Tour d'Europe

Day 3 – Les anglais aiment l’Europe

Si le football est le reflet de nos sociétés, les anglais confirment leur rapport étrange avec l’Europe où Londres oscille entre entre “hard” et “soft Brexit“. Entre amour et désespoir, ce milieu de semaine nous a offert son lot de réjouissances.

Shakthar Donetsk 0-3 Manchester City

C’était le match qui comptait pour du beurre la saison dernière lors de la dernière journée de la phase de poules et on se souvient du baroque 3-4-2-1 que Pep Guardiola avait aligné ce soir-là comme crash test.

Un an plus tard c’est une toute autre histoire et une autre équipe de Man City qui se rend à Kharkiv, surtout avec la première titularisation de Kevin de Bruyne de la saison suite à sa blessure aux ligaments.

Cela n’a changé en rien à ce qu’on voit de la part des Citizens depuis le début de la saison avec une défense Stones-Otamendi-Laporte-Mendy qui s’est encore une fois montrée impériale, bien protégée par Fernandinho. Aux côtés d’un De Bruyne qui reprend peu à peu ses marques, c’est bien David Silva qui du haut de ses 32 bougies, continue de nous éblouir et d’organiser ses coéquipiers là où le Belge était un peu plus en retrait. L’espagnol a livré une prestation parfaite alliant génie et masterclass, dans cet effectif qui semble taillé pour s’imposer en Europe après l’avoir fait sur son île. Le seul joueur de Man City qui semble douter est Gabriel Jesus qui a enchainé les erreurs hier soir, seul ombre dans le ciel étoilé d’Ukraine.

La fête Silva. (Photo : Mike Hewitt/Getty Images)

Malgré une belle combativité des joueurs du Shakthar, les Sky Blues ont complètement dominé le match et le score de 2-0 à la pause sur des buts de Silva et d’Aymeric Laporte aurait largement pu être conséquent. Selon Pep Guardiola c’était même la “meilleure mi-temps” que City a joué depuis quelques saisons.

Ce qui a encore été vérifié hier c’est la flexibilité tactique de Pep qui assume un jeu plus direct et vertical, à l’image des nombreuses occasions que les Citizens se sont procurés sur attaques rapides ou en contre où Silva notamment s’illustre parfaitement en délivrant des passes en profondeur, à l’image du tir de Gabriel Jesus repoussé par Andriy Pyatov à la 13ème minute ou la frappe croisée de Riyad Mahrez quelques minutes plus tard. Le but du 3-0 de Bernardo Silva à la 70ème, 80 secondes après son entrée en jeu, est un autre exemple de ce jeu plus direct que le technicien catalan tente de mettre en place.

City prend la place de leader du groupe après la déconvenue face à l’OL tenu en échec par Hoffenheim. Ce qui n’a pas manqué de plaire à Pep Guardiola en fin de match : “Nous étions sous pression après la défaite face à Lyon mais désormais nous avons notre destin entre nos mains. C’était important de gagner ce soir. Mettre 3 buts au Shakthar ici c’est extraordinaire, incroyable.

Manchester Utd 0-1 Juventus Turin

Il y a des choses à oublier et ce match le sera sûrement pour les mancuniens. Ce cauchemar a même débuté avant le coup d’envoi avec les embouteillages autour d’Old Trafford qui ont encore une fois eu raison du bus de Mourinho.

Si on se souvient de cette affiche comme un sommet européen, ce match aurait pu être un exemple du leitmotiv zemmourien du “c’était mieux avant“. La Juve a donné une véritable leçon à Manchester United, comme elle l’a fait à Tottenham en mars dernier là où United était l’équipe qui montrait ce qu’était le football.

Le 4-2-3-1 de Man Utd avec en son coeur un milieu Matic-Pogba-Mata n’a jamais réussi à prendre le dessus sur ses adversaires. Bien que Cristiano Ronaldo n’a pas inscrit son but, la Juve a montré ce qu’était une équipe mature, combative et en pleine possession de ses moyens. En 4-3-3 en phase offensive, le mur zebré se plaçait en 4-4-2 avec Juan Cuadrado qui se positionnait au niveau du milieu de terrain lorsque l’équipe qui recevait partait à l’abordage. Les Red Devils n’ont pas réussi à se défaire de ce milieu de terrain turinois alors que ces derniers trouvaient les décalages parfaits pour se créer des occasions face à des mancuniens absents.

Ashley Young en est tout retourné. (Photo : John Peter/Man Utd via Getty Images)

L’ouverture du score par Paulo Dybala s’était même annoncée comme inévitable, tant les erreurs commises tout au long de l’action entre un Nemanja Matic qui ne couvre pas, un Anthony Martial qui ne redescend pas systématiquement, un Luke Shaw qui monte au pressing et dézonant ainsi derrière lui ainsi que le gag de Chris Smalling… Après le but de l’Argentin, la Juve a contrôlé le match face à des locaux qui n’ont pas réussi à enchaîner les passes aux abords de la surface adverse, là où Juan Mata aurait dû prendre le jeu à son compte, le meneur de jeu espagnol à traverser la rencontre sans jamais pouvoir y participer. L’autre ibérique, David De Gea, s’est illustré en repoussant quelques occasions qui auraient transformé la défaite en humiliation. 

