FocusPL Preview

Preview PL 2019/20: Chelsea, retour vers le futur

Pour la reprise de la saison 2019/20 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Place désormais aux Blues de Frank Lampard, en pleine saison de transition.

Maurizio, merci pour les travaux

La tentative avortée de la révolution sarriste

La saison précédente, Chelsea tentait de monter un projet ambitieux : celui de la mutation de son A.D.N footballistique. Il s’agissait alors de tourner la page de ce qui avait finalement fait la réussite du club depuis l’arrivée de Roman Abramovitch, celle d’un football défensif, bien que victorieux, mené par des hommes pragmatiques tels que José Mourinho, Roberto Di Matteo ou Antonio Conte.

La nomination du dogmatique Maurizio Sarri, bien que semée d’embuches, semblait à l’époque être pour le club être une sorte de nécessaire adaptation, celle de vivre avec son temps. Chelsea souhaitant clairement se débarrasser du style “boring” lui collant à la peau en se tournant vers d’autres horizons, plus attirants et à la mode, au moment où le Manchester City de Pep Guardiola ou encore le Liverpool de Jürgen Klopp rayonnaient par leur style ambitieux et spectaculaire. Le club prenant aussi certainement conscience de la difficulté d’enclencher un projet à long terme avec des entraîneurs défensifs, épuisants leurs effectifs et n’intégrant pas les jeunes du centre de formation, comme Mourinho ou Conte.

Maurizio Sarri se heurtait ainsi à un chantier titanesque, celui de transformer le style Chelsea. Après un début de saison satisfaisant aussi bien au niveau des promesses de jeu que des résultats [12 victoires lors des 12 premières journées, NDLR], le tacticien italien n’a pu répondre favorablement aux faiblesses de son équipe au fur et à mesure que la saison avançait, et que celles-ci grandissaient. Certes à la tête d’un effectif plus que limité n’étant clairement pas adapté à son style de jeu et reposant principalement sur une individualité, celle d’Eden Hazard, le Transalpin ne fut néanmoins pas totalement innocent quant aux difficultés rencontrées par les Blues à certains moments importants de la saison.

Souvent accusé à raison d’un conservatisme exacerbé concernant son 4-3-3 indéboulonnable et ses choix d’hommes malgré des résultats de moins en moins positifs, Sarri nous rappelait ici à quel point sa personnalité dogmatique et sa volonté de mettre en place ses idéaux philosophiques de jeu l’emporteraient sur toute forme de pragmatisme. A quelques moments cependant, il s’efforça à réaliser quelques modifications bénéfiques. La plus remarquable restera certainement l’intégration au onze de départ, bien que tardive, de Ruben Loftus-Cheek, véritable révélation de la deuxième partie de saison et second meilleur joueur offensif de l’équipe.

Si l’on devait dresser un bilan factuel du passage Sarri à Chelsea, celui-ci serait forcément ambivalent. Au niveau des résultats, difficile de faire mieux et de dresser la moindre critique. Une troisième place en Premier League, bien qu’obtenue en grande partie par les contres performances d’adversaires directs, qualifiant directement Chelsea pour la Champions League, après un an d’absence, était le grand objectif. Tout comme celui de gagner l’Europa League, également atteint.

Malgré une saison en demi-teinte dans le jeu, la saison du Chelsea de Sarri fut indéniablement un succès au niveau des résultats.

Cependant, tout ne fut pas parfait sur le jeu produit, loin de là. Mis à part un début de saison excitant et prometteur, la majorité des matchs de Chelsea fut assez pénible à voir la saison dernière. Il est indéniable que Sarri a apporté de très bonnes choses et une base dont Frank Lampard et ses successeurs bénéficieront notamment à la relance, dans la construction et dans le pressing.

Cependant, Chelsea a rencontré de façon trop régulière une incapacité frustrante à créer le danger collectivement dans le dernier tiers adverse, par de trop nombreuses possessions redondantes n’amenant aucun danger. Seules les individualités, surtout celle d’Hazard, conditionnaient la réussite des offensives menées.

A qui la faute ? Cette question divise souvent les supporters de Chelsea. Certains imputant la faute à Sarri, d’autres aux faiblesses de l’effectif. La vérité se trouve certainement entre les deux. Bien que Sarri ait indéniablement eu du mal à s’adapter à son équipe et aux adversaires dans beaucoup de domaines, on ne peut cependant pas omettre son apport sur certains points.

En plus d’un relatif vent de fraîcheur qu’il a pu apporter par moments dans le jeu, la venue de Jorginho, le nouveau positionnement de Kanté (pour lequel il fut stigmatisé à tord), l’intégration de jeunes joueurs, bien que tardive ou encore la mise à l’écart de plusieurs joueurs moyens sont à retenir. Le coach italien n’aurait donc pas volé le droit de continuer d’essayer d’imprimer son style sur cette équipe au moins une année supplémentaire. Surtout que lorsqu’on engage un tel coach, on sait que l’aboutissement éventuel de son projet de jeu nécessitera plus qu’une saison.

Maurizio Sarri, la tentative avortée d'un changement de style (Photo : Getty Images)
Maurizio Sarri, la tentative avortée d’un changement de style (Photo : Getty Images)

Toujours est-il que l’histoire s’est arrêtée là. Pour différentes raisons, on a rapidement senti que Sarri ne serait pas compatible à Cobham. Une fracture naissait effectivement rapidement avec les fans se déplaçant à Stamford Bridge. Il n’était pas rare d’entendre des chants hostiles à son encontre. On peut néanmoins s’interroger sur l’honnêteté et la légitimité de la fronde anti-Sarri menée l’année dernière par une partie des supporters, alors que ce dernier n’était que dans sa première saison, avec un effectif limité et que les résultats n’étaient pas si mauvais malgré un jeu proposé parfois ennuyant.

Le départ de Sarri était même plus ou moins acté dès février, où les rumeurs d’un éventuel limogeage et d’un remplacement par Steve Holland [l’entraîneur adjoint, NDLR] en cours de saison étaient répétitives. Sarri n’a pratiquement jamais échappé aux critiques des médias, observateurs et supporters. Critiques parfois injustifiées, parfois moins. Même la veille de la finale d’Europa League, on savait plus ou moins que sa situation était scellée, ce qui ne l’empêchera pas de glaner le premier trophée de sa carrière, dans cette situation pourtant nuisible et que beaucoup d’autres entraineurs auraient quitter le navire.

Chelsea, n’étant pas monté au créneau pour défendre son entraîneur en cours de saison et sans doutes agacé par le comportement public de celui-ci à plusieurs reprises, ne l’a donc pas non plus retenu quand ce dernier a répondu favorablement aux appels de la Juventus, ce qu’il n’a pas hésité à faire, malgré la victoire en Europa League. Comme si finalement ce départ signifiait que les deux parties souhaitaient mutuellement se séparer, après une saison finalement si contradictoire. Les résultats furent présents, mais l’atmosphère autour de l’équipe ne fut que très rarement aussi nocive.

Super Frank, un choix logique et circonstancié

Dans ce contexte et avec une interdiction d’enregistrement de licence pour les deux mercati suivants, le choix de nommer Frank Lampard est vite apparu comme une évidence. Bien que ce dernier n’ait à son actif l’expérience d’une seule saison (réussie au passage) dans un club à l’envergure bien moins importante que celle de Chelsea, le choix Lampard s’explique et se justifie de plusieurs manières.

Une volonté de rapprochement entre club et fans

Tout d’abord, qui de mieux qu’une des plus grandes légendes et le meilleur buteur de l’histoire du club pour raviver la flamme avec des supporters historiques déçus de l’ère Sarri ? On le ressent depuis le début de saison, Lampard est la principale attraction pour les fans de Chelsea, plus que n’importe quel joueur. Le soutien donné par le public est immense, tout comme l’engouement autour du club. Chose qui n’était pas le cas la saison dernière. Depuis quelques saisons, beaucoup de supporters historiques se sentaient moins proches de leur club. En témoigne, lors de certains matchs de la saison dernière, une désertion inédite du Bridge par certains abonnés ne s’identifiant plus à l’équipe, ni au coach.

https://twitter.com/WeAre_TheShed/status/1167828137977274368
Tifo représentant les anciennes gloires de Chelsea revenues dans l’organigramme du club cet été, Stamford Bridge, face à Sheffield United. Signe d’un engouement populaire retrouvé.

Les dirigeants semblent avoir pris conscience du faussé se creusant entre fans et club et des plaintes concernant l’amoindrissement de “l’identité Chelsea”, surtout depuis les départs d’illustres anciens, comme que John Terry, dernier en date. Cela explique notamment la nomination d’historiques et légendes du club à des postes clefs cet été. Outre Lampard, on pense évidement à Petr Cech, nommé dans un rôle plutôt indéfini de “conseiller technique”, ou encore à Claude Makelele, s’occupant des joueurs en prêts, Joe Cole ou Ashley Cole. Un retour à moyen terme de Didier Drogba est également évoqué.

La jeunesse au pouvoir

La deuxième grande légitimation et explication de la nomination de Frank Lampard se trouve dans l’interdiction de recrutement infligée à Chelsea il y a quelques mois. En effet, même si le club avait anticipé cette sanction de plusieurs façons, notamment avec le transfert de Christian Pulisic conclu lors du mercato hivernal, la possibilité de rappeler certains joueurs prêtés ou encore la possibilité de transformer les prêts de Kovacic et Higuain en transferts définitifs, le fait de ne pas pouvoir se renforcer sur le marché estival, alors que les carences de l’équipe Sarri étaient connues de tous, a certainement été un frein à la venue d’entraîneurs plus expérimentés qui demandaient une refonte globale de l’effectif.

Dès lors, le nom de Frank Lampard s’est rapidement avéré comme étant une piste à prendre au sérieux, avant que celle-ci se concrétise finalement au début du mois de juillet. Avec la prohibition de recruter (outre Pulisic et Kovacic), la plus grande possibilité de régénérer l’effectif étant d’utiliser des jeunes formés au club, souvent de retour de prêts fructueux en Championship, personne ne semblait dès lors plus adapté que le profil de Frank Lampard et de son staff.

Lampard, même s’il n’a pas été formé au club, est en effet lui même issu d’une certaine idée perdue selon laquelle un jeune anglais talentueux aura des opportunités pour s’imposer en équipe première à Chelsea. Connaissant par coeur les rouages de ce club particulier dans sa gestion, nul doute que son expérience personnelle joue de façon importante quant à la volonté et l’obstination d’intégrer à son onze de départ des jeunes du centre formation de façon durable. L’analogie entre sa situation et celles de jeunes joueurs qui, jusque là, n’avaient pas eu l’opportunité de s’imposer à Chelsea paraît facile mais est certainement réelle. Il est fort probable que Lampard se reconnaisse en Mason Mount ou autres, et soit conscient que si on ne lui avait pas donner une chance, comme il donne actuellement à ces jeunes, il n’aurait jamais eu la carrière glorieuse et exceptionnelle qu’il a pu avoir.

Lampard, Morris, Edwards : nominations clefs illustrant la volonté d'installer des jeunes formés au club en équipe première (Photo : Chelsea FC)
Lampard, Morris, Edwards : nominations clefs illustrant la volonté d’installer des jeunes formés au club en équipe première (Photo : Chelsea FC)

Cette volonté de donner le pouvoir à la jeunesse a été perceptible très rapidement. Tout d’abord dans la constitution du staff technique avec les nominations de Jody Morris et Joe Edwards. Le premier, ancien joueur de Chelsea (le plus jeune ayant évolué pour le club en Premier League) et déjà adjoint de Lampard à Derby, fut, avec grand succès entraîneur des U-18 durant des années. Quant au second, au centre de formation depuis 2004, il a également supervisé et entraîné plusieurs catégories de jeunes.

En choisissant de travailler avec ces personnes là, Lampard ayant lui même une bonne connaissance du centre de formation, s’assure une expertise et une relation privilégiée avec les jeunes figurant dans l’effectif, qui ont quasiment tous été formés et entraînés par Joe Edwards et Jody Morris durant leur formation. Ce dernier a d’ailleurs déclaré, dans le programme du match opposant Chelsea à Sheffield United que voir Tammy et Mason sur la feuille de match alors que nous remportions notre première victoire le week-end dernier était très spécial, car ce sont deux joueurs que je connais depuis qu’ils ont 14 ou 15 ans et que quelqu’un comme Joe connaît depuis qu’ils ont 7 ou 8 ans.

Avant que la saison ne commence, les conséquences de ces arrivées se sont senties très rapidement, puisque la plupart des jeunes joueurs formés au club évoluant au sein de l’équipe première ont récemment prolongé leurs contrats ou le feront dans un futur proche, comme Hudson-Odoï, dont les négociations d’une prolongation pourtant mal embarquée il y a quelques mois, devraient prendre une tournure positive, grâce notamment, on l’imagine, aux arrivées de Lampard, de son staff et de leur discours.

Volonté que l’on a également retrouvé dans cette confiance quasiment aveugle, et complètement inédite, que Lampard a donné à certains jeunes dès le début du championnat. Le ton était donné à Old Trafford, avec les titularisations de Mason Mount et Tammy Abraham. Le premier, sortant déjà d’une saison réussie à Derby sous les ordres de Lampard et récemment appelé en sélection anglaise, a convaincu dès son premier match semble faire figure d’un titulaire durable dans l’esprit du manager anglais, au moins jusqu’au retour de Loftus-Cheek.

Quant au deuxième, il symbolise concrètement l’obstination du staff et de Lampard d’intégrer à tout prix un jeune formé au club, en lequel ils croient, pourtant en difficulté. Abraham a en effet réalisé une préparation et des débuts en Premier League moyens, en ratant au passage une occasion immanquable et un pénalty fatal en Super Coupe d’Europe contre Liverpool. Sous le feu des critiques, proie d’injures racistes sur Twitter, Abraham n’a pas perdu le soutien de son entraîneur, bien au contraire. Titularisé pour la deuxième fois de la saison à Norwich, après ces événements qui auraient pu lui faire perdre définitivement sa place auprès de beaucoup de coachs, le jeune Tammy inscrivit un doublé, performance répétée la semaine d’après face à Sheffield United, match où Chelsea a d’ailleurs aligné l’équipe la plus jeune de son histoire en Premier League (Opta).

"J'ai parlé à Tammy avant le match et je lui ai dit que je sentais qu'aujourd'hui serait le jour". Frank Lampard, au micro de Sky Sports, après le doublé d'Abraham face à Norwich. (Photo : Getty Images)
“J’ai parlé à Tammy avant le match et je lui ai dit que je sentais qu’aujourd’hui serait le jour”. Frank Lampard, au micro de Sky Sports, après le doublé d’Abraham face à Norwich. (Photo : Getty Images)

Le cas Abraham est le parfait exemple de la relation privilégiée, inédite et si particulière qui existe cette saison entre jeunes inexpérimentés et entraîneur qui croit en eux.

Mais si Lampard leur accorde, pour le moment, une aussi grande crédibilité, c’est aussi grâce à la mentalité exemplaire de ces derniers. Mount, Abraham, Loftus-Cheek… ont ce club dans la peau. Réussir à Chelsea est pour eux synonyme d’un rêve d’enfant, et ils se battront pour le réaliser. Lampard a sur ce point récemment confirmé que Mount et Abraham, comme d’autres, restaient avec lui après les séances d’entrainements pour réaliser du travail supplémentaire, notamment sur la finition.

D’autres jeunes devraient rapidement être eux aussi utilisés. On pense évidement aux blessés Loftus-Cheek, James et Hudson-Odoï qui recevront tout le soutient nécessaire pour s’imposer et qui auront une réelle carte à jouer vu la faiblesse actuelle de certains titulaires. Attention tout de même à ne pas tomber dans l’excès. La jeunesse au pouvoir a souvent été un rêve pour la plupart des supporters, voire pour certains membres du club.

Il est vrai qu’au niveau des résultats en catégories espoirs, Chelsea a probablement le meilleur centre de formation d’Angleterre et un des meilleurs d’Europe. Cependant, et même si cette saison l’intégration à l’équipe première de jeunes formés au club sera probablement source d’un frémissement populaire important de le part des supporters, il ne faudrait pas non plus surestimer certains potentiels, ou exposés à tord des jeunes joueurs trop rapidement. Sur ce point, on pense à la rentrée de Gilmour contre Sheffield United. Alors que Chelsea prenait déjà le bouillon et peinait à contrôler le match, son apparition à la place de Mateo Kovacic semblait peu pertinente. Il ne faudrait pas tomber dans le scénario inégal et dangereux suggérant que peu importe son niveau, un joueur formé au club serait prioritaire sur d’autres et détiendrait une certaine immunité. Il ne faudrait pas non plus croire que Chelsea réalisera, à court terme, une saison fantastique avec 80% son équipe émanant du centre de formation, ou que les bons débuts de Mount et Abraham laisseront forcément présager d’une régularité monstre cette saison.

Une saison de transition

Un effectif étendu mais limité sur le papier

La plus grande interrogation autour de la nomination de Frank Lampard réside certainement dans son expérience ou plutôt en son inexpérience en tant que coach et plus largement dans ses capacités tactiques. Un passage à Derby County, bien que globalement réussi, ne pouvant écarter les nombreux doutes d’une prise de fonction dans un aussi gros club que Chelsea, aux ambitions européennes et au contexte si difficile.

Malgré ces inquiétudes et même si la saison ne fait que débuter, Lampard a déjà montré des choses intéressantes dans son approche tactique, notamment dans le pressing et dans l’utilisation du ballon. On a pu assister par séquences, surtout lors des matchs opposant Chelsea à Manchester United, Liverpool et Norwich, à de très balles phases offensives, avec un jeu plus rapide et plus vertical qu’auparavant. Niveau formation, Lampard a pour le moment oscillé entre un 4-2-3-1 et un 4-3-3 peu utilisé, certainement à cause de l’absence répétée de Kanté, mais qui semblait plus compact et mieux adapté face à un adversaire plus fort. Cependant, après quatre journées, les résultats ne suivent pas. Une victoire et une défaite à l’extérieur où l’on a pu voir, par moments, de très bonnes choses dans le jeu. Mais deux nuls à domicile (dont un miraculeux contre Leicester) avec un fond de jeu quasiment inexistant et un déséquilibre palpable et inquiétant. Cinq petits points donc, alors que Chelsea a déjà affronté deux promus.

Chelsea – Leicester, exemple de positionnement des Blues qui tentent d’apporter du surnombre sur les côtés pour ensuite attaquer l’axe. (Source : betweentheposts.net)

Car même si parfois la gestion de match et les changements de Lampard peuvent-être discutables et discutés, la réalité est que, surtout en ce début de saison où les blessés sont nombreux chez les Blues (Kanté, Hudson-Odoï, James, Loftus-Cheek, Pedro, Rüdiger), la qualité de l’effectif est moyenne, et les choix forcément restreints pour Lampard, qui a par exemple du aligner un trio Pulisic – Barkley – Mount peu opérant lors des deux dernières rencontres. Reste donc à savoir si les retours de ces nombreux blessés auront un réel impact sur les résultats futurs et sur la qualité de jeu en demi-teinte depuis trois matchs. On peut par exemple légitimement le penser pour certains joueurs importants comme Kanté ou Rüdiger qui, espérons le, permettront de retrouver un certain équilibre primordial.

https://twitter.com/Squawka/status/1167835960077365251

D’autres noms, certes moins clinquants, auront eux aussi une vraie carte à jouer, vu les faiblesses de certains joueurs titulaires en ce début de saison. Ainsi, un jeune comme R. James pourrait à terme remplacer un Azpilicueta catastrophique. Pedro et Hudson-Odoï postuleront également à une place dans le 11, alors que Pulisic et Willian peinent à s’imposer. Quant à Loftus-Cheek, réelle satisfaction de la saison passée, il faudra certainement attendre 2020, mais à quel niveau ?

Toujours est-il, qu’avec l’interdiction de recrutement, le départ d’Eden Hazard et la nomination d’un entraîneur inexpérimenté qui doit également apprendre, bien que l’effectif soit plus étoffé quantitativement par de nombreux retours de prêts, il ne faudra pas s’attendre à des miracles.

La majorité de l’effectif étant effectivement composée soit de joueurs très jeunes, soit de joueurs relativement moyens, surtout défensivement, secteur totalement catastrophique depuis le début de saison (9 buts encaissés en 4 matchs) et concentrant beaucoup de faiblesses individuelles, presque à chaque poste. Seul le milieu de terrain, au complet et avec Kanté, semble être en mesure de rivaliser sur le long terme avec les grandes équipes de ce championnat, alors que le manque de leadership et de cadres est également un soucis devenu récurrent n’est toujours pas réglé.

Construire enfin la base d’un projet à long terme

On l’a donc compris, cette saison devrait être une saison de transition. Même si Lampard a annoncé lors de sa première conférence de presse vouloir se battre pour une qualification en Ligue des Champions, car Chelsea reste Chelsea, ni les supporters, ni le club ne lui tiendront rigueur en cas d’échec sur ce point.

Plus qu’un résultat final en Premier League ou dans autre compétition certainement compromis par un effectif trop jeune ou trop moyen et par un entraîneur peu expérimenté, même si heureusement rien n’est écrit d’avance, c’est les bases d’un projet à long terme qui devront prioritairement être construites.

https://twitter.com/UptheCheIsea/status/1146733666829328385

Cette saison doit en effet permettre à Lampard d’apprendre, de se trouver et de progresser tactiquement. Cette saison doit également permettre de lancer certains jeunes, en gardant les saisons prochaines ceux qui auront prouvé qu’ils méritent une place. Cette saison permettra aussi de révéler, même si on en a déjà quelques idées, les postes et points faibles qui nécessiteront un ajustement lors du prochain mercato, après lequel on pourra juger Lampard de façon juste et sans réserves.

Article précédent

Preview PL 2019/20 : Manchester City, les sentiers de la gloire

Article suivant

Preview PL 2019/20 : Newcastle, same old story

L’auteur

Célestin

Célestin

Célestin pour les uns, Hazpi pour les siens. Par filiation paternelle, fan d'un club bleu de l'ouest londonien instable (donc drôle et attachant) en conflit avec le gouvernement anglais. Habitué du Bridge depuis l'adolescence et bercé par les Lampard, Terry et Drogba, je cherche désormais à ne pas faire d'AVC à chaque contrôle de Bakayoko.