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Preview PL 2020/2021 : Burnley, course à l’Europe ou au maintien ?

Pour la reprise de la saison 2020/21 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Aujourd’hui, place à Burnley. Après une saison en demie teinte et une 10ème place au classement, les hommes de Sean Dyche veulent retrouver l’Europe, trois ans après leur participation en Europa League. 

Une efficacité retrouvée

Après une saison 2018/2019 inquiétante, Burnley se devait de réagir. C’est chose faite. Les Clarets étaient partis sur les bases de la saison précédente avec seulement trois points d’avance sur le premier relégable à la 22ème journée. C’est en perte totale de confiance que Burnley accueille Leicester à la 23ème journée. Après avoir été menés 1 – 0, les hommes de Sean Dyche trouvent les ressources pour revenir et l’emporter. Cette victoire met un terme à une série de quatre défaites d’affilée, mais elle constitue aussi un tournant dans la saison des Clarets. 

À la suite de cette performance, Burnley a été invaincu jusqu’à la coupure de la compétition en mars due à la crise mondiale de coronavirus. Sean Dyche s’est même vu décerner le titre de meilleur coach du mois en février, son deuxième en carrière. Une victoire à Old Trafford et des nuls solides face à Arsenal et Tottenham à domicile ont permis de redonner confiance aux Clarets. Malheureusement pour eux, l’arrêt de la compétition est venu interrompre leur série d’invincibilité de 7 matchs. 

Après la reprise de la compétition Burnley a même pu tutoyer les places européennes, mais des matchs nuls dans le money time ont freiné les hommes de Sean Dyche qui terminent dixièmes à l’arrivée. Ironie du sort, les Clarets finissent avec 54 points, le même total que la saison 2018/2019, mais cette fois-ci sans la précieuse qualification européenne. Néanmoins, Burnley a su gagner quand il le fallait, face à des équipes qui étaient, sur le papier, bien inférieures. Avec 13 de leurs 15 victoires remportées face à des équipes de deuxième partie de tableau, les Clarets se sont montrés solides contre des adversaires largement à leur portée.

Dans cette ville du Nord de l’Angleterre situé à une trentaine de kilomètres de Manchester, le football constitue une échappatoire à la misère sociale. Comme dans beaucoup de villes du Nord, le football est une histoire de passion et de tradition. Les jours de matchs à domicile, c’est vers Turf Moore, l’antre des Clarets, que toute l’attention est focalisée. Si vous espériez voir un jeu de passe léché, des une deux et des dribbles fulgurants, vous n’êtes pas au bon endroit. Ici, à Burnley, tacles, dégagements et duels aériens sont monnaie courante et ce, depuis le retour en Premier League il y a sept ans. 

Un jeu old school 

Une défense imperméable

Le 4-4-2 est le système favori de Sean Dyche. C’est dans cette organisation que Burnley a joué ses 38 matchs de Premier League. Alors que les grosses écuries européennes se présentent en 4-3-3 ou 3-5-2, le coach Anglais reste dans ses standards. Burnley est une des seules formations dans laquelle les dix joueurs de champ défendent et sont regroupés dans leurs 40 derniers mètres. Avec deux lignes de quatre assez rapprochées, il est parfois difficile de jouer dans les petits espaces contre les Clarets. Avec un carré Mee-Tarkowski-Cork-Westwood dans le cœur du jeu, Sean Dyche assure une agressivité défensive à quiconque qui viendrait s’insérer dans l’entrejeu. 

Au club depuis huit ans, Sean Dyche n’a changé de cap dans le jeu. Burnley reste avant tout une équipe s’appuyant sur un gros bloc défensif © Sky Sports

Burnley est aussi la deuxième équipe du championnat à contrer le plus de ballons ce qui montre la combativité et l’agressivité des Clarets en défense. De plus, elle peut s’appuyer sur un excellent gardien, Nick Pope. Souvent blessé ces dernières années, le portier anglais a cette fois-ci fait une saison complète avec 38 matchs dont 15 clean sheets. Sous contrat jusqu’en 2023, Burnley n’est pas décidé à s’en séparer et pourra compter sur lui la saison prochaine. Malgré ces 15 cleans sheets, les Clarets ne sont pourtant que la onzième meilleure défense avec 50 buts encaissés. Le back-four a souvent pris l’eau face aux « gros » comme City ou Tottenham. Dès que le jeu de passe est plus rapide et que la profondeur est utilisée les défenseurs sont mis en difficulté. Conserver cette solidité défensive la saison prochaine tout en l’améliorant est un challenge pour Sean Dyche pour retrouver l’Europe. 

Jeu en pivot des attaquants et longs ballons 

Un des avantages du 4-4-2 est la présence de deux attaquants qui sont dans le cas de Burnley deux points d’ancrage pour toute l’équipe. Le duo Chris Wood – Ashley Barnes a d’abord mené l’attaque des Clarets une bonne partie de la saison. Mais après la blessure de ce dernier en janvier, c’est la recrue estivale Jay Rodriguez qui a été associée à Chris Wood. Arrivé de West Bromwich, l’attaquant de 31 ans n’a pas eu le rendement qu’on aurait pu espérer de lui avec seulement 8 buts inscrits en Premier League. Plus rapide et plus dribbleur que ces deux compères, il n’a pas su concrétiser ses actions. Son association avec Woods a pourtant fonctionné lors de la série d’invincibilité de Burnley en février-mars. Les deux attaquants du système de Sean Dyche ont des consignes simples : bien défendre, jouer en pivot, faire remonter le bloc équipe et marquer. 

Du point de vue offensif, les attaquants sont trouvés sur de longs ballons des défenseurs. Burnley est l’équipe de Premier League qui effectue le moins de passes. En effet, sur la majeure partie des actions qui amènent les buts de Burnley, ce sont des longs ballons qui sont à l’origine de ces velléités. Cependant, avec seulement 43 buts inscrits cette saison, le salut du club ne viendrait pas d’un peu plus de créativité et de folie ? 

Chris Wood et Jay Rodriguez ont mené l’attaque pendant une grande partie de la saison sans pour autant améliorer le rendement offensif des Clarets © BBC

En tout cas, ce n’est pas dans la recette de Sean Dyche qui prône un football simple, rigide et sans fioritures. Au niveau de l’animation offensive des Clarets, il existe un seul créateur dans l’équipe, en la personne de Dwight McNeil. Le jeune espoir anglais n’a pas impressionné par ses stats (2 buts, 6 passes décisives) mais par sa faculté a conservé le ballon permettant à son équipe de remonter. Auteur d’une saison pleine de 38 matchs, les supporters de Burnley espèrent le voir crever l’écran cette année. 

Toujours pas de renouveau ? 

Burnley est une équipe très discrète sur le marché des transferts qui ne fait pas de gros achats. Malgré la reprise tardive du championnat et l’arrêt du mercato le 5 octobre, des équipes de Premier League se sont déjà renforcées. Ce n’est pas le cas des Clarets qui à ce jour n’ont enregistré qu’une seule arrivée, celle du potier Will Norris. L’ancienne doublure de Patricio chez les Wolves vient remplacer Joe Hart qui s’est engagé tout récemment à Tottenham au poste de deuxième gardien. Après la libération de Jeff Hendrick et Aaron Lennon qui évoluent, tous les deux ailiers, les Clarets doivent se renforcer à ce poste. Aucun nom n’a encore été évoqué, mais quel profil vont rechercher les recruteurs de Burnley ? Est-ce qu’un autre créateur comme McNeil va venir apporter de la technique dans l’animation offensive ou au contraire un milieu plus défensif qui sera là pour verrouiller le côté et limiter les montées des latéraux adverses. 

Il faut savoir que Burnley ne débourse pas de grosses sommes lors d’un mercato. La venue d’un jeune joueur créateur au poste d’ailier est alors un peu compromise puisque le club n’a jamais été un partisan d’un recrutement compulsif depuis son retour dans l’élite du foot anglais. Ces dernières années les Clarets ont plutôt misé sur des joueurs d’expérience afin d’assurer une certaine assise et pouvoir jouer sereinement la première partie de classement. 

Quels horizons ? 

Un des principaux objectifs de Burnley sera de s’éloigner au maximum de la zone de relégation, pour cela, il faudra comme cette année gagner et prendre des points face aux concurrents directs pour le maintien. Burnley peut aussi regarder vers le haut. En effet, les Clarets ont les armes pour se mêler à la course à l’Europa League. Pour y parvenir, les hommes de Sean Dyche devront conserver cette solidité défensive qu’ils ont montrée la saison dernière tout en essayant de mieux défendre sur les attaques rapides. Quant à l’aspect offensif, Burnley devra améliorer son rendement, peut-être avec le renfort d’un milieu créatif. 

Nous pouvons donc nous attendre à tout avec Burnley cette saison, capable d’aller titiller les grosses équipes et de jouer l’Europe. Pour cela, il faudra que les hommes de Sean Dyche se montrent plus efficaces devant le but que la saison passée. Mais attention à la mauvaise surprise, car les Clarets ont souvent alterné le bon et le moins bon ces dernières saisons. À Turf Moor, on ne souhaite pas revivre les mauvais souvenirs de 2019. Alors, Europe ou maintien ?

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Milan

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