English Football League

Un mois en Championship (D2)

A la fin de chaque mois, God Save The Foot reviendra en largeur sur ce qui s’est passé dans les quatre autres divisions professionnelles/ou semi-professionnelles anglaises. Du leader au podium, en passant par les surprises et les déceptions ou encore le joueur du mois, tout sera analysé dans le moindre détail par nos rédacteurs passionnés et légèrement fous. Alors prenez place, un thé en main, décollage vers le Championship.

En ce mois d’août, le Championship bat son plein et cinq journées ont déjà été disputées avec déjà une première hiérarchie qui s’est dégagée. Si les grosses écuries patinent, d’autres formations pour le moins inattendues jouent les trouble-fêtes.

Le podium 

Cardiff City (1er avec 15 points) 

On ne les attendait pas à pareil niveau, mais les Gallois de Cardiff sont pendant cette trêve internationale bel et bien les leaders du classement. Auteur d’un sans-faute (5 victoires en 5 journées), le club de l’illuminé Vincent Tan a réussi un début de championnat remarquable. Pourtant, le calendrier des hommes de Neil Warnock ne relevait pas de la sinécure : deux déplacements délicats à Burton et Wolverhampton ainsi que les réceptions de QPR, Aston Villa et Sheffield United. Mais portée par un Nathaniel Mendez-Laing (5 buts) déjà tout feu tout flamme l’an passé sous le maillot de Rochdale (League One) et un Junior Hoilett devenu enfin décisif (2 buts, 3 passes décisives), la cité galloise a balayé un à un ses concurrents. Avec un effectif qui n’a guère été bouleversé et des achats travaillés (Mendez, Damour, Tomlin), Cardiff pourrait s’accrocher au fauteuil de leader pendant un petit moment.

 

Ipswich Town (2e avec 12 pts)

Si vous rêvez un jour de venir à Portman Road, un conseil : prévoyez un oreiller. En effet, l’équipe d’Ipswich n’est pas vraiment réputée pour son football attractif. Bien au contraire. A sa tête, le dogmatique Mick McCarthy fidèle au poste depuis novembre 2012 et son football très « kick and rush. » Le technicien irlandais aime se complaire dans le jeu long et construire une équipe physique. Si la saison dernière fut catastrophique à tout point de vue (16e), les Tractor Boys ont rectifié le coche en ce début de saison (4 victoires lors des quatre premières journées). La dernière défaite en date contre Fulham est pour le moment anecdotique. Solide et efficace, Ipswich sera sans doute une de ces formations difficiles à manoeuvrer cette saison, et pourquoi ne pas rééditer la performance de 2015 où le club du Suffolk avait atteint les demi-finales des playoffs ? On connaît l’importance de la régularité en Championship.

Leeds United (3e avec 11 pts) 

Malgré un été agité et le départ surprenant de son coach Gary Monk à Middlesbrough, les Peacocks sont au rendez-vous après cinq journées. Emmené par le mystérieux Thomas Christiansen (44 ans) qui n’avait exercé jusque-là son travail d’entraîneur à Chypre, Leeds est pour le moment la seule équipe invaincue du tableau avec Cardiff. Les frasques  de la famille Cellino – dont nous parlerons un jour – derrière lui, le triple champion d’Angleterre connaît une cure de jouvence qui avait failli l’emmener jusqu’aux playoffs la saison dernière. Cette fois-ci, les pensionnaires d’Ellan Road veulent y goûter et si le départ du meilleur buteur du championnat en 2017 Chris Woods à Burnley jouera sans doute des tours dans les semaines qui viennent, ils pourront toujours compter sur les prometteurs Kemar Roofe et Kelvin Philips. Avec un effectif mêlant jeunesse endiablée et expérience, Leeds a encore une fois toutes les raisons de croire à un retour en Premier League.

La zone rouge 

Norwich City (22e avec 4 pts) 

Et si c’était la saison de tous les dangers pour les Canaries ? Avec une défense aux abois et un nouvel entraîneur qui tarde à trouver la bonne formule, difficile pour l’heure de trouver la solution à ces tares. Le dernier revers en date à Milwall (0-4) ne rassure absolument pas les fans du club qui commencent à s’impatienter, d’autant que la seule victoire en cinq journée fut décrocher péniblement à Carrow Road contre QPR (2-0). Même si certains joueurs comme Josh Murphy et Nelson Oliveira ont montré de jolies choses, le reste de l’effectif semble encore se chercher. Après un chantier estival où une grande partie de l’effectif a été priée de faire ses valises, Norwich espère des jours meilleurs. Mais il ne faudra pas tarder, car si les chances de montées semblent désormais utopiques – et ce n’est pas l’arrivée de Grant Hanley en provenance de Newcastle qui changera la donne – le maintien pourrait bien devenir le principal objectif des hommes de Daniel Farke cette saison.

Brentford FC (23e avec 2 pts)

Brentford est l’une des deux seules équipes à n’avoir pour l’heure, décrocher aucun succès en ce début de championnat. Les Bees sont loin d’être ridicules, mais n’ont toujours pas réglé la question de leurs problèmes défensifs qui leur faisaient cruellement défaut la saison passée (65 buts encaissés). En cinq rencontres disputées, Brentford a déjà concédé 9 buts et semble bien partie pour réitérer même performance. Au rang des satisfactions, l’acclimatation du français Neil Maupay (2 buts) et le retour de blessure Sergi Canos qui devra rapidement se montrer décisif. Il serait bien dommage de voir Griffin Park et ses quatre pubs à chaque coin du stade en League One.

Bolton (24e avec 2 pts) 

On le savait avant l’entame du championnat, la saison de Bolton en Championship serait sans doute pénible. Et le début du championnat ne fait pas mentir les observateurs. Le promu aura toutes les peines du monde à se maintenir. Alors, on peut toujours souhaiter que le virevoltant Adam Le Fondre fasse trembler les filets et que le seul frenchy du club Dorian Dervite  réalise une saison de qualité en défense après tous les déboires qu’il a traversés. Pour le reste, des signes avant-coureurs ne font que renforcer notre pessimisme.

 

La surprise du mois : Sheffield United 

Sheffield est en pleine ébullition, si une partie de la ville a davantage vibré ces deux dernières saisons pour Wednesday qui a joué une finale de playoff, puis une demi-finale, l’autre moitié pourrait elle aussi vivre une saison exaltante. Le promu United surfe sur son accession (5e avec 9 pts) et propose un jeu séduisant avec sa tête d’affiche Billy Sharp, capitaine et aventurier des divisions inférieures. Et puis, rien que pour assister à un derby mémorable, la rédaction de God Save The Foot aimerait beaucoup voir les deux Sheffield se battre pour l’accession.

Le joueur du mois : Billy Sharp (Sheffield United) 

Il est de cette race de joueurs complètement mésestimés. A 31 ans, Billy Sharp a ferraillé dans les divisions inférieures anglaises depuis plus de dix ans. Au total, 9 clubs explorés et des saisons effrénées disputées. Mais seul United a vraiment compté. Né à Sheffield, bercé par le fanatisme de son père pour les Blades, Sharp a connu ses plus beaux moments avec le maillot floqué du blason aux deux épées. Auteur de cinq matchs délicieux, avec quatre buts au compteur, il aura à coeur de prouver son talent au Championship et de rendre hommage à son fils Luey Jacob tragiquement décédé de la gastrochisis, une malformation de la paroi abdominale.

 

Le classement à l’issue de la 5e journée 

L’auteur

Thomas

Thomas

Selon lui, Wes Hoolahan aka "Irish Messi" est l'un des plus grands joueurs de cette planète. Voue un amour incommensurable pour les divisions inférieures anglaises et le football nord-irlandais. Aime porter le kilt sans son slip, un peu fou sur les bords. Rêve secrètement d'un retour de Leeds en Premier League, le club qui a fait connaître la patte gauche délicieuse d'Harry Kewell. Il aurait voulu être joueur de foot pro, mais en voyant Jon Parkin et son physique grassouillet déambuler sur les terrains de National League, l'espoir n'est pas perdu.

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