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Preview PL 2018/19 : Tottenham, le début d’une ère nouvelle ?

Pour la reprise de la saison de Premier League 2018/19, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Place aujourd’hui à Tottenham. Depuis l’arrivée de Mauricio Pochettino, le club a enfin atteint son but séculaire : occuper une place récurrente dans le Big Four, synonyme de qualification pour la Ligue des Champions. Après 3 podiums consécutifs, le club du Nord de Londres entend consolider ses bases pour faire son entrée dans la cour des grands d’Europe.

Difficile de faire mieux ?

Avec 86 points pris lors de la saison 2016/17, difficile pour Tottenham de faire mieux cette saison. Avec ses 77 unités et sa 3ème place, les Spurs se sont assurés la Ligue des Champions pour la nouvelle saison, objectif premier du club. Contrairement à la saison précédente où ces derniers donnaient l’impression d’un rouleau compresseur impossible à arrêter, lors de l’exercice 2017/18, le club du Nord de Londres paraissait beaucoup plus limité et irrégulier. La cause principale étant les blessures qui n’ont pas épargné le club et les milieux de terrain (Winks, Wanyama, Dembelé), axe central du jeu de Pochettino, quand d’autres n’étaient pas au niveau (Sissoko). Le manque de profondeur est sûrement le plus gros écueil de l’équipe emmenée par Mauricio Pochettino, les joueurs recrutés lors du mercato dernier comme Fernando Llorente et Serge Aurier n’ayant pas convaincu non plus.

Cette saison a tout de même laissé des matchs mémorables comme ce nul (1-1) puis cette victoire à domicile (3-1) en Ligue des Champions face au futur vainqueur, le Real Madrid. Quand l’effectif était au complet, on retrouvait la patte de Mauricio Pochettino, c’est à dire contrôler le rythme du match en alternant entre passes courtes en une touche de balle dans un petit périmètre et jeu long pour trouver le coéquipier libre, le pressing intense ou la capacité à conserver le ballon. On a vu du beau football à Wembley, bien qu’il n’avait pas le même éclat que lors de la saison précédente à White Hart Lane.

Heung-Min Son inconsolable après l'élimination face à la Juventus
Heung-Min Son inconsolable après l’élimination face à la Juventus. (Crédits : Reuters)

Tottenham a eu du mal face à plus gros que lui, à l’image des deux déroutes tactiques face à Man City ou des éliminations face à Manchester United en demi-finale de FA Cup et face à la Juventus en Ligue des Champions. Deux scénarios similaires où Tottenham mène et semble avoir le contrôle du match, avant de le perdre. C’est sûrement dans ce registre que les hommes de Mauricio Pochettino doivent progresser.

Cette 3ème place n’en est pas moins logique, avec des joueurs qui ont été au niveau comme Harry Kane et ses 30 buts en championnat, Christian Eriksen, Mousa Dembele, Jan Vertonghen, Heung-Min Son et Davinson Sanchez, qui s’est révélé être une recrue de premier choix. L’équipe a tout de même produit un jeu attrayant et efficace, alors qu’elle a joué “38 matchs à l’extérieur” selon les dires de Mauricio Pochettino au micro du Standard Sport lors de l’ultime match de la saison :

“Peut-être que les gens ne réalisent pas à quel point cela a été difficile pour les joueurs, le staff et les fans. Cela a été très difficile de jouer chaque match, chaque semaine à Wembley. Et je pense que parfois certains discutent un peu trop sur “ce qu’on doit faire” ou “ce que nous devrions faire pour produire cela”, et c’est pour cette raison que je suis fier de mes joueurs. Tellement fier d’être dans le Top Four dans ces conditions, malgré toutes les mauvaises choses qu’on a subit tout au long de la saison, si vous n’êtes pas forts mentalement et physiquement, que vous ne n’avez pas de passion et que vous ne prenez pas vos responsabilités dans cette situation, c’est que c’est difficile de faire ce qu’on a fait aujourd’hui.”

La caractère, c’est peut-être cela qui a forgé Tottenham tout au long de la saison, et le club vient sans doute de franchir un pallier avant de revenir dans son antre.

Faire des miracles avec peu

C’est devenu un refrain incessant depuis le début du projet de construction du Tottenham Hotspur Stadium. Tottenham est le “Petit Poucet” des ogres de Premier League, en dépensant moins que ses concurrents du Big Four, le club parvient à s’y maintenir. La raison principale est que le club a financé la plus grande partie de son édifice avec ses fonds propres à environ 670 millions d’euros + un emprunt de 450 millions d’euros payable en 5 ans. Cela affecte le marché des transferts et le club a sans cesse recruté malin ou devait vendre avant de pouvoir s’acquérir d’un joueur, à l’image du transfert de Davinson Sanchez rendu possible par le départ de Kyle Walker vers Manchester City l’été dernier. Sans oublier la problématique des quotas de joueurs étrangers.

