PL Preview

Preview PL 2020/21 : Arsenal, hasta la revolucion siempre

Pour la reprise de la saison 2020/21 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Pour ouvrir le bal, un Arsenal plus que jamais dans l’espoir d’une renaissance.

« Same old Arsenal » ?

La formule a la fâcheuse tendance d’être à la fois si près et si loin de la réalité des canonniers. Arsenal a certes encore raté le coche plusieurs fois, mais a su faire preuve d’inventivité avec deux saisons à nulle autre pareille.

Emery, des promesses…

Été 2018, après de mûres tractations du trio décisionnel Gazidis/Sanllehi/Mislintat – qui tous les trois, ironie du sort, ne font plus partie du club aujourd’hui – Unai Emery était choisi pour succéder au long règne d’Arsène Wenger. Être protagonistes avec et sans ballon, travailler dur, retrouver des résultats et surtout revenir dans la plus prestigieuse des compétitions européennes… telles étaient les ambitions affichées par le Basque, pour ce qui devait être un nouveau départ pour le club.

De belles paroles, un recrutement plutôt cohérent bien que largement perfectible (nous y reviendrons), une communication via les médias et les réseaux sociaux qui se voulait être optimiste. Tout était en place pour que la transition se fasse sur le terrain. Les deux défaites dès la reprise contre Manchester City et Chelsea, bien que particulièrement frustrantes (surtout la deuxième) avaient montré que les chantiers étaient en cours – relances courtes avec des circuits de passes pour se défaire du pressing adverse ; intensité dans le jeu, le pressing et le contre-pressing. Pour preuve, ces éléments continuèrent à être visibles lors d’une très longue série de 22 matchs sans défaite toutes compétitions confondues, dont 16 victoires et quelques coups d’éclat tels le 4-2 contre Tottenham ou le 3-1 contre Leicester.

Le retour d’un Arsenal conquérant ? Cinquièmes ex aequo avec Chelsea après 16 journées, faciles en Europa League, avec un groupe qui reprenait des couleurs, les étoiles semblaient enfin s’aligner pour le peuple Gooner. Xhaka et Torreira formaient un double-pivot complémentaire. Les latéraux notamment Hector Bellerin, étaient vitaux tant offensivement que défensivement. Leno, tout juste arrivé de Leverkusen se frayait un chemin dans les cages. La paire Holding – Sokratis commençait à limiter les dégâts tout en participant à la construction, en attendant le retour de blessure du capitaine Laurent Koscielny. Aubameyang, Lacazette, Özil, Ramsey, Mkhitaryan, Iwobi, Welbeck se montraient à tour de rôle décisifs devant. Le tout avec une bonne et saine rotation incluant les jeunes de l’académie.

… puis une chute progressive

Mais avec les blessures hivernales d’Holding et de Bellerin, véritables freins à la mise en place tactique d’Unai Emery, nombre de choses s’effondrèrent. Dans la recherche à outrance d’un nouvel équilibre, le head coach basque s’est vu mener une équipe de plus en plus stérile, peu créative, dont le pressing et les relances courtes devenaient tantôt inexistantes, tantôt inutiles. En témoigne le soporifique milieu à trois Xhaka-Torreira-Guendouzi. Alors que l’on pouvait croire au retour de certains aspects abandonnés du Wengerball avec une touche Emery, au service d’un jeu en transition efficace, l’on s’est mis à croire que tout cela n’était juste qu’un sursaut d’orgueil, enclin à s’estomper car permis par l’héritage du manager français.

De même, alors qu’on pouvait louer l’adaptabilité tactique et le coaching payant pendant les matchs (Arsenal renversant et dominant toujours ses matchs en deuxième période), le temps vint rappeler que le problème résidait surtout dans les mauvais choix initiaux, qu’Emery avait de plus en plus de mal à réparer. À noter de plus, la tendance bicéphale (caractéristique des équipes du natif de Fontarrabie) à subir les matchs à l’extérieur, peu importe l’adversaire.

