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Les Hornets de Pearson relèvent la tête

Les Hornets de Watford reviennent de loin… très loin ! Lanterne rouge de Premier League à six points du premier non-relégable après 16 matchs, ils pointent aujourd’hui à la 17e place du classement. Tout juste vainqueurs à l’extérieur face à Bournemouth, un concurrent au maintien, ils quittent la zone rouge après 22 journées de Premier League.

Nigel Pearson, le nouveau coach, n’y est pas étranger. A la tête de l’équipe depuis mi-décembre, ses joueurs occupent même la 2e place du classement sur les cinq derniers matchs. De quoi être optimiste à la vue de la deuxième partie de championnat pour des Hornets qui sortent tout juste la tête de l’eau.

Pearson redonne espoir

Watford tombait de haut. Après un exercice 2018/19 mené par Javi Garcia plutôt réussi, avec une belle 11e place au classement et une finale de FA cup (perdue 6-0 face à Manchester City), le club Londonien commença sa nouvelle saison en faisant du sur place.

Le 4-2-2-2 qui a été utilisé toute la saison passée et qui faisait sa force ne fonctionnait plus. L’entraîneur espagnol fut limogé après seulement 4 journées, et remplacé par son homologue hispanique Quique Sanchez Flores – de retour au Hertfordshire après son départ en 2016.

Mais après deux mois passés sur le banc, les résultats n’ont pas été meilleurs et les statistiques étaient affolantes – 9 points pris en 16 matchs. 1 seule victoire, 6 nuls et 9 défaites au compteur. Les changements de compositions (passages du 4-2-3-1 au 4-3-3, puis au 5-3-2) furent légion, tout comme les changements nombreux de joueurs. Parmi Pereyra, Hughes, Capoue, Doucouré, Gray, Cleverley, Sarr ou encore Welbeck, aucun n’arrivait vraiment à se faire une place de titulaire indiscutable. Dans la lignée négative du club, les blessures venaient s’ajouter aux déboires des jaunes et noirs.

Sanchez Flores patauge. Et pourtant, une armada offensive est bien là, tout comme une base de travail. Si bien que le 7 décembre, ce dernier fut, à son tour, démis de ses fonctions par le président du club Gino Pozzo. Jusqu’alors entraîneur des U23, c’est Hayden Mullins qui prendra place sur le banc de l’équipe première. Nommé coach par intérim, il aura disputé un unique match, perdu 2-0 face à Leicester.

De nouvelles discussions ont alors eu lieu au sein du club et l’envie de signer Sabri Lamouchi est vite oubliée. Le coach français ayant refusé l’offre pour rester à Nottingham Forrest. Après un passage en Belgique à Louvain, c’est finalement Nigel Pearson qui est choisi pour devenir le quatrième coach sur le banc de Watford en moins de 6 mois.

La lourde tâche de l’entraîneur britannique étant de redonner aux supporters l’espoir d’un maintien au sein de l’élite anglaise, lui qui a effectué quasiment toute sa carrière de coach en Angleterre (mise à part cette dernière expérience à Louvain). Passé par Carlisle, West Bromwich Albion, l’Angleterre Espoirs, Newcastle United, Southampton, Derby County, Hull City, c’est avec Leicester City qu’il se distinguera le plus. Avec lui, les Foxes ont en effet gagné le Championship en 2014, et réussi un maintien in extremis dans l’élite l’année suivante. Avant l’exploit que l’on connait sous Claudio Ranieri.

Watford enfonce Bournemouth

Dans le duel de bas de tableau, opposant le 19e au 18e de Premier League, au Vitality stadium, Watford est sorti vainqueur. Les Cherries avaient pourtant à cœur de se reprendre après trois défaites et un nul au cours de leurs quatre derniers matchs. En face, les Hornets restaient sur 3 victoires consécutives. Nigel Pearson déclarait avant le match:

« Il y a encore beaucoup de travail à faire, même si nous nous sommes donné une chance d’y croire »

La logique a été respectée. La récente forme des joueurs s’est faite ressentir sur le terrain. De l’autre côté, privé de son attaquant vedette Joshua King, Bournemouth s’est fait surprendre peu avant la pause. A la 42e minute, après une mauvaise relance du gardien Mark Travers, remplaçant de l’indiscutable Aaron Ramsdale, Ismaila Sarr sert sur un plateau Abdoulaye Doucouré qui après un bon contrôle pied droit, finit l’action dans la lucarne opposée. 

Sur une récupération haute, les coéquipiers de Gerard Deulofeu attaquent en nombre et se retrouvent à cinq aux abords de la surface de réparation adverse. Action qui souligne le très net changement d’état d’esprit chez les pensionnaires de Vicarage Road :

« Nous faisons vraiment de bonnes choses, nous avons complètement changé. Nous pressons haut, mettons plus d’intensité, et contre attaquons vraiment bien »

Ce match est d’ailleurs le cinquième consécutif où Watford ouvre la marque. Quelques minutes plus tard, Sarr dépose deux joueurs adverses avant de centrer pour Doucouré qui dévie la balle en retrait. Troy Denney arrive de loin et fusille le gardien aux 6 mètres. Watford a alors la main mise sur le match, avant que Pereyra ne finisse le travail dans le temps additionnel. Un 3-0 mérité pour les visiteurs. L’attaque est en feu.

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Un trio offensif décisif

En seulement 7 matchs, Watford n’est non seulement plus lanterne rouge, mais ne figure surtout plus parmi les reléguables. Cette passe positive est notamment due à la consolidation de l’équipe.

Pearson a redonné de la confiance et a su former un « onze type » avec une formation en 4-2-3-1. Si l’équipe est solide défensivement, c’est surtout dans le secteur offensif que la différence s’opère. Un double pivot Capoue-Doucouré prend place au milieu et se distingue par son efficacité dans la récupération du ballon. De plus, certains choix forts sont faits, comme celui de titulariser Ismaïla Sarr à droite. Pearson s’est d’ailleurs exprimé à son sujet:

« Nous pouvons exploiter ses capacités et ses compétences et il s’améliorera avec le temps, c’est certain »

Sur le terrain, cette confiance se fait ressentir dans le jeu de l‘ancien rennais. Il allie percussion et temporisation, il joue juste. Impliqué sur 2 des 3 buts face à Bournemouth, le sénégalais est en forme. Deulofeu prend alors l’axe gauche tandis que Troy Deeney, de retour de blessure, occupe seul l’attaque.

Doucouré et le trio offensif de Watford ont maîtrisé Bournemouth (Crédits: premierleague.com)
Doucouré et le trio offensif de Watford, joueurs clé du regain de forme (Crédits: premierleague.com)

Un regain d’énergie prend place au sein de l’équipe en jaune et noir. Les attaquants marquent ! Huit des onze derniers buts des Hornets ont été marqués par le trio Sarr-Deeney-Deulofeu. Une entente que les anciens managers n’arrivaient pas à mettre en place et qui soulage.

« J’ai cet enthousiasme et cette envie de non seulement gagner des matchs, mais aussi de garder un niveau d’énergie élevé pour montrer qu’à 31 ans je peux encore participer au jeu et être un joueur à part entière (de l’équipe) »

A annoncé Deeney après la belle victoire du jour. Il le prouve encore en étant élu homme du match par les fans londoniens. Beaucoup d’intensité et d’efficacité – tels sont les caractéristiques de cette nouvelle équipe version 2020. La méthode Pearson marche.

Depuis sa nomination, le club londonien compte déjà trois victoires de plus que ses prédécesseurs lors de tout l’exercice. Une victoire à la maison face à Manchester United (2-0), un nul contre Sheffield United (surprise de la saison), puis trois victoires consécutives contre Aston Villa (3-0), les Wolves (1-2) et Bournemouth (0-3), ont fait du bien à ses hommes.

La 17e place est acquise au classement après la lourde défaite d’Aston Villa face à Manchester City lors de la 22e journée. Avec une longueur d’avance sur le premier relégable, Nigel Pearson et sa troupe regardent vers l’avant. Ils ne comptent que 2 points de retard sur Brighton et la 14e place du tableau.

Le prochain match à domicile contre le Tottenham de Jose Mourinho le 18 janvier sera un vrai test pour le club. Un match à enjeu qui sera abordé avec beaucoup de confiance. Pearson confirme :

« Nous avons trouvé une façon collective de travailler ensemble pour avoir ce que nous voulons : des performances et des résultats ».

Cependant le surplus d’intensité et d’énergie est à nuancer. Beaucoup d’équipes connaissant un changement d’entraîneur obtiennent de bons résultats instantanés mais éphémères. Une fois l’enthousiasme du renouveau envolé, il faut savoir confirmer. Et ce n’est pas chose aisée, en témoigne (peut-être) le cas d’Arsenal, qui n’a pas réussi ce même week-end à s’imposer face à Crystal Palace, avec un match peu convaincant dans l’ensemble, en contraste avec leur performance contre Manchester United.

Ne pas trop s’enflammer et confirmer cette bonne période des fêtes… tel doit être l’objectif dans la tête des joueurs. Ce match à domicile est l’occasion de prendre le large et d’engranger encore plus de la confiance pour la suite. Car la suite c’est Aston Villa. Un nouveau choc où il va falloir prendre des points dans la course au maintien. Coup d’envoi donné le 21 janvier à 20h30. Rendez-vous pris. 

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L’auteur

Joe Saccal

Joe Saccal

Etudiant en journalisme, je suis fan de la Premier League depuis une quinzaine d’années, Old Trafford est mon berceau. Les rivalités entre clubs et joueurs, les courses au titres et au maintien, l’ambiance anglaise et le box to box font de ce championnat le plus attractif d’Europe. Attend désespérément le retour au sommet des red devils. Mais ne vous y trompez pas, Manchester is red.