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Guide du Championship : La saison de toutes les promesses !

Au sortir d’un exercice qui aura été marqué par la montée historique de Brentford, les retours express de Norwich City et Watford vers l’élite ou encore la peu surprenante relégation de Sheffield Wednesday, l’excitation regagne de nouveau les nombreux observateurs du Championship. Et pour cause, les stades du Second Tier verront enfin leurs tribunes en vie.

Le championnat le plus contesté au monde reprend ses droits vendredi soir (20h45 heure française) avec en lever de rideau une confrontation qui mettra aux prises deux sérieux candidats à la montée, Bournemouth et West Bromwich Albion.

Ils seront vingt-quatre à espérer conquérir le Graal, pour seulement trois billets gagnants. Décryptage.

Nouveaux départs

Sheffield United

La saison dernière nous a réservé que très peu de surprises dans la course à la montée, hormis l’héroïque parcours de Barnsley, en frôlant le 3/3 au niveau de l’ascenseur.

Et ce pourrait rester le cas cette saison, du moins pour un club en particulier, malgré une piètre copie rendue qui aura eu au moins le mérite d’exposer toutes les tensions entre le board en place et l’ancien manager. Après plus de quatre années de vie commune avec le très populaire, et enfant du club, Chris Wilder, ponctuées par deux montées en Championship et Premier League, Sheffield United a décidé de passer à autre chose et n’a pas fait dans la dentelle en allant choper l’un des meilleurs entraineurs de l’histoire récente du Championship.

Chris Wilder a réalisé un job fantastique pour le club. Mais Chris fait désormais partie du passé, et je représente le présent du club. 

Fort de deux montées avec deux clubs différents (Watford en 2015 et Fulham en 2018), Slaviša Jokanović retrouve son terrain de jeu favori avec une troisième montée en ligne de mire et l’espoir, d’enfin, installer un club durablement au sein de l’élite anglaise. Domination de la balle et intense pressing à la perte du ballon, telles sont les marques de fabrique des équipes du manager serbe, qui pourra compter sur un groupe homogène, mélange de jeunes talentueux en quête de revanche (Rhian Brewster, Oli McBurnie, Jayden Bogle) et d’éléments indéboulonnables (George Baldock, John Egan, John Fleck, Chris Basham, Enda Stevens, Billy Sharp ou encore Oliver Norwood), en attendant le retour à la compétition de Jack O’Connell, et ce peu importe l’issue finale des dossiers Aaron Ramsdale, convoité par Arsenal, et Sander Berge, dont le profil est fortement apprécié par plusieurs clubs en Europe.

Adapter l’effectif à son 4-3-3 favori ou s’appuyer sur les acquis du 3-5-2 qui a fait la force des Blades ces dernières années, telle est la principale question qui agite la pré-saison de l’ancien Boss des Hornets, mais une chose est sure, la saison de Sheffield United pourrait tourner principalement autour de deux éléments du jeu, la solidité défensive, pas le fort de Jokanović, et la forme d’Oliver Norwood, fer de lance du dispositif de Sheffield United, au sortir d’une saison mitigée.

Bilan offensif de Sheffield United
Un bilan très flatteur pour les éléments offensifs de Sheffield United en Championship. ©theanalyst.com

West Bromwich Albion

Marquée par le feuilleton Matheus Pereira, le brusque départ du directeur technique Luke Dowling, suite à un désaccord total avec le propriétaire du club Guochuan Lai au sujet de la piste Chris Wilder, et le manque de clarté (symbolisé par la présence du jeune directeur exécutif Xu Ke, dont les compétences en matière footballistique sont encore à prouver) au sein de la hiérarchie du club, l’intersaison n’a pas été aussi sereine pour West Bromwich Albion.

Sportivement, les Baggies ont frappé fort en embauchant Valérien Ismaël pour assurer l’après-Allardyce. Un défi de taille pour le Strasbourgeois, à l’aube de deuxième saison complète sur un banc de touche anglais, qui devra imposer ses idées et apporter de la fraicheur au sein du groupe après un éprouvant exercice.