Néanmoins, mis à part à Anfield, où les joueurs se sont vus infliger leur correction annuelle (5-1) et les éliminations rapides en coupes domestiques, les résultats continuèrent à être – d’un point de vue mathématique – satisfaisants pour une saison de transition, avec fin février, début mars, un retour relatif de beau jeu (contre Bournemouth, Manchester United, Southampton par exemple). Tout n’allait pas si mal après tout. Le parcours européens battait son plein, malgré quelques frayeurs contre le BATE Borisov et Rennes, et Arsenal menait la course à la 4ème place devant Chelsea et Manchester United (66 points après 33 journées alors que le dernier exercice de Wenger s’était achevé à 63 points).

Et puis vint la fin de saison. Habituellement réalisée en boulet de canon, pour rattraper les contre-performances d’hiver et de printemps, cette période sonna le glas des ambitions du club. Trois lourdes défaites contre Wolverhampton, Leicester et Crystal Palace, et un nul contre Brighton, pour un total de 4 points sur 15 possibles, firent échouer la bande à Emery à la cinquième (70 points). Un point derrière Tottenham, dont le bilan final était identique, et deux points derrière Chelsea, qui n’avait amassé que 6 points sur 15. Une désillusion énorme, qui ne fut même pas rattrapée par l’Europa League où une déculottée 4-1 contre le rival Chelsea, ponctua un parcours pourtant solide de favori.

Une finale perdue qui coûta très cher © Icon Sport

… et une explosion

Prônant la stabilité, la direction d’Arsenal décida de continuer à faire confiance à l’ancien coach du Paris Saint-Germain, et d’accompagner le processus de transition post-wengerienne par un solide renforcement à l’intersaison. Pour pallier le départ de Monreal à la Sociedad, le très prometteur écossais Kieran Tierney fut recruté. David Luiz venait remplacer en tant que patron de la défense un Laurent Koscielny devenu bordelais en raison de différends avec le club (au sujet de la gestion de sa blessure notamment). Pour apporter un profil essentiel de buteur et de provocateur sur les ailes, Nicolas Pépé devint le joueur le plus cher de l’histoire du club. De plus, Dani Ceballos rejoignait le club en prêt pour apporter plus de maîtrise au milieu, de par sa facilité face au pressing adverse, tandis que William Saliba, grand espoir français en défense centrale, sécurisait sa venue à Londres tout en pouvant s’aguerrir un an de plus à Saint-Étienne.

Mais tout cela n’empêcha pas les Gunners de sombrer comme ils l’avaient fait en toute fin d’exercice précédant. Apres deux victoires ô combien poussives en entrée contre Newcastle et Burnley, le bilan en championnat devint incroyablement médiocre – 11 matchs, 6 nuls, 3 défaites et 2 victoires. Les performances européennes, lueur d’espoir dans le jeu avec une jeunesse de Hale End insouciante, se mirent rapidement “au niveau” du reste – c’est à dire, une équipe totalement amorphe, se faisant dominer peu importe l’adversaire, concédant une quantité innombrables de tirs et d’occasions tel un relégable, et dépendant des buts inespérés des offensifs qui évitent un naufrage total.

En toute logique, après 516 jours en poste, Unai Emery fut remercié le 29 Novembre 2019, laissant son équipe en huitième place (18 points, avec huit longueurs de retard sur le Top 4) et sans sésame pour les phases éliminatoires d’Europa League

L’ère Arteta

Après un petit mois d’intérim infructueux (3 nuls, 2 défaites, 1 victoire) de l’Invincible Freddie Ljungberg, qui n’a même pas vu l’équipe se remobiliser car piquée au vif, Arsenal se décida à faire le pari d’embaucher Mikel Arteta, qu’il n’avait su faire en 2018 car trop risqué. L’adjoint de Pep Guardiola à Manchester City depuis 2016, était lancé dans le bain dans la pire des situations, avec pour but de sauver ce qui aurait pu l’être d’une part, et de l’autre s’inscrire dans la durée.

Reprendre un club à la dérive, onzième avec 23 points au bout de 18 journées, aurait rebuté plus d’un. Mais “l’autre” coach basque décida de prendre petit à petit les choses en main. Finis les passe-droits de l’ancien régime. Place à nouveau à une mentalité positive, constructive, et n’ayons pas peur d’utiliser ce mot – pragmatique. Pour relancer à nouveau efficacement et faire de ce choix tactique une force, Arteta effectue une refonte totale des circuits de passes et des zones utilisées. L’équipe trouve progressivement un nouvel équilibre, censé éviter la surexposition d’une défense abyssale. Devant, le pressing et le contre-pressing redeviennent une normalité, avec des joueurs particulièrement appliqués. De plus, conscient que son équipe ne peut – ni physiquement, ni techniquement – se permettre d’être dominatrice plus d’une mi-temps par match, l’ancien capitaine des Gunners mit en place une gestion des matchs cohérente.

Après une série de quelques matchs encourageants mais s’achevant par une défaite ou un nul, les canonniers reprirent enfin du poil de la bête. Avant le restart, ils étaient même la deuxième équipe du championnat en 2020 avec 16 points en 8 matchs, et sur l’ensemble des 20 matchs sous la houlette de Mikel Arteta, ils se placent en sixième place avec 33 points grappillés. Si le nombre d’occasions concédées a baissé drastiquement (les gardiens devenant moins exposés), et le nombre d’occasions créées a augmenté, les vieux démons ont bien entendu continué de tourmenter la formation de façon occasionnelle, comme un rappel que le chemin à parcourir et le travail à effectuer étaient énorme, malgré des succès éminemment encourageants (contre Manchester United ou Liverpool)

Une élimination prématurée à domicile contre l’Olympiakos en seizièmes de finale de la C3, et 4 défaites après la reprise, ont enterré les espoirs de Champions League qu’auraient pu avoir les fans du club. Mais dans le brouillard, la lueur d’espoir s’est avéré être la FA Cup, compétition où les Gunners sont rois. Après avoir éliminé Leeds United, Portsmouth, Bournemouth, Sheffield United et Manchester City, les rouges et blancs ont pu s’offrir une revanche de Baku sur Chelsea et obtenir un sésame pour l’Europa League que leur huitième place finale en championnat ne leur procurait pas. Ainsi, après une longue traversée du désert sportif, il semblerait qu’enfin le peuple Gooner entraperçoive la lumière…

Une équipe à remodeler

Devenir conquérants au milieu

Le réflexe de tout un chacun lorsqu’il est question du mercato des Gunners, est de pointer du doigt la faiblesse défensive de l’équipe. Avec 48 et 51 buts encaissés ces deux dernières saisons, et par une très simple observation à l’œil nu, il est évident qu’il faudra adresser cette problématique. Cela dit, la véritable priorité n’est pas là, mais bien au milieu de terrain. Si le double pivot Xhaka Torreira a su fonctionner durant cette période sous Emery, ou celui formé par Xhaka et Ceballos y est pour beaucoup dans la bonne dynamique, Mikel Arteta a fait de ce secteur de jeu sa priorité.

Granit Xhaka, dont le départ cet hiver était clairement acté, après son épisode tendu avec les supporters lors du match nul contre Crystal Palace (et la perte de son capitanat), semble être à nouveau le premier nom coché sur la feuille, étant toujours bien placé à la relance et polyvalent dans la compensation tactique (pour faciliter le travail de Saka en latéral gauche, il devenait une rampe de lancement en défenseur central gauche).

Le renouvellement du prêt de Dani Ceballos pourrait – s’il se fait – continuer d’offrir une option à la relance. En effet, grâce à ses qualités de conservation de balle sous pression et de première relance, l’espagnol apporte un plus considérable face au pressing adverse, à l’instar, toutes proportions gardées, d’un Santi Cazorla à l’époque.

Un nouveau prêt de Dani Ceballos pourrait apporter de nouveau des garanties à Mikel Arteta au cœur du jeu © Getty Images

Au-delà de ces deux joueurs qui ont su tirer leur épingle du jeu, Arsenal ne présente aucune certitude. Lucas Torreira, dont les débuts furent tonitruants en tant que numéro 6, s’est petit à petit éteint face à l’intensité de la Premier League et est destiné à un départ en cas de bonne offre. Bien que peu aidé par son positionnement parfois (Emery le faisant jouer plus haut), ses limites avec ballon se font rapidement ressentir. Guendouzi quant à lui, est devenu indésirable sous Arteta. Malgré un potentiel certain avec une qualité de passe et une énergie indéniables, le joueur pose bien trop de problèmes en raison de son indiscipline à tous les étages – que ce soit tactiquement, ou dans le comportement (il se murmure que de nombreuses tensions ont eu lieu avec son entraîneur).

Dans un registre plus offensif, Arsenal s’est vu être considérablement affaibli. Le départ d’Aaron Ramsey, libre, à la Juventus a impacté le jeu offensif de l’équipe, tant ses projections apportaient une imprévisibilité et une efficacité aux offensives. Sa complémentarité avec un Lacazette, prompt à redescendre très bas et à servir de relais, permettait à l’équipe d’Unai Emery d’être fonctionnelle, et ce, même si sa gestion était énigmatique (étant sur le départ, il se peut que le club ait demandé à ne pas en faire un élément indispensable de l’effectif)… Nul doute que sa blessure en fin de saison 18/19 a eu des conséquences négatives. Un autre cas de gestion énigmatique – celui de Mesut Özil, qui cette fois-ci, transcende les coachs.

Utilisé sporadiquement par Emery avec une communication floue autour de ses absences, titulaire au début de l’ère Arteta puis totalement absent (pour pousser un départ ?), l’ancien international allemand n’est plus le créateur attitré de l’équipe… Même s’il s’est avéré utile à la construction et dans les avant-dernières passes, la machine à passes décisives et passes lasers n’est plus aussi performante (son positionnement en tant que gaucher, contraint aussi Nicolas Pépé à moins rentrer dans l’axe). Et s’il y a bien un manque criant chez Arsenal, c’est dans la créativité.

Afin de redevenir dominateurs au milieu, et ne plus subir et résister aux milieux adverses, il faudra donc recruter un 6/8 dynamique, bon passeur, tactiquement intelligent et avec une dimension athlétique. Cible de longue date et admirateur du club, Thomas Partey (Atletico Madrid) semble être cette solution, si Arsenal arrive à payer sa clause de 50M en contexte de crise sanitaire – mais aussi un 8/10 créatif qui puisse tout aussi bien créer des occasions, passer et faire des différences. On pourrait penser à des joueurs comme Houssem Aouar (Lyon), Jack Grealish (Aston Villa), Emiliano Buendia (Norwich) ou Philippe Coutinho (Barcelone/Bayern), mais les finances, le projet de jeu et l’attractivité du club devront être à la hauteur pour enrôler des joueurs si convoités. Au niveau de l’académie, Emile Smith-Rowe, prêté à Huddersfield, pourrait faire partie de l’effectif et se développer en tant qu’ailier/milieu créatif, tandis que Joe Willock sera utilisé dans la rotation pour ses qualités de percée avec ballon (son axe de progression étant l’utilisation des ballons et l’intelligence de ses choix). À noter que le prodigieux Bukayo Saka, a aussi montré tout son talent dans une position axiale et pourra peut-être, se recentrer au fil du temps.

Mikel Arteta, un pari pour l’instant gagnant qui suscitent l’enthousiasme chez les Gooners © Icon Sport

Une défense à parfaire

Venons en maintenant à la défense tant décriée. Sur les côtés, les Gunners semblent bien fournis. À droite, Hector Bellerin de retour d’une grave blessure, a regagné une solidité défensive, au détriment des qualités offensives – de vitesse notamment – qu’on lui connaît. Malgré une utilisation du ballon irrégulière, mais s’améliorant petit à petit, il semble tout de même en bonne voie pour sécuriser sa place de titulaire, lui qui est un acteur clé du vestiaire. Cedric Soares, arrivé à l’intersaison en provenance de Southampton dans un deal mené par l’agent Kia Joorabchian (devenu très proche du club, grâce notamment à Edu Gaspar dans la direction sportive) fera office de doublure avec une qualité de pied plus que convenable.

À gauche, Kieran Tierney, enfin remis de pépins physiques aux adducteurs et à l’épaule, a fini la saison de la plus belle des façons en étant solide défensivement (lui qui jouait parfois défenseur central gauche, dans une défense à 3) et en montrant aussi sa qualité de centre. Un contraste saisissant avec Sead Kolasinac, l’autre latéral gauche de métier de l’effectif. Ainsley Maitland-Niles, dont les réticences à jouer latéral étaient connues de tous, s’est mis au pas sous Arteta en acceptant ce rôle – que ce soit à droite ou à gauche – dans lequel il peut performer avec un peu de régularité. Bukayo Saka peut lui assurer l’intérim en piston gauche (lui qui peut être complice avec Aubameyang), à condition de protéger tactiquement l’espace dans son dos.

