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Preview PL 2018/19 : Leicester, une place à trouver

Pour la reprise de la saison 2018/19 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Place désormais à Leicester City, qui se cherche de nouveaux objectifs, deux ans seulement après son titre surprise.

Leicester, histoire d’un rollercoaster

Claude Puel, l’homme-providentiel

La saison de Leicester ne tient qu’à un nom, celui de Claude Puel. L’ancien coach de Nice, subitement parti de Southampton après une saison probante, arrive au chevet des Foxes le 25 octobre dernier. La faute à une entame plus que laborieuse des hommes de Craig Shakespeare, ponctuée par une seule petite victoire en 8 matchs. Le 17 octobre, le successeur de Claudio Ranieri est victime de ses propres limites, en particulier dans le jeu. L’arrivée de Claude Puel fait donc un bien fou aux Foxes, qui enchaînent notamment quatre victoires consécutives entre fin novembre et mi-décembre, dont un cinglant 4-1 sur la pelouse du St Mary’s Stadium de Southampton. Comme une forme de revanche sur le passé pour le compétiteur dans l’âme qu’est Claude Puel. La suite de la saison s’avère plus irrégulière, ce qui n’empêche pas les Foxes de terminer à une honorable 9ème place après un début de saison compliqué.

Harry Maguire aux côtés d'un Claude Puel souriant.
Claude Puel, en quelques mois à la tête du club, a propulsé Harry Maguire parmi les meilleurs défenseurs d’Angleterre (Crédits: Daily Star).

Après quelques incertitudes, Claude Puel continuera de mener sa petite troupe cette saison. Après une fin d’histoire aussi inattendue que difficilement compréhensible du côté de Southampton, “Boring Puel” souhaite cette fois s’inscrire dans la durée dans un club, à l’instar d’un certain Arsène Wenger outre-Manche. “La Premier League est comme un club de piranhas mais le plus important selon moi est de construire pour le futurIl est impossible de jouer comme une grande équipe en six mois.” Bien conscient des qualités et des limites de son équipe après 10 mois au sein du club, le coach des Foxes a déjà entamé son travail de l’ombre, modifiant quelque peu l’effectif et misant sur des plus jeunes joueurs notamment.

Une transition lente mais réfléchie

Lentement mais sûrement, Claude Puel a laissé entrevoir quelques changements de cap dans le onze de départ de son équipe. Adepte du 4-2-3-1, ou du 4-4-2 selon les positionnements, l’ex coach niçois a laissé davantage de champ libre en pointe à Jamie Vardy, fait de Maguire l’un des tout meilleurs défenseurs du Royaume, aussi bien dans les duels qu’à la relance, et lancé quelques jeunes pousses dans le grand bain. Progressivement, des joueurs comme Fuchs et Albrighton, ont fait de la place à des espoirs comme Chilwell et Gray, plus tranchants sur les contres. Le recrutement entamé à l’intersaison, avec la venue de Fousseni Diabaté, laissait également indiquer le début d’un vent de fraîcheur dans les Midlands. Basés sur un bloc défensif solide et une attaque de feu, c’est au milieu que se prépareront les conquêtes de demain pour le club du centre de l’Angleterre. Les recrutements de Ndidi, Adrien Silva et Iborra l’été dernier vont dans ce sens. Des joueurs au profil travailleurs, capables de bien défendre, mais également de relancer proprement le ballon et de se projeter vers l’avant quand l’occasion se présente. À l’aube d’une nouvelle saison, Leicester se présente avec un effectif stabilisé, sans réel point fort mais sans réelle faiblesse non plus. Une dualité qui rendra les coéquipiers de Kasper Schmeichel plutôt imprévisibles cette saison.

Merci Riyad, au revoir Mahrez

Riyad Mahrez, observé par Pep Guardiola.
Après une tournée d’adieu triomphante cette saison, Mahrez rejoint enfin un coach qui le voulait depuis longtemps, Pep Guardiola (Crédis: Fennec Football).

L’une des clés de la campagne passée de Leicester reste sans aucun doute le renouveau de Riyad Mahrez. Retombé de son nuage lors de la saison 2016/2017, l’homme n’a pas digéré que ses envies de départ soient sans cesse contenues par la direction du club, d’autant que d’autres joueurs comme Kanté avaient eu droit à leur bon de sortie. Le plus grand mérite de Puel lors de la saison dernière aura été de relancer l’international algérien, en dépit d’une énième petite crise lors du mercato hivernal. Dépositaire des clés du jeu, aligné aussi bien derrière l’attaquant qu’à droite, le joueur de 27 ans termine la saison avec 12 buts et 10 passes décisives au compteur. Comme à ses plus belles heures. Comme une forme d’adieu prématuré après des moments de doute et de tension. Une confiance et une envie retrouvées qui ont permis de retrouver des bribes de l’équipe qui avait triomphé deux ans auparavant. Sauf que, cette fois, les bonnes performances de Riyad Mahrez lui ont permis de s’envoler vers d’autres cieux, du côté de Manchester City.

Un mercato discret mais pertinent

James Maddison pose sous ses nouvelles couleurs.
Disposant d’une palette technique complète à tout juste 21 ans, James Maddison pourrait très bien être une des révélations de la saison à venir (Crédits: LCFC).

Si, dans le sens des départs, la vente de Riyad Mahrez constitue la fin d’une époque pour les supporters, la direction et Claude Puel ont mis la main à la pâte pour se renforcer cet été. Pour tourner la page de l’international algérien, discrètement mais efficacement. Claude Puel s’est tout d’abord appuyé sur une valeur sûre, en la personne de Ricardo Pereira, qu’il a coaché à Nice lors de son passage sur la Côte d’Azur. Le latéral droit portugais, 24 ans, constitue une bonne pioche à un poste auquel la concurrence est souvent rude. Très tonique, il n’hésite pas à prendre son couloir, dédoubler, provoquer. Une place de titulaire semble lui tendre les bras, à un poste où Danny Simpson a affiché ses limites.

Dans un registre tout aussi technique, Leicester a misé gros sur James Maddison, débarqué de Norwich pour près de 25 millions. À tout juste 21 ans, le milieu de terrain britannique sort d’une brillante saison en Championship, récompensée par 15 buts. Claude Puel ne tarit pas d’éloges à son égard :

“C’est un jeune joueur qui peut se créer des opportunités dans les 25 derniers mètres et il nous donnera plus de possibilités au sein de l’équipe. Bien sûr, il a beaucoup de qualités et une belle marge de progression. C’est un des jeunes joueurs les plus prometteurs du football britannique”.

Doué techniquement, percutant, doté d’une bonne vision du jeu, il semble avoir le jeu et la caisse pour évoluer à l’échelon supérieur et pourra compter sur une ossature collective et des joueurs expérimentés autour de lui pour s’adapter rapidement.  Un renfort de poids mais également un pari fait sur l’avenir de la part du club. Il est probable qu’une place de milieu offensif l’attende cette saison, à un poste où Mahrez jouait fréquemment en deuxième partie de saison. Enfin, le club pourra compter sur Jonny Evans après la relégation de West Bromwich. Une belle affaire réglée à tout juste 4 millions d’euros, surtout quand on se remémore les 20 millions d’euros proposés l’été dernier par Manchester City.

Demarai Gray, la voie est libre

Certes, Jamie Vardy fera encore partie des meubles l’année prochaine. Il n’empêche que les Foxes attendent l’émergence de nouveaux leaders, en particulier sur le plan offensif, pour apporter du soutien à l’international anglais. Derrière le serial buteur, une jeune garde pousse et frappe à la porte depuis plusieurs mois. Parmi eux, Fousseni Diabaté, recruté l’hiver dernier à la surprise générale, au nez et à la barbe des plus grands clubs français, Kelechi Iheanacho, qui ne s’est pas encore imposé comme un incontournable, et Demerai Gray. Le natif de Birmingham, arrivé dans les Midlands en janvier 2016, l’année du titre, a pris du galon et s’est imposé comme une des valeurs sûres du système Puel depuis sa nomination à la tête des Foxes. Avec un bloc défensif solide et des sorties de balle rapides, Leicester a misé sur les qualités de son jeune ailier. Imprévisible balle au pied une fois qu’il est lancé, l’international espoirs a posé de nombreux problèmes à la plupart des défenses de Premier League. Ses fulgurances le rendent difficiles à prendre, et libèrent des espaces pour ses partenaires.

