Focus

Laurent Koscielny, la reconnaissance

Laurent Koscielny
Koscielny qui remercie les supporters d’Arsenal, comblés par ses prestations. (crédit : La Beauté du Football)

« Quand il est en forme, c’est le meilleur défenseur de Premier League ». Ce n’est pas une citation comme les autres, ces propos sont tenus par Rio Ferdinand, ancien grand défenseur des Reds Devils. Laurent Koscielny est reconnu à sa juste valeur, enfin, dirons-nous. Le natif de Tulle est parti de loin, de très loin, et fait parti aujourd’hui du gratin mondial. Focus sur le défenseur des Gunners, un temps critiqué, désormais adoubé.

Quand tu pars de loin

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Qu’une seule année en Ligue 1 avant la chance de sa vie. (crédit : Google Image)

Il y a 31 ans, dans la ville de notre cher président français, naquit un certain Laurent Koscielny. Peu prédestiné à devenir footballeur professionnel, il casse la reproduction sociale et ne veut pas hériter de son père. Ce dernier, menant une éducation à la dure, finit par accompagner son fils dans la réalisation de son rêve. Démarrant au petit club de sa ville natale, il part ensuite à Limoges où les dirigeants de Guingamp se rendent compte qu’il a un fort potentiel. Son passage à Guingamp de 2004 à 2007, première expérience professionnelle, ne rentrera pas dans les annales, disputant seulement 47 matchs en trois saisons. Il ne servait qu’à dépanner en arrière latéral, numéro 6 ou en défense central. C’est la suite qui est merveilleuse pour notre jeune Laurent.

Tours enrôle le français pour jouer exclusivement défenseur central, et c’est un franc succès. En deux ans, il joue 78 matchs et confirme toutes ses qualités et son potentiel, devenant d’ailleurs étoile d’or France Football 2009. Ce dernier ravit les scouts lorientais : en 2009 il signe à Lorient, club affilié à un géant anglais, Arsenal. En 40 matchs, il réalise une saison tonitruante et impressionne les recruteurs des plus grands clubs, notamment un certain Gilles Grimandi, recruteur des Gunners.

Quand tu signes pour un grand club

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Image à jamais gravée dans sa mémoire : mésentente avec Szczesny, but de Birmingham, défaite en finale de League Cup. (crédit : Telegraph)

Coupe du Monde 2010, avant la compétition honteuse des français à laquelle Koscielny ne participe pas, Arsène Wenger cherche un défenseur central. Une dizaine de noms figurent sur la liste du recruteur français Grimandi, mais un seul émerge particulièrement. Le manager des Gunners visionne les prestations de Koscielny, et tombe littéralement sous son charme. 12 millions d’euros ont été nécessaires pour que le joueur de 24 ans s’engage à Arsenal. « Laurent who ? » pouvaient dire les supporters et adeptes de la Premier League, mais Arsène Wenger tente un pari. Son objectif est de forger un défenseur au fort potentiel, certes pas une bête physique mais ayant une intelligence de jeu hors paire. Mais c’était sans compter sur la naïveté de la jeunesse et de l’inexpérience : son premier match se déroule à Anfield contre Liverpool où il prend deux jaunes et se fait expulser. Son adaptation est loin d’être parfaite, et rien ne s’est arrangé un an plus tard. Le 27 février 2011, une date qui restera dans sa mémoire. C’est la finale de League Cup contre Birmingham, un évènement très attendu pour mettre fin à la disette des canonniers. À la toute fin du match, une mésentente entre Koscielny et son gardien Szszesny scelle la victoire à l’adversaire. La disette continue à Arsenal, et la réputation déplorable du français peut enfin commencer.

