Tour d'Europe

Ligue des Champions : Acte I – Scène 1 des matchs aller-retour

“So far so good” : c’était notre constat suite aux résultats de nos anglais en phase de poules de la Ligue des Champions. C’est toujours le cas après cette première semaine européenne, les anglais impressionnent mais il ne faut pas crier victoire trop vite, on connait la musique.

FC Bâle 1893 0-4 Manchester City FC

On s’attendait à une rencontre serrée avec pour souvenir la défaite 1-0 de Manchester United plus tôt dans la saison au Parc Saint-Jacques. Pep a aligné une équipe-type avec les retours de Fabien Delph et de Vincent Kompany, faisant son retour en Ligue des Champions après 2 ans d’absence (son dernier match dans cette compétition remonte à mai 2016, demi-finale vs. Real Madrid). L’équipe de Raphaël Wicky a, comme prévu, causé beaucoup de problèmes aux Citizens dès le début du match à l’image du face-à-face loupé de Dimitri Oberlin sur une ouverture incroyable de Blàs Riveros. Les helvètes ont rapidement montré leur tactique pour ce match, bien défendre malgré un bloc plutôt haut et jouer sur les côtés afin d’écarter les lignes des Citizens par le biais de Riveros et de Michael Lang. Tactique rapidement mise en lambeaux par l’ouverture du score de la tête de Gundogan sur un corner de De Bruyne (comme d’habitude) avant le quart d’heure de jeu. Le deuxième but vient de Bernardo Silva à la conclusion d’un très beau contre orchestré par le Divin Roux quelques minutes plus tard. Menés 2-0 avant la 20ème minute, les Citizens n’ont pas respecté la neutralité de la Suisse en inscrivant le troisième par le biais d’un certain Kun Aguero. Les 2 buts sont les fruits d’un très beau jeu sans ballon, un pressing qui a totalement mis en déroute le milieu Bâlois. 3-0 à la mi-temps on a vu Man City gérer le match par la suite et qui n’avait pas de craintes face à une équipe qui n’avait que 2 semaines de compétitions dans les jambes, trop peu pour ésperer tenir dans un match d’une telle intensité. D’ailleurs la seconde période est beaucoup plus calme hormis le doublé de Gundogan, un loupé d’Oberlin (encore lui) qui touche le poteau et un arrêt réflexe de Tomàs Vaclik pour empêcher l’allemand d’origine turc d’inscrire un hat trick. Avec cet avantage on voit mal comment City pourrait ne pas se qualifier pour les quarts, à moins que…

FC Porto 0-5 Liverpool FC

Le Stade du Dragon un soir d’Europe, c’est quelque chose qu’il ne faut jamais rater. Les hommes de Sergio Conceicao n’ont pas honoré leur public. On se demandait, avec nos amis d’Ultimo Diez, quelle tactique les portugais allaient adopter, ils ont opté pour un bloc plutôt haut et un jeu vertical. Cela aurait pu marcher au bout de 10 minutes lorsqu’Otavio et Moussa Marega faisaient danser Lovren, van Djik et Alexander-Arnold mais Lovren était bien revenu pour détourner ce ballon qui filait vers les buts. Les locaux ont également tenté de déployer un jeu de passes rapides mais c’était sans compter le gegenpressing kloppien qui a fait effet dès que les Reds sont entrés dans ce match après un quart d’heure de jeu à l’image de cette récupération d’Henderson qui remonte et décale pour Robertson, mais le centre de l’écossais ne trouve personne. L’ouverture du score des Reds sera symptomatique de la passivité et des largesses de la défense portugaise lorsque Wijnaldum navigue entre les défenseurs et trouve Mané bien chanceux d’avoir un José Sa qui se manque totalement dans son arrêt. Le second but, 3 minutes plus tard, est un coup de génie de Salah, Pharaon d’Angleterre, qui nous a fait un numéro d’équilibriste. Le match semble dès lors acquis aux Reds, qui n’ont pas besoin d’accélérer malgré un coup de chaud juste avant la mi-temps par Tiquinho Soares. A la mi-temps, Conceicao a demandé à ses joueurs de partir à l’abordage en montant d’un cran toutes ses lignes, mais cela n’a pas réglé le problème de la défense beaucoup trop friabl, en contrepartie, ils se sont montrés plus à leur avantage en se créant de nombreuses occasions, mais vous le savez, Liverpool se joue des équipes joueuses. A l’image du triplé du sénégalais et du premier but de la rencontre pour Firmino, les Reds ont pris à revers les locaux par une récupération au milieu de terrain menées par des remontées de balle retournantes. Soirée parfaite pour Liverpool qui se paye le luxe de ne pas encaisser de but avec Dejan Lovren en défense et en ayant un pied en quarts. Loris Karius est au passage devenu le titulaire de cette équipe, n’étant pas étranger à ce clean sheet. On est jamais sûr de rien, mais tout comme pour Man City, ça devrait passer, non ?

Juventus Turin 2-2 Tottenham Hotspur FC

Le dépucelage de Mauricio Pochettino pour la phase de matchs aller-retour de la Ligue des Champions allait se faire à Turin, face à la Juventus, ultra-expérimentée dans la compétition et se présentant avec plusieurs cadres absents avant la rencontre. Cela s’est vu au bout de 8 minutes de jeu lorsque les turinois menaient déjà 2-0 avec un doublé d’Higuain, le premier sur un magnifique tir en pivot et le second sur penalty. Ensuite ? Massimiliano Allegri a décidé de fermer le jeu et de se recroqueviller devant ses cages on se demande encore comment cela puisse être possible, de refuser le jeu et d’espérer d’alourdir le score en contre, chose qui aurait pu fonctionner par deux fois, et surtout sur le second penalty accordé aux transalpins où Gonzalo Higuain trouve la barre cette fois et manque le triplé. Tottenham est progressivement monté en régime, et comme souvent, en réduisant le score par Harry “Goal Machine” Kane sur un ballon lumineux de Dele Alli, mettant à terre Gianluigi Buffon peu après la demi-heure de jeu. Ce qui a été remarquable c’est la maturité de l’équipe de Pochettino qui s’est parfaitement relevée et a bien géré son match. Ce qui a été aussi très intéressant à voir c’est le défi physique imposé aux locaux et aussi le contrôle de la partie par le rythme des passes s’accélérant entre la phase de préparation et la phase offensive. On s’était posé la question du choix de Lamela plutôt que de Son, et cela a été une belle idée, puisque, comme le reste de son équipe, Coco a changé de dimension dès qu’il est passé à gauche et Eriksen dans l’axe, cela a totalement désorganisé la défense de la Juve. Mais celui qui a encore montré l’étendu de son talent c’est bien Dembele qui s’est amusé à tourner en bourrique Miralem Pjanic et surtout Sami Khedira qui a dégusté tout au long de la partie. La seconde période a été plutôt équilibrée et la Juve a été malchanceuse sur plusieurs occasions, à l’image de l’action conclue par Federico Bernardeschi dont le tir est détourné par la défense londonienne en direction des gants de Lloris. Le second but des Spurs vient d’un coup franc d’Eriksen, Roi du Danemark qui tir côté gardien sur les conseils de Lamela. Match nul avantageux pour les Spurs qui réussissent ce que personne n’imaginaient avant la rencontre, une belle maîtrise qui confirme leur retour en force et qui sont résolus à faire leur entrée dans la cour des grands. Mais cette équipe a encore des défauts, à l’image des deux penaltys concédés par les deux latéraux, Aurier et Davies, cela doit impérativement être corrigé, surtout au match retour à Wembley où la Juve ne fera aucun cadeau. D’ailleurs les turinois devront jouer et se découvrir, chose qu’Allegri ne semble pas particulièrement affectionner. On l’attend ce match retour !

2 victoires et 1 nul, Man City et Liverpool ont déjà un pied en quarts et Tottenham qui sera qualifié au coup d’envoi à Wembley, cela est très bien parti pour les anglais en Ligue des Champions. C’est un vrai contraste avec les années précédentes qui ne peut que nous ravir, à Manchester United et Chelsea de suivre, c’est tout ce qu’on espère.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.