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Leicester City : l’été sera charnière

Après deux exercices au cours desquels Leicester City a trusté les places qualificatives pour la Ligue des champions sans jamais finir dans le Top 4, les Foxes sont passés à côté de ce qui aurait dû être la saison de la concrétisation. Heureux 8e de Premier League, favori piteusement éliminé d’Europa League et décevant demi-finaliste de la première Europa Conférence League, aucun des objectifs initiaux n’ont été atteints par les hommes de Brendan Rodgers. Aujourd’hui, l’heure est au bilan.

Un mercato estival ambitieux mais finalement peu fructueux

L’objectif en championnat en début de saison dernière était clair : enfin accrocher une seconde qualification en Ligue des champions, après celle obtenue en 2016 à l’issue du run fabuleux de Ranieri menant Leicester vers le titre de Premier League. Pour ce faire, le Board des Foxes n’a pas hésité à investir plus de 60 millions d’euros sans perdre un seul cadre de terrain. En effet, si Dennis Praet a quitté le club en prêt au Torino après 2 saisons en Angleterre, ce sont aussi et surtout Christian Fuchs (Charlotte FC), cadre en 2016, et Wes Morgan (retraite), emblématique et légendaire capitaine de City, qui ont plié bagages. Rachid Ghezzal, déjà cédé temporairement au Besiktas lors de la saison précédente, avait aussi rejoint de manière définitive le club turc pour 3 millions d’euros.

Côté arrivée, le Zambien Patson Daka posait ses valises dans la ville aux usines textiles, après de grosses saisons du côté de Salzbourg en Autriche. Un transfert estimé à 30 millions d’euros, pour préparer l’avenir. Dans cette même optique, Boubakary Soumaré, longtemps courtisé par Newcastle, avait fini par enfin quitter le LOSC, récent champion de France en échange de 20M€. Le Français arrive avec l’étiquette de grand espoir, dans un secteur pourtant assez chargé, d’autant que le prometteur Kiernan Dewsbury-Hall revenait d’un prêt concluant à Luton. Le défenseur croate Filip Benkovic était également de retour de prêt, en provenance de Louvain, club belge également détenu par le Thaïlandais Khun « Top » Aiyawatt Srivaddhanaprabha. Recruté pour plus de 14.5 millions d’euros en 2018, il n’avait alors toujours pas porté le maillot des Foxes en Premier League. Il ne le portera jamais.

Lee Congerton, le responsable du recrutement, avait aussi pioché en Premier League. À Southampton pour être plus précis. Jannik Vestergaard (17.6 millions d’euros) et Ryan Bertrand (libre) rejoignaient les Midlands de l’Est après 3 et 6 ans dans la ville portuaire. Si le second arrivait pour concurrencer, du moins suppléer, Luke Thomas ou Timothy Castagne, le Danois devait avoir une importance bien supérieure. Auréolé d’un bel euro et d’une expérience plutôt réussie avec les Saints, Vestergaard arrivait avec la lourde tâche de remplacer le convalescent Wesley Fofana, victime d’une fracture du péroné lors d’un match amical contre Villarreal. Enfin, dans les toutes dernières minutes du mercato, Ademola Lookman était prêté avec option d’achat en provenance du RasenBallsport Leipzig. Prometteur à ses débuts, il sortait d’un prêt mi-figue mi-raisin à Fulham et arrivait, comme Bertrand, plutôt dans la peau d’un remplaçant que dans celle d’un titulaire. Cinq arrivées donc, pour des bilans à la fois semblables mais difficilement comparables.

Aucun n’a véritablement fait son trou. Si Daka et Lookman ont satisfait sans se faire une place de titulaire indiscutable, les trois autres recrues ont vécu un exercice difficile. Très intéressant lors de sa première apparition officielle avec Leicester contre Manchester City lors du Community Shield remporté par les Foxes, Soumaré a rapidement réussi à glaner du temps de jeu. Mais un problème d’équilibre se posait régulièrement lors de sa présence, du fait de son incompatibilité ou du manque d’automatisme avec ses partenaires. Mais ces bémols n’ont jamais pu être révisés puisque le dernier match complet du Français date du 28 décembre 2021, contre Liverpool au King Power Stadium (victoire 1-0). En 2022, le natif de Noisy-le-Sec n’a en tout et pour tout disputé que 189 minutes de jeu, toutes compétitions confondues. La faute à des absences récurrentes pour des raisons qui restent encore floues. Si il a parfois été question de blessures, Brendan Rodgers a évoqué d’autres causes sans vouloir entrer dans les détails.

En ce qui concerne Patson Daka, le Zambien a connu plusieurs saisons dans sa saison. Après avoir débuté sur le banc, Rodgers lui préférant la légende Jamie Vardy et Kelechi Iheanacho, Daka marque son premier but en PL le 16 octobre au cours d’une mémorable victoire 4 buts à 2 face à Manchester United. 4 jours plus tard, Daka en plante 4 contre le Spartak pour ramener 3 points de Moscou (3-4). S’ensuit la longue période d’absence de Vardy. Rodgers alternera alors entre le Zambien et le Nigérian, sans véritablement instaurer de hiérarchie, ni imposer une rotation. Iheanacho joue, Daka reste sur le banc plusieurs semaines, puis l’entraîneur des Foxes change d’avis et inverse les rôles sans vraiment de cohérence tactique. Parallèlement à cela, Daka ne retrouve pas le chemin des filets en Europa Conference League. Finalement, l’attaquant fétiche de Leicester fait son retour, et de fait, l’ancien joueur de Salzbourg retrouve sa place sur le banc.

Pour sa première saison en Angleterre, Patson Daka conclut son exercice avec 11 buts et 4 passes décisives en 1985 minutes toutes compétitions confondues (22 matchs complets). Il ne faut néanmoins pas oublier que 4 de ses onze buts (pour un total équivalent en xG) ont été inscrits dans un seul et même match. Pour autant, chacune de ses réalisations ont été inscrites dans le jeu. Par ailleurs, celui qui avait fait un essai au LOSC il y a plusieurs années sort d’un contexte de surdomination nationale avec Salzbourg. Tout le contraire de Leicester cette saison qui a traversé plusieurs matchs comme un fantôme. Si son apport dans le jeu a pu décevoir, les promesses sont là et le Zambien mérite de poursuivre l’aventure dans les Midlands de l’Est.

C’est aussi le cas d’Ademola Lookman. L’avenir du néo international nigérian aux 8 buts et 5 passes décisives en 25 apparitions cumulées reste en suspens. Le club détenait une option d’achat d’environ 15 millions pour s’attacher les services du joueur de Leipzig. Elle n’a pas été levée, mais les discussions existent encore entre Allemands et Anglais. Si Rodgers s’est montré plutôt incertain quant à sa décision, il reste que Lookman a produit bon nombre de performances intéressantes, mettant le feu aux défenses sur son aile. Malgré ses quelques lacunes dans la prise de décision, il peut être un bon joueur de complément, d’autant qu’il peut être aligné à gauche comme à droite. À 24 ans, Lookman arrive à un tournant de sa carrière d’autant qu’il aimerait rester et qu’il n’est plus désiré au RBL.

En revanche, Ryan Bertrand et Jannik Vestergaard ont terriblement déçu. Les deux anciens joueurs de Southampton sortent d’une saison extrêmement compliquée, si ce n’est cataclysmique. L’Anglais, dont le départ est probable, n’a plus joué depuis le 27 octobre 2021, mis sur le banc puis blessé, et il n’est pas un euphémisme de dire que ses performances ont déçu. Mais alors que dire du Danois ? Sa fébrilité a consterné, son utilisation par Rodgers encore plus. Sur ses 5 matchs complets de championnat, Leicester a pris deux points (match nul contre Burnley et Palace, défait par Brighton, Manchester City et Tottenham) et encaissé 15 buts (dont 6 par les Citizens et 3 par les Spurs). Une autre image symbolise les difficultés de Vestergaard cette saison : l’élimination en quart de finale de l’EFL Cup contre Liverpool. Entré à la soixantième minute de jeu en même temps que Bertrand alors que Leicester mène 3-1 contre une équipe très largement remanié de Liverpool (absence de Salah, Mané, Van Dijk, Alexander-Arnold, Alisson, Fabinho…)., Leicester recule, tétanisé par la quasi réserve des Reds. Takumi Minamino réduira la marque à la 68e minute avant d’enflammer Anfield dans le temps additionnel. Score final 3-3 et élimination aux tirs au but. Bertrand manquera d’ailleurs le sien. Vestergaard ne rejouera presque plus de la saison. Le symbole même d’un groupe parfois en perdition.