Demarai Gray célébrant un but.
Demarai Gray dispose de tous les atouts pour se révéler encore un peu plus aux yeux des observateurs en Angleterre (Crédits: Leicester Mercury).

Il serait d’ailleurs injuste de s’attarder uniquement sur ses statistiques pour juger de son impact sur le jeu de son équipe. Ses 3 petits buts inscrits cette saison ne disent pas tout de l’importance qu’il a eu dans le jeu. Excellent dribbleur, capable de décocher de belles frappes de loin, il a su aussi temporiser, poser le jeu, preuve de son intelligence de jeu, loin des ailiers prêts à tous les excès pour faire des différences. D’ailleurs, Gray sait toute l’importance qu’il peut, et doit, prendre cette année au sein de l’attaque des Foxes. “Le départ de Riyad est une grande perte pour nous, mais il est parti et nous ne pouvons pas nous arrêter là-dessus en tant qu’équipe” déclarait-il. Sans doute accompagné de joueurs comme Diabaté et du jeune espoir Maddison, Gray dispose déjà d’une certaine expérience au sein du club qui doit lui faire franchir un palier supplémentaire cette saison. Un palier qui pourrait lui permettre de frapper à la porte des Three Lions, d’autant que Gareth Southgate n’hésite pas à miser sur des jeunes espoirs talentueux pour préparer l’avenir.  “Le manager anglais a confiance en les jeunes joueurs et si vous vous débrouillez bien et que vous jouez en club, tout le monde a sa chance. Donc, pour moi personnellement, je veux être là-haut, continuer à travailler dur et à m’accrocher, je crois en moi et je crois que mon heure viendra.” Affaire à suivre.

Une ossature et des incertitudes

En dépit d’un effectif plutôt stable d’une saison à l’autre, il est difficile de prévoir quel visage sera affiché par les Foxes cette saison. Toutefois, la cohérence et l’efficacité affichées par les Foxes depuis l’arrivée de Puel sont plutôt des signaux positifs envoyés aux supporters. Il faudra rapidement faire oublier le départ de Mahrez, ce qui passera par des résultats dès l’entame de la saison, et l’émergence de nouvelles figures de proue au sein de l’effectif. Avec des renforts à des postes stratégiques, Leicester peut se targuer d’avoir un onze de départs à la fois jeune et expérimenté sur le papier. L’attaque, plutôt jeune, présente des caractéristiques et une complémentarité intéressantes pour la saison à venir, tandis que la défense, composée de Morgan et de Maguire, présente des garanties indéniables. Un cocktail détonnant qui fait souvent pschitt au sein d’un collectif, à condition de trouver un plan de jeu équilibré. Un défi largement à la portée de Claude Puel, qui possède les ressources humaines et tactiques pour stabiliser les Foxes dans la première partie de tableau cette saison. Si les pensionnaires du King Power Stadium ont les armes pour poser des problèmes aux cadors, il leur sera toutefois difficile de tenir la cadence et d’afficher la même régularité. En ce sens, ils seront à la lutte derrière le top 6, au même titre qu’un club comme Everton. Notre pronostic : 9ème place.

L’auteur

Clément

Clément

Maladroit dans la vie comme Valère Germain devant le but, passionné du beau jeu de Bielsa en passant par Guardiola, fan de Manchester City depuis des années, jusqu'aux abords du fameux Emptyhad. Nostalgique de Leeds où il a vécu, dans une ville qui manque à la Premier League. Peut passer du calme et de l'impassibilité d'un Mourinho à la folie furieuse de Klopp en un quart de seconde au cours d'un match.