Tour d'Europe

Leicester cale, les Rangers victorieux du piège belge

Retour sur les rencontres d’Europa League qui ont opposé Leicester au Slavia Prague et les Rangers à Antwerp.

Les renards patinent

Alors que Leicester restait sur une série de 10 matchs consécutifs sans perdre à l’extérieur, les Foxes s’en allaient défier les leaders du championnat tchèque, le Slavia Prague pour ce qui s’annonçait comme un duel plus que tendu. Le Slavia Prague n’ayant « que » l’Europe pour briller, puisque les tchèques dominent assez largement leur championnat (10 points d’avance sur leur dauphin) et restent sur 9 rencontres remportées en 10 matchs avec la bagatelle de 31 buts inscrits pour une stabilité défensive brillante.

Ainsi, c’est avec une équipe relativement solide que Trpišovský allait défier une équipe anglaise en forme. Dans un 4-1-4-1 reposant sur un gros travail des ailiers, le club tchèque alignait ses meilleurs joueurs, dont les très vifs Olayinka et Sima (3 buts en 6 matchs d’EL pour ce dernier) sur les côtés. L’attraction résultait surtout de la star Nicolae Stanciu et de l’avant-centre vedette Jan Kuchta, auteur d’un bon parcours en Europe, impliqué sur 4 buts en 5 matchs en phase de groupe. En face, Rodgers alignait son traditionnel 4-2-3-1 avec la même composition que lors de l’éclatante victoire face aux Reds, à l’exception de Luke Thomas, remplaçant Pereira, mis au repos pour la rencontre.

Un premier acte disputé

Les Foxes démarrent d’une belle manière la rencontre, les incursions de Barnes font des dégâts face à un arrière droit danois (Bah), en manque de repères. Ainsi, par deux fois, le jeune anglais et Albrighton s’essayent à tromper Kolar, mais le portier est vigilant. Les rares occasions des anglais viendront de l’extérieur de la surface, malgré deux belles occasions à l’intérieur de celle-ci en début de match.

De l’autre côté, on impose un gros pressing, Ndidi déjoue plusieurs fois face à des interventions tchèques rugueuses. Luke Thomas est dépassé, notamment par l’activité impressionnante de Sima, auteur d’une très belle partie. Si le latéral des foxes est souvent pris à défaut, l’expérience de Söyüncü suffit à écarter tout danger. Daniel Amartey, lui, fort d’un profil plus défensif que son pendant gauche, maitrise Olayinka tandis qu’Evans efface sans trop de difficulté Kuchta.

Alors que l’on attendait au tournant Jamie Vardy, l’avant-centre de Leicester est sevré de ballons, les erreurs techniques se multipliant, les Foxes s’en remettent à la patte droite de Maddison sur coup de pied arrêté. Le natif de Coventry, plutôt maladroit depuis bientôt une année dans ce genre d’action, avait brisé la malédiction en inscrivant le premier but de la saison des Foxes sur coup de pied arrêté quelques jours plus tôt. Ainsi, les rares occasions des Foxes se partagent entre contres à peine maitrisés et coup francs bien tirés mais mal exploités. A la pause, les tchèques mènent aux points, forts d’une solidité défensive étonnante et d’une capacité de pressing tout à fait efficace.

Des Foxes apathiques

Rodgers décide de ne rien changer en seconde période, un 4-4-2 en phase défensive, qui mute en 4-3-3 en attaque. Les tchèques reviennent plus combattifs, avec un Stanciu un cran plus haut et un pressing beaucoup plus insistant. Si les Foxes sont chatouillés par la rugosité des tacles adverses, ils répondent présent dans l’intensité.

Cependant, offensivement, Leicester peine, la fatigue se fait ressentir et les occasions pleuvent. Sina n’est plus le danger numéro un, Luke Thomas ayant revu son placement, le jeune latéral des Foxes est beaucoup plus efficace. Le jeu passe davantage par le milieu de terrain, Kuchta est ainsi davantage mis à contribution alors qu’il avait été invisible en première période. La possession est à l’avantage des tchèques, les Foxes ne sortent plus de leur terrain. Tout cela se matérialise par une grosse occasion, Stanciu décoche une frappe à l’heure de jeu, bien repoussée par Schmeichel.

Leicester se tourne alors vers un style de jeu axé sur les contres, cependant, Kasper Schmeichel, en délicatesse avec son jeu au pied, avorte bien souvent des actions prometteuses. Le temps du coaching intervient, Rodgers lance Iheanacho et Ünder en lieu et place d’Albrighton et Vardy, le profil plus explosif du turc pouvant aider face à Boril, latéral gauche, capitaine du Slavia, déjà averti d’un carton jaune. Iheanacho ne tarde pas à s’illustrer et récolte un carton jaune dès son entrée en jeu pour un coup de coude, le nigérian ratera le match retour. De son côté, le jeune turc prêté par l’AS Roma, tente des différences mais son côté « tête dans le guidon » prend le dessus et l’empêche d’être efficace.

