PL Preview

Preview PL 2020/21 : Un Chelsea au projet ambitieux

Pour la reprise de la saison 2020/21 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Place aujourd’hui aux Blues de Frank Lampard, au cœur d’un projet ambitieux après une saison dernière réussie.

Lampard, un pari réussi

Juillet dernier, quelques semaines après s’être séparé de Maurizio Sarri, Chelsea prend le pari de nommer Frank Lampard au poste d’entraîneur. À l’époque, et certainement à juste titre, nombreux sont les observateurs dubitatifs quant à cette prise de décision osée. Lampard, ne disposant en effet que d’une très faible expérience du métier, débarque dans un Chelsea au contexte extrêmement difficile pour des raisons protéiformes. Touchés par une interdiction de recrutement pour deux mercatos et désormais orphelins de leur meilleur joueur Eden Hazard, parti au Real Madrid, le défi pour la légende des Blues, qui doit de facto composer avec un effectif limité, s’annonçait périlleux.

Pourtant, alors que les noms plus expérimentés de Laurent Blanc et Massimiliano Allegri étaient également pressentis, la direction des Blues a immédiatement eu les idées claires, quant à la future orientation sportive à donner à ce club en manque criant de stabilité et devant se passer de superstars. Désespérément à la recherche d’un profil pouvant s’imposer dans la durée, à qui donner plus de responsabilités et de confiance, après des années émaillées par des relations tendues entre entraîneurs et dirigeants au détriment des résultats récents de Chelsea, Frank Lampard apparaissait effectivement comme un choix intelligent.

Connaissant par cœur les rouages d’un club où son passage restera légende, il pouvait enfin permettre d’installer une relation saine et apaisée de travail entre staff technique et direction sportive. Nul doute que l’habile nomination de Petr Cech au poste de directeur technique, intermédiaire entre Lampard et Marina Granovskaia, a par ailleurs facilité cette nouvelle atmosphère de travail appréciable et souhaitée depuis des années. Celle-ci commence à porter ses fruits au niveau du recrutement, cette preview aura l’occasion d’y revenir ultérieurement.

Frank Lampard et Petr Cech, le duo à l’origine de la reconstruction.
Frank Lampard et Petr Cech, le duo à l’origine de la reconstruction.

Un renouveau rafraîchissant

Dans la nomination de Frank Lampard, résidait donc quelque chose d’éminemment logique. D’abord, depuis quelques saisons, beaucoup de supporters historiques se sentaient moins proches de leur club. En témoigne, lors de certains matchs de la saison 2018/19, une désertion inédite du Bridge par certains abonnés ne s’identifiant plus à l’équipe, ni au coach. Les dirigeants semblaient donc avoir pris conscience du faussé se creusant entre fans et club et des plaintes concernant l’amoindrissement de “l’identité Chelsea”, surtout depuis les départs d’illustres anciens, tel que John Terry, dernier en date.

Dès lors, qui de mieux qu’une des plus grandes légendes et le meilleur buteur de l’histoire du club pour raviver la flamme avec des supporters historiques déçus de l’ère Sarri ? On l’a fortement ressenti lorsque les supporters étaient autorisés à se rendre en stade avant la crise sanitaire du Coronavirus – Lampard était la principale attraction, plus que n’importe quel joueur. Le soutien donné par le public est immense, tout comme l’engouement autour du club, chose qui n’était plus le cas depuis la saison du titre sous Antonio Conte.

L’autre grande légitimation et explication de la nomination de Frank Lampard se trouvait dans l’interdiction de recrutement infligée à Chelsea l’année dernière. Car même si le club avait anticipé cette sanction de plusieurs façons, notamment avec le transfert de Christian Pulisic conclu lors du mercato hivernal, la possibilité de rappeler certains joueurs prêtés ou encore l’option de transformer le prêt de Kovacic en transfert définitif, le fait de ne pas pouvoir se renforcer sur le marché estival, alors que les carences de l’équipe de Sarri étaient déjà connues de tous, a certainement été un frein à la venue d’entraîneurs plus expérimentés – qui demandaient une impossible refonte globale de l’effectif et une hausse non négligeable de la qualité de ce dernier.