Une saison au bilan négatif dans sa globalité

Quelques matchs marquants et puis c’est tout. Voilà tout ce qu’il faut retenir de positif de la saison collective de Leicester City FC. Parmi eux, l’obtention du Community Shield contre Manchester City (1-0, Iheanacho), le succès probant contre MU (4-2) et la victoire de prestige contre Liverpool 1 à 0. Mais au final, les Foxes n’ont jamais été là où ils étaient attendus. En championnat, les pensionnaires du King power Stadium n’ont jamais su se classer aux places européennes à l’issue d’une journée. Meilleur classement sur l’année ? 8e, place obtenue au soir des ultimes rencontres. Si le nombre important de rencontres reportées a joué sur la perpétuelle position de Leicester dans la seconde partie de tableau, rien ne sert d’éluder la triste réalité. La saison de Leicester a été gangrenée par des performances manquées, si ce n’est gênantes. Les non-matchs contre Arsenal, la défaite renversante contre Tottenham qui était encore mené 2-1 à la 91e minute, les points bêtement perdus contre Burnley ou Brighton… Une insuffisance quasi chronique qui a logiquement puni Leicester.

Au regard des chiffres, la différence avec les deux saisons précédentes est facilement observable. La véritable défaillance est défensive. Quand Leicester encaissait 41 puis 50 buts, les Foxes en concèdent 59 (14e défense de PL). À l’inverse, le club des Midlands de l’Est a su tenir le rythme offensif par rapport aux saisons précédentes (67 puis 68, 62 cette saison). En 2020/2021, les 66 points de James Maddison et les siens les plaçaient à la 5e place, à 1 point de la Ligue des champions. En 2019/2020, ce sont 4 points qui séparaient Leicester d’une qualification pour la course à la coupe aux grandes oreilles. Cette saison, un gouffre de 19 points s’est creusé (71 pour Tottenham, 4e, contre 52). Qu’a-t-il manqué cette saison ?

Le facteur chance a aussi délaissé Leicester, si l’on se fie au nombre de blessés et covidés. Les deux piliers Wesley Fofana et Jamie Vardy ont manqué une bonne partie de la saison, et leur retour a coïncidé avec une période un peu plus faste pour Leicester. Daka et Iheanacho n’ont pas réussi à suivre le rythme de début de saison du vétéran anglais, qui finit la saison avec 15 buts tout en ayant manqué plus de 3 mois de compétition. Concernant le Français, ses remplaçants n’ont pas non plus comblé son absence en apportant la sérénité qu’il avait imposé au cours de sa première saison. Wesley Fofana est aujourd’hui indispensable à Leicester, en témoigne son but contre Rennes qualifiant les siens au tour suivant de la Ligue Europa Conférence. En témoignent également les indignes performances défensives de ses coéquipiers où ils ont brillé par leur maladresse. La fabuleuse performance de Leicester d’avoir encaissé plus de vingt buts sur corner cette saison en est encore une preuve.

Or, cette faiblesse sur les corners adverses est-elle d’ordre tactique ou physique ? Difficile de pencher pour la 2e option tant la taille et la solidité morphologique de certains (Söyüncü, Vestergaard, Evans, Soumaré par exemple) devraient suffire. Le marquage en zone de Rodgers a été un véritable poids pour sa défense, qui n’a sans doute pas toujours été parfaite dans sa réalisation. Il ne faut pas non plus oublier que Kasper Schmeichel, qui a eu le mérite de sauver les siens lors de quelques jours de grâce, a tout de même vécu une saison compliquée. Son absence dans sa surface lors des coups de pied de coin a pesé. Son incapacité à relancer correctement un ballon aussi. Pour sa défense, le rideau censé le protéger n’était pas des plus imperméables. Wilfred Ndidi et Youri Tielemans ont provoqué de trop nombreux penaltys. Le Belge d’ordinaire si juste a vécu une seconde partie de saison difficile. La gestion étrange du turnover par Rodgers a aussi forcément eu son rôle d’autant que Leicester a connu des semaines européennes toute la saison.

Pour quel résultat ? Une 3e place dans un groupe composé de Naples, du Spartak Moscou et du Legia Varsovie en Ligue Europa, qui aurait pu se transformer en seconde si Tomáš Pekhart, attaquant du Legia, n’avait pas manqué son penalty contre le Spartak à la 90+8e minute. Reversé en C4, et après avoir éliminé les Randers, Rennes et le PSV, Leicester rencontrait Rome pour une demi-finale au sommet. Défaite 1-0 au retour, but sur corner (!) de Tammy Abraham. Rappelons que Leicester figurait parmi les grands favoris de la Ligue Europa en début de saison. Même si c’était la toute première fois que les Foxes atteignaient le dernier carré d’une compétition européenne et que la Roma l’emportera en finale face au Feyenoord, difficile de considérer cette campagne comme une réussite tant les attentes étaient autres en début de saison.

Si ce dur jugement peut prendre forme de procès contre les joueurs, Brendan Rodgers figure néanmoins parmi les grands coupables de cette saison. Trop de choix inexplicables et inexpliqués, trop de déclarations irritantes en conférence de presse, ou de fausses promesses. Le Nord-Irlandais a su sauver sa tête contre Watford et Liverpool et profiter de la clémence d’un board peut être un peu trop attentiste par moment. Alors que son nom revenait avec insistance à Manchester United avant l’intronisation de Ten Hag et à Manchester City pour prendre la suite de Pep Guardiola, tout porte à croire que son poste à Leicester ne le satisfait plus (fin de contrat en 2025). Si ces choix avaient été les bons lors des saisons précédentes, une profonde remise en question doit intervenir cet été pour reprendre sa marche en avant. Ses lectures de matchs, choix d’hommes et de systèmes ont trop déçu tout au long de la saison.

Il y a quand même eu du bon à Leicester cette saison. Un trophée évidemment, le second Community Shield du club après celui remporté en 1971/1972. Au niveau de l’effectif, cinq hommes sont globalement sortis du lot. Jamie Vardy et Wesley Fofana ont gagné des points quand ils étaient sur et en dehors des terrains. James Justin aussi d’autant qu’il a eu l’honneur de porter le maillot des Three Lions pour la première fois en fin de saison. Mais l’homme de la saison est incontestablement James Maddison. Après un début de saison en demi-teinte dû à une gêne à la hanche, le meneur de jeu anglais a porté Leicester à partir d’octobre (18 buts, 12 passes décisives TCC). Feintes de corps dévastatrices, crochets courts, centres précis ou enroulés direction la lucarne, l’ancien joueur de Norwich a régalé le public du King Power Stadium et été désigné meilleur joueur de la saison par le club. Un bémol ? Il est toujours snobé par Gareth Southgate, qui lui a numériquement préféré James Ward-Prowse, Mason Mount ou encore Jack Grealish lors du dernier rassemblement. 

Le dernier homme à avoir su tirer son épingle du jeu est le jeune Kiernan Dewsbury-Hall. Revenu d’un prêt réussi du côté de Luton Town, le milieu de 22 ans a profité des méformes ou absences de la concurrence au poste pour gagner du temps de jeu et ne plus ressortir du onze. L’Anglais (3 buts, 3 passes décisives TCC) a brillé par son volume de jeu et ses courses balle aux pieds. Loin d’être un produit fini (lacunes à la précision de ses passes par exemple), il possède de réelles qualités, et peut être amené à être la surprise de Southgate en fin d’année. Il a d’ailleurs été élu joueur de la saison par les autres joueurs de Leicester, et meilleur jeune de la saison par le club.

Du mouvement dans le terrier ?

