Focus

Le cas Evra

Arrivé cet hiver à West Ham, Patrice Évra retrouve l’Angleterre et son championnat, pays de ses plus grandes heures. Sous le feu des critiques en France, Pat’ s’éloigne de ses terres où il aura souvent été peu considéré. Les français ne comprennent pas les anglais mais ces derniers non plus ne nous comprennent pas… Comment expliquer cette différence de traitement en Angleterre et en France au sujet de Patrice Évra? Focus sur l’international français.

UN IDOLE À MANCHESTER

Patrice Evra s’engage avec les Red Devils durant le mercato hivernal de 2006 et connaît une adaptation difficile avec des blessures notamment qui le relègueront sur le banc. C’est donc la saison d’après qu’Evra s’imposera comme un titulaire indiscutable sur l’aile gauche du MU de Ferguson. Cette année-là, il sera même élu meilleur latéral gauche de Premier League. Outre-Manche, il gagnera cinq médailles de PL, trois League Cup, une Coupe du Monde des Clubs mais surtout sa première et seule Ligue des Champions à Moscou, quatre ans après avoir échoué en finale avec l’AS Monaco. Patrice Évra aura participé au succès du MU de Ferguson qui en fera même son capitaine.  Bien plus que des trophées, ce sont les cœurs des mancuniens que Tonton Pat’ a gagné dans le Nord de l’Angleterre. À écouter les supporters, on pourrait presque croire qu’il est une légende du club. La raison de cette amour? Patrice Évra était un guerrier sur le terrain, il se battait pour le maillot qu’il portait, pour le blason: tout ce qu’apprécie les anglais. À son arrivée, Evra a même passé des heures devant des DVD sur l’histoire de MU, le crash aérien de Munich pour mieux comprendre l’histoire de club, ce qu’il représente, et savoir pour qu’il jouait et pour qui il se battrait sur le terrain. Ses grandes performances à gauche, ses déclarations sur les Gunners, sa célébration devant Suarez qui avait eu des propos racistes à son encontre auront marquer les esprits à Manchester où il sera toujours la bienvenue.

UNE MAUVAISE IMAGE EN FRANCE

En France, Patrice Evra n’a jamais eu la reconnaissance qu’il avait en Angleterre. Cela est sûrement dû à ses performances souvent en demi-teinte avec l’Équipe de France mais surtout à l’affaire Knysna. En effet, étant capitaine, il a été pointé du doigt le premier par les médias et vu comme un des responsables du fiasco de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Après sa suspension, Evra fera son retour en sélection où il sera avant tout considéré comme un joueur de vestiaire, un tonton pour les jeunes comme disait Paul Pogba. Après un passage à la Juventus et quelques titres accumulés en plus, son retour en France avec l’OM n’aura fait qu’accentuer les choses. Souvent à la traine, dépassé sportivement et défensivement parlant, son passage à l’OM se termine sur un coup de pied adressé à un supporter. De plus ses vidéos sur Instagram, son slogan « I love this game » et sa philosophie de vie agacent les français, insatisfaits de ses performances sur le terrain. Cette même joie de vivre plaît en Angleterre. Ne jamais avoir fait l’unanimité en France sur le terrain restera sûrement la plus grande déception de sa carrière. 

LE RETOUR EN ANGLETERRE

L’hiver dernier, le français s’engage avec West Ham pour six mois en espérant terminer sa carrière sur quelque chose. Il y retrouve son ancien entraineur, David Moyes, qu’il avait côtoyé lors de sa dernière saison à MU mais surtout un pays et un public qui lui réussit. En France, beaucoup sont surpris de le voir dans un nouveau club, beaucoup le pensaient fini. Ce dernier défi était un souhait de sa part, on l’a vu s’entrainer longtemps à Dubai après sa résiliation à l’OM. Il n’a rien lâché pour s’offrir une dernière chance et ne pas terminer sur un échec.

« Quand je travaillais dans mon coin (après la résiliation de son contrat à Marseille), je n’ai pas pensé une seule fois à la retraite. » Patrice Evra

Cependant, avec l’éclosion des jeunes, sa carrière en sélection nationale semble terminée, de même pour la Coupe du Monde en Russie qui aurait pu être sa dernière, les adieux à une carrière d’un joueur incompris par son pays.

 

Article précédent

Premier League - Episode 31 : Le dérèglement du calendrier (et de la météo)

Article suivant

Du renouveau des Ottomans ?

L’auteur

Bento

Bento

Bento, 18 ans, français d'origine portugaise, tombé amoureux du Manchester United FC très jeune grâce à Cristiano Ronaldo et sa génération dorée. Aujourd'hui, c'est Anthony Martial qui me fait lever de mon siège. J'espère vous donner du plaisir comme il le fait pour moi.

Aucun commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *