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Preview PL 2018/19 : Newcastle, l’impossible transition ?

Pour la reprise de la saison 2018/19 de Premier League, God Save The Foot vous présente chaque jour une de ses équipes. On vous raconte aujourd’hui les déboires d’un des clubs historiques de la Premier League. Après un retour triomphant de Newcastle parmi l’élite et une dixième place, les Magpies n’iront pas chercher plus haut. Pire, c’est le maintien qui est visé pour cette saison, pas de quoi être optimiste du côté des hommes de Rafa Benitez.

Les merveilles du magicien Benitez

Faire avec peu

33ème journée de Premier League, Newcastle remporte un match aux tripes face à Leicester pour l’anniversaire des 2 ans de règne de Benitez à la tête de Newcastle. Cette victoire est un véritable symbole de la renaissance de Newcastle, après une saison en Championship synonyme de transition pour le club.

Le technicien espagnol a réussi à faire des merveilles en créant un jeu vertical fondé sur des transitions rapides, identité sur le terrain qui s’était perdue depuis plusieurs saison dans le Nord de l’Angleterre. Le point d’ancrage de ce jeu s’appuie sur une colonne vertébrale composée de Jamaael Lascelles, devenu patron de la défense des Magpies, d’Ayoze Perez et surtout de Jonjo Shelvey, le divin chauve devenu orchestre de cette équipe de Newcastle. Mais tous ces joueurs phares ont été recrutés pour peu il y a quelques saisons de cela. C’est le grand mal de Newcastle : le club évite de dépenser là où ses concurrents se sont renforcés depuis la saison dernière. Le symbole de cette politique de transferts discount est l’arrivée du gardien slovaque Martin Dubravka via un prêt avec option d’achat de 4M€, une somme risible dans un championnat où les transferts se chiffrent en dizaines de millions d’euros. La cause de cette activité timide dans le mercato vient du propriétaire, Mike Ashley, cherchant à vendre le club depuis deux saisons et ne souhaitant pas dépenser davantage de fonds propres. Entre volonté de se renforcer et freins du propriétaire, Newcastle se trouve dans l’impasse et dans la crise avant même le début du championnat. C’est une situation inédite en Premier League.

Le cas Mike Ashley

Lee Charnley, récemment nommé directeur exécutif et un Mike Ashley ricanant devant la situation périlleuse de son club. (Photo : Getty)
Lee Charnley, récemment nommé directeur exécutif et un Mike Ashley ricanant devant la situation périlleuse de son club. (Crédits : Getty)

Une crise qui porte son nom et qui s’est même exportée jusqu’au Parlement Britannique. Fondateur des boutiques de sport Sports Direct, il rachète la totalité des parts du club de Newcastle en 2007, transaction estimée à 160 millions d’euros. L’été dernier, il déclare le club de Newcastle en vente après avoir vendu ses parts du club des Rangers (qu’il avait rachetés en 2014 suite à un différent avec la direction) afin de se consacrer uniquement aux affaires et à Sports Direct, marque elle-même en péril. Cette déclaration a entraîné un gel des investissements d’Ashley dans le club qui a entrainé une baisse des ambitions elle-même et donc une crise au sein du club du Nord de l’Angleterre. 

Et ce n’est pas la première fois que Mike Ashley en provoque une. Ce fut déjà le cas en 2008, dans le cadre d’un contentieux avec Kevin Keegan. Cette fois-ci, Il se trouve face à un entraîneur qui donne des résultats probants et qui est entièrement soutenu par les fans… supporters qui, eux, pensent qu’Ashley n’a fait que détruire leur club depuis son rachat. Aujourd’hui, la relation Benitez-Ashley semble au plus mal, mais Benitez ne partirait pas du club. Après la défaite 4-0 en match de préparation face à Braga, Benitez a exprimé en conférence de presse sa frustration de ne pas pouvoir recruter, malgré la promesse de Mike Ashley de réinjecter “chaque penny généré par le club” dans l’achat de joueurs. Cette confrontation entre les deux hommes est finalement apparue au grand jour, et il ne fait nul doute que cela va affecter la fin du mercato. Il est clair que les fans seront du coté du technicien, surtout quand le propriétaire qui impose une récession au club, fait parallèlement une offre de rachat de la chaîne de boutiques de prêt-à-porter House of Fraser… il y a de quoi se sentir trompé. Mike Ashley devra rapidement éteindre les feux en vendant le club, malgré un seul contact sérieux en un an ou investir pour ne pas ternir une image déjà très atteinte.

Les valeurs sûres des Magpies

Un noyau de joueurs et un recrutement malin

Dans les joueurs sur qui peut compter Benitez il y a Jonjo Shelvey, Jamaal Lascelles et Ayoze Perez comme dit plus haut. Il y a également DeAndre Yedlin, le français Florian Lejeune ou encore Dwight Gayle, Matt Ritchie et Christian Atsu. Avec les recrutements de Ki-Sueng Yung, transféré gratuitement de Swansea, Fabian Schär (4M€, La Corogne), du feu follet Yoshinori Muto (11M€, FSV Mayence) ainsi que de Kennedy, prêté à nouveau par Chelsea, Newcastle fait un mercato honnête mais peu ambitieux. Situation incroyable dans une ère où les clubs de Premier League disposent d’une manne financière très importante et capable de rivaliser avec les grands clubs des autres championnats. Avec la vente d’Aleksandar Mitrovic pour 24M€ à Fulham, on pouvait penser que le club allait le remplacer en réutilisant la somme perçue par ce transfert. Pour l’instant, c’est Mori qui semble être son remplaçant, mais Rafa chercherait à le remplacer par un autre attaquant.

La balance des transferts des clubs de Premier League au 2 août 2018. (source : @sportingintel)
La balance des transferts des clubs de Premier League au 2 août 2018. (source : @sportingintel)

Rafa Benitez peut tout de même essayer de travailler avec un groupe de joueurs sans pour autant espérer faire des merveilles. Mike Ashley ainsi que le board de Newcastle semblent compter uniquement sur le génie du technicien espagnol, qui pourrait, à tout moment claquer la porte et rejoindre un club qui lui donnera les moyens de ses ambitions, c’est à dire de proposer un football attractif et viser plus haut que le maintien.

Ne pas stagner

Voir des promus, donc des concurrents, comme Fulham et Wolverhampton se renforcer ou des clubs comme Brighton et Bournemouth en faire tout autant, doit effrayer certaines personnes de la Toon Army. Il est évident qu’on ne pourra pas compter uniquement sur le travail de Rafa Benitez et investir semble, dans le Nord de l’Angleterre, être la solution la moins coûteuse, celle qui causera le moins de dégâts à ce club qui est encore tourmenté par 2 relégations en moins d’une décennie.

Newcastle ne sera pas différent de celui de la saison dernière mais ceux qui auront les mêmes objectifs le seront. Si Mike Ashley ne veut pas dépenser davantage dans le club alors il doit laisser tous les pouvoirs à Benitez, pour lui donner l’espace de travail nécessaire à l’obtention de résultats. Sans cela, on ne voit pas comment Newcastle United pourrait rester en Premier League. Cette situation est résumée par le mouvement #IfRafaGoesWeGo sur Twitter, les fans de Newcastle accordant un soutien aveugle en leur entraîneur.

Objectif maintien ?

Un héros sans cape, Jonjo Shelvey
Un héros sans cape. (Crédits : Getty)

Avec ce soutien des fans et le lien recréé avec les joueurs, Newcastle est redevenu un club à part entière. À l’aube de cette nouvelle saison, le club est en crise pour des raisons extra-sportives et cela pourrait atteindre les joueurs.

Malgré tous les points noirs, l’effectif demeure qualitatif, alliant des jeunes joueurs à des joueurs plus expérimentés, avec des profils complémentaires. Ainsi, s’est formé un groupe homogène, uni derrière son entraîneur. Une des grandes forces de Newcastle également, est sa capacité à se reposer sur une solide base défensive, même dans les moments les plus difficiles.

Rafael Benitez fait l’unanimité parmi les fans, les joueurs et le board. Il n’est cependant pas exclu qu’il quitte le navire en cours de route, pour des problèmes de moyens mis à sa disposition. Si les objectifs initiaux du board sont le maintien en Premier League, il n’est pas impossible qu’ils changent si les choses s’améliorent en terme de performances, ou si Mike Ashley parvient à vendre le club rapidement. C’est du moins ce que les fans espèrent. On peut tout de même être quelque peu optimiste, même si cette saison s’annonce longue du côté de St James’ Park… Notre pronostic : une 15e place.

L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.