Un effectif qui peut beaucoup bouger

En conférence de presse, Brendan Rodgers avait promis un « summer rebuild », pour poser les bases d’un nouveau départ dans son projet après la saison ratée des siens. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ce fameux rebuild n’a toujours pas commencé : aucune arrivée, aucun départ, hormis ceux d’Eldin Jakupovic, 3e gardien dans la hiérarchie ayant joué quatre matchs officiels avec Leicester depuis son arrivée en 2017, et de Dennis Praet. Le Belge avait été prêté la saison dernière au Torino mais s’était gravement blessé, ce qui avait freiné le club italien de lever l’option d’achat de 15M€. L’ancien joueur de la Sampdoria devrait néanmoins rester en Italie. En effet, la Fiorentina, mais également le Torino, qui n’ont pas abandonné l’idée de conserver le Belge, seraient sur les rangs pour recruter Praet sous forme de prêt avec obligation d’achat ou de transfert sec (à hauteur d’environ 8 ou 9 millions d’euros). Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur la légitimité de l’expression de Rodgers et le véritable fond de pensée de ce dernier. Pour autant, la situation contractuelle ou sportive de certains noms de l’effectif ont dû imposer une réflexion à la direction sportive de Leicester.

Le poste de gardien de but pose immédiatement question. Si Kasper Schmeichel se rapproche de la retraite (fin de contrat 2023), Danny Ward ne semble pas avoir le niveau des ambitions de Leicester City. Quant à Daniel Iversen qui a réalisé une belle saison en prêt du côté de Preston North End, son avenir n’est toujours pas acté et la possibilité de le voir repartir existe. 

Le plus gros des travaux reste en défense. Complètement métamorphosé depuis le premier confinement, Caglar Söyüncü a fini la saison sur le banc après les retours de Wesley Fofana et Jonny Evans (fin de contrat 2023), et Daniel Amartey (FDC 2023 également) lui a même été préféré à quelques reprises. Dire qu’il est encore une fois passé à côté de son exercice (comme de son Euro) n’est pas un euphémisme. Le Turc est maintenant fébrile, faible dans les duels et toujours à la peine balle au pied. Si les supporters ont parfois eu droit à quelques matchs dignes de sa plus belle période, son départ est maintenant souhaitable, d’autant qu’il conserve une côte intéressante. Si les prétendants se cachent, l’Inter, Chelsea ou Tottenham auraient des vues sur « Cags » dont le contrat prend fin en 2023. Par ailleurs, le prometteur latéral gauche Luke Thomas a encore des lacunes importantes à combler et un prêt est à l’étude, notamment en Championship. Son concurrent Bertrand ne devrait pas être retenu tandis que le cas de Vestergaard pourrait diviser. Malgré son exercice étonnamment médiocre, il pourrait obtenir une nouvelle chance. Enfin,Wesley Fofana sera forcément suivi, malgré sa récente prolongation jusqu’en 2027, à l’instar de James Justin (2026).

Un peu plus haut sur le terrain, un dossier conditionne pour le moment le mercato de Leicester City. Youri Tielemans, en fin de contrat dans un an, cristallise les débats. Homme de base de Leicester depuis son arrivée en janvier 2019, le Belge n’a toujours pas prolongé son bail. Pourtant, sa deuxième partie de saison assez éloigné de son niveau habituel pourrait avoir refroidi les clubs qu’il attendait, lui qui souhaite rejoindre un club qui joue la Ligue des champions. Aston Villa s’était présenté sans succès. Aujourd’hui, ce serait Arsenal qui tiendrait la corde, et Tielemans envisagerait un départ à Londres malgré la cinquième place des Gunners, synonyme d’Europa League. Si une transaction de 25M€ hors bonus était évoquée par certains, d’autres sources bien informées avancent qu’aucun accord n’a eu lieu entre les 2 clubs. Alors qu’un départ semblait inéluctable il y a quelques semaines, la possibilité d’une prolongation de contrat comportant une clause libératoire pour les clubs évoluant en C1 existe, et serait même l’option la plus probable, toujours selon des sources proches du club.

Eux aussi en fin de contrat en 2023, Hamza Choudhury et Nampalys Mendy ne sont pas dans la même situation. Après son faux départ à Galatasaray, l’ancien Niçois n’avait pas pu jouer de la première partie de saisone, faute d’enregistrement, et s’était relancé lors de la CAN remportée avec le Sénégal. De retour en Angleterre, il a su profiter de l’absence de Ndidi pour rentrer dans la rotation. Au contraire de Choudhury qui n’a que très peu joué cette année (532 minutes TCC). Il susciterait l’intérêt de clubs de bas de tableau et de Championship. West Bromwich serait en pôle, les discussions tourneraient autour de la forme de l’échange (prêt ou transfert sec).