Si le Slavia Prague fait 4 changements, il y est contraint par deux blessures, sa solidité défensive et sa construction offensive méthodique n’obligent pas à des ajustements tactiques. Alors que le match s’intensifie et que les contacts sont de plus en plus rugueux, Maddison reçoit un plaquage de Masopust et est contraint à la sortie, Choudhury le remplace et, quelques minutes plus tard, le venge. L’entraîneur des Foxes exprimera son mécontentement quant à l’arbitrage (fait très rare pour Brendan Rodgers) et la qualité du terrain (Leicester aurait pu bénéficier d’un penalty en première période). Les avertissements pleuvent sur la Sonobol Arena et le match se termine dans une relative tension, résultat d’une double frustration – celle des Foxes de ne pas pouvoir produire son jeu et celle du Slavia Prague de ne pas être reparti avec la victoire.

Tout reste à jouer au King Power Stadium, les Foxes devront apprendre de leurs erreurs, leur inefficacité offensive résulte avant tout d’une imprécision technique, elle-même résultant notamment de la fatigue. L’équipe du Slavia, elle, aura un vrai rôle à jouer, son inefficacité devant la cage de Schmeichel devra être résolue.

Les Rangers se sortent du piège à Anvers

Sept buts et quelques jolies frayeurs. C’est le résumé de la soirée qu’ont vécu les Rangers de Steven Gerrard en Belgique jeudi. Au cœur du cyclone en Ecosse avec quatre joueurs qui n’ont pas respecté les règles du confinement pour se rendre à une soirée, les Rangers se déplaçaient malgré tout avec un groupe bien étoffé.

Les premiers mouvements démontraient une envie de prendre le meilleur sur Antwerp dès le match aller. Mais la rencontre basculait dans un premier temps à la 20e minute. James Tavernier, joueur le plus décisif des Gers, se plaignait d’une douleur à la cuisse. Il sortira 5 minutes plus tard (25e). Dès lors privés de leur capitaine, les Rangers vivaient quelques minutes de flottement. Le gros travail de Kemar Roofe allait les aider à se remettre la tête à l’endroit, malgré un joli face à face perdu par Morelos (29e). La récompense viendra du pied d’Aribo (38e). Sur un long ballon de Goldson vers Roofe, Beiranvand, le portier de la formation belge, ne parvenait pas à capter le ballon et relançait bien involontairement dans les pieds de Morelos. Celui-ci, devançant la sortie de l’Iranien, décalait malicieusement vers Aribo qui frappait dans le but délaissé.

Mais la joie écossaise n’était que de courte durée. Sur coup franc, Refaelov trouvait la tête d’Avenatti entre Barisic et Aribo. Celui-ci ajustait McGregor d’une jolie tête placée dans le petit filet opposé : imparable (1-1, 45e). Le temps additionnel allait durer une éternité. Roofe, touché à son tour, cédait sa place à Kent (45e+5) et Antwerp se procurait un penalty après une faute légère mais évitable de Davis sur Refaelov. Celui-ci se faisait justice lui-même et ajustait McGregor d’une frappe puissante sur sa gauche. Pourtant parti du bon côté, le portier de 39 ans s’inclinait de nouveau (2-1, 45e+8).

La belle option pour les Ecossais

Derrière à la pause, les hommes de Stevie G repartaient avec les mêmes intentions de jeu qu’à leur habitude. Et c’est de nouveau sur penalty que la rencontre basculait. Sur une action revue par la VAR – toujours pas adoptée en Ecosse -, Morelos était récompensé d’un penalty après un tirage de maillot de l’ancien Villan Ritchie De Laet (57e). Sans Tavernier, habituel tireur attitré, Barisic s’en chargeait et remettait les deux équipes à hauteur à l’heure de jeu.

Mais, là encore, les Gers se retrouvaient menés après une jolie frappe aux abords de la surface de Hongla (66e), après un bon travail de l’intenable Refaelov. A l’expérience, les Rangers parvenaient à renverser la rencontre dans les dix dernières minutes.

Après un mouvement qu’il avait lui-même initié, Ryan Kent combinait avec Morelos avant de s’offrir un joli but synonyme de 3-3 (83e). Il aurait même pu en inscrire un second une poignée de secondes plus tard mais butait sur De Wolf (85e), entré quelques minutes plus tôt pour remplacer Beiranvand. Kent jouera malgré tout un rôle clé dans le succès des Rangers en obtenant un penalty et entraînant l’expulsion (sévère) de Seck, coupable d’une main sur une frappe de l’ancien de Liverpool (88e). Barisic se représentait pour le tirer. Et décrochait la lucarne droite (3-4, 90e). Le dernier frisson viendra d’Antwerp, avec un joli rush et une frappe lointaine de Miyoshi, venue trouver le poteau d’un McGregor qui ne pouvait rien (90e+4).

Avec une victoire et quatre buts inscrits loin de leur base, les Rangers ont déjà pris une excellente option pour les 1/8èmes de finale d’Europa League. Comme l’an dernier. Mais la méfiance reste de mise du côté de Glasgow.

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