La seconde période a été beaucoup plus positive pour United en se fondant un jeu beaucoup plus direct et la paire Rashford-Martial beaucoup plus dynamique et efficace dans le jeu en une touche de balle mais qui n’ont jamais réussi à se défaire de l’impérial Giorgio Chiellini. Man Utd a tout de même manqué de chance lorsque la frappe de Paul Pogba heurte le poteau puis la tête de Wojciech Szczesny avant de filer en sortie de but. D’ailleurs le français a haussé son niveau de jeu, sûrement mécontent de perdre face à son ancien club et cela s’est ressenti dans la distribution du ballon et du soutien apporté. Man Utd a également manqué de remplaçants (aucun changement effectué) avec un banc constitué de Fred et du jeune Tahith Chong pour les joueurs à vocation offensive, insuffisant quand tu es Manchester United.

La Juve est toujours un monstre du football, United l’est de moins en moins. Comme pour rappeler la belle époque, José Mourinho a encore sortit ses 3 doigts, non pas pour rappeler ses titres de champion avec Chelsea, cette fois-ci c’était pour le triplé réalisé avec l’Inter Milan… La prochaine fois essaye demande seulement 3 pintes.

Liverpool 4-0 Etoile Rouge de Belgrade

On ne sait pas si les dirigeants de l’Etoile Rouge de Belgrade ont une nouvelle fois parié sur une défaite de leur équipe, mais ce qui est sûr c’est que Liverpool a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Mohamed Salah qui a connu un début de saison calme a finalement décidé de se réveiller et d’inscrire son 50ème but en 65 matchs avec Liverpool. Il pulvérise ainsi le record d’Albert Stubbins qui l’avait fait en 77 rencontres pour les Reds entre 1946 et 1948. Avec les buts de Roberto Firmino et de Sadio Mané, cette soirée était celle des retrouvailles du Liverpool qui nous a fait vibrer et espérer la saison dernière.

Avec des très bonnes prestations de Xherdan Shaqiri et surtout de Fabinho, Liverpool semble avoir intégré ces nouveaux éléments à son système de jeu. Le Suisse a été l’instigateur du premier but en récupérant un ballon avant de le décaler pour Andy Robertson. Fabinho lui a offert une véritable couverture à une défense qui n’en avait pas réellement besoin ce soir (performance parfaite pour la paire Gomez-Van Dijk) et a davantage participé à l’organisation et la préparation des actions. Ce Liverpool qui peinait dans dans les mouvements et la qualité des passes semble enfin avoir trouvé comment jouer.

Notre trio préféré est de retour ! Bonus avec le petit nouveau derrière. (Photo : AFP)

Liverpool semble être sur le point de passer à la vitesse supérieure après avoir retrouvé ses cadres et des recrues qui se sont acclimatées. Avec un début de saison plus que réjouissant, nul doute que l’équipe de Jürgen Klopp va passer à la vitesse supérieure et nous offrir ce football heavy metal qu’on apprécie tant.

PSV Eindhoven 2-2 Tottenham Hotspur

Avec cette 3ème participation consécutive en Ligue des Champions, Tottenham devrait faire preuve d’expérience et de professionnalisme, or les Spurs ont enchaîné les erreurs tout au long de sa campagne donnant ainsi l’impression qu’aucune leçon n’a été tirée de leurs précédentes éliminations.

Jusqu’à l’expulsion stupide d’Hugo Lloris et l’égalisation du PSV en fin de partie, Tottenham livrait un de ses meilleurs matchs de la saison en termes de qualité de jeu, d’occasions crées et de performances individuelles. Mais comme face à la Juve en mars dernier ou face à l’Inter cette saison, une équipe qui tient le score mais qui se fait avoir en fin de partie sur un coup du sort. Ce soir c’était la répétition de ce genre de scénario.

Si nous ne remportons pas ce genre de matchs alors nous ne méritons pas de nous qualifier.” C’est la sentence qu’a prononcé Pochettino à la fin de la rencontre qui a vu son équipe se faire tenir en échec par le PSV. Tottenham a certes manqué de chance comme ce but refusé de Davinson Sanchez, la frappe d’Heung-Min Son repoussée sur la ligne ou encore la barre pour Erik Lamela.

Hugo Lloris, l’adieu au capitaine. (Photo : Getty Images)

C’est presque fini, annonce Mauricio Pochettino, nous avons seulement un point. Cela va être très difficile. Nous avons besoin de remporter les 3 matchs qui restent à jouer et avoir des autres scores en notre faveur.” Tottenham peut toujours espérer une qualification malgré des chances infimes, mais pour cela l’équipe devra montrer un tout autre visage, et non celui du novice dans cette compétition.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.