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Andre Gray : de l’ombre à la lumière

Gray porte encore aujourd’hui la trace de sa jeunesse difficile (crédit : Eurosport.fr)

 

Le Football Anglais regorge de belles histoires, et le parcours d’Andre Gray en est l’un des plus célèbres exemples. Si la belle destinée de Jamie Vardy semble d’avantage inspirer le monde du cinéma, celle du gamin des banlieues de Wolwerhampton n’en reste pas moins incroyable.

Des débuts difficiles

À seulement 26 ans, Andre Gray est déjà passé par près d’une dizaine de clubs différents, si on prend en ligne de compte son parcours chez les jeunes. Si l’attaquant anglais n’a rien d’un « One Club Wonder » c’est avant tout du à son attitude assez peu professionnelle dès son plus jeune âge. Gray a toujours eu du talent, mais il a tardé à l’exploiter pleinement. Il faut dire que le petit Andre n’était pas idéalement entouré pour pouvoir espérer devenir un jour footballeur professionnel. Élevé sans figure paternelle, c’est son grand-père qui mit un ballon entre les pieds le premier, et lorsque celui-ci disparu, Gray venait tout juste d’être libéré par l’académie du club de Wolwerhampton. Après un nouvel échec du côté de Shrewsbury en « Conférence », il atterrit à Hinckley United, où il s’illustre sur le terrain en inscrivant 29 buts en 65 matchs, mais également hors du terrain comme il le raconte lui-même :

« Je m’attirais quelques ennuis ici et là […] Cela m’a appris énormément et c’est un endroit où je n’ai jamais voulu retourner. Et j’espère ne pas avoir à la faire. »

Ces mauvaises fréquentations ont fini par presque lui coûter la vie quand en 2011 Gray est poignardé au visage à la sortie d’une boite de nuit, une attaque dont il porte encore la trace aujourd’hui sur la joue gauche. Bien que dramatique, l’attaquant anglais porte désormais un regard plutôt positif sur cet événement : « Quand c’est arrivé, ce fut un énorme retour à la réalité. J’ai réalisé que je devais me remettre les idées en place. » Ainsi, un an après il rejoint Luton Town, pensionnaire de 5e division, après une période de prêt en 2012. En deux ans, sa carrière prend un nouveau tournant : il inscrit 52 buts en 97 apparitions sous le maillot des « Hatters ». Cette belle période lui permit de rejoindre Griffin Park et Brentford le 27 juin 2014, passant ainsi directement de la 5e à la 2e division anglaise.

Gray sous les couleurs de Brentoford (crédit : PA Arichve/Press Asssociation Images)

La révélation

Gray ne resta qu’une seule saison du côté de Brentford mais inscrit 18 buts en 50 matchs, aidant notamment son club à rallier les demi-finales des play-offs où il inscrit un but. Dans une ligue réputée pour ses contacts rudes, Andre compense sa relativement « petite » taille (1m78) par une technique balle au pied et une vitesse d’exécution, de prise de décision bien au-dessus de la moyenne. Sa belle saison ne passa évidemment pas inaperçue. Malgré trois offres de Hull City et une proposition de revalorisation salariale de Brentford, Gray décida finalement de s’engager à Burnley en août 2015, pour 6 millions de livres sterling, un record dans l’histoire du club. Sa deuxième saison en Championship fut un réel succès : au sein d’une équipe très offensive, Gray inscrit 25 buts, terminant donc meilleur buteur du championnat, contribuant ainsi très largement au titre des Clarets et à leur promotion en Premier League.

Ses deux années sous le maillot des Clarets lui ont offert un nouveau statut (crédit : Twitter/BurnleyOfficial)

Le passage en première division fut loin d’être évident, aussi bien pour Gray que pour le reste de son équipe. Comme beaucoup de promus avant eux, les hommes de Sean Dyche (dont vous pouvez retrouver un portrait ici) se procurent bien moins d’occasion de buts, et passent une bonne partie du temps à courir après le ballon.  Le faible total de buts (9) cette saison du buteur anglais est donc à relativiser et même à féliciter tant le simple fait de pouvoir un jour fouler une pelouse de Premier League lui semblait inespérable il y a encore quelques années.

Et maintenant ?

Si elle devait s’arrêter aujourd’hui, l’histoire de ce gamin d’une banlieue pauvre que le football a sauvé d’un destin autrement plus difficile serait déjà belle. Mais Gray a encore de belles années devant lui et prend le temps de gravir les échelons, pas à pas. Ainsi, malgré l’intérêt de plus grosses écuries comme Tottenham, il a fait le choix cet été de rejoindre Marcos Silva et Watford du côté de Vicarage Road où il sera certainement l’un des éléments clés de l’équipe.
À plus long terme, il ne serait pas illogique de voir son nom apparaître sur une liste de Gareth Southgate, lui qui n’a plus porté le maillot des Three Lions depuis 2014 et ses quelques apparitions avec l’Equipe C. Mais encore maintenant, son passé tumultueux continue de refaire surface de temps à autre, comme en témoigne la suspension pour 4 matchs dont il écopa en septembre dernier suite à la révélation de tweets homophobes publiés 5 ans auparavant. « Heureusement, je ne suis plus le mec que j’étais à cette époque » déclara-t-il suite à cette suspension, « j’ai travaillé très dur pour complètement transformer ma vie depuis cette époque ». Aujourd’hui, il commence à récolter les fruits de ses efforts; espérons que cela dure…

Gray écopa d’une suspension de 4 matchs suite à ce tweet (crédits : Getty Images/The Telegraph)

L’auteur

Sami

Sami

Une résistance à la douleur hors pair après avoir vu son club humilié chaque semaine sous la direction de l'incroyable Tim Sherwood. Tombé amoureux des Spurs après avoir découvert l'ambiance du regretté White Hart Lane, il rêve aujourd'hui de voir le reflet du trophée de champion d'Angleterre briller sur le crane lisse de Daniel Levy.

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