L’avenir de Soumaré reste incertain après sa deuxième partie de saison blanche. Monaco aurait néanmoins la ferme intention de recruter l’ancien Lillois et des négociations seraient en cours. Leicester en attendrait au moins 35 millions d’euros en cas de transfert, mais c’est un prêt d’une saison qui semble se dessiner. Le Français aurait d’ailleurs déjà visité les installations du club du Rocher. Un départ de Soumaré permettrait de libérer une place dans l’effectif, ce qui pourrait lancer le mercato des Foxes. Le futur de Ndidi est également sujet à quelques doutes. Le Nigérian étant un des joueurs les plus côtés de l’effectif malgré sa saison en demi-teinte, une belle offre pourrait convaincre le board des Foxes de céder son milieu de terrain. C’est également le cas de James Maddison. Le meilleur joueur du club cette saison pourrait être tenté de quitter les Midlands de l’Est cet été. Boycotté par Gareth Southgate, rejoindre un club européen pourrait faire changer d’avis le sélectionneur anglais. Un intérêt de Tottenham et Arsenal a été évoqué. Néanmoins, Rodgers ne compte pas laisser partir « Madders » et il faudra mettre le prix fort pour recruter le meneur de jeu en fin de contrat en 2024. Leicester espérerait d’ailleurs le prolonger. Kiernan Dewsbury-Hall vient quant à lui de prolonger son contrat dans son club formateur jusqu’en 2027.

Le secteur offensif connaît lui aussi son lot d’interrogations. Vardy ne partira pas, mais arrive en fin de contrat en 2023, tout comme Ayoze Perez. L’Espagnol n’est jamais parvenu à s’imposer sur la durée et sort de deux saisons loin du niveau espéré pour un club avec des objectifs européens. Un départ est à l’ordre du jour pour lui. Kelechi Iheanacho pourrait suivre. À 26 ans, il peut prétendre à une place de titulaire dans un autre club de même rang (seulement 32% de titularisation cette saison). Pisté un temps par Liverpool, Harvey Barnes devrait poursuivre l’aventure avec son club formateur.

Évidemment, tout le monde ne partira pas et la réalité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain, surtout à cette époque où les offres mirobolantes de certains peuvent faire tourner des têtes, d’autant que Leicester se trouve aujourd’hui être moins solide financièrement que West Ham, Aston Villa et surtout Newcastle. Il ne faut pas non plus oublier que la qualité réelle de la majorité de ces joueurs restent importantes, mais que davantage ont été plus proche de leur niveau plancher que de leur niveau plafond au cours de ces derniers mois. Un remaniement total de l’effectif n’est donc pas la solution. Toujours est-il que Leicester arrive à un moment charnière de son projet, d’autant que neuf joueurs arrivent en fin de contrat l’été prochain. Il ne faudra pas se tromper cet été.

Beaucoup de rumeurs, peu d’intérêts concrets

À l’heure actuelle, plusieurs noms sont sortis dans la presse pour venir donner un coup de tonus au groupe. Si certains reviennent depuis plusieurs mois, comme celui de Noni Madueke, l’ailier anglais du PSV et ancien de l’académie de Tottenham, ou celui du titi parisien Arnaud Kalimuendo, de nouvelles pistes ont vu le jour récemment. Benjamin Bourigeaud serait suivi par la cellule de recrutement du club, orpheline de son ancien directeur Lee Congerton, qui a quitté l’Angleterre pour Bergame début 2022. L’ancien Lensois arrive en fin de contrat dans un an et sort de la meilleure saison de sa carrière de très loin. Auteur d’un « double double » (11 buts et 13 passes décisives en Ligue 1), il a participé à 29% des buts de son club en championnat, et débuté l’intégralité des rencontres. Capable de jouer dans l’axe, comme sur le côté, principalement à droite, son arrivée permettrait de mettre un peu plus de côté le vaillant mais pas suffisamment au niveau Marc Albrighton. Bourigeaud apparaît comme une priorité des Foxes cet été, qui aurait déjà proposé 8 millions d’euros à Rennes (qui en attend 10 millions) selon Josh Wilson. Néanmoins, The Athletic a démenti l’information annonçant que le club détenu par Khun Top ne serait même pas sur le dossier…