Adepte du 3-4-3, Ismaël pourra compter sur son ancien capitaine et véritable dépositaire du jeu de Barnsley la saison dernière, Alex Mowatt, qui arrive en tant qu’agent libre. Un renfort de poids dans l’entrejeu de West Brom, au vu de la méforme de Romaine Sawyers. Offensivement, Karlan Grant et Callum Robinson devraient figurer parmi les premiers noms alignés par le coach français dans un dispositif qui risquerait de manquer de compatibilité avec le profil de Grady Diangana, dont le jeu pencherait plutôt sur les flancs plutôt que dans l’axe comme ce fut le cas à Oakwell la saison dernière.

Au niveau des départs marquants, Matheus Pereira est toujours bloqué par les £30m réclamés par son club et devra attendre jusqu’aux derniers jours du mercato avant de trouver une porte de sortie, probablement en Arabie Saoudite du côté d’Al-Hilal. À côté, la situation contractuelle de Sam Johnstone a poussé les dirigeants à espérer une vente pour cet été, de peur de voir un international partir dans douze mois sans indemnité de transfert. Un potentiel départ qui devrait provoquer un duel entre Alex Palmer (après un prêt convaincant avec Lincoln City) et David Button pour assurer le rôle de numéro un devant la cage des Baggies.

Fulham

Troisième et dernier relégué, Fulham s’attendait à viser un retour immédiat sous la houlette de Scott Parker, comme ce fût le cas il y a deux saisons. Seulement voilà, l’ancien capitaine des Cottagers, exaspéré par la politique sportive du club et l’omniprésence de Tony Khan, fils du propriétaire Shahid Khan, a décidé de faire le forcing pour tirer un trait sur son expérience à Craven Cottage et rejoindre Bournemouth.

Une mésentente qui a ouvert la voie au retour de Marcos Silva sur un banc anglais. L’ancien manager de Hull City, Watford ou encore Everton goutera pour la première fois de sa carrière à la dramaturgie et l’imprévisibilité du Second Tier mais fera certainement de Fulham un candidat crédible pour le Top 6, et plus si affinités. Car malgré les nombreux départs et retours de prêts, les Cottagers disposent d’un des effectifs les mieux fournis du championnat. Au-delà du duel Marek Rodak – Paulo Gazzaniga dans les cages, les deux couloirs sont bien couverts tant sur le plan qualitatif que quantitatif avec la présence de Joe Bryan, Antonee Robinson (flanc gauche), Kenny Tete, Cyrus Christie, Steven Sessegnon ou encore Denis Odoi (flanc droit). Dans le cœur du jeu, à côté des indispensables Harrison Reed, Tom Cairney (de retour de blessure) et André-Frank Zambo Anguissa, Josh Onomah et surtout le très prometteur Fabio Carvalho (18 ans) pourraient gratter un temps de jeu conséquent.

Mais l’attraction estivale dans le sud-ouest de Londres sera certainement Harry Wilson. Recruté pour £12m en provenance de Liverpool (versés seulement à partir de 2022, FPF oblige), l’international gallois de 24 ans apportera une arme supplémentaire à la force de frappe des Cottagers, notamment sur coups de pied arrêtés.

Valeur sûre du Championship et véritable machine à claquer du haut de ses 38 buts en une saison et demi, Aleksandar Mitrovic pose un sacré dilemme aux dirigeants de Fulham qui pourraient envisager une vente après une saison compliquée sous la houlette de Scott Parker.

Bournemouth

Un casse-tête de moins dans le quotidien du jeune entraineur de 40 ans, qui a succombé, un an après les premiers contacts, au charme de Bournemouth et de son projet sportif, avec une influence beaucoup plus pesante sur la cellule de recrutement et la stratégie sportive sur le moyen et long terme.

Au niveau de l’effectif, malgré la qualité intrinsèque du groupe, plusieurs réajustements sont de l’ordre de l’évidence, à commencer par le secteur défensif qui sera privé du géant bosnien Asmir Begovic (parti rejoindre Everton) mais aussi de Cameron Carter-Vickers, auteur d’une deuxième partie de saison convaincante. L’été dans la ville côtière devrait vraisemblablement tourner autour du futur de Philip Billing et Arnaut Danjuma Groeneveld (17 buts et 7 offrandes la saison dernière en championnat), dont les profils attisent l’intérêt de plusieurs clubs.