Avec la prohibition de recruter, outre Christian Pulisic et Mateo Kovacic, qui ont d’ailleurs certainement été deux des meilleurs joueurs cette saison, la plus grande possibilité de régénérer l’effectif était d’utiliser des jeunes formés au club, souvent de retour de prêts fructueux en Championship. Cette volonté de donner le pouvoir à la jeunesse a été très rapidement perceptible. Tout d’abord dans la constitution du staff technique avec les nominations de Jody Morris et Joe Edwards. Le premier, ancien joueur de Chelsea et déjà adjoint de Lampard à Derby, fut avec grand succès entraîneur des U-18 durant plusieurs années. Quant au second, au centre de formation depuis 2004, il a également supervisé et entraîné plusieurs catégories de jeunes. En choisissant de travailler avec ces personnes-là, Lampard ayant lui-même une bonne connaissance du centre de formation, s’assure une expertise et une relation privilégiée avec les jeunes figurant dans l’effectif, qui ont quasiment tous été formés et entraînés par Joe Edwards et Jody Morris durant leur formation.

Avant que la saison ne commence, les conséquences de ces arrivées se sont ressenties très rapidement, puisque la plupart des jeunes joueurs formés au club évoluant au sein de l’équipe première ont prolongé leurs contrats. Volonté que l’on a également retrouvé dans cette confiance quasiment aveugle, et complètement inédite, que Lampard a donné à certains jeunes dès le début du championnat. Le ton était donné à Old Trafford, avec les titularisations de Mason Mount et Tammy Abraham. Chose qui s’est confirmée les matchs suivants. Au fil de la saison, la confiance de Lampard envers ses jeunes éléments ne s’est jamais réellement estompée. Malgré une certaine irrégularité résultant de leur jeune âge et de leur faible expérience au haut niveau, on a effectivement pu observer Chelsea casser le record de l’équipe la plus jeune alignée en Premier League en termes de moyenne d’âge à de nombreuses reprises cette saison.

L’exemple le plus criant de la jeunesse au pouvoir étant celui de Mason Mount. Joueur devenu essentiel dans l’esprit de son coach en ayant quasiment disputé la totalité des matchs des Blues en Premier League (37), dont l’extrême majorité en tant que titulaire, le jeune international anglais fut, parfois de manière abusive, un des premiers joueurs que Frank Lampard inscrivait dans ses onze titulaires, même à différentes positions ne lui convenant pas forcément.

Auteur de 15 buts en championnat, Tammy Abraham, grand responsable des bons résultats de Chelsea du début de saison en ramenant un nombre de points non négligeables, était également un élément fondamental de l’équipe avant de s’effondrer début 2020 et de passer derrière Olivier Giroud dans la hiérarchie. Tout comme Tomori, ayant réalisé un début de saison prometteur avant d’être touché par une blessure qui l’écarta malheureusement pour le reste de la saison, et ne devant pas rougir de son niveau en comparaison à ses concurrents en défense centrale, secteur en grande difficulté.

Mason Mount et Tammy Abraham, symboles de la réussite des jeunes Blues.
Mason Mount et Tammy Abraham, symboles de la réussite des jeunes Blues.

Reece James a également eu sa chance régulièrement. Quant à Callum Hudson-Odoi, de retour d’une rupture du tendon d’Achille et décevant lors de ses rares apparitions, il n’a lui joué que très peu de minutes. Toujours est-il que les bons résultats obtenus par les Blues cette saison sont en grande partie dus à l’intégration de cette jeunesse que Chelsea, doté d’un des meilleurs centres de formation d’Europe, attendait tant.

À l’avenir, ces jeunes joueurs ne bénéficieront cependant pas d’un crédit illimité. Frank Lampard l’a compris et répété maintes et maintes fois lors de différentes interviews, le retour au plus haut niveau, qu’il soit national ou européen, la réduction de l’écart avec des écuries comme Liverpool ou Manchester City, passera par un renforcement significatif sur le marché des transferts. Si le mercato se déroule comme ils le prévoient, les Blues qui ont déjà recruté Hakim Ziyech et Timo Werner, se renforceront d’avantage et des jeunes comme Mount et Abraham devraient passer de titulaires à jokers. Une concurrence toute nouvelle à laquelle ils devront faire face et qui permettra certainement de déterminer s’ils peuvent s’inscrire à Chelsea dans la durée, ou non.

Des résultats satisfaisants

Bien entendu, avant que la saison ne commence, un certain cynisme ambiant régnait quant aux résultats qu’obtiendrait Chelsea cette saison. Nombreux ne voyaient pas cette équipe capable de finir dans le Top 4 ou encore de sortir de son groupe difficile de Ligue des Champions. Dotés d’un effectif moyen tant en quantité qu’en qualité, engagés dans toutes les compétitions possibles, difficile effectivement de prévoir que les Blues réussiraient finalement à terminer dans les quatre premiers en Premier League.