Avec la prolongation de Mauricio Pochettino au début de l’été, on a cru voir plein de promesses sur une nouvelle politique de transferts du club prenant davantage de risques. On a eu droit à des prolongations de contrats de la plupart des joueurs de l’effectif, entraînant une dérégulation de la structure salariale, chère aux yeux du président Daniel Levy.

La balance des transferts des clubs de Premier League depuis l'été 2014
La balance des transferts des clubs de Premier League depuis l’été 2014. (Source : Daily Mail)

Cependant, la réalité économique a rapidement repris le dessus et Tottenham se retrouve dans l’impasse, celle de l’impossibilité de dépenser de grosses sommes à l’image de ses concurrents et aucune arrivée à déclarer à une semaine de la fin du mercato anglais. Mauricio Pochettino s’est récemment exprimé sur ce sujet [lors de la conférence d’après match face au FC Barcelone] en déclarant :

“Je ne suis pas détendu quant à cette situation. Je suis un entraîneur et quand on est entraîneur, on ne peut pas être relâché. Nous devons tout de même avoir de la confiance avec les joueurs que nous avons et la façon dont nous travaillons. […] Bien sûr le football c’est toujours de se renforcer chaque saison comme les autres clubs, comme nos concurrents le font. Si nous ne pouvons pas recruter, nous devons être créatifs et demander de l’aide des jeunes joueurs. Ils nous ont montré qu’ils peuvent nous aider si on ne recrute personne. […] Nous travaillons tellement mais nous en sommes comme au premier jour du mercato, avec aucune recrue. Mais dans notre situation et pour différentes raisons, cela nous est difficile de trouver des joueurs qui puissent nous aider, mais vous le savez, dans les derniers jours du mercato tout peut arriver”

Tottenham a un effectif complet avec un centre de formation performant. Inclure des jeunes en équipe première a été la principale caractéristique des Spurs depuis l’arrivée de l’Argentin en 2014. En cas de mercato vierge, nul doute que certains jeunes se révèleront aux côtés des joueurs majeurs du groupe qui forment déjà un groupe fort et complémentaire. Même Ben Davies n’en est pas inquiet

La force collective

Définir le joueur majeur de cette équipe de Tottenham est une tâche difficile, bien qu’à première vue, on penserait tout de suite à Harry Kane. Ce serait sans doute faire offense à d’autres comme Christian Eriksen, Mousa Dembele, Jan Vertonghen, Dele Alli, Eric Dier et la révélation anglaise du Mondial en Russie, Kieran Trippier.

Bend it like Trips
Bend it like Trips. (Crédits: Etsuo Hara/Getty Images)

Contrairement à ses rivaux qui se renforcent en nombre chaque été, Tottenham dispose d’un groupe hétérogène, complémentaire et unifié. Sa grande force vient du fait qu’ils n’ont pas besoin d’un temps d’adaptation pour s’entendre entre eux ou pour comprendre les consignes tactiques

Comme dit plus haut, si Tottenham a été un peu moins bon cette saison derrière c’est par le manque de solutions dans l’entrejeu alors qu’Harry Kane réalisait la meilleure saison de sa carrière. C’est avant tout un collectif qui joue ensemble, qui permet à l’autre d’avoir le ballon dans de bonnes conditions plutôt que d’un jeu uniquement centré sur un attaquant. L’exemple parfait de cette caractéristique est Dele Alli, devenu le premier défenseur, joueur déclenchant le pressing plutôt que les attaques, le rendant bien moins en vue que la saison précédente. Tottenham a cette force de ne faire qu’un au profit du jeu collectif.

Top Four ?

Kyle Walker...-Peters, prochaine révélation des Spurs ?
Kyle Walker…-Peters, prochaine révélation des Spurs ? (Crédits : @KyleLPeters)

Lors de l’été 2016, Mauricio Pochettino déclarait :Notre objectif est de progresser, d’atteindre un autre pallier et de s’améliorer, en pointant sa tête, c’est ici que nous devons nous améliorer.” Deux ans plus tard on peut dire qu’il n’en est pas loin et que l’équipe va dans la bonne direction. Le club est passé de simple outsider au Big Four à concurrent sérieux.

Une nouvelle qualification en Ligue des Champions semble être l’objectif primordial dans son nouveau stade. Cela pourrait permettre au club de viser plus haut et de pouvoir enfin remporter un titre, chose qui échappe au club de Mauricio Pochettino depuis 2008. Sans devenir une obsession, une victoire finale dans une des trois compétitions nationales doit aussi occuper les esprits, Tottenham en a la qualité, il ne manque que la réussite.

En championnat, Tottenham doit faire mieux que ses 79 points de la saison 2017/18 et que son record de 86 points de 2016/17 pour espérer être champion, chose pas impossible mais qui s’annonce très difficile bien qu’on imagine les Spurs briller cette saison pour leur retour à la maison. Notre pronostic : une 3ème place.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.