Car à côté, Scott Parker dispose en ses rangs un effectif largement taillé pour jouer les places de barragistes, à minima, et pourra compter sur l’expérience de Steve Cook, la solidité de Lloyd Kelly, la complémentarité du duo Jefferson Lerma – Ben Pearson dans le cœur du jeu, la créativité de David Brooks et Junior Stanislas mais aussi, et surtout, sur l’efficacité retrouvée de Dominic Solanke (15 buts et 8 passes décisives). Plus qu’une promesse, Scott Parker est désormais une des grandes attractions du championnat, la tête de gondole du projet des Cherries, dont tous les éléments peuvent laisser penser que cette nomination porte ses fruits.

Entre outsiders, une lutte sans merci pour les barrages

Barnsley

Serait-t-il interdit au public d’Oakwell de rêver malgré le départ de Valérien Ismaël et de son relais sur le terrain Alex Mowatt ? Le départ du boss français peut laisser un gout amer aux supporters des Reds, privés de la jouissance des retrouvailles avec leurs héros, mais Barnsley a eu le mérite d’avoir eu le nez creux pour leurs trois dernières nominations, et peut espérer une réussite similaire pour le nouvel entraineur en place, Markus Schopp.

Le manager autrichien aura pour principale mission d’imposer sa patte tout en s’appuyant sur le travail de ses prédécesseurs en termes d’intensité et débauche d’énergie. Si l’été des Tykes a été particulièrement mouvementé dans le secteur offensif, avec notamment le départ de Conor Chaplin et le retour de prêt de Daryk Dike pour les arrivées de Devante Cole, Obbi Oulare et Aaron Leya Iseka, l’assise défensive a de son côté peu bougé.

Au-delà de la concurrence entre Jack Walton et Brad Collins devant les buts, Michal Helik, Mads Andersen  et Toby Sibbick devraient composer la défense à trois (en attendant peut-être l’émergence de Liam Kitching) derrière les deux infatigables latéraux Callum Brittain et Callum Styles. Barnsley a perdu l’élément de surprise qui faisait –en partie – sa force mais continue à ressembler à un sérieux outsider et peuvent aborder la saison avec calme et sérénité.

Le style de jeu des équipes de Championship la saison dernière basé sur les mètres gagnés et les passes effectuées par séquence. ©theanalyst.com
Le style de jeu des équipes de Championship la saison dernière basé sur les mètres gagnés et les passes effectuées par séquence. ©theanalyst.com

Reading

Concrètement, Reading sort d’une saison plutôt prometteuse malgré « l’écroulement » subi au cours du sprint final après un début d’exercice tonitruant. Sous la houlette de Veljko Paunovic, les Royals ont su trouver une alchimie et une cohérence sportive à travers la doublette Andy Rinomhota et Josh Laurent devant la défense, et la triplette Ovie Ejaria, Michael Olise et Yakou Meite derrière un Lucas Joao retrouvé (sans mauvais jeu de mots), auteur de 19 buts pour son meilleur bilan en carrière.

Mais voilà, l’armada offensive de Reading, privée de ses deux francophones, ne sera plus aussi alléchante sur le papier. Le départ de Michael Olise, vendu pour £9m, montant de sa clause, à Crystal Palace, et la grave blessure de Yakou Meite aux ligaments risquent de perturber les plans du manager Serbe, dont le périmètre d’action au niveau du marché des transferts est limité par la Football League (embargo jusqu’à nouvel ordre). Dans cette optique, la possible éclosion du jeune attaquant Femi Azeez et le retour à la compétition de John Swift pourraient insuffler un nouvel élan aux Royals.

Elégant balle au pied, mais surtout capable d’adresser les bons ballons dans le bon tempo dans le jeu ou sur coups de pied arrêtés, le meneur de jeu de 26 ans détient toutes les clés d’une saison réussie pour Reading, dont la principale mission sera de verrouiller son contrat, ainsi que ceux de Josh Laurent et Andy Rinomhota, afin d’éviter un scenario à la Omar Richards, parti libre sans contrepartie au Bayern Munich. Le départ du jeune latéral gauche anglais devrait profiter au versatile défenseur écossais Tom McIntyre, à côté des inséparables Liam Moore et Michael Morrison. Une chose est sûre, Veljko Paunovic entend bien concrétiser son excellent travail par une place en barrages.

Queens Park Rangers

Avec 47 points engrangés sur 72 possibles, les Queens Park Rangers présentent le troisième meilleur bilan comptable de Championship sur l’année civile 2021 derrière les deux promus Norwich City et Watford et, à vrai dire, ne comptent pas s’arrêter de sitôt.

Après la mauvaise passe de fin 2020, les dirigeants du club de l’ouest de Londres ont fait preuve de patience à l’égard de Mark Warburton et ont su concrétiser les grosses satisfactions en prêt du dernier mercato hivernal en arrivées permanentes (L’idole du Kiyan Prince Foundation Stadium Charlie Austin, Stefan Johansen, Jordy de Wijs et Sam Field) tout en densifiant l’effectif avec les notables arrivées d’Andre Dozzell (Ipswich Town), Sam McCallum (versatile latéral de Norwich City), Jimmy Dunne (Burnley) ou encore Moses Odubajo.

Le 3-5-2 que devrait concocter l’ancien manager de Brentford pourrait avoir fière allure avec le solide trio défensif Yoann Barbet – Jordy de Wijs – Rob Dickie devant le rassurant portier Sénégalais Seny Dieng. Offensivement, la mission des Hoops sera certainement de tirer profit de la créativité d’Ilias Chair et de bonifier la paire d’attaque Charlie Austin – Lyndon Dikes.

L’international Ecossais de 25 ans offre une véritable présence dans la surface et aimerait bien surfer sur sa fin de saison tonitruante conclue par six buts et quatre offrandes sur les huit derniers matchs de Championship. QPR n’a cédé aucun joueur clé de son effectif et, après plusieurs années de recouvrement, tient enfin un projet stable et sain.

Stoke City

Ces dernières années, les supporters de Stoke City n’ont plus que les souvenirs de leur dernier passage en Premier League comme refuge, victimes d’une attente qui ne paraissait pas aussi irréaliste au vu de la qualité intrinsèque qu’a toujours possédé le club depuis leur descente en 2018.

Depuis qu’on les attend moins au tournant, les Potters commencent lentement, mais surement, à se définir une politique et affiner un groupe très bien géré par Michael O’Neill malgré les récentes difficultés financières dans un été charnière dans l’expérience du manager nord-irlandais sur le banc du Britannia Stadium. Première mission? Rajeunir de l’effectif et alléger la masse salariale, et cela passe tout d’abord par les départs actés de John Obi Mikel, Bruno Martins Indi, Kevin Wimmer ou encore Benik Afobe.

L’autre départ estival, beaucoup plus marquant cette fois-ci, celui du jeune défenseur irlandais Nathan Collins à Burnley pour £12m, sera amorcé par l’arrivée de Ben Wilmot, auteur d’une première partie de saison encourageants avec Watford. La signature du jeune défenseur de 21 ans sera accompagnée de l’arrivée de l’exquise patte gauche de Mario Vrancic (libre suite à la fin de son bail à Norwich), le portier Jack Bonham (ex-Gillingham). Avec le retour de blessure de Tyrese Campbell, qui aura entachée la saison des Potters, la probable montée en puissance d’Alfie Doughty, la classe de Nick Powell ou encore la forme de Steven Fletcher, Michael O’Neill pourra espérer garder son groupe dans le même état d’esprit avec, pourquoi pas, une progression plus tangible au classement.

Bristol City

S’il y a bien un club qui est passé en quelques sorte à côté de son destin et raté le coche au moment où tout semblait en place pour franchir le cap final, c’est bien Bristol City.

Les Robins ont longtemps flirté avec les places de barragistes sous la houlette de Lee Johnson et ont, depuis, connu un certain relâchement avec l’expérience mitigée de Dean Holden, limogé de son poste et remplacé par l’expérimenté Nigel Pearson. Figure emblématique du Championship, l’ex-entraineur de Leicester City tient tous les éléments pour faire rêver Ashton Gate cette saison malgré une deuxième partie de saison plutôt sous le signe de l’acclimatation et ne s’est pas privé de rassembler nombre de ses anciens protégés (Danny Simpson, Andy King, Matty James).

Sur le rectangle vert, Bristol City devrait évoluer dans un 4-2-3-1 avec la paire Nathan Baker – Tomas Kalas, le dernier ayant sorti un Euro de grande classe avec la sélection tchèque. La défense centrale s’est vue aussi renforcée par l’arrivée du prometteur Rob Atkinson, dont le profil assez technique et audacieux rappelle étrangement celui d’un ancien de la maison, en la personne d’Adam Webster.

Ayant l’animation offensive privée de Jamie Paterson, Kasey Palmer pourrait profiter de cette opportunité et prendre le jeu des Robins à son compte, entouré de Han-Noah Massengo, Adam Nagy,  Matty James, Joe Williams, Andi Weimann, Callum O’Dowda ou encore Antoine Semenyo et derrière Nahki Wells et Chris Martin. Et si l’expérience et l’adaptabilité tactique de Nigel Pearson était le chainon manquant du projet des Robins?

Middlesbrough

Toujours dans la rubrique « grands noms du Championship », on passe d’un des acteurs clés de la dernière décennie à LA figure du championnat, le Big Boss de l’arène. Neil Warnock a apporté la stabilité que cherchait ardemment le propriétaire Steve Gibson et a certainement dans un coin de la tête la perspective d’une neuvième montée en carrière (record en Football League).

Avec la nette progression vécue la saison dernière, Warnock continue à peaufiner SON Middlesbrough avec les arrivées du jeune Argentin Martin Payero, Sammy Ameobi,  Matt Crooks et surtout du puissant Uche Ikpeazu, auteur d’une pré-saison assez prometteuse. Un recrutement ciblé et bien ficelé qui devrait non seulement renforcer l’ossature du dispositif prôné par Neil Warnock mais aussi apporter une profondeur de banc qui faisait défaut à Boro.

En attendant la suite du mercato au niveau des départs et arrivées (le club travaille principalement sur ses réseaux sud-américains désormais), le septuagénaire a réussi à tirer profit de ses éléments clés, notamment les jeunes défenseurs Dael Fry et Djed Spence, le polyvalent Paddy McNair, le milieu défensif Sam Morsy voire la bonne surprise du dernier exercice Duncan Watmore, et à construire une équipe à son image : solide et vicieuse. Le niveau d’effervescence et d’excitation provoqué auprès des fidèles du Riverside sera au moins aussi élevé que les attentes suscitées autour de la saison du club du Teesside.

Nottingham Forest

Ayant hérité d’un navire en naufrage, Chris Hughton a réussi à stabiliser le club et installer une assise défensive construite autour de la paire Joe Worrall – Scott McKenna devant Brice Samba et qui aura vu les Reds concéder 38 buts en 42 matchs de championnat, soit le quatrième meilleur bilan sur cette période.

Empruntée offensivement, Nottingham Forest possède néanmoins en ses rangs plusieurs jeunes éléments capables de créer la différence et d’apporter une source de danger permanente à l’image d’Alex Mighten (19 ans), Brennan Johnson (20 ans) ou encore le latéral Jordan Lawrence-Gabriel.

Avec un marché des transferts relativement calme et un vent de fraicheur incarné par la nomination de Dane Murphy (35 ans, ex Barnsley) au poste de directeur exécutif, le manager irlandais sait où il veut emmener son groupe et peut façonner petit à petit un potentiel candidat pour le Top 6.

Les Gallois dans le flou

Swansea City

À quand une vraie politique sportive bien définie, loin des solutions court-termistes ? Si la question se pose, c’est que Swansea City s’est beaucoup, même trop, reposé sur les réseaux de Steve Cooper malgré deux derniers castings réussis pour le poste d’entraineur et pèche toujours à construire un effectif capable de se projeter à moyen terme.

Le club gallois semble manquer d’une certaine cohérence qui l’a stabilisée en Premier League au milieu des années 2010 et risque de patienter longtemps avant un éventuel retour parmi l’élite, maintenant que les paiements parachutés ne sont plus encaissés par le club. Sur le plan structurel, le club vit aussi une période délicate, marquée par notamment par les tensions en interne après la nomination de Julian Winter au poste de directeur exécutif (en lieu et place de Trevor Birch, décrit comme « étant proche de Steve Cooper ») ou encore le changement de statut de l’académie, passée de la première à la deuxième catégorie.

Sportivement, les Swans ont opté pour le choix Russell Martin, ayant fait ses preuves du coté de Milton Keynes Dons en League One, après plusieurs semaines de tractations autour de l’avenir de Steve Cooper (qui aurait fait savoir au club sa décision deux semaines avant son départ). La saison de Swansea City s’annonce compliquée, malgré le recrutement intéressant de Liam Walsh et Kyle Joseph, après le départ acté d’André Ayew, le retour de prêt de certains jeunes éléments (Freddie Woodman, Marc Guehi) mais aussi les trois mois d’indisponibilité de Connor Roberts, un des principaux acteurs de la belle saison des Swans. Une tâche ardue, mais aussi un champ d’action plus vaste pour le nouveau Boss en place, sur qui les attentes seront revues à la baisse.

Cardiff City

Si l’été est beaucoup moins bruyant pour l’autre club gallois du championnat, ce n’est pas pour autant qu’il est plus rassurant. Le départ d’Harry Wilson et le manque de recrues dans un secteur de jeu où Cardiff City a fait preuve de suffisance pose des questions sur le style que devrait adopter Mick McCarthy pour sa vingt-neuvième année de carrière.

L’animation offensive des Bluebirds pourrait être alimentée par les deux pistons Perry Ng (auteur d’une prometteuse deuxième partie de saison pour sa première expérience en Championship) et Ryan Giles, le talentueux gaucher cédé par Wolverhampton le temps d’une saison. Les deux jeunes latéraux seront bien évidemment soutenus défensivement par le trio Sean Morrison, Aden Flint et Curtis Nelson.

Devant, le manager irlandais aura comme principale force de frappe Kieffer Moore. Intraitable dans les airs et doté d’une très bonne technique malgré son gabarit imposant, l’international gallois représente certainement ce qui se fait de mieux au poste d’attaquant à l’heure actuelle. Reste à savoir dans quel état d’esprit Lee Tomlin espère entamer sa saison, après un dernier exercice manqué pour cause de blessure. L’ex-meneur de Bristol City a les moyens d’endosser le rôle de facteur X, dans un dispositif où il pourrait tourner autour de Kieffer Moore.

Peu équipé pour être considéré comme un favori pour le Top 6, Cardiff City sera, comme au cours des deux dernières saisons, une équipe difficile à faire bouger de par le style de jeu prôné.

Kieffer Moore, un véritable attaquant de surface. ©theanalyst.com
Kieffer Moore, un véritable attaquant de surface. ©theanalyst.com

Surprise Package

Millwall

Au sortir de deux saisons achevées par une place en première moitié de tableau, Millwall entame sa cinquième saison depuis leur retour en Championship avec les reins solides et aspire à rester sur cette même lignée qui fait du club du sud de Londres l’un des mieux gérés en Football League, un statut qui leur a accordé une manœuvre au mercato afin de renforcer le groupe de Gary Rowett.

En manque d’efficacité malgré la créativité et l’aisance technique de Jed Wallace, le secteur offensif des Lions a été renforcé par la signature de Benik Afobe. Dans le cœur du jeu, le retour de George Saville fait office de très bon coup. Le milieu de terrain nord-irlandais apportera son adaptabilité tactique et son énergie aux cotés de Maikel Kieftenbeld, Ryan Leonard et le jeune Billy Mitchell.

L’arrière garde de Millwall ne subira pas d’énormes changements non plus. Devant la régularité du portier Polonais Bartosz Bialkowski, l’expérience et la complémentarité de la paire Shaun Hutchinson – Jake Cooper sera bénéfique à l’acclimatation du jeune Daniel Ballard, prêté par Arsenal pour la saison.

Depuis que Gary Rowett a pris la relève en 2019, les Lions ont gagné en technicité sans pour autant négliger l’imposance physique des éléments clés. Rester sur cette lignée et sortir de la dépendance offensive de Jed Wallace (22 buts et 18 offrandes sur les deux dernières saisons), en attendant l’issue de sa situation contractuelle, seront deux facteurs cruciaux quant à la quête de ce qui serait qu’une juste récompense pour les Lions.