Quand tu as mauvaise réputation

koscielny-citationSouvenez-vous de son carton rouge contre l’Ukraine en équipe de France (2013). Souvenez-vous de ses prestations médiocres en sélection mêlant maladresse, fautes et manque de concentration. Passé outre-Manche, il n’était plus le même. À Arsenal, il réalisait des prestations solides et pallie amplement le départ de William Gallas. Associé à Thomas Vermaelen dans un premier temps, malgré une complémentarité discutée, le français jouait juste, avait une forte capacité de relance, mais faisait preuve, parfois, de déconcentration. Mais, nous, on va dire aux journalistes français et footix de la planète que les critiques à son égard ont été disproportionnées et vides d’arguments. Preuve en est : en 6 saison à Arsenal, il n’a reçu que 2 cartons rouges et 24 cartons jaunes. Et oui. Il disait l’an passé : « Je joue en Angleterre tous les week-ends, ils sont mieux placés pour me juger. » Oui, les critiques finalement viennent de France, en rapport à ses prestations en sélection et selon les torchons journalistiques qui parlent des matchs anglais sans les regarder. Mais les vrais savent.

Quand tu fais taire tes détracteurs

Il est passé du joueur pitoyable au « Boss » d’Arsenal et de l’Equipe de France du jour au lendemain. Vraiment ? Il a fallu l’Euro 2016 en France pour que le Gunner montre sa vraie valeur à l’ensemble des spectateurs et retourne les vestes de ses détracteurs. Réalisant une compétition incroyable, il justifie les commentaires outre-Manche et la confiance que Wenger lui accorde. Avec l’âge, l’expérience, il fait preuve de justesse, de concentration, de sérénité, tout ce que demande un gardien de but comme Petr Cech : « Il fait toujours les bons choix et dégage un sentiment de sécurité qui rejaillit sur ses partenaires. C’est un bonheur de l’avoir devant soi quand on est gardien de but. » Rien que ça.

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Un début de saison tonitruant pour Koscielny, et ce n’est certainement pas fini …

Il paraît gringalet comme ça, mais il dégage une puissance et une agressivité qui fait bien peur aux attaquants adverses. Le duel contre Diego Costa lors du derby londonien il y a peu prouve bien qu’il a des qualités hors normes. Il remporta quasiment tous ses duels et bénéficie également d’un compagnon de bataille déjà très bien intégré au championnat et à l’effectif, Mustafi. « Il est rapide et très agressif » disait Rio Ferdinand, « il est le meilleur défenseur de Premier League » ajoutait Thierry Henry. Aujourd’hui, il fait l’unanimité au sein des supporters d’Arsenal, des Bleus et de la planète foot en général, footix compris. Après tout, c’est la mode de vouer ses qualités, alors fidèle à elle-même, la masse de soi-disant spécialistes du football qui s’expriment positivement sur les prestations de Laurent Koscielny. Outre les statistiques impressionnantes, sur le terrain c’est un patron, c’est devenu un véritable leader. Ce n’est pas pour rien qu’en l’absence de Mertesacker, Koscielny assume les responsabilités du capitanat en club. Footballistiquement, il a des qualités indéniables que Wenger a su développer à la perfection : « avec lui, le ballon ressort vite et propre. » C’est certainement sa qualité première, la relance, cassant des lignes à plusieurs reprises. Ses tacles sont propres, son positionnement juste, les duels majoritairement gagnés, aériens ou non. Il dit la semaine passée: “Je peux encore progresser dans certains domaines, notamment dans les duels aériens. Je travaille sur ça à Arsenal.” Perfectionniste qui plus est.

Bref, vous lui trouverez partout des éloges en ce moment, et c’est largement mérité. Enfin la reconnaissance unanime pour le français, connu hors du terrain pour sa simplicité, rare dans le monde du football et des stars. L’homme a fait preuve d’intelligence, a pris son temps, a eu certes de la chance mais il l’a saisi à la perfection. C’est bien l’exemple que l’on peut réaliser son rêve avec du travail et de la conviction, malgré notre héritage et nos prédispositions. On pourrait écrire un roman sur le joueur, un film même, mais Jamie Vardy a déjà eu l’idée.

L’auteur

Benjamin

Benjamin

Fan inconditionnel d'Arsenal depuis la douloureuse finale européenne au stade de France en 2006. Attend impatiemment la gloire retrouvée d'un club forgé par la légende Arsène, enfin parvenu à tourner la page. À la fois procrastinateur et salarié de l'Education Nationale, fan de séries et musicien à ses heures perdues.