en Ligue des Champions. C’est le bilan amer de cette première semaine des matchs retours des huitième de finale, on va essayer de vous raconter ce qu’il s’est passé.

Liverpool FC 0-0 FC Porto

Quand t’as gagné 5-0 à l’aller est-ce que tu peux te contenter de gérer le match et faire tourner ton effectif sereinement ? La réponse est oui, surtout face à une équipe portugaise inoffensive. Jürgen Klopp a fait légèrement tourner en faisant débuter Joel Matip, Joe Gomez, Alberto Moreno ou encore Adam Lallana. Ce dernier revient tout doucement d’une longue absence et peine encore à retrouver son niveau de jeu bien qu’épaulé par Sadio Mané et Roberto Firmino. C’était un tout autre match qu’à l’aller où les Reds n’ont pas réussi à élever son niveau de jeu, même l’entrée du pharaon vers la fin de la rencontre n’a pas joué. On pourra féliciter la défense portugaise beaucoup solide qu’à aller, qui a tenu le choc sur les quelques raids des locaux quand ils ne butaient pas sur les montants. Seule éclaircie de ce match, c’était de voir le Kop faire une standing ovation à Iker Casillas qui disputait sans doute sa dernière rencontre de Ligue des Champions avant de retirer ses gants. On ne cessera de tarir le public d’Anfield très classe, mais qui n’a pas été récompensé par son équipe. Ce ne sera pas une tragédie puisque Liverpool avait un pied et 4 orteils en quarts avant cette rencontre avec le derby d’Angleterre dans le viseur. D’ailleurs, on aurait presque oublié l’absence de Simon Mignolet qui aurait pu disputer la rencontre si Klopp avait décidé de lui donner du temps de jeu, un départ en fin de saison semble quasi-inévitable.

Manchester City FC 1-2 FC Bâle

Tout comme Liverpool, Man City accueillait une équipe de Bâle qui a été écrasée (4-0) à domicile 3 semaines plus tôt. Et lui a fait un véritable turnover en ne conservant seulement Ilkay Gundogan et Bernardo Silva par rapport au match aller, le dernier turnover de la sorte c’était face au Shakthar lors de la dernière journée de la phase de poules pour le même scénario. Malgré un match à 978 passes complétées, les Suisses ne se sont pas montrés neutres et sont sortis de cette compétition avec les honneurs. Et malgré l’ouverture du score de Gabriel Jesus, premier but depuis son retour de blessure, les Citizens n’ont pas résisté au sens de l’histoire. Depuis 2013, le FC Bâle a battu Man Utd, Liverpool, Chelsea et a même éliminé Tottenham en Europa League, c’était logique que Man City tombe à son tour, à l’aller ou au retour. On a noté une belle combativité des helvètes et malgré l’ouverture du score et l’impossibilité à mettre le pied sur le ballon qui empêchait toute possibilité de jouer voire même de contrer et sur les quelques ballons joués, le FC Bâle en a profité pour tromper Claudio Bravo par deux fois. Cela aura peut-être comme résultat de remobiliser les troupes et d’éviter de voir des joueurs déconcentrés par la domination outrageuse de Man City en Angleterre. Sinon Leroy Sané a encore fait un match de folie, mais ça, ce n’est pas une nouvelle.

Tottenham Hotspur FC 1-2 Juventus Turin

Terrible, cruel, crève-coeur… On pourrait ressortir tout le champ lexical de la tragédie, non pas grecque mais à l’italienne, celle qui te frappe comme la foudre sans que tu puisses l’apercevoir. Depuis l’Antiquité, lorsque les Romains traversaient la Manche pour se rendre en Bretagne c’était pour briser les révoltes et cela est toujours d’actualité de nos jours. Le vent s’était levé, le jeune cockerel était prêt à en découdre avec la Vieille Dame, celle qui semblait en perdition, mais qui en réalité jouait de son expérience pour cacher son jeu et tromper le novice. Cette fois c’était Tottenham, contrairement à l’aller, où la jeunesse ardente a fait vaciller les institutions en place, comme pendant les années hippies, la réalité a finalement repris ses droits. Quelle belle confrontation, une prestation solide de la part des Spurs, un contrôle du match quasi-parfait face à des joueurs de la Juve qui semblaient impuissants, on avait presque réussi à croire que Tottenham avait fait le plus dur en ouvrant le score sur une action de jeu fulgurante par le deuxième coréen le plus dangereux.

Heung-Min Son
Tottenham est K.O (Source : The Sun)

Mais au fil du match, on a compris ce que voulait faire Allegri, créer cette zone de confort, ce faux rythme afin de piéger l’inexpérience et de le couper alors que, tout fringuant, se

voyait déjà briser le plafond de verre. On ne peut que féliciter la Juventus qui s’est battue comme il le fallait, avec ses armes et son efficience froide, sur ses deux premiers tirs cadrés de la partie. On croyait que Tottenham pouvait le faire et inscrire ce but qui prolongerait les espoirs des londoniens, mais ni Buffon, ni Chiellini n’ont eu peur d’une équipe aussi peu expérimentée et incapable de changer de destin. Elimination cruelle, par des Spurs qui ont fait un parcours plus qu’honorable en terminant premier d’un groupe composé du Real Madrid et du Borussia Dortmund de la plus belle des manières. Tottenham apprendra de cet échec et grandira, et Tottenham semble déjà en phase de se qualifier pour la prochaine édition de la plus belle des compétitions, parce que cette équipe nous a fait vibrer et on en redemande. Avant cela, il y a une saison à terminer et pourquoi pas un titre en Cup qui serait le meilleur moyen de graver dans le marbre le fantastique travail qui est fait dans le Nord de Londres.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.