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Preview PL 2018/19 : Everton, à la croisée des chemins

Pour la reprise de la saison 2018/19 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Aujourd’hui, destination la Merseyside où Everton se trouve à la croisée des chemins, entre une ambition grandissante et une dernière saison décevante.

De l’ambition à la déception

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la saison précédente ne fût pas de tout repos du côté des Toffees. Un mercato estival 2017 en béton à hauteur de 150 millions d’euros avait suffi à confirmer des ambitions de plus en plus affirmées. Les arrivées de Sandro, auréolé d’un Euro espoirs convaincant, de Sigurdsson, véritable chef d’orchestre de Swansea, de Klaassen, de Keane et de Pickford, sans oublier le retour de l’enfant du pays Wayne Rooney, laissaient effectivement entrevoir la naissance d’un effectif taillé pour titiller les plus gros clubs outre-Manche. Un espoir vite douché par une entame de saison cauchemardesque. Au soir du 29 octobre, après 10 journées, Everton pointe à une 18ème place aussi inattendue qu’inquiétante alors que Ronald Koeman prenait la porte une semaine plus tôt.

Sam Allardyce fait la mou avec le manteau d'Everton.
La mine désabusée, Sam Allardyce a redressé Everton sans faire de miracles (Crédits: Metro).

Pour se relancer, le club fait appel à Big Sam, tout juste sorti d’une mission sauvetage à Crystal Palace la saison précédente. Cette fois, le pompier Sam doit surtout éteindre les premières braises nées d’un manque de retour sur investissements. Sans faire de vagues et avec un jeu loin de soulever les travées de Goodison Park, Sam Allardyce mise sur le pragmatisme et une assise défensive très affirmée, correspondant aux qualités de son arrière-garde, composée de Keane, Williams et Jagielka.

Mais quand la machine n’était pas encore parfaitement huilée, le club de Liverpool enchaînait les gifles face aux cadors du championnat. Comme pour témoigner de l’écart abyssal séparant un mercato onéreux, et pas toujours bien pensé, de clubs capables de construire dans la durée des collectifs aptes à jouer les différents titres nationaux tous les ans.

D’autant que ce sacrifice du jeu sur l’autel des résultats s’en ressentira sur le plan offensif, où les Toffees n’inscriront que 43 buts en championnat. Un bilan bien maigre pour une attaque renouvelée, et pourtant pétrie de talents avec des joueurs tels que Calvert-Lewin et Niasse, auteur de 8 buts précieux au cours de la saison. Les arrivées de Tosun et Walcott auront eu le mérite d’apporter à la fois de la vitesse et de la maîtrise offensive pour une équipe sans réel équilibre. Car si des titres peuvent se conquérir par la solidité défensive, ils sont décrochés au prix d’un accord tacite entre le staff et les joueurs autour d’un projet de jeu, lequel ne se choisit pas par défaut suite aux premières difficultés rencontrées. Tout n’est pas à jeter mais beaucoup reste à faire pour que les Toffees puissent s’inviter à la table des grands et espérer mieux que des campagnes sans saveur les jeudis soirs en Europa League.

Everton, une équipe en quête de confiance

Une défense à re-consolider

Pour une équipe réputée prudente, encaisser 58 buts en une saison témoigne des failles d’un collectif, en panne d’inspiration et de confiance. Certes, les blessures de Coleman et de Baines, deux joueurs cadres historiques, ont pu affecter les certitudes des Toffees derrière. Mais le trio central Jagielka-Williams-Keane a vite affiché ses limites dès que l’opposition se corsait. Marco Silva l’a bien compris et cherche à se renforcer dans ce secteur. Si les rumeurs vont bon train, rien n’est encore signé. Le coach portugais a à peine dissimulé ses intentions. « Digne ? Nous nous intéressons à [lui] et nous espérons obtenir [son] renfort. Voyons voir ce qui se passe dans les prochains jours. » Même son de cloche en ce qui concerne Yerry Mina, un transfert à priori plus compliqué après une bonne Coupe du monde et l’intérêt de poids lourds comme Manchester United.

Un milieu en quête d’identité

Schneiderlin remet ses chaussettes tandis que Gueye semble perdu.
Le salut d’Everton passera en partie par un milieu plus engagé et plus créatif (Crédits: RoyalBlueMersey).

Le principal point faible des Toffees la saison précédente résidait dans le manque de créativité, en particulier au milieu de terrain. Composé le plus souvent de Gueye, Schneiderlin et Rooney, le trio semblait jouer un jeu contre-nature à la base d’une rigueur défensive. Idrissa Gueye, pour ne citer que lui, illustre le mieux ce malaise tactique. Pas habitué à subir l’intégralité d’une rencontre, il a souffert à outrance, quitte à commettre un nombre incalculable de fautes durant la saison. Ses 7 cartons jaunes et son carton rouge ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Il n’est pas fait pour subir autant le jeu, de même que l’ensemble des attaquants des Toffees. Même Tom Davies n’a pu confirmer les belles promesses entrevues lors de la saison 2016/17. Cette saison, l’entrejeu sera un des principaux chantiers pour Marco Silva dans la quête d’un équilibre d’équipe entre une défense réputée hermétique et une attaque alléchante. Relancer un joueur comme Sigurdsson, derrière les attaquants, apparaît également comme une des clés des futures conquêtes des Toffees, tandis que le départ de Klaassen au Werder Brême pour 15 millions d’euros symbolise une politique de recrutement aléatoire.

