Focus

La vie sans Coutinho, pour le meilleur et pour le pire

Ce fut un transfert qui a fait couler beaucoup d’encre, le départ de Phillippe Coutinho Correia de Liverpool au Barça pour une somme de 160 millions d’euros nous rappelle celui de Luis Suarez en 2014. Cependant, le vide laissé par le petit magicien ne sera pas aussi conséquent que celui crée par l’envol d’El Pistolero, on se demande même si cela va changer quelque chose pour l’équipe du Merseyside. On va essayer de vous l’expliquer.

Liverpool restera Liverpool

Une victoire étincelante face au leader Man City (4-3) et une défaite face à la lanterne rouge Swansea (1-0) dans la foulée, c’est un refrain incessant du Liverpool de Klopp, dominer les gros et se faire avoir par les petits. Cela s’explique par sa tactique du gegenpressing, efficace contre une équipe qui joue au ballon mais plus difficile à appliquer lorsqu’on affronte une équipe qui a décidé de laisser le ballon l’adversaire, de jouer avec un bloc bas et de l’avoir en contre. Contre-pressing, verticalité, jeu direct… tout cela est inefficace, mais je pense que cela n’est pas une surprise pour vous. Ce qui est étonnant c’est de voir que Liverpool demeure ainsi et dispose des mêmes qualités et défauts avec et sans le brésilien. On peut en revanche souligner l’interchangeabilité de certains joueurs excepté quelques-uns (le trio offensif) parce que le XI de Liverpool est à considérer comme une entité à part entière et non une somme de 11 individualités selon les préceptes d’Arrigo Sacchi dont Jürgen Klopp se réclame. Quand un joueur remplace un autre, certes, il dispose de ses qualités propres, mais il doit répondre à des consignes collectives (pressing, positionnement, mentalité) qui priment sur l’individuel. Ainsi, on peut penser que Coutinho n’est pas indispensable.

The Little Magician

Coutinho -et on ne cessera de le rappeler- est un magicien et un esthète. Au-delà de ses performances lors de cette première partie de saison qui sont au niveau d’un joueur de son calibre, ce qui caractérise Coutinho c’est un pied raffiné qui tend à conserver le ballon là où le jeu de Liverpool nécessite des passes rapides en une touche afin de déstabiliser les adversaires. Il a tout de même réussi à s’adapter eu jeu de Klopp, tout particulièrement lorsqu’il n’a pas le ballon, il propose des appels, fait le pressing, se positionne par rapport à ses coéquipiers, chose facilitée par la synergie du groupe où on trouve des joueurs complémentaires. Mais on voyait bien que son potentiel n’était pas utilisé à son maximum au détriment de la raison d’état, au FC Barcelone il pourra l’exprimer dans toute son entièreté. Coutinho est sans aucun doute fait pour pour un tel club avec une philosophie de jeu où on doit conserver le ballon et d’une qualité au-dessus de la moyenne mais qui demande depuis quelques temps (et Ernesto Valverde n’y est pas étranger) une certaine verticalité, chose que le brésilien sait faire à merveille grâce au travail de l’allemand. Ceci dit, le Liverpool de Klopp continuera d’être le même qu’on connait, avec ses mêmes écueils;

Firmino Coutinho
Bobby va se sentir seul désormais. (Source : thisisanfield.com)

Et maintenant ?

Oui Liverpool va continuer ainsi, mais on peut penser que cela ira mieux et l’idée d’un « mal pour un bien » nous vient tout de suite en tête. Et c’est vrai qu’on peut le dire en voyant les statistiques comparées de Liverpool avec et sans le Petit Magicien. Notez que ces statistiques prennent en compte les matchs de cette saison jusqu’à son départ pour la Catalogne. Il faut rappeler que Coutinho a tout de même été laissé au repos lors des matchs moins importants pour se conserver afin de disputer les grosses rencontres.

A la faveur de Coutinho, il a crée 53 occasions de but en 19 matchs, contre 50 pour Mo Salah et Bobby Firmino en 29 et 30 respectivement sur le même période. Cela va sans dire qu’il pourrait avoir un manquement au niveau de la créativité, on se souvient du derby du Merseyside en décembre dernier (1-1) où il était remplaçant et que les Reds n’avaient pas réussi à doubler la mise face à des Toffees bien retranchés en défense. Mais à la fin de ce match, l’entrée de Coutinho n’a pas réussi à changer le cours du match, preuve que le résultat n’est pas la conséquence de la performance d’une individualité mais du corps de l’équipe dans sa globalité.

Coutinho quitte donc Liverpool sans faire pour autant de déçus, excepté les amoureux du beau football, et les Reds continueront de produire le même jeu avec certes beaucoup moins de créativité non sans une certaine spectacularité. Cela ne va sans doute rien changer, et pour preuve, quand le fluidificateur Adam Lallana s’est blessé pour une longue période, on pensait que cela allait affecter les résultats de l’équipe… Jürgen Klopp a réussi son coup.

 

Article précédent

Arsenal, la casa de papel

Article suivant

Tim Cahill de retour à Millwall : une histoire d’amour inébriante

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.

Aucun commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *