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Preview PL 2019/20 : Aston Villa, le retour du lion

Pour la reprise de la saison 2019/20 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. Après trois années passées dans l’antichambre de la première division anglaise, la ville de Birmingham sera représentée par Aston Villa qui s’apprête à retrouver le plus haut échelon du football anglais. Profil d’un club qui veut retrouver son lustre d’antan.

Un scénario renversant

La Premier League les avait perdus de vue en mai 2016, au terme d’une saison historique, marquant le sacre de Leicester aux dépens du traditionnel Big Four, devenu au fil du temps Big Six. Trois ans après, les Villans d’Aston Villa ressurgissent avec les crocs bien acérés au sein du championnat le plus télédiffusé du monde. Car la route fut longue pour retrouver l’élite. Bien mal engagé jusqu’à mi-février après un départ manqué en Championship, Villa a finalement réalisé l’un des plus improbables come-backs de la saison. Irréguliers et distancés dans la course aux deux premières places – synonymes de montée directe en Premier League -, les Villans ont attendu le mois de mars pour (re)voir la lumière. 14e au coup d’envoi de son match face à Derby County, Aston Villa est dos au mur : une défaite et Villa aurait quasiment dit adieu aux playoffs. Le résultat est sans appel : victoire 4-0 des coéquipiers de Tammy Abraham, auteur d’un but et d’une passe décisive.

Auteur d’une superbe volée contre Derby County (4-0), Jack Grealish avait permis aux siens de réaliser un incroyable come-back en fin de championnat. © Reuters

Les lions reprennent du poil de la bête et enchaînent alors les bons résultats. Alignant la bagatelle de 10 succès consécutifs, Villa grimpe une à une les marches du classement. Passé de la 14e à la 5e place du championnat, le club de Birmingham a su forcer son destin en fin d’exercice 2018/19. Qualifié quasi-miraculeusement pour les playoffs, Villa n’a pas laissé passer sa chance. Comme un an plus tôt, Villa vient à bout de son adversaire (West Brom, 2-2 en cumulé, 4-3 après tirs au but) en demi-finale des playoffs. Les Claret & Blues s’offraient un ticket retour pour Wembley, avec la ferme intention de conjurer le mauvais sort (défaite 1-0 contre Fulham en 2018). Plus expérimentés et mieux en place, les hommes de Dean Smith venaient à bout de ceux de Frank Lampard (2-1), laissant Derby County en Championship et rejoignant Norwich et Sheffield United en Premier League.

Un été mouvementé

À peine promu, Aston Villa a lancé les grandes manœuvres. Les coéquipiers de Jack Grealish étant officiellement un club de Premier League au soir du 27 mai, et la nouvelle saison débutant le week-end du 9 août, pas question de perdre de temps. Empochant un « joli » chèque de 170 millions de livres sterling après leur victoire en finale des playoffs (près de 190 millions d’euros), les Villans lançaient immédiatement leur mercato. Non prolongation de quelques vieux briscards (Jedinak, Hutton, Whelan), fin de contrat d’Elphick, Richards, De Laet, Bunn et libérations de McCormack et Adomah – Villa fait place nette dans son effectif. Un nouveau cycle est clairement enclenché : le lion d’Aston Villa a gros appétit. Si l’objectif premier (et à court terme) est de maintenir le club en Premier League, du côté de Villa Park, l’on pense déjà à l’avenir : pérenniser dans l’élite le vainqueur de la Ligue des Champions 1982. Dean Smith, l’entraîneur de Villa, se déclarait début juin « heureux » d’avoir ramené Aston Villa « back where this great club belongs » (sic : là où il devrait être)… Force est de constater que le fan devenu coach met d’ores et déjà tout en œuvre pour lui redonner ses lettres de noblesse. Les prêts réussis d’Anwar El-Ghazi (Lille), Kortney Hause (Wolverhampton) et Tyrone Mings (Bournemouth) ont été transformés en transferts dès le début du mercato.

Tyrone Mings s’est définitivement engagé avec Villa après un prêt très remarqué de 6 mois la saison dernière. © AVFC.

Mais avec une petite vingtaine de joueurs au 1er juin, difficile de donner du crédit aux Claret & Blues. L’effectif a ainsi été étoffé et densifié avec les arrivées du Français Frédéric Guilbert (dont le transfert avait été bouclé en janvier) et de l’Espagnol Jota. Entraîné par Dean Smith à Brentford, l’ailier droit avait effectué une pige d’un an chez « l’ennemi » Birmingham City. Peu en verve là-bas, il est le premier pari d’Aston Villa sur cette fenêtre des transferts. Débarqué de l’autre côté de la ville à Bodymoor Heath – le centre d’entraînement de Villa -, Jota a fait l’objet d’un transfert de 4,5M€ + Gary Gardner, prêté un an plus tôt aux Blues… Les choses se sont ensuite accélérées pour Villa, qui annonçait consécutivement les arrivées de Matt Targett (Southampton), d’Ezri Konsa (Brentford) et de Wesley (Bruges). Avec le retour de prêt de Tammy Abraham à Chelsea et le refus des dirigeants londoniens de prêter de nouveau leur joyau en attaque, c’est vers le talentueux brésilien de Bruges que se sont tournés les Villans. À 22 ans, le joueur formé à l’Itabuna Esporte Clube sort d’une saison prometteuse en Belgique, où il avait inscrit 17 buts (dont 3 en Coupe d’Europe) et offert 10 passes décisives. Recruté pour 25 millions d’euros, il est devenu le joueur le plus cher de l’histoire du club de Birmingham.

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Aston Villa, vraiment le nouveau Fulham ?

Et si les gros noms et les rumeurs folles n’ont cessé d’affluer du côté de Villa Park, c’est vers Björn Engels (Reims) et Douglas Luiz (Manchester City) que se sont dirigés les recruteurs d’Aston Villa. L’un s’est imposé en Ligue 1 tandis que l’autre a été nommé meilleur joueur du Tournoi Maurice Revello (plus connu sous le nom de Tournoi de Toulon), remporté par la jeune sélection brésilienne au début de l’été. Appelé à devenir le nouveau patron du milieu des Grenats, Douglas Luiz vivra cette saison sa première véritable expérience en Premier League, après deux prêts fructueux à Gérone. En fin de mercato, ce sont Marvelous Nakamba (Bruges) et Mahmoud Hassan (Kasimpasa), plus connu sous le surnom de « Trezeguet », qui signaient à leur tour, après avoir disputé la Coupe d’Afrique des Nations avec respectivement le Zimbabwe et l’Egypte. Deux renforts de plus pour le milieu et le front de l’attaque, symboles d’un effectif considérablement enrichi.

Meilleur joueur de la sélection égyptienne durant la CAN, ‘Trezeguet’ a quitté Kasimpasa pour la Premier League. © AVFC.

Au poste de gardien, l’excellent Tom Heaton (Burnley) a été recruté pour moins de 10 millions d’euros, suppléant Jed Steer dans la cage des Villans. Saïd Benrahma (Brentford) et un attaquant supplémentaire étaient aussi envisagés pour venir garnir les rangs de Villa dans les dernières heures, comme cerise sur le gâteau. Finalement, Dean Smith confirmait jeudi dernier qu’aucune autre recrue n’allait être annoncée pour ce mercato.

En anticipant une éventuelle montée, en ciblant très précisément des profils et des joueurs à recruter, et en intégrant un maximum de recrues à la préparation estivale, Villa a évité l’écueil du « panic buy » en fin de mercato. Là où Fulham enregistrait l’an dernier les signatures de 5 nouveaux joueurs, le jour de la clôture du marché des transferts, Dean Smith a opté pour la sagesse. Car si le nombre de recrues (12 nouveaux joueurs + Guilbert officialisé en janvier dernier) et leur prix (134M€) laissent perplexe, la méthode d’intégration semble être la bonne. En témoigne la pré-saison des Villans, qui ont signé 6 succès sur les 6 possibles lors des matches amicaux.

Les joueurs à suivre

A l’aise balle au pied, Aston Villa pratique un football intéressant, fait de vitesse et de possession. Fidèle à sa réputation, Dean Smith a rapidement fait oublier le style très défensif de son prédécesseur Steve Bruce (nommé cet été à Newcastle…) pour un jeu plus ambitieux, porté vers l’offensive. N’hésitant pas à construire depuis l’arrière, il mise sur des transitions rapides, avec de la verticalité et une forte utilisation de ses latéraux. Le rôle des milieux est aussi prépondérant puisqu’en phase offensive, nombreux sont-ils à apporter le surnombre dans la moitié de terrain adverse. S’appuyant sur ses leaders techniques, Smith n’a d’ailleurs pas hésité à confier le brassard de capitaine à Jack Grealish, en même temps que les clés du jeu des Villans. Bien entouré au milieu avec des joueurs comme McGinn et Hourihane, l’enfant du club – grand artisan de la montée de Villa en Premier League – devrait s’épanouir pleinement avec l’arrivée de Douglas Luiz, milieu central à la palette technique très large.

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Derrière, la paire Engels-Mings semble s’être bien trouvée lors des matches de pré-saison. Véritable patron de l’arrière garde du club de Birmingham en deuxième partie de saison dernière, Tyrone Mings arrive avec un statut de titulaire indiscutable. Solide et puissant, l’ancien de Bournemouth est surtout le premier relanceur de Villa. Avec ses transversales de 40 mètres et ses longues ouvertures, il a souvent un coup d’avance. Reste à savoir si la liberté dont il bénéficiait en Championship sera la même à l’échelon supérieur. À ses côtés, Engels offre une relative sécurité à Dean Smith. Brillant en Ligue 1, le central belge s’est jusqu’ici bien adapté à sa nouvelle équipe, à l’image de son association avec Frédéric Guilbert côté droit, lui aussi venu de Ligue 1 (Caen). Ce dernier, très en vue, a d’ailleurs été le joueur le plus trouvé par ses coéquipiers lors des 6 rencontres de préparation. Dans la hiérarchie à son poste, il devance Elmohamady côté droit et compose l’équipe type de Dean Smith. À gauche, son pendant se nomme Matt Targett, fraîchement arrivé de Southampton et déjà devant Neil Taylor dans le XI de départ.

Fraîchement arrivé de Southampton, Matt Targett s’est déjà imposé dans le couloir gauche de Villa. © AVFC.

Côté système de jeu, Villa évoluait en 4-3-3 la saison passée. Avec ce recrutement, Smith semble opter désormais pour un 4-2-3-1, avec un Grealish plus axial et des ailiers prenant davantage le centre du terrain. Côté joueurs, Villa s’est ainsi réorganisé devant, entre arrivées et départs. Exit Tammy Abraham et Albert Adomah, Wesley, Jota, et Trezeguet prétendent à un poste dans le XI de départ. Si la concurrence s’annonce féroce sur les ailes avec El-Ghazi, Wesley devrait bien être le leader de l’attaque des Villans. Fan de Premier League et jamais rassasié de buts, il sera très certainement l’une des attractions d’Aston Villa. Ses premières minutes sous le maillot birminghamien ont laissé présager une belle complicité avec Jota et Grealish. Suffisant pour mener la dure lutte pour le maintien face aux grosses écuries de Premier League ?

Objectif maintien… Et plus si affinités ?

Pour son retour dans l’élite du football britannique, Aston Villa devrait donc lutter pour le maintien cette saison. Et si les débuts s’avèrent souvent plus compliqués pour les petits nouveaux de Premier League, du côté de Villa Park on espère une adaptation plus rapide que prévue. « Être prêts pour la reprise », c’était l’objectif de Dean Smith. Un message parfaitement entendu par les supporters des Villans. Car si maintenir le club de Birmingham en première division est l’objectif premier, le recrutement ambitieux et la bonne période que traverse actuellement les Claret & Blues, ont fait naître un vrai désir de voir plus haut. Dans un entretien accordé à Talksport, Jack Grealish, le capitaine de Villa confiait ainsi : « J’ai parlé avec le manager. Je lui ai dit que je ne voulais pas revenir en Premier League simplement pour lutter pour le maintien. Je veux aller en Premier League et finir aussi haut que possible ». Après un mercato fou et un été très studieux, place désormais à la fameuse « réalité du terrain »… Avec un premier défi de taille face à Tottenham (samedi, 18h30). Des paroles et des actes ?

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L’auteur

Quentin

Quentin

Néo-membre du cartel God Save The Foot. Bercé au foot anglais et adopté par Villa Park. Suiveur assidu du Championship et des Glasgow Rangers. Amoureux de la patte gauche de Jérôme Rothen et du pied droit de Jack Grealish. Sur le terrain, quelque part entre James Milner, John Carew et Gaby Agbonlahor. Entière confiance en Dean Smith, Gareth Southgate et Tyrone Mings. We even conquered Europe, in 1982...