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Bilan du Mercato anglais – L’argent fait-il le bonheur ?

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Pogba, transfert le plus cher de l’histoire. Pour l’instant … (Crédits : Premier League)

1 380 000 000, c’est le nombre d’euros dépensés par les clubs de Premier League cet été. C’est un nouveau record complètement explosé, une augmentation de 34% par rapport à l’an passé (1,03 milliard). Le deuxième championnat le plus dépensier n’est autre que la Série A, loin derrière avec 700 millions d’euros. Ce qui change la donne, c’est les droits TV en Angleterre qui s’élèvent à  2,3 milliards d’euros par saison distribués aux 20 clubs engagés. Et les clubs en sont conscients, de ce fait le prix des joueurs augmentent considérablement. Qui aurait pensé que Ndong coûterait 20M€ à Sunderland ? Il y a quelques années, ce serait impensable. Aujourd’hui, le prix d’un défenseur est similaire au prix d’un attaquant il y a 5ans. C’est dire. Le record est battu, Paul Pogba a coûté environ 110 millions d’euros à Manchester United, star du mercato. Alors, que dire sur le mercato de la Premier League ? Bah c’est de la folie.

Le club le plus dépensier : Manchester City

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John Stones, le défenseur le plus cher de l’histoire. Pour l’instant … (Crédits : SkySports)

213 millions d’euros dépensés cet été par Guardiola, une enveloppe presque illimité pour construire une équipe compétitive. On vous disait que les défenseurs coûtent de plus en plus cher, John Stones devient une référence. Pas moins de 55 millions d’euros pour le jeune anglais de 22ans, homegrown et potentiellement l’un des meilleurs à son poste en Angleterre. Leroy Sané, grand espoir allemand, a coûté lui 50 millions d’euros, Gabriel Jesus 32 millions … Bref, en bas de l’article vous trouverez le lien transfermarkt qui détaille le mercato de chaque club. Il est clair que Guardiola n’a pas hésité à renforcer l’équipe à toutes les lignes, au détriment d’autres joueurs » : Bony (prêt à Stoke), Mangala (prêt à Valence), Nasri (prêt à Séville), Joe Hart (prêt au Torino). Les Citizens posent leurs couilles, et leur saison démarre très bien avec un 100% de victoires et une qualification en Ligue des Champions. Maintenant, reste à voir si la dynamique continuera dans un championnat plus que jamais relevé. Inutile de faire un bilan maintenant, on se retrouve plus tard Manchester City !

Le recrutement le plus intelligent : Middlesbrough

C’est la starlette du mercato. 25 millions d’euros dépensés seulement, mais 11 arrivées, en général en prêt comme Chambers et Negredo, mais surtout le recrutement de joueurs libres comme Brad Guzan, Victor Valdès, Gaston Ramirez, entre autres. Aitor Karanka a considérablement étoffé quantitativement et qualitativement son effectif qui est paré pour survivre en Premier League. En recrutement « star », on peut noter la venue de Marten de Roon en provenance de l’Atalanta (15M€) et Viktor Fisher depuis l’Ajax (5M€). Les espoirs sont permis pour le jeune promu qui tentera de se réinscrire à long terme au sein de l’élite. Vous croyez au maintien du club ? Nous oui.

Le prêt, moyen de plus en plus fréquent

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Falcao, l’excellence du prêt trop cher qui ne sert à rien. Il est retourné à Monaco cet été. (Crédits : SkySports)

Cuadrado a été prêté à la Juventus pour … 3 ans. Assez incroyable mais vrai. Le club de Chelsea est le club utilisant le plus ce procédé. En effet, 25 joueurs sont revenus de prêt au mois de juin dernier, 21 autres repartent dans le sens inverse cet été (toutes catégories confondues). Nous l’avons vu, lors du Deadline Day, le système de prêt a été beaucoup utilisé. C’est un moyen intéressant pour combler momentanément des manques à certains postes et aussi un moyen de repli en cas d’échec sur d’autres transferts précédemment. Selon le niveau et la notoriété du joueur, le prêt peut s’accompagner d’une indemnité, et la bataille entre les clubs se joue sur la prise en charge du salaire. En bref, le prêt c’est gagnant-gagnant, que ce soit pour les clubs que pour les joueurs qui tentent de relancer leurs carrières avec plus de temps de jeu.

La Premier League tue-t-elle la concurrence ?

Le nouveau contrat anglais permet d’être encore plus dominant sur le marché qu’il ne l’a été, je sais déjà ce qui va se passer l’été prochain. Le tsunami sera encore plus violent. On n’a vu que le sommet de l’iceberg. J’ai vu le centre d’entraînement des jeunes que Manchester a mis en place, et franchement, il n’y a pas mieux. Et j’ai vu la même chose à Tottenham, Arsenal et Chelsea“, a expliqué Rummenigge à Süddeutsche Zeitung. Les autres championnats ont de plus en plus de mal à rivaliser avec la puissance financière du football anglais. Pourtant, en Ligue des Champions et en Europa League, c’est bien la Liga qui domine, avec bien moins de moyens. Alors, est-ce que la PL va retrouver les sommets avec de tels moyens ? L’avenir nous le dira. Il faut avouer que le spectacle ne sera que plus beau, mais en Angleterre, on estime que le problème n’est pas l’argent, mais la formation. Il y a 67% d’étrangers en Premier League, rien que ça. Citez-moi des managers anglais aujourd’hui aussi bons que les Guardiola, Mourinho et consorts ? Bon courage. Dites-moi le dernier titre de la sélection anglaise ?

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Les droits TV, principaux revenus des clubs de Premier League. (Crédits : AFP)

C’est un cercle vicieux en réalité. L’argent incite à acheter plus, les meilleurs joueurs arrivent, au détriment de l’investissement dans les centres de formation et dans la détection nationale. De ce fait, les joueurs anglais sont de moins en moins bien formés, ce qui joue négativement sur les résultats de la sélection nationale à terme. Bref, on se réjouit de la capacité financière de la Premier League, mais il serait pas mal de se tourner un peu plus vers la formation, non ? Certes, le quota de homegrown est pas mal, mais pas suffisant. À bon entendeur.

Pour voir le récapitulatif des transferts des clubs de Premier League, cliquez ici.

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L’auteur

Benjamin

Benjamin

Fan inconditionnel d'Arsenal depuis la douloureuse finale européenne au stade de France en 2006. Attend impatiemment la gloire retrouvée d'un club forgé par la légende Arsène, enfin parvenu à tourner la page. À la fois procrastinateur et salarié de l'Education Nationale, fan de séries et musicien à ses heures perdues.