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Aston Villa, attention danger

Malgré un début de saison prometteur en Premier League, Aston Villa traverse actuellement une période plus compliquée, qui voit le club des Midlands de l’Ouest pointer à la 17e place. Est-ce inquiétant pour la suite de la saison des Villans ?

« On hasarde de perdre en voulant trop gagner », prévenait Jean de La Fontaine dans sa fable « Le Héron ». Un adage qui pourrait parfaitement s’appliquer à la situation d’Aston Villa, 17e du championnat d’Angleterre. Remonté l’été dernier dans l’élite après trois saisons passées au purgatoire, en Championship, le club de Birmingham vit jusqu’ici des débuts contrastés.

Club historique et à l’origine de la création de la Football League, Aston Villa est porté depuis fin juillet 2018 par l’ambitieux projet du duo Nassef Sawiris – Wes Edens, ses deux actionnaires majoritaires. Arrivés au chevet d’Aston Villa avec pour objectif de redonner ses lettres de noblesse au 5e plus beau palmarès d’Angleterre (20 trophées), les néo-propriétaires du club des West Midlands ont déjà rempli une part de leurs objectifs avec la remontée de Villa en mai dernier.

Depuis, Aston Villa retrouve progressivement le rythme de la Premier League, avec son lot de surprises… et de déceptions. Dans le ventre mou du championnat depuis le début de la saison, les Villans avaient trouvé leur rythme fin septembre, battant Brighton en League Cup (1-3), décrochant le nul contre Burnley (2-2), avant d’enchaîner deux succès consécutifs contre Norwich (1-5) et Brighton (2-1). Une période faste qui leur avait permis de se donner un peu d’oxygène.

Aucune victoire contre le Big Six

Actuellement, les hommes de Dean Smith vivent une phase plus délicate, avec deux succès (dont un en championnat) et un nul, pour 5 défaites. Un vrai coup d’arrêt pour les Claret & Blues, qui rime notamment avec un calendrier peu favorable. En un mois et demi, le club a ainsi affronté Manchester City, Liverpool, Wolverhampton, Manchester United, Chelsea et Leicester… Pour un bilan de 4 points pris sur 21 possibles lors de ses 7 derniers matches. Logique pour un promu, même si Norwich a été capable de battre Manchester City (3-2) et de faire match nul contre Arsenal (2-2), tandis que Sheffield a pris des points contre Chelsea (2-2), Arsenal (1-0), Tottenham (1-1) et Manchester United (3-3) entre autres…

https://twitter.com/goal/status/1203714610030874631?s=20

Car si Villa a hérité de l’étiquette de l’équipe sympathique, pratiquant un jeu plutôt séduisant et capable de mettre en difficulté les plus gros (Tottenham, Arsenal et Liverpool ont dû attendre les 10 dernières minutes pour battre Aston Villa), les Claret & Blues n’ont pris qu’un seul point (sur 18 possibles) contre le Big Six.

La faute notamment à une incapacité à assurer ses fins de matches et à un manque de densité physique. C’est d’ailleurs l’une des équipes les plus redoutables en première période cette saison : si un match s’arrêtait à la mi-temps, Villa pointerait à la 5e place de Premier League, avec 27 points, soit 12 de plus que son classement actuel (17e, 15pts). Seuls Liverpool, Manchester United, Manchester City et Tottenham feraient mieux. Villa compterait d’ailleurs 11 longueurs de plus que Norwich, 18e selon ce classement.

Villa sur la pente descendante

Le constat est sévère pour les Villans mais l’urgence est là : il leur faut des points au plus vite pour ne pas sombrer. Car là où Villa n’a pris que 4 points sur ses 6 derniers matches, ses concurrents directs pour le maintien en ont fait autant : Watford et Norwich ont pris 4 points. Southampton fait mieux en en ayant pris 7. Seuls West Ham et Bournemouth ont fait pire, avec 3 petits points pris sur 18 possibles.

Sur les trois dernières saisons, de Premier League, les chiffres montrent d’ailleurs qu’Aston Villa a du souci à se faire… Lors de l’exercice 2017-2018, Stoke City (15e) et West Brom (17e) comptaient respectivement 16 et 13 points après 17 journées et avaient été tous deux relégués en fin de saison, avec 33 et 31 points.

Même constat la saison dernière, avec la descente de Cardiff, 18e à l’issue de la 38e journée (34pts). Le club gallois pointait pourtant en 14e position après 16 journées (14 points pris). Dernier exemple en date : celui de Middlesbrough en 2016/2017, 17e avec 15 points après 16 journées. On connaît la suite, avec une relégation en fin de saison (19e, 28pts).