Un résultat synonyme de participation à la prochaine Ligue des Champions, chose fondamentale permettant au club de passer à l’étape supérieure de son projet. Une telle qualification facilitant en effet le recrutement de tops players, en plus d’assurer un joli bonus financier à hauteur de 50 millions d’euros. Malgré une élimination par un Bayern Munich – futur champion d’Europe à la classe et puissance indiscutablement supérieure – en 8èmes de finale de la Ligue des Champions, l’objectif de sortir des poules a lui aussi été rempli. En bonus, les Blues ont même disputé la finale de la FA Cup, après un parcours difficile (Liverpool, Leicester, Manchester United). Battus facilement par les rivaux d’Arsenal à Wembley, cette finale décevante a parfaitement illustré les lacunes de l’équipe, mais ne ternira pas pour autant la réussite de cette saison dont l’objectif principal était en championnat.

Cependant, bien que le résultat final soit satisfaisant vu le contexte, l’erreur serait d’analyser cette saison passée uniquement par le prisme comptable et de considérer les choses comme acquises. En effet, tout comme sa jeune équipe, la saison du Chelsea de Lampard fut plus qu’irrégulière. Hormis à l’automne, qui permit de placer les Blues en haut du classement, rares ont été les séries de victoires. Une irrégularité également palpable par des résultats variant de façon surprenante entre équipes du haut et du bas de tableau. Cette saison, Chelsea a battu, en étant même parfois brillant dans le jeu, Manchester City, Arsenal ainsi que Tottenham par deux fois. Mais les Blues ont par ailleurs perdu de nombreux points face à des équipes inférieures comme West Ham et Southampton (deux défaites) ou encore Brighton, Newcastle et Manchester United en réalisant des performances indignes.

Si l’on regarde de plus près les choses, cette quatrième place obtenue par les Blues peut même être relativisée. En effet, cela faisait longtemps qu’un quatrième n’avait pas obtenu si peu de points. Chelsea peut ainsi remercier les faillites de ses concurrents directs Tottenham et Arsenal, mais également se réjouir de la chute spectaculaire de Leicester lors du restart post confinement, sans lesquels la quatrième place obtenue à la dernière journée aurait été impossible à décrocher. Un résultat d’autant plus miraculeux que les faillites collectives de cette équipe sont immenses, surtout défensivement.

Un secteur défensif catastrophique

Le plus gros point noir de la saison de Chelsea est connu de tous. Il suffisait de regarder quelques matchs et de se tenir informés des scores pour se rendre compte de la catastrophe que fut le secteur défensif cette année. Avec 54 buts encaissés en championnat (oui), Chelsea détient en effet de loin la pire défense du top 10 de Premier League. Pire encore, les Blues ont encaissé 16 buts lors de leur courte campagne de Ligue des Champions.

Kepa, l’homme qui valait 80 millions d’euros et qui prenait 40 buts pour 10 frappes cadrées.
Kepa, l’homme qui valait 80 millions d’euros et qui prenait 40 buts pour 10 frappes cadrées.

Alors à qui la faute ? Individuellement, hormis Kurt Zouma, Fikayo Tomori, Reece James et Cesar Azpilicueta, qui ne sont pas pour autant à dédouaner totalement, tous les autres défenseurs composant l’effectif ont été dramatiques, et c’est peu de le dire. Un secteur gauche composé de Marcos Alonso et Emerson totalement transparent tant défensivement qu’offensivement et un axe central Rüdiger – Christensen, très certainement l’un des pires d’Europe, que l’on peut qualifier aisément de burlesque.

Sans parler du gardien le plus onéreux du monde, la recrue la plus chère de l’histoire de Chelsea, l’homme qui valait 80 millions d’euros, Monsieur Kepa Arrêtepaslaballelà, aux performances plus catastrophiques les unes que les autres et même mis au banc en fin de saison, suppléé par le quasiment retraité Willy Cabellero, 38 ans. C’est simple, il suffisait de cadrer pour lui marquer un but ! Selon Opta, Kepa a seulement sauvé 53,5% des tirs qu’il a subis, ce qui en fait statiquement le deuxième pire gardien de la saison de Premier League parmi ceux qui comptent au moins dix apparitions.