Kieran Tierney a largement répondu aux attentes placées en lui et se présente comme l’un des maillons forts d’Arsenal cette saison © Sky Sports

Au centre, orphelins de Laurent Koscielny partis à Bordeaux, seul David Luiz est venu renforcer les Gunners à l’intersaison en provenance de Chelsea dans un deal assez conséquent (lorsque l’on additionne tous les frais). Auteur de prestations peu digestes dans le marasme collectif, malgré son excellent jeu au pied, il est devenu le taulier défensif de Mikel Arteta. Soyons clairs : même sous ce dernier, Luiz a commis de nombreuses erreurs pénalisantes, mais dans la globalité, son jeu au pied et son leadership ont permis de stabiliser une défense souvent sous pression, là où Sokratis (sur le départ), Holding et Mustafi ont montré leur friabilité chronique, et où Chambers est indisponible en raison d’une blessure aux ligaments croisés (après un début de saison correcte en latéral droit).

À cette défense, vont se rajouter William Saliba, le “crack” défensif français prêté à Saint-Étienne ainsi que Pablo Mari, arrivé cet hiver en provenance de Flamengo, dont le jeu au pied pourra être intéressant si l’équipe domine mais dont la lenteur et le manque de confiance défensive pourront être préjudiciables face à des joueurs offensifs dangereux. Il est certain qu’en l’état, avec l’inexpérience de Saliba, l’âge de David Luiz et les profils atypiques des autres défenseurs, il faudra recruter si possible un taulier qui puisse à la fois être solide dans les airs et les tâches “classiques” de défenseur, et pouvoir relancer proprement pour lancer le jeu des Londoniens. Mais avant cela, il faudra dégraisser. Entre Mustafi, Sokratis, Chambers, Holding, Mavropanos (parti en prêt à Stuttgart) et les jeunes de l’académie, les départs seront légion pour permettre de recruter.

Au poste de gardien, les hommes de Mikel Arteta sont incroyablement bien lotis. Bernd Leno, titulaire ces deux dernières saisons a confirmé en sauvant à d’innombrables reprises son équipe – même si l’on pourrait lui reprocher quelques erreurs, notamment dans les airs où il doit devenir plus impérial -, tandis qu’Emiliano Martinez a enfin eu sa chance dans les cages après 7 années de prêts successifs. Et cette chance, il a su la prendre en finissant la saison tel un titulaire avec 4 clean sheets et une sérénité totale – même si l’organisation défensive d’Arteta, limitant les occasions, était propice à cela. Avec le très réputé Inaka Cana en tant qu’entraîneur des gardiens, les deux pourront – s’il n’y a aucun départ ni quelconque animosité – se tirer la bourre pour la place de titulaire au poste, même si Bernd Leno part avec une longueur d’avance.

Une attaque à aider

Avec l’arrivée de Nicolas Pépé pour un montant record, tous les regards étaient braqués sur ce trio de tête Aubameyang – Lacazette – Pépé. Le premier, positionné de plus en plus souvent sur l’aile gauche a continué à apporter les buts salvateurs dont les Gunners avaient besoin. Du haut de ses 29 buts et 3 assists, le joueur de la saison nommé par les fans du club, a non seulement été décisif quand il le fallait, mais a su évoluer dans un nouveau rôle – celui de capitaine, et d’ailier (son poste de formation) avec un abattage défensif conséquent et une maîtrise des espaces et du halfspace gauche.

Les deux autres membres du trio ont connu une saison plus contrastée. Après une saison de très haute facture, Lacazette a enchaîné les pépins physiques et les contre-performances. Dans son rôle de faux 9, redescendant bas pour servir à la création et comme point d’appui, il a manqué à la fois de condition physique et de justesse technique. À tel point que Mikel Arteta décida de le mettre en concurrence avec Eddie Nketiah, revenu en hiver d’un prêt peu fructueux à Leeds United. Le jeune Anglais présentait en effet une finition plus performante et une forte énergie au pressing, mais au gré des aléas et pour des questions de bagage technique, le numéro 9 français a su reprendre sa place en fin de saison en remontant la pente. Avec 12 buts et 7 assists cette saison, qui peuvent occulter en partie sa mauvaise saison, Lacazette devra revenir à son meilleur niveau (comme face à Liverpool ou Manchester United sur la phase retour) pour à la fois garder sa place et permettre au collectif d’être mieux huilé – surtout si un créateur venait à poser ses valises.