Le classement de Premier League, saison 2016/2017, au soir de la 38e journée.

Les grandes échéances sont à venir…

Pour les Villans, l’heure n’est pas encore au bilan et Dean Smith l’a bien compris. Le technicien anglais, arrivé tout droit de Brentford en octobre 2018, sait que les prochaines échéances seront importantes pour les siens:

« Je ne regarde pas la position dans laquelle nous sommes actuellement au classement. Je me focalise uniquement sur notre prochain match (Sheffield United, samedi, 16h00, ndlr) et sur la façon dont nous pouvons obtenir les trois points. Nous faisons toujours cela »,

confiait-il vendredi matin en conférence de presse.
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Face à un autre promu, Villa aura donc l’occasion de relancer samedi la machine à points, à l’aube du traditionnel Boxing Day. Car les prochaines rencontres du club des Midlands de l’Ouest pourraient bien s’avérer décisives. Après Sheffield et Liverpool en quarts de finale de League Cup, le club affrontera quatre concurrents directs pour le maintien : Southampton, Norwich, Watford et Burnley le 1er janvier. Quatre rencontres ultra-importantes pour le propriétaire de Villa Park.

A l’issue de ces quatre matches (en 12 jours), les Villans sauront ainsi de quel côté regarder pour la deuxième partie de saison. A moins de 24 heures du coup d’envoi de la 17e journée, l’avance des coéquipiers de Jack Grealish ne tient plus qu’à un fil, celui de la différence de buts (-5 pour Villa, -17 pour Southampton).

Wesley, symbole des difficultés de Villa

Contre Sheffield, Villa sera en tout cas privé de Tyrone Mings, moins en vue ces dernières semaines et sorti sur blessure contre Leicester (ischios). Comme un symbole, c’est en défense que Villa a pêché ces derniers temps. Avec 15 buts pris sur ses 7 derniers matches, le club de Birmingham a encaissé plus de buts sur la période fin octobre-début décembre que sur ses 9 premiers matches de la saison (13).

Et avec un Wesley peu décisif et ne parvenant pas à se créer de véritables occasions (4 buts en 15 matches), difficile d’engranger des points. Pris en grippe par une bonne partie du public de Villa Park, l’international brésilien (23 ans, 1 sélection) cristallise à lui seul les difficultés du moment des Villans.

Wesley n’a plus marqué depuis 8 matches sous les couleurs d’Aston Villa…

Muet face au but depuis le 5 octobre dernier (doublé contre Norwich, 1-5), l’ancien de Bruges reste sur 8 matches sans but en Premier League. Cantonné à un rôle de pivot, le plus gros transfert de l’histoire du club de Birmingham peine à trouver sa place dans le cœur des supporters.

Pourtant, pour Dean Smith, il est la seule option au poste de numéro 9. Privé du jeune Keinan Davis, blessé, l’entraîneur anglais devrait voir Jonathan Kodjia, en fin de contrat, quitter le club cet hiver. Jusqu’à l’ouverture du marché des transferts, Villa devra donc se contenter de son brésilien, le premier de l’histoire du club des West Midlands. Et si les noms d’Alfredo Morelos et Michy Batshuayi sont évoqués, pas certain que les deux joueurs acceptent de quitter leurs clubs (européens) en cours de saison.

Seul Christian Benteke (29 ans, Crystal Palace), en mal de temps de jeu et de buts, pourrait être une alternative possible. Un nom qui avait déjà été floqué sur le maillot de Villa, entre 2012 et 2015 (101 matches, 49 buts). Mais en attendant le mercato d’hiver, Aston Villa devra serrer les dents et retrouver au plus vite le goût de la victoire. Il était de toute façon annoncé que le retour du club de Birmingham en Premier League ne serait pas tout rose. On laissera encore à Jean de La Fontaine la morale : « Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire ».

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L’auteur

Quentin

Quentin

Néo-membre du cartel God Save The Foot. Bercé au foot anglais et adopté par Villa Park. Suiveur assidu du Championship et des Glasgow Rangers. Amoureux de la patte gauche de Jérôme Rothen et du pied droit de Jack Grealish. Sur le terrain, quelque part entre James Milner, John Carew et Gaby Agbonlahor. Entière confiance en Dean Smith, Gareth Southgate et Tyrone Mings. We even conquered Europe, in 1982...