Attention cependant à ne pas imputer totalement la responsabilité des errements défensifs aux individualités, aussi catastrophiques et coupables soient-elles. On touche ici un point sur lequel Lampard devra progresser. Le bloc défensif de Chelsea, en tant qu’équipe, n’a pas été performant cette saison. Collectivement, les joueurs dans leur entièreté, pas seulement les défenseurs, ont rarement su comment se positionner et défendre, surtout en transitions défensives. Le milieu de terrain n’est d’ailleurs pas à innocenter, la saison ratée d’N’golo Kanté explique certainement cette faiblesse.

Finalement, plus qu’en bloc bas, les moments les plus dangereux défensivement pour Chelsea cette saison étaient lorsque l’équipe détenait la possession. Le manque de taille et de combattivité sur les coups de pieds arrêtés défensifs furent également l’un des principaux problèmes. Évidemment et heureusement, toute l’équipe n’a pas été à l’image de la défense et du gardien, sinon les Blues ne seraient allés nulle part. Des choses et des individualités ont très bien fonctionné et ont permis aux Blues de décrocher le Top Four.

Et un secteur offensif séduisant

La première d’entre elles, qui sera d’ailleurs certainement nommé joueur de la saison à Chelsea, est Mateo Kovacic. Le croate, arrivé grâce à un prêt transformé en transfert définitif pour seulement 45 millions d’euros l’été dernier, s’est imposé comme le patron du milieu de terrain tant défensivement qu’offensivement. Capable de résister à la pression et de sortir le ballon par sa faculté d’élimination, tout comme récupérer haut, il fut la principale rampe de lancement des offensives Blues. Des excellentes performances, de façon régulière, qui en font indiscutablement le meilleur joueur de Chelsea cette saison.

Mateo Kovacic, incontestablement le meilleur joueur de Chelsea cette saison.
Mateo Kovacic, incontestablement le meilleur joueur de Chelsea cette saison.

Comment ne pas également souligner l’excellente première saison de Christian Pulisic ? Le jeune américain de 21 ans, arrivé l’été dernier en provenance du Borussia Dortmund pour 65 millions d’euros, a certainement été le joueur de Chelsea ayant eu le plus d’impact en comparaison avec son faible nombre d’apparitions. Auteur de 9 buts et 4 passes décisives en seulement une vingtaine de titularisations en championnat, Pulisic, blessé une bonne partie de la saison, a surtout porté Chelsea de façon impressionnante lors de nombreux matchs, notamment lors du restart.

Plus que ses statistiques, il a su montrer un échantillon de son immense talent, justifiant la prise de risque que Chelsea a pris en investissant une telle somme sur lui. Avec une capacité d’élimination et une vitesse impressionnante, une intelligence de jeu déjà développée, si les blessures l’épargnent, car sa fragilité est la principale inquiétude, il peut rapidement devenir un élément indispensable des Blues et incontestablement un des meilleurs joueurs de Premier League.

Enfin, Mount par sa régularité et son état d’esprit irréprochable, Azpilicueta par son leadership, Abraham pour sa première partie de saison et Olivier Giroud pour sa deuxième ont également été des facteurs plus pour Chelsea. Cependant, ces quelques éclaircies individuelles ne peuvent et ne doivent pas faire oublier que Chelsea détient un effectif globalement limité en qualité. Les Blues l’ont compris, se renforcer sur le marché des transferts est une obligation pour tenter de réduire l’écart avec Liverpool et Manchester City et essayer de revenir au top.

Le projet Lampard

Été 2014, pour sa deuxième saison depuis son retour, José Mourinho, grâce notamment aux arrivées combinées de Diego Costa et Cesc Fabregas, frappe fort. S’en suivra un sacre national plus qu’attendu. Depuis, s’étaient succédés des mercatos et choix de joueurs plus catastrophiques les uns que les autres, avec comme point d’orgue les étés 2015 mais surtout 2017 où les Blues investissaient 200 millions sur les cadors Zappacosta, Drinkwater, Bakayoko ou encore Morata.

Des erreurs de gestion qui ont indéniablement mené à une baisse importante du standing de Chelsea au moment où ses concurrents directs, tels que Liverpool et Manchester City, travaillant eux bien plus intelligemment, creusaient de fait un écart significatif. Les montants investis n’étaient pas le problème, mais plutôt l’argent jeté par les fenêtres. Un gâchis immense que le nom de Kepa fait également raisonner.

