Non League Football

Un mois en Vanarama National League (D5)

 

A la fin de chaque mois, God Save The Foot reviendra en largeur sur ce qui s’est passé dans les quatre autres divisions professionnelles ou semi-professionnelles anglaises. Du leader au podium, en passant par les surprises et les déceptions ou encore le joueur du mois, tout sera analysé dans le moindre détail par nos rédacteurs passionnés et légèrement fous. Alors prenez place, un thé en main, décollage vers la Vanarama National League.

Il n’y a pas que la Premier League dans la vie ! God Save The Foot a décidé de parler également du cinquième échelon national cette saison où sept journées se sont déjà disputées ! Au programme de ce premier volet : le départ canon de deux clubs londoniens, des supporters en colère et une mascotte à l’allure complètement déjantée.

Le podium 

Sutton United (1er avec 15 pts) 

Sutton United  Le champion de la National League South (D6) en 2016 poursuit son petit bonhomme de chemin, confirmant ainsi son excellent dernier exercice où le club niché au sud-ouest de Londres avait atteint une 12e place pleine d’espoirs. En tête à l’issue des sept premières journées, Sutton a alterné le très bon (victoires contre Leyton Orient et Tranmere), mais aussi le médiocre (défaite sur ses terres face à Maindstone). Néanmoins, on ne peut pas s’empêcher d’avoir un petit faible pour cette équipe dont la mascotte s’appelle Jenny The Giraffe. Elle fait le bonheur des petits et grands à chaque rencontre à domicile, mais possède aussi son propre compte Twitter https://twitter.com/jennythegiraffe?lang=fr ! En 2010, elle avait terminé 5e sur 41 concurrentes du fameux concours Mascot Grand National réservé aux mascottes des équipes de football du pays. Si l’inénarrable mascotte du club prête à sourire, que dire du blason psychédélique de Sutton où se mêlent un oiseau vert fluo, deux clés rouges et bleus, le nom du club inscrit en jaune et vert… Quand on vous dit que les divisions inférieures regorgent de perles.

Jenny la Girafe est l’une des attractions de Sutton

Dagenham & Redbrige (2e avec 13 pts)

Encore en League Two il y a de cela deux ans, le club londonien entame en ce mois d’août sa deuxième saison consécutive au cinquième échelon national. Malgré cela, les Daggers sont pour le moment la seule équipe à être encore invaincue et possèdent la meilleure attaque avec seize pions. Un début de championnat tonitruant réussit grâce au second meilleur scoreur du championnat Corey Whitely (6 buts) qui a oeuvré pendant plusieurs années dans les petits clubs amateurs de la capitale avant de trouver refuge à Dag & Red en 2016. Il faudra bien cela pour remplir un Victoria Road dépeuplé pour les trois premières rencontres à domicile (1500 spectateurs en moyenne alors que le stade peut contenir plus de 6000 places).

Leyton Orient (3e avec 13 pts) 

Du paradis à l’enfer, de l’espoir au désespoir. Voici l’épopée de Leyton Orient depuis 2014. Une défaite aux tirs au but en finale des playoffs face à Rotherham a fait basculer le sort du mauvais côté. Alors qu’ils n’avaient connu que la Football League pendant 112 ans, les O’s ont démarré une nouvelle saison dans ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer, ni même concevoir il y a encore quelques mois : la National League. Quelle est la raison principale d’un tel désastre ? Un fiasco à l’italienne réalisé par le désormais ex-propriétaire – et cynique – Francesco Bechetti, capable de montrer ses joueurs dans une télé-réalité transalpine, ou de souiller littéralement l’économie du club londonien pendant son mandat. Résultat des courses, les fans se sont démenés pour ne pas voir leur enfant chéri disparaître en fin de saison dernière, réalisant entres autres une campagne trust pour le maintenir à flot. Fort heureusement, la Cour suprême britannique a rejeté la liquidation financière le 11 juin dernier qui a permis de redonner un nouveau souffle à Leyton Orient. Une aubaine sociale pour la survie du quartier, encore sous le choc des coups de boutoir sportifs et financiers qu’il a pu subir récemment. Ce début de saison prometteur n’en est que réjouissant.

La zone rouge 

Hartlepool United (21e avec 5 pts)

Hartlepool est sans doute l’un des clubs les plus hilarants du royaume. Autant vous prévenir, il y a de croustillantes histoires à raconter, car on le sait, le foot d’aujourd’hui n’est plus circonscrit à un simple enjeu de terrain. Portant le doux surnom des « pendeurs de singe », le club du nord-est de l’Angleterre a souvent défrayer la chronique. De sa mascotte devenue maire de la ville avec le cultissime slogan « free bananas for childrens », à ses fans capables de faire 600 kilomètres habillés en thunderbind ou en schtroumpfs, en passant par la signature hypothétique de Ched Evans condamné pour viol en 2012, les Monkey Hangers ont souvent connu les joies de la presse nationale, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Sportivement, Hartlepool a réalisé un calamiteux mois d’août avec une petite victoire au compteur et le titre de la plus faible attaque au bout de sept journées (4 buts inscrits). Attention danger.

Oui, oui, ce sont bien les fans déchaînés d’Hartlepool !

Guiseley FC (22e avec 5 pts) 

Guiseley justifie à merveille la singularité qu’offre les divisions inférieures. Lors de leur dernière rencontre face à Hartlepool, ils n’avaient par exemple aucun gardien remplaçant sur le banc. Heureusement pour eux, Joe Green (21 ans) a tenu le choc malgré la défaite 0-1 de son équipe. Dommage pour nous, car au sein de l’effectif des Lions se trouvent Steve Dickinson, 44 printemps, qui aurait très bien pu reprendre le flambeau de son jeune coéquipier. On notera aussi les apparitions de l’attaquant nigérian Kayode Odejayi (35 ans), passé par une ribambelle de clubs depuis qu’il a entamé sa carrière en… 1999 : les « écolos » de Forest Green, Barnsley, Accrington, Rotherham, Colchester…

Solihull Moors (23e avec 4 pts) 

Perdue entre Birmingham et Wolverhampton, la cité de Solihull a la particularité d’avoir vu naître Roy McDonough, le co-détenteur de record de cartons rouges reçus dans l’histoire de la Football League (13 rouges) en compagnie de Steve Walsh. Maintenus d’extrême justesse la saison passée – en ayant concédé la plus large défaite de l’histoire du club 0-9 à Tranmere à la 42e journée – les Moors auront beaucoup de mal à réitérer pareille performance cette année et ce ne sont pas les 400 âmes éparpillées de Damson Park qui seront d’un grand secours.

 

Torquay United (24e avec 1 pt) 

Torquay n’a pour le moment récolter qu’un maigre point en sept journées et pourtant, le club de l’ancienne gloire néo-zélandaise Rory Fallon – auteur du but victorieux face au Bahreïn en 2009 permettant aux All-Whites de se qualifier pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud – ne démérite pas. Mais au-delà de l’aspect sportif, la colère des fans ne cesse de croître. Comme bon nombre de clubs anglais, Torquay est dirigé par des propriétaires sans scrupules. Si le maintien fut inespéré en mai dernier, Alan Merson – qui dirige un forum de supporters – révélait au Guardian que certains joueurs percevaient à peine £ 300 par semaine dans une division où la plupart de leurs pairs sont payés deux fois plus. Des joueurs qui devaient également travailler en dehors pour survivre, l’un d’entre eux aurait même été videur de discothèque pendant un an sur Birmingham pour arrondir ses fins de mois. Avec une telle entame de championnat, pas sûr que la colère des supporters ne s’estompe.

L’équipe du mois : Boreham Wood FC 

Sous la houlette de ses joueurs latins formés à QPR, le Portugais Bruno Andrade (5 buts) et le Colombien Angelo Balanta (3 buts, 2 passes), Boreham est la surprise de ce début de saison. Le club de la banlieue londonienne s’accroche au rythme des leaders (7e avec 11 points) et espère décrocher un ticket pour les playoffs en mai prochain. Du moins, c’est l’objectif affiché par Luke Garrard plus jeune entraîneur du championnat (31 ans). De quoi aiguiser l’appétit d’une formation qui jusqu’à maintenant, n’a jamais connu autre chose que le milieu de tableau en National League.

Le joueur du mois : Dave Tarpey (Maindenhead United)

York Road, plus vieille enceinte du monde à abriter continuellement la même équipe depuis 1871, que nous avait fait découvrir l’excellent Romain Molina en mai 2014 : https://www.youtube.com/watch?v=WItlxPbmLcQ est aussi le repère du serial buteur Dave Tarpey. Auteur (déjà) de 7 buts – dont un quadruplé contre Fylde – l’attaquant de Maindenhead continue à faire trembler les filets comme l’an passé où il avait battu le record sur une saison du nombre de buts marqués (35) en National League South. Courtisé, le joueur de 28 ans a préféré décliner les offres qui lui ont été proposés cet été pour continuer sa progression en D5*. A priori, il a plutôt bien fait.

*NB : l’attaquant a finalement rejoint dans les ultimes minutes de la Deadline Day le club de Barnet (D4).

Après avoir terrassé les défenses de National League South, Dave Tarpey dévore celles de National League

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L’auteur

Thomas

Thomas

Selon lui, Wes Hoolahan aka "Irish Messi" est l'un des plus grands joueurs de cette planète. Voue un amour incommensurable pour les divisions inférieures anglaises et le football nord-irlandais. Aime porter le kilt sans son slip, un peu fou sur les bords. Rêve secrètement d'un retour de Leeds en Premier League, le club qui a fait connaître la patte gauche délicieuse d'Harry Kewell. Il aurait voulu être joueur de foot pro, mais en voyant Jon Parkin et son physique grassouillet déambuler sur les terrains de National League, l'espoir n'est pas perdu.

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