PL Preview

Preview PL 2020-21 : Everton veut retrouver l’Europe

Pour la reprise de la saison 2020/21 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une équipe. Aujourd’hui, place à Everton. Éternels outsiders de Premier League, les Toffees ont terminé à la 12e place en 2019-2020. Leur pire classement depuis 2004 (17e). Pour le premier début de saison de Carlo Ancelotti sur le banc, le voisin de Liverpool doit se réaffirmer comme un pensionnaire du haut de tableau. Sans une qualification européenne pour la troisième année consécutive, il faudra capitaliser avec les moyens du bord.

Se réaffirmer sur la scène nationale

Cinquième de Premier League en 2014, sixième en 2013 et régulièrement septième, Everton s’était affirmé comme un trouble fête pour le “Big Six” de la Premier League. La première moitié de saison dernière (18ème après la 15ème journée) a eu raison des ambitions des supporters et de l’entraîneur Marco Silva, limogé le 5 décembre 2019, la faute à de mauvais résultats.

Malgré l’arrivée de l’expérimenté Carlo Ancelotti, Everton n’a pu remonter dans le haut du tableau. Un triste bilan au regard des qualités intrinsèques de l’effectif. Jordan Pickford, Michael Keane, Mason Holgate, Yeri Mina et Lucas Digne seraient des atouts défensifs indéniables pour de nombreux clubs de Premier League. Mais ils n’ont formé que la 13ème défense du championnat avec 56 buts encaissés. Un chiffre beaucoup trop important pour permettre à Everton de jouer plus haut. Dans le secteur offensif, Gylfi Sigurdsson n’a signé que 2 buts et 3 passes décisives en 2019-2020, contre 13 buts et 6 passes la saison précédente. Éléments en devenir de la sélection brésilienne et anglaise, Richarlison et Dominic Calvert-Lewin (22 ans) ont marqué 13 buts chacun, mais Everton n’a terminé que 11ème attaque du championnat avec la bagatelle de 44 buts.

Contrairement à la saison 2018-2019, où il avait inscrit 13 buts et délivré 6 passes décisives en PL, Gylfi Sigurdsson a vécu un exercice 2019-2020 très difficile (2 buts, 3 passes) © Getty Images

Symbole des ambitions des Toffees et recruté à la Juventus pour 27,5M€, Moise Kean n’a inscrit que 2 buts en 29 matches. Outre un manque d’efficacité dans les deux surfaces, Everton a souffert des blessures au milieu de terrain. Victime d’une fracture de la cheville en novembre, André Gomes a manqué une grande partie de la saison. Idem pour Morgan Schneiderlin (15 matches) et la recrue Jean-Philippe Gbamin (2 matches). L’an passé, les éléments étaient alignés contre le projet d’Everton. L’année 2020 doit marquer un vrai changement de dynamique car sur le papier, l’effectif n’a rien à envier à des équipes comme Sheffield United ou Burnley.

Un effectif réduit mais pas totalement renouvelé

Plusieurs cadres ont fait leur valise cet été. À commencer par l’arrière gauche et capitaine Leighton Baines, retraité après 13 ans passés au club. Autre vétéran à quitter le club, Maarten Stekelenburg, finaliste de la Coupe du monde 2010 avec les Pays-Bas et doublure de Jordan Pickford depuis 2017. Prêté par Monaco, Djibril Sidibé s’est imposé au poste d’arrière droit, mais Everton a décidé de ne pas conserver le champion du monde français. Peu utilisés, Cuco Martina (1 match), Morgan Schneiderlin (15 matches) et Oumar Niasse (3 matches) ont aussi pris la porte.

Niveau renforts, seuls les retours de prêt de Lossl, Pennington, Kenny, Besic, Sandro Ramirez, et le minot marseillais Niels Nkounkou, arrière gauche de 19 ans, viennent garnir les rangs Toffees pour le moment. Mais les rumeurs de transferts grouillent à Goodison Park, notamment celles d’Allan et James Rodriguez, qu’Ancelotti a coaché à Naples et au Real Madrid. Relégué avec Watford, Abdoulaye Doucouré est aussi cité pour venir renforcer l’entrejeu d’Everton, qui ne s’est jamais remis du départ d’Idrissa Gueye vers le PSG l’été dernier.