Après un mercato 2019 quasiment inexistant pour cause d’interdiction de recrutement suivi d’un mercato hivernal dernier où le club a délibérément décidé de ne pas bouger par manque d’opportunité, Chelsea, aux caisses pleines grâce aux ventes lucratives d’Eden Hazard et d’Alvaro Morata, se devaient enfin d’agir pour soutenir son entraîneur et lui donner les moyens concrets de lancer un véritable projet sportif ambitieux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Lampard va être royalement servi.

L’arrivée pour 40 millions d’euros d’Hakim Ziyech, annoncée au début du mois de février à la surprise générale, sonnait le glas d’une activité folle des Blues sur le marché des transferts. S’en ai effectivement suivi l’activation de la clause de Timo Werner à hauteur de 55 millions, pendant le confinement. Des achats censés renforcer un secteur offensif à la fois manquant de créativité mais également nécessiteux d’un joueur pouvant inscrire en moyenne 25 buts par saison.

’arrivée d’Hakim Ziyech en provenance de l’Ajax sonnait le glas d’un mercato agité.
L’arrivée d’Hakim Ziyech en provenance de l’Ajax sonnait le glas d’un mercato agité.

Après ces arrivées, on voyait mal Chelsea continuer ses emplettes au niveau du secteur offensif. Mais cet été n’est décidément pas classique pour les Blues et la volonté de frapper un dernier grand coup devant par l’intermédiaire de Kai Havertz se précisait de plus en plus avec les départs de Willian (32 ans) et de Pedro (33 ans) en fins de contrats. Une véritable fin de cycle, souhaitée depuis des années par une grande majorité des supporters des Blues, voit donc enfin le jour.

Après de longues semaines de négociations égrainées par différentes offres, Kai Havertz, jeune international allemand de 21 ans, faisant partie des plus grands prospects mondiaux, devrait ainsi rejoindre Chelsea dans les prochains jours pour 100 millions d’euros (80 + 20 de bonus). Un transfert record pour le club et une opportunité unique que les Blues ne pouvaient laisser passer en l’absence d’investissements du Bayern Munich et du Real Madrid, liée à la crise sanitaire et économique du coronavirus.

À chaque fois, le même mode opératoire désormais couronné de succès : Lampard et Cech à la manœuvre pour séduire les joueurs et leurs entourages, Marina Granovskaia – en pleine rédemption après de nombreuses critiques – à la négociation de prix raisonnables et deals rapidement bouclés, un travail à saluer. En effet, les indiscrétions sorties des négociations des transferts de Ziyech, Werner ou encore d’Havertz ont montré que les différents joueurs ont complètement été séduits par le projet mené par Lampard, qui les contactait régulièrement par téléphone pour leur exposer sa vision de leur avenir à Chelsea, dont le rôle et le poste qu’ils occuperaient la saison prochaine. Selon quelques sources, Kai Havertz, très séduit, a même fortement poussé pour rejoindre Chelsea.

Le secteur offensif étant relativement bien fourni, Chelsea semble désormais s’afférer à renforcer la défense, point noir de la saison dernière. Ben Chilwell, dont le transfert aux alentours de 50M d’euros ne serait désormais lié qu’à la réussite de la visite médicale et Thiago Silva, libre, devraient rejoindre le club dans les jours à venir.

Ce dernier, âgé de bientôt 36 ans, à l’avantage d’être gratuit. Dans un secteur où les défenseurs de son niveau valent une fortune et se font rares, cela n’est pas négligeable au regard de l’argent déjà dépensé par Chelsea cet été, qui ne bénéfice pas non plus d’un budget illimité. Un mouvement intelligent permettant en somme de s’assurer pour une ou deux saisons un défenseur central d’expérience à un niveau encore excellent, avant certainement d’investir massivement dans ce secteur dans un futur proche. Quant à Chilwell, il s’agit d’une demande toute spéciale de Lampard, qui le considère comme son premier choix à ce poste depuis quelques mois.

Pour le reste du mercato, Chelsea pourrait se pencher sur le recrutement d’un gardien pouvant faire oublier le désastre Kepa. Vu le budget déjà bien entamé et la difficulté de se débarrasser de ce dernier, il faudra certainement s’attendre à des pistes peu couteuses et donc forcément moyennes. Les noms d’Onana, de Maignan et de Pope sont notamment pressentis.