Plusieurs autres pistes offensives ont été évoquées. En vrac, Armando Broja (Chelsea), Sofiane Diop (Monaco), Mohamed Elyounoussi (Southampton), Francisco Trincão (FC Barcelone) ou encore Junya Ito (KRC Genk). Le nom qui revient le plus souvent est néanmoins celui de Charles De Ketelaere. L’attaquant Belge de 21 ans est suivi depuis plusieurs mois par la cellule de recrutement des Foxes. La concurrence est néanmoins rude. Milan et Leeds auraient déjà fait une offre pour le joueur de Bruges (qui préférerait alors le club italien) tandis que le Napoli temporiserait. Environ 30M€ sont attendus pour s’attacher les services de « CDK ». Capable de jouer en pointe, meneur de jeu ou ailier droit, sa polyvalence serait un vrai bonus pour Leicester City, qui n’a néanmoins pas bougé sur le dossier depuis plusieurs semaines.

Dans le secteur défensif, peu de pistes sont apparus sérieusement. Si le nom de Bremer a été sorti il y a plusieurs semaines, le défenseur du Torino devrait rejoindre un club européen. À la recherche d’un défenseur central gauche, Leicester serait bien inspiré de tenter le coup pour Evan Ndicka. Le Français de Francfort est le profil idéal pour Leicester. Malheureusement, l’absence de coupe d’Europe des Anglais combiné à la qualification pour la Ligue des champions du club allemand complique le dossier. Le quotidien britannique The Daily Mirror a avancé un nom capable de renforcer la défense des Foxes. Il s’agit de Levi Colwill, joueur de Chelsea qui a passé la saison en prêt du côté d’Huddersfield. Défenseur central capable d’évoluer sur le côté gauche, le jeune (19 ans, né en 2003) produit de Cobham serait favorable à un départ si un temps de jeu insuffisant lui est offert. Quatre clubs sont à l’affût : Leicester donc, mais aussi Crystal Palace (qui a déjà récupéré Marc Guehi), Southampton (Armando Broja avait été prêté et pourrait rester) et Brighton (le piston droit Tariq Lamptey a été formé à Chelsea).

Au milieu de terrain, le dossier Houssem Aouar évoqué en mai par L’Équipe n’a pas connu d’avancée majeure depuis. Même chose pour Ibrahim Sangaré (PSV) ou Khephren Thuram (Nice), et Christian Eriksen a davantage été emballé par une signature pour Manchester United. En attendant, la piste menant au milieu du Feyenoord Orkun Kökçü, déjà observé cet hiver, se serait réactivé selon The Athletic. Néanmoins, an cas d’absence de recrutement, Rodgers serait bien inspiré de se tourner vers l’académie. Deux joueurs sortent du lot à ce poste chez les jeunes : Sammy Braybrooke (2004, profil défensif) et Will Alves (2005, profil offensif). Le premier cité a d’ailleurs remporté le titre de meilleur joueur de l’académie de la saison. Sans oublier quelques autres noms apparus quelques fois dans le groupe pro comme ceux de Wanya Marçal-Madivadua ou Kasey McAteer. Une autre promesse du centre de formation est Ben Nelson, défenseur central né en 2004, convoqué à plusieurs reprises en Premier League sans jamais fouler la pelouse pour l’instant. Il a récemment été lié à Manchester City par le Daily Mail. La situation de Callum Wright devra également être éclaircie. Le milieu Anglais, après un prêt réussi à Cheltenham en League One, s’est déclaré prêt à quitter le club s’il ne lui est pas promis de temps de jeu.

Si en l’état rien ne s’est encore décanté, une seule déclaration, une seule offre, un seul transfert peuvent faire bouger les choses. Le mercato est une drôle de période pour chaque club et Leicester n’échappe pas à la règle. Pourtant, pour Rodgers et tout son groupe, une page doit être tournée, pour ne pas que livre ait à être changé.

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L’auteur

Quentin Cizeron

Quentin Cizeron