Une attaque en devenir

Si l’attaque des Toffees, sur le papier, regorge de promesses qui ne demandent qu’à confirmer, elle reste néanmoins dans une certaine phase de transition. Les départs de Lukaku et Barkley n’ont pas été compensés aussi bien que la direction du club l’envisageait au moment de sortir le portefeuille l’été dernier. Néanmoins, le recrutement de Richarlison (voir ci-dessous) combiné à l’éclosion de Calvert-Lewin sont des vrais signaux positifs envoyés aux supporters, qui peuvent légitimement s’attendre à un jeu fait de vitesse et de percussion sur les côtés. Un aspect du jeu qui a clairement manqué aux Toffees la saison dernière. Le tout encadré par des joueurs d’expérience tels que Tosun ou Walcott, alors que Sandro s’est vu offrir une seconde chance de s’imposer lors des premiers matchs de préparation. Le meilleur est à venir pour Everton, à condition de trouver la bonne formule tactique permettant à l’ensemble des qualités du groupe de se dévoiler au grand jour.

Richarlison, l’heure de la confirmation

Beaucoup d’observateurs s’étaient demandés comment un gamin d’à peine vingt ans avait pu décider de quitter Fluminense pour Watford en guise de première expérience en Europe. La réponse, Richarlison l’a apportée sur le terrain aux termes d’une adaptation ultra rapide. Son choix de se tourner vers Everton pourra également surprendre au vu du potentiel décelé la saison dernière. Un parcours atypique pour un garçon qui l’est tout autant, lui qui se voyait poser un pistolet sur la tempe par un dealer au Brésil durant son adolescence. Tout juste transféré de Watford à Everton pour un montant de 45 millions d’euros, auxquels pourraient s’ajouter 11 millions d’euros de bonus, Richarlison s’attaque désormais à la phase la plus dure pour un jeune footballeur. Celle de la confirmation. Auteur d’un début de saison plus que prometteur avec 5 buts et 4 passes décisives en 2017, il a été nettement moins influent sur les résultats de son équipe en 2018.  Il n’inscrit d’ailleurs plus un seul but après le 19 novembre 2017 contre West Ham, et sa dernière passe décisive remonte au 12 décembre. Si les statistiques ne résument pas tout, la baisse de régime de Richarlison a coïncidé avec le coup de mou affiché par Watford… et le limogeage de Marco Silva.

“Marco Silva est devenu comme un père pour moi à Watford”, “Je vais apprendre davantage, parce que je suis encore en phase d’apprentissage. C’était vraiment bien de travailler avec lui et je pense qu’il peut m’aider à être sélectionné un jour avec l’équipe première du Brésil.” – Richarlison

Richarlison, vêtu de l'écharpe d'Everton lors de sa présentation.
Jeune et créatif, Richarlison incarne le vent de fraîcheur souhaité par Marco Silva (Crédits: BBC)

Il aura pour lui l’avantage de très bien connaître le nouvel entraîneur portugais des Toffees, qui l’a pris sous son aile un an plus tôt à son arrivée chez les Hornets. « Marco Silva est devenu comme un père pour moi à Watford» confessait-il lors de sa présentation la semaine dernière. Un entraîneur avec qui il pourra franchir un nouveau palier, lui qui n’a pas cédé aux appels de phare de clubs plus hupés, à l’image de Manchester United. « Je vais apprendre davantage, parce que je suis encore en phase d’apprentissage. C’était vraiment bien de travailler avec lui et je pense qu’il peut m’aider à être sélectionné un jour avec l’équipe première du Brésil. », déclarait d’ailleurs l’ancien international U20 au moment de sa signature. Une illustration de la maturité du gamin et d’un plan de carrière patient et savamment maîtrisé.

Repartir sur des bases saines

Après les désillusions de la saison précédente, le salut d’Everton aux yeux des observateurs et de ses fans passera en partie par le jeu. Un virage semble avoir été pris par le club avec la nomination de Marco Silva, attiré par un jeu offensif, lui qui a insufflé aux Hornets une belle dynamique en début de saison dernière. Il aura à sa disposition un groupe incroyablement divers avec des joueurs historiques, tels que Coleman ou Baines, des jeunes aux dents longues, à l’instar de Calvert-Lewin ou Richarlison, et des joueurs talentueux qui n’attendent qu’à se relancer, comme Sigurdsson. Un tel effectif se doit d’avoir de l’ambition, mais celle-ci devra être mesurée pour ne pas tomber de haut encore une fois. Un objectif légitime, pour un tel groupe, serait de terminer premier derrière un Top 6 plus armé que jamais. Une place qui, aux yeux du jeu proposé par Marco Silva par le passé, d’un mercato ciblé sur certains postes clés, et de l’effectif actuel, semble amplement atteignable.  Notre pronostic : 7ème place.

L’auteur

Clément

Clément

Suiveur invétéré de Manchester City (oui, c'est possible), nostalgique d'une année passée à proximité d'Elland Road, de Turf Moor et du fameux Emptyhad. Se contente joyeusement de titres en Premier League en attendant, peut-être un jour, une coupe aux grandes oreilles.