Côté départ, Kepa, Emerson, Christensen, Rüdiger, Jorginho, Barkley et Batshuayi ne seront pas retenus si de bonnes offres arrivent, alors que Bakayoko est en partance pour le Milan AC. Côté arrivée, pour environ 240 millions d’Euros, les Blues risquent d’enrôler Ziyech, Werner, Havertz, Chilwell et Thiago Silva. Des achats intelligents, non excessifs et répondant aux besoins de l’équipe, même si la réussite d’un mercato se juge finalement dans la durée et non à l’instant t.

Après des années marquées par le recrutement de joueurs moyens, voire médiocres (Zappacosta, Emerson, Barkley, Drinkwater, Bakayoko, Rüdiger, Morata…), les sept probables dernières recrues (Pulisic, Kovacic, Ziyech, Werner, Havertz, Thiago Silva, Chilwell) semblent être en comparaison d’une qualité bien supérieure et dénotent d’une hausse de standing souhaitée assez impressionnante. Les temps changent à Chelsea et les choses vont enfin dans le bon sens.

Cette manière efficace de travailler varie tellement des années précédentes qu’elle aura surpris tout le monde. C’est simple, rarement un entraîneur de Chelsea n’aura été autant soutenu par sa direction que ne l’est actuellement Frank Lampard. Tout bonnement, au niveau du recrutement, ce dernier est sur la voie d’obtenir tout ce qu’il a demandé. Le parfait exemple est certainement celui de Ben Chilwell, demande de Lampard malgré des alternatives moins onéreuses et peut-être meilleures sur le marché. Son statut de légende au club et sa bonne saison passée, ainsi que sa volonté afficher de remettre Chelsea au plus haut niveau sont évidemment l’explication majeure de cet immense crédit qu’aucun autre coach n’aurait jamais pu avoir. Seul lui pouvait amorcer une refonte autant qualitative de l’effectif avec l’arrivée de grands noms.

La probable arrivée de Ben Chilwell dénote de l’inédite influence d’un coach de Chelsea sur le mercato.

Une toute autre pression et exigence à venir

Cependant, Lampard, aussi important soit-il, va désormais devoir assumer les énormes investissements et efforts que le club réalise actuellement pour lui. Après un passe-droit logique au regard du contexte, cette saison sera forcément à un tout autre niveau d’exigence et de pression.

Malgré un style de jeu parfois très emballant, qui fut en fait surtout visible les premiers mois, avant d’être de plus en plus rare au fur et à mesure que la saison avançait, l’entraîneur des Blues a montré à plusieurs reprises son inexpérience et la nécessité de progresser tactiquement sur certains aspects de son coaching, notamment dans son animation défensive et la gestion de son milieu de terrain. En somme, une irrégularité tant au niveau des résultats que dans le jeu produit, qui peut facilement être excusée par l’effectif qu’il avait sous la main.

Entre sa faculté agaçante à se priver de ses meilleurs éléments au profit de Willian, Rüdiger, Christensen ou Mount, systématiquement reconduits, ses changements en cours de match parfois contestables, Lampard peut également être critiqué sur certains choix d’hommes Évidemment, vu le contexte de la saison passée et les résultats obtenus, il y a largement plus de positif que de négatif et personne ne lui tiendra rigueur de ces quelques erreurs. Mais cela ne durera pas. Contrairement au dernier exercice, le droit de se tromper ne sera pas illimité cette saison. Chelsea sera logiquement, vu les investissements réalisés, attendu au tournant, et Lampard de même.

Une troisième place et donc un Top Four obtenu avec plus de facilité, une qualité de jeu supérieure, des résultats plus réguliers, l’intégration réussie de recrues couteuses et pourquoi pas un trophée sont au minimum attendu. Entre excitation due à l’arrivée de six nouveaux titulaires dans le onze de départ et réalité des résultats à obtenir, la saison prochaine de Chelsea s’annonce en tout cas palpitante à suivre. Faites-nous rêver !

Article précédent

Preview PL 2020/2021 : Burnley, course à l’Europe ou au maintien ?

Article suivant

Preview PL 2020/2021 : Crystal Palace, l'année de tous les dangers

L’auteur

Célestin

Célestin

Célestin pour les uns, Hazpi pour les siens. Par filiation paternelle, fan d'un club bleu de l'ouest londonien instable (donc drôle et attachant) en conflit avec le gouvernement anglais. Habitué du Bridge depuis l'adolescence et bercé par les Lampard, Terry et Drogba, je cherche désormais à ne pas faire d'AVC à chaque contrôle de Bakayoko.