Quelle équipe pour retrouver les résultats ?

Avec Jordan Pickford dans les buts, avec le coriace capitaine Seamus Coleman (31 ans) côté droit et un Lucas Digne arrivé à maturité (27 ans) à gauche, la défense d’Everton est très plaisante sur le papier. Reste à trouver un duo durable en charnière centrale, ce qui a fait défaut l’an passé : aussi talentueux que prometteurs, Mason Holgate (27 matches), Yerri Mina (29) et Michael Keane (31) n’ont pas réussi à s’imposer pleinement et à trouver des automatismes entre eux.

Malgré un potentiel largement visible, Michael Keane et Yerri Mina ne se sont pas montrés réguliers avec les Toffees tout au long du championnat © Getty Images

Au milieu, deux des trois potentielles recrues citées ci-dessus (Doucouré, Allan, James) seraient plus que bienvenues pour renforcer ce secteur de jeu. Outre les blessures de Schnederlin, Gbamin, André Gomes, Everton n’a pas trouvé de successeur à Gueye, malgré l’émergence de Tom Davies et l’arrivée de Fabian Delph dans l’entrejeu. Avec Allan, Everton récupérerait un gratteur de ballon au gros volume de jeu qui libérerait ses coéquipiers en leur permettant de se concentrer sur l’attaque. Doucouré apporterait beaucoup d’intensité au jeu des Toffees. Grâce à ses courses vers le but adverse et vers le sien, sa qualité de frappe, sa solidité dans les duels, l’ancien joueur du Stade Rennais est un milieu de terrain moderne, au profil hybride, qui soutiendrait fortement l’entrejeu d’Ancelotti.

Enfin, James soutiendrait une attaque victime de la baisse de rendement de Sigurdsson. Grâce à sa vision du jeu et ses qualités de passe et de frappe extrêmes, le Colombien nourrirait des ailiers et des buteurs qui se régaleraient de l’arrivée du Madrilène.

Arrivés entre 2018 et 2019, Bernard (27 matches, 3 buts, 2 passes décisives), Theo Walcott (25 matches, 2 buts, 3 passes décisives) et Alex Iwobi (25 matches, 1 but) se disputeront les places d’ailiers cette saison. Leur concurrence doit les amener à tirer l’équipe vers le haut, car aucune recrue n’est prévue – a priori – dans leur secteur. Âgés de 22 ans, auteurs de 26 buts à eux deux la saison dernière et meilleurs atouts offensifs de leur équipe, Richarlison et Dominic Calvert-Lewin doivent continuer leur progression au plus haut niveau. Le premier a déjà remporté la Copa America avec le Brésil, le second vise une place à l’Euro 2021 avec les Three Lions et doit prouver l’étendue de son potentiel.

Le début d’un nouveau cycle

Le Everton version Ancelotti a effectué son cycle de nettoyage en se séparant de plusieurs joueurs. Pour retourner viser les places européennes, reste à réussir son cycle de reconstruction, qui passera par un recrutement ambitieux et réussi. Le prestige de l’entraîneur italien pourrait amener des joueurs de classe mondiale, qui compléteraient les carences laissées par le départ d’Idrissa Gueye dans l’entrejeu des Toffees. Porté par les recrues offensives de l’été 2018 (Sigurdsson, Richarlison, Bernard), Everton et son entraîneur rêvent de redonner de la créativité à leur attaque, à travers notamment le recrutement de James Rodriguez. Enfin, l’équipe se repose sur des éléments défensifs talentueux et espère bien qu’ils réaliseront une meilleure saison que la précédente.

Maintenant, les résultats doivent suivre. Si une saison comme l’exercice 2019-2020 se réédite, des cadres tels que Jordan Pickford, Michael Keane et Lucas Digne, pourraient ne pas s’éterniser du côté de Goodison Park. Et le projet sportif du club, qui veut retrouver l’Europe dans son futur stade en 2023, en pâtirait grandement.

Article précédent

Bury, un an après, l’espoir d’une ville

Article suivant

Preview PL 2020/21: Fulham, l’heure est à la stabilité

L’auteur

Mathieu

Mathieu