Nicolas Pépé de son côté a vécu une période d’adaptation délicate. Peu mis en confiance par Unai Emery dès ses débuts – lui qui voulait publiquement recruter Wilfried Zaha -, l’Ivoirien a longtemps pêché dans ses choix et ses derniers gestes, de quoi exaspérer les supporters. Mais une chose est sûre, Arsenal ne pourra plus se passer de son profil de dribbleur, passeur et buteur technique qui manquait cruellement à l’équipe (Iwobi et Mkhitaryan n’apportant pas autant de danger), et devra le mettre dans les meilleures dispositions. Cela implique notamment de trouver une entente avec son latéral, ainsi qu’avec un éventuel créateur pour lui permettre de se retrouver plus souvent dans le halfspace droit, où le danger apporté est maximal (là où Özil occupait un espace du fait de son pied gauche).

Pour apporter de la technicité et des opportunités de jeu, Willian Borges a rejoint le club en provenance de Chelsea. Pouvant jouer à presque tous les postes offensifs – dont le poste de 10 – il pourrait s’avérer être une bonne pioche à condition d’être régulier et de ne pas se satisfaire de son contrat avantageux. À ses côtés, les jeunes offensifs Reiss Nelson, Bukayo Saka et Gabriel Martinelli (blessé jusqu’en 2021) continueront de se développer et de grappiller du temps de jeu.

Le mot de la fin

Pour reconstruire Arsenal, il faudra s’armer de patience et d’intelligence. Mikel Arteta, bravant l’idée préconçue qu’il faut de l’expérience pour s’en sortir dans un grand club, semble être sur la bonne voie. Son Arsenal se veut être plus intelligent, plus pédagogue, toujours dans une adaptation saine à l’adversaire – c’est-à-dire en conservant une cohérence et une identité propre, là où Emery a sombré dans une adaptation permanente détruisant toute certitude -, conscient de ses forces et de ses faiblesses.

Après avoir stabilisé une défense composée de joueurs prompts aux erreurs et réduit son exposition aux offensives adverses, tout simplement par la tactique, il faudra se renforcer à ce poste pour accompagner le développement de William Saliba et entamer une transition vers un jeu plus offensif et protagoniste. Le milieu de terrain aura pour lourde tâche de conserver sa résistance au pressing adverse, tout en impreignant un jeu plus créatif et dominateur, capable de servir au mieux les offensifs.

Cela dit, s’il est facile de tirer des plans sur la comète, la réalité du terrain et du mercato fera résistance au travail de l’entraîneur espagnol. Il faudra conserver la confiance du vestiaire, avec un dialogue clair, précis sur la marche à suivre. Si l’on se réfère aux déclarations multiples des joueurs et aux messages entre les lignes, le contraste avec Emery est saisissant – la barrière de la langue n’existe plus, Arteta étant polyglotte ; les consignes sont claires et nettes ; la rigueur de mise ; et le capitanat un sujet maîtrisé, là où le système de vote et de répartition entre joueurs mis en place par Emery a montré ses failles. De plus, Arsenal se trouve dans une période de chamboulements organisationnels, avec le départ de Raul Sanllehi, l’éviction de 55 employés, la prise de pouvoir progressive d’Edu, d’Arteta et de certains agents comme Kia Joorabchian, et les répercussions économiques d’une crise sanitaire qui aura touché en plein cœur les recettes de match (sur lesquelles Arsenal dépend beaucoup plus que ses rivaux)… des évolutions à suivre et qui mériteraient un papier à part entière.

Si la mer est agitée pour les canonniers, entre les courants internes et les menaces de la concurrence, un grand timonier pourrait les amener à bon rivage – l’Europe, et pas n’importe laquelle, la Champions League, en raflant si possible quelques titres au passage.

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L’auteur

Will

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