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Preview PL 2020/2021 : Leicester City, la pérennisation du projet européen ?

Pour la reprise de la saison 2020/21 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Place à Leicester, auteur de sa deuxième meilleure performance dans l’élite du football anglais, les Foxes de Jamie Vardy comptent bien jouer, encore une fois, les troubles fêtes au sein du très fermé “Big Six”.

Chose n’était pas aisée de venir à bout d’un ou plusieurs des membres de l’élite qui se partageaient les places européennes depuis plusieurs années, Leicester l’a fait. Annoncée comme une des équipes qui pouvaient concurrencer les Arsenal, Tottenham et autres Manchester United, Leicester profite d’un début de saison tonitruant pour sortir grand vainqueur du duel qui l’opposait, sur le papier, en début de saison, à Everton, West Ham et Wolverhampton. Une cinquième place obtenue aux forceps après une fin de saison très délicate permet donc au club des Midlands d’arracher une cinquième qualification européenne dans son histoire et de réaliser son deuxième meilleur résultat en Premier League, à la surprise même de Brendan Rodgers. 

“Nous terminons à la deuxième meilleure place de toute l’histoire de Leicester et ça nous permet de jouer une Coupe d’Europe. Je suis très vivifié par tout ça ! C’est la prochaine étape pour ce groupe. C’est arrivé un peu plus tôt que ce qu’on le pensait, probablement, mais les garçons ont fait une très belle saison. Nous sommes en Europe. Jouer à ce niveau de compétition, mais aussi jouer en milieu de semaine et les week-ends, ça donne de l’expérience. Et ça vous rend plus forts. Ces expériences vont aider ce groupe.”

Pour résumer la saison de Leicester, beaucoup d’allégories sont possibles, on choisira celle de la pente. La motivation, l’entrain, le souffle est présent, jusqu’à ce que le sommet soit atteint, au-delà, on se relâche, c’est exactement ce qui symbolise la saison des Foxes. Excellents jusqu’à décembre, ils payent une fin de saison très moyenne et un restart désastreux, qui leur coûte d’ailleurs la place si lucrative de qualifiés en Ligue des Champions. Un essoufflement généralisé, combiné à une profondeur de banc très restreinte, a amené les Foxes à terminer la saison sur les rotules, usant même quelques talents de l’Academy (George Hirst et Luke Thomas), qui, même avec le talent et la volonté qu’ils ont montré, ne pouvaient pas combler les trop nombreuses absences sur blessures que l’effectif a connu en fin de saison. 

Au classement, les Foxes font une très bonne saison, l’objectif sportif est atteint avec la coupe d’Europe. La santé financière, même si elle n’est pas optimale, a permis au club de prendre en charge l’intégralité des salaires des personnels non joueurs durant toute la durée de la crise sanitaire et les propriétaires n’ont pas stoppé les investissements dans les infrastructures. 

Tant sur le plan collectif que sur le plan individuel, la majorité des joueurs ont fait un très satisfaisant exercice. Jamie Vardy atteint, à 33 ans, la consécration en remportant le Golden Boot, révolutionnant son jeu en combinant buts et passes décisives. Söyüncü a remplacé parfaitement Maguire. Schmeichel a pleinement pris conscience de son rôle de capitaine et de leader de l’équipe, tant en dehors que sur le terrain et les jeunes promesses ont confirmé (Maddison, Chilwell, Tielemans, Ndidi et Barnes). 

Harvey Barnes après son but sensationnel contre Sheffield United (Août)
Harvey Barnes après son but sensationnel contre Sheffield United (Août)

Un effectif famélique et le problème Congerton

On l’a vu et c’est ce qui a particulièrement fait défaut à Leicester en fin de saison, la profondeur de banc est incontestablement une case à cocher pour performer sur le long terme. Leicester possède un onze titulaire très solide, capable de rivaliser avec les clubs du top 6, cependant, pour battre des Arsenal, Tottenham et Chelsea, il faut avoir un certain nombre d’options en back-up si des blessures viennent perturber le collectif. C’est ce qui a manqué à Leicester, Rodgers et Congerton (directeur du recrutement). Le nord-irlandais le concédait, par ailleurs, en fin de saison :

“Nous avons fait de grands progrès. Nous savions que nous avions besoin de plus de 65 buts, et nous en avons marqué 67. Mais pour défier les équipes du Big Six, il s’agit d’obtenir plus de créativité et de qualité.”

Leicester doit éviter de répéter les erreurs de la fenêtre hivernale, n’investissant que dans Ryan Bennett, défenseur, alors que le manque commençait déjà à se ressentir au milieu et sur les ailes. Outre Kelechi Iheanacho, Dennis Praet et, à la rigueur, James Justin, Leicester compte des joueurs très moyens sur son banc, capables de coups d’éclat mais non fiables et transcendants.

En atteste la fin de saison bancale que nous a proposée Brendan Rodgers : un 3-5-2 composé d’une arrière garde Justin-Evans-Morgan, l’un n’ayant jamais joué défenseur central, l’autre étant clairement en manque de rythme. Devant la faiblesse de Marc Albrighton puis les blessures de Fuchs, Chilwell, Pereira et Maddison, Rodgers se voit dans l’obligation d’appeler plus tôt que prévu le jeune Luke Thomas, très en vue lors de ses trois matchs disputés sous la tunique bleue, mais trop tendre pour faire de grandes différences face à Tottenham ou Manchester United. 

Rodgers (gauche) et Congerton (droite), le directeur du recrutement
Rodgers (gauche) et Congerton (droite), le directeur du recrutement

Alors que la Premier League reprend dans moins de deux semaines, aucun joueur n’est venu garnir les rangs de Leicester. Déjà 3 joueurs ont plié bagages, Kapustka, l’éternel espoir Polonais qui n’a jamais confirmé en Angleterre, George Thomas, l’ex-capitaine des u23 et enfin, l’enfant du club, Ben Chilwell, dont les fonds du transfert serviront sûrement à recruter un remplaçant en arrière gauche, un attaquant et un ailier. Leicester se montrera sans doute peu actif sur ce mercato, multipliant par ailleurs les prolongations pour éviter des dépenses superflues et excessives. 

Jakupovic, Fuchs et Morgan, dont les rôles au sein du vestiaire sont primordiaux, ont rempilé pour un an, Mendy pour trois ans. La star de l’équipe, l’iconique Jamie Vardy, à, lui, été prolongé de 3 ans pour le garder jusqu’à ses 36 ans. Leicester a aussi bouclé la prolongation du convoité James Maddison pour 4 ans de plus, assortie d’une revalorisation salariale, démontrant le souhait des Foxes de garder un effectif solide en évitant la fuite des talents.

“Je suis tellement heureux de signer un nouveau contrat pour ce club. C’est une période incroyablement excitante pour être un joueur de Leicester City, avec tant de choses positives qui se passent sur et en dehors du terrain et je suis ravi de faire partie de cette équipe.”

James Maddison, un des plus gros talents de cette équipe de Leicester City
James Maddison, un des plus gros talents de cette équipe de Leicester City

Ces derniers mouvements devraient venir s’agrémenter de quelques renforts. Beaucoup de noms circulent, cependant, Leicester devrait saisir les bonnes affaires, notamment en jetant son dévolu sur les récents relégués. La stratégie concernant le poste de latéral est floue, l’éclosion de Thomas allant dans le sens inverse d’une grosse signature. 

Miser sur la jeunesse, un choix économiquement contraint

Rodgers le sait, il doit composer avec les difficultés financières du club. Même si Leicester n’a pas été le club le plus durement touché par la crise économique consécutive à la pandémie du Covid-19, il l’est tout de même, les caisses n’étant plus autant remplies qu’avant la vente de Maguire, du fait notamment de la construction d’un centre d’entrainement flambant neuf à £100 millions. Disposant, selon diverses sources d’une enveloppe maigre d’une vingtaine de millions, Leicester ne pourra dépenser qu’approximativement cinquante millions de Livres avec les différentes ventes, ce qui ne pourra pas combler les manques de l’effectif. Remarquons tout de même que Leicester reste sur une pente ascendante, ses revenus (notamment en droits TV) augmentent d’années en années, ce qui peut contrebalancer l’argument de la sécheresse financière.

La visibilité et les revenus du club augmentent d'années en années, ce qui développe la surface financière de Leicester City
La visibilité et les revenus du club augmentent d’années en années, ce qui développe la surface financière de Leicester City

Pour résoudre ce biais, Leicester peut compter sur ses Youngsters, récents deuxièmes de PL2. Avec une formation et, surtout, une post formation brillante, les Foxes peuvent combler leurs manques, même si l’adaptation devra être éclaire pour ceux qui seront inclus. Ben Chilwell, Harvey Barnes et Hamza Choudhury en sont de parfaits exemples. 

On nommera 3 joueurs. Tout d’abord, Luke Thomas, plongé dans le grand bain de la Premier League, a déjà livré une passe décisive avec les Foxes et devrait être inclus dans la rotation. George Hirst vient ensuite – alors que Leicester se cherche un troisième attaquant, celui qui a débuté en Premier League contre les Spurs pourrait bien être le chaînon manquant, physique, grand et plein d’abnégation, il pourrait convaincre Rodgers. Kiernan Dewsbury-Hall enfin, débutant contre Brentford la saison passée, a passé quelques mois à Blackpool avant l’arrêt du championnat. Résultat – 10 matchs, quatre buts et une passe décisive en prime, très à l’aise balle au pied, il se projette très vite vers l’avant en tant que milieu box-to-box et mérite une intégration. Rodgers allait, par ailleurs, dans ce sens au cours de cette saison, se montrant élogieux avec les talents des Foxes.

“Nous avons un groupe de jeunes joueurs formidables, qui veulent apprendre, qui veulent progresser, il y a de quoi être optimiste pour les années à venir.

Dewsbury-Hall est un super joueur, il revient d’un prêt prolifique à Blackpool l’année dernière. Il a marqué quelques buts, donc il a la capacité de partir du milieu de terrain pour rentrer la surface et marquer.

Luke est un jeune joueur fantastique, Il a fait preuve d’énormes attentes lors des trois matchs qu’il a disputés pour nous en fin de la saison.”

Une projection bien incertaine

Leicester pourrait encore changer les choses à deux semaines de la reprise, il n’est donc pas aisé de tabler sur les conditions actuelles du club. L’effectif actuel des Foxes, du moins le strict onze de départ, peut rivaliser comme il l’a fait la saison dernière pour une place de de 5, 6 ou 7ème. Cependant, pour combiner l’Europa League (6 matchs minimum), la League Cup (3-4 matchs en cas de parcours honorable), la FA Cup (3-4 matchs potentiels également) et la Premier League (38 matchs), dans une saison où les matchs s’enchaîneront très vite, il faudra faire régulièrement tourner l’effectif.

Rodgers devra donc s’appuyer sur un cercle élargi. La saison dernière, le nord-irlandais utilisait principalement, une quinzaine de joueurs, il devra en user plus d’une vingtaine cette saison, c’est là que réside toute l’incertitude. L’intégration des jeunes sera un facteur clé, comme nous l’avons précédemment énoncé. La problématique des retours de prêt aussi.

Leicester avait prêté un certain nombre de bons joueurs la saison dernière : Ghezzal, Slimani, Silva, Diabaté, Benkovic notamment. Si les 4 premiers ne devraient pas s’éterniser, Benkovic pourrait pallier le manque de défenseurs centraux. Par ailleurs, les retours de prêt devraient, en cas de ventes réussies, apporter des fonds qui, eux, serviraient au renfort de l’équipe.

Jamie Vardy, icône du club, meilleur buteur du club en Premier League, membre du Club des 100.
Jamie Vardy, icône du club, meilleur buteur du club en Premier League, membre du Club des 100.

Tout cela est tout de même hypothétique. Leicester, s’il veut réussir à maintenir le niveau atteint la saison dernière, doit s’appuyer sur la jeunesse de son effectif, faire tourner pour ne pas retomber dans les travers de la période janvier-mars 2020, et, surtout, adopter une politique intelligente de recrutement pour saisir les opportunités à moindre coût.

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