Coventry City

Autre club qui aimerait se stabiliser au sein de l’antichambre du football anglais avant d’espérer franchir un cap, Coventry City et ses supporters se réjouiront de retrouver la Ricoh Arena après deux saisons d’exil au St Andrew’s de Birmingham.

Il faut dire que Mark Robins a adopté un style de jeu osé et très exigeant basé sur un pressing intense qui fait saliver les observateurs de Championship depuis la saison dernière. Alors forcément, les attentes autour des Sky Blues seront revues un petit peu à la hausse et le 3-4-3 du quinquagénaire devrait tourner autour de l’explosivité de Gustavo Hamer, véritable révélation de la saison de Coventry, de la technique de Callum O’Hare et l’aisance tactique de Liam Kelly, rétabli de sa blessure au genou.

Les arrivées de Martyn Waghorn, Bright Enobakhare ou encore Ian Maatsen (prêté par Chelsea) devraient compenser le retour de prêt de Leo Ostigard, Matty James et Sam McCallum. Captivante malgré le peu de moyens à disposition, cette équipe de Coventry City reste capable de se frayer un chemin vers la première partie de tableau, et plus si affinités.

Luton Town

Toujours avec les clubs en constante progression, Luton Town n’a pas perdu de temps avant de boucler rapidement son mercato avec les arrivées de huit nouvelles têtes.

Allan Campbell et Henri Lansbury feront certainement l’affaire en Championship après le départ de George Moncur, Ryan Tunnicliffe et du prodigieux Kiernan Dewsbury-Hall. Un secteur qui devrait aussi être animé par Joe Morrell après avoir rendu une très belle copie sous le maillot des Dragons à l’Euro. Mais l’attraction estivale du côté des Hatters sera certainement Carlos Mendes Gomes. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs de League Two la saison dernière avec Morecambe (16 buts et 5 passes décisives), le jeune offensif de 22 ans commence à faire parler l’étendue de son talent au cours de l’intersaison et risque de faire danser ses adversaires.

En pointe, et pour pallier le départ du serial buteur James Collins (72 buts en 4 saisons à Kenilworth Road), Nathan Jones peut compter sur l’inévitable Cameron Jerome et le jeune Admiral Muskwe. Dans le secteur défensif, Luton Town tient toujours l’un des meilleurs portiers du championnat en la personne de Simon Sluga, et peut compter sur une solide base défensive malgré le départ de Matty Pearson. Avec James Bree, qui a enfin installé de la stabilité dans sa carrière, à droite, Amari’i Bell (ex-Blackburn) à gauche et une multitude d’options dans l’axe (avec un penchant pour le duo Tom Lockyer – Sonny Bradley), les Hatters de Nathan Jones seront certainement une des équipes les mieux rodées cette saison.

Birmingham City en ballotage

Il serait plutôt sévère et injuste de catégoriser un groupe mené par Lee Bowyer parmi les équipes qui risqueraient de descendre, tant il a été prépondérant dans le retournement de situation en fin de saison (cinq victoires et deux matchs nuls sur les dix derniers matchs). Cependant le climat général autour du club laisse à désirer depuis quelques années.

Birmingham City entame sa onzième saison en Championship tout en ayant évité le pire à quelques reprises et espère passer une saison un peu plus tranquille histoire de gagner en stabilité et en clarté par rapport au projet qu’aimerait mener l’ancien boss de Charlton. Dans ce contexte, la saison des Blues devrait se reposer essentiellement sur cinq ou six éléments clé qui ont su redresser la barre à un moment où le club frôlait la correctionnelle.

Devant Neil Etheridge et aux cotés de Harlee Dean, le latéral droit Français Maxime Colin a livré un sprint final de haute volée et pourrait s’affirmer parmi les meilleurs en Championship à son poste. De l’autre côté, Kristian Pedersen, doté d’une excellente patte gauche, est en mesure de reproduire ses sporadiques prestations d’autrefois. Avec le sens tactique et la grosse capacité de récupération chez Ivan Sunjic, l’une des clés de la réussite -ou pas- des Blues devrait se trouver dans l’alchimie et la complémentarité du secteur offensif, dont le génial gaucher Ivan Sanchez est le chef d’orchestