Tour d'Europe

Day 1 – Elle nous avait manqué

C’est la rentrée, même pour le football continental. C’est aussi l’occasion de revoir nos supporters anglais grassouillets venir mettre l’ambiance dans toutes les villes d’Europe.

Inter Milan 2-1 Tottenham

Une rencontre qui rappelle de belles soirées aux Spurs, surtout ce soir d’Octobre 2010 à San Siro où un petit gallois aux grandes oreilles se révélait aux yeux de l’Europe. 
Autre époque, autre contexte, Tottenham débute sa 3ème saison d’affilée en C1 face à un Inter Milan qui fait son apparition après de longues années de galères.
Cette fois-ci Tottenham arrivait à Milan avec le statut de favori malgré les récentes déconvenues alliées aux problèmes liés à la construction du nouveau stade et des demi-finalistes du dernier Mondial (Kane, Alderweireld, Alli, Dier, Trippier, Vertonghen, Dembele et Rose) tous bien en peine. Mauricio Pochettino doit faire avec ce qu’il a, et ce malgré les blessures de certains (Lloris, Alli et Sissoko) quand d’autres ont été laissés à Londres (Alderweireld et Trippier).

Les vaches n’ont pas aidé Tottenham. (Photo : @SpursOfficial)


Les Spurs se sont donc présentés à Giuseppe-Meazza dans un 4-3-1-2 baroque se transformant en 4-4-2 en phase défensive, qu’on avait déjà vu lors de la réception de Liverpool le week-end dernier (défaite 2-1). On a vu les mêmes problèmes, un manque de rythme, de mouvement, de justesse technique et de contrôle du rythme de la partie, cette dernière caractéristique étant la griffe de l’équipe de Mauricio Pochettino, elle ne s’est retrouvée çà et là sans réelle continuité. Le pressing haut des intéristes fondé sur deux lignes de 3 joueurs synchrones les uns des autres : Politano-Perisic-Icardi-Perisic et une plus resserrée dans l’axe Vecino-Nainggolan-Brozovic. Cette dernière n’a laissé aucune espace à ce milieu à 3 de Tottenham à l’image d’un Mousa Dembele, raffolant pourtant de ce genre de disposition, qui ne disposait plus de la forme physique afin de pouvoir s’en détacher.
L’ouverture du score est venue sur un exploit individuel (et chanceux) Christian Eriksen et Tottenham a eu plusieurs occasions de doubler la mise, mais c’est en fin de match que Tottenham se fait rattraper au score puis dépasser. D’abord par la formidable reprise de volée de Mauro Icardi (86ème) puis sur le but sur corner de Mathias Vecino dans les derniers instants qui voient Tottenham signer sa 3ème défaite d’affilée, toutes compétitions confondues, une première pour Pochettino depuis son arrivée dans le Nord de Londres.

Un match à oublier, pour les deux équipes. (Source : @Caley_Graphics)


Tottenham repart de San Siro sonné, et semble déjà en difficulté. Il faudra repartir sur de bons rails très rapidement et dès ce week-end où Pochettino devra faire des choix et écarter des joueurs comme Harry Kane qui a indubitablement besoin de souffler.

Liverpool 3-2 Paris SG

Anfield les soirs de Ligue des Champions. On pourrait parler de ce match avec cette phrase seule mais on veut parler de football.
Le finaliste de la dernière édition recevait le Paris Saint-Germain dans une rencontre où les deux entraîneurs teutoniques se connaissent depuis longtemps.
Liverpool surnage en ce début de championnat (5 victoires en 5 matchs) et entend étendre cette forme dans sa compétition préférée. Tellement que Jürgen Klopp a fait seulement deux changements entre le déplacement à Wembley et la réception de du PSG avec Daniel Sturridge remplaçant Robert le Borgne (blessé à l’oeil) et Jordan Henderson à la place de Naby Keita. Le choix d’Hendo a offert une meilleure assise défensive et un bouclier pour protéger la défense mais en sacrifiant la relance et l’impact offensif du milieu de terrain guinéen. 

La rave party à Anfield. (Photo : Reuters)


La rencontre a été dans la continuité de ce qu’on a vu avec Liverpool la saison dernière en C1. Un gegenpressing du milieu à 3 (Wijnaldum-Henderson-Milner) face à des parisiens qui se sont entêtés à jouer dans l’axe, à l’image de Neymar qu’on a moins vu sur sa ligne. Ce bloc rouge a posé beaucoup de problèmes à la transition parisienne et rarement les milieux parisiens ne sont parvenus à dépasser Henderson.
L’ouverture du score vient d’un caviar d’Andy Robertson pour la tête de Daniel Sturridge avant que Juan Bernat ne provoque un penalty transformé par James Milner, 2-0 à la 36ème minute.

Prestation XXL de Wijnaldum.


Liverpool semblait être beaucoup plus solide qu’avant mais la réduction du score de Thomas Meunier (40ème) puis l’égalisation de Kylian Mbappé (83ème) sur la première frappe cadrée des parisiens en seconde période, nous renvoie aux problème structurel du LFC et son incapacité à tenir un score, mais cette fois..
Mais cette fois Liverpool a gardé la tête haute dans la tempête, et c’est le Borgne qui est venu libérer les siens en inscrivant le but de la victoire en toute fin de match, vraiment on a eu chaud.

Robert le Borgne. (Photo : Reuters)

Comme face à Tottenham, Liverpool a eu peur en fin de partie mais Liverpool a tenu, et c’est peut-être cela qui a changé avec les saisons précédentes. Liverpool doit désormais tenter d’arrêter de se faire peur comme on l’a trop souvent vu, cela passe par une régularité dont seuls les 3 milieux l’ont été, c’est d’ailleurs Wijnaldum qui semble devenir la clé de voûte du système kloppien, jusqu’au retour d’Oxlade ?

Man City 1-2 Olympique Lyonnais

Pep. (Photo  : AFP)

Le “Pepico” que tout le monde attend se jouera au Parc OL à cause de la suspension de Pep Guardiola. Ce soir-là, il n’y avait qu’un Pep.
Man City présentait un quasi XI-type hormis De Bruyne encore en convalescence face à une équipe de Lyon en 4-4-1-1 avec un Nabil Fekir en position d’électron libre, s’intercalant dans les demi-espaces citizens.
L’équipe menée par Mikel Arteta a repris les plans de son boss mais n’a pas suffisamment réussi à se défaire d’un pressing haut des lyonnais imparfait mais efficace. Lors des quelques relances qui arrivaient à passer le milieu de terrain, les attaquants citizens trouvaient un boulevard trop peu exploité entre Pape Diop et la défense centrale.

Les deux buts lyonnais viennent de Nabil Fékir, d’abord à la passe pour l’ouverture du score de Maxwel Cornet à la 26ème minute avant de dérober la balle des pieds de Fernandinho et d’inscrire un but qui restera gravé dans les mémoires peu avant la mi-temps. La suite de la rencontre est une parodie de match entre une équipe qui a le ballon mais inoffensive et une autre qui contre. La réduction du score viendra de Bernardo Silva sur un service de Leroy Sané remplaçant, un but anecdotique.
Le principal problème de City, hormis les deux latéraux Walker et Delph qui ont vécu une sale soirée, c’est celui de Fernandinho. Le brésilien, bien en deça de ses prestations habituelles, a été invisible et City n’a trouvé aucune solution pour y pallier là où il était nécessaire d’avoir quelqu’un pour relancer son équipe et donner de la vitesse au jeu.
Nul doute que City se reprendra et que cette défaite n’aura aucune incidence sur la suite de la compétition, cette fois, Guardiola sera là.

Young Boys 0-3 Man Utd

S’il y a bien une équipe qui avait besoin de l’air de la montagne pour se refaire c’est bien Manchester United. Pour le déplacement dans la capitale des helvètes, José Mourinho en a profité pour aligner Anthony Martial et Marcus Rashford à la place d’Alexis Sanchez et de Jesse Lingard, laissé au repos. C’était aussi l’occasion pour les fans des Red Devils de voir Diogo Dalot s’illustrer pour la première fois.
Le début de match a été assez laborieux pour les hommes de José Mourinho, face à des Young Boys menés par Guillaume Hoarau qui ont enchaîné les occasions. L’ouverture du score se fait cependant par le biais de Paul Pogba sur un jolie frappe (36ème minute) se fait sur une des rares incursions des Red Devils. Le champion du monde va même y aller de son doublé en transformant un penalty généreusement accordé, l’arbitre considérant que l’ex-réserviste de Newcastle Kevin Mbabu a commis une faute de main.


2-0 à la mi-temps, Man Utd peut dérouler tranquillement par la suite et on a constaté plusieurs choses intéressantes. On a vu une complémentarité intéressante entre les 3 attaquants, soutenus par un Pogba beaucoup plus offensif et libérées des tâches défensives qui sont léguées à Nemanja Matic et à Fred. Martial a passé la plus grande partie de son match sur son côté gauche alors que Rashford a davantage décroché. Le jeune attaquant anglais a souvent joué beaucoup plus intérieur, se rapprochant ainsi de Pogba ou a permuté avec Lukaku. C’est d’ailleurs dans ce dernier cas de figure que le troisième but est inscrit. En contre, et en 4 contre 4, Lukaku et Rashford permutent mais Pogba opte pour Martial à gauche qui frappe et marque sur un tir dévié.

La neutralité suisse Paul… (Photo : @PaulPogba)


Sinon on a vu Matic et Fred démarrer timidement mais qui ont ensuite commencé à casser la verticalité du système de jeu suisse et Luke Shaw a encore fait un match d’un niveau kebab.
Victoire qui va dans la continuité de ce qu’on a vu ces dernières semaines et qui fait du bien aux Mancuniens qui vont de mieux en mieux. La mini-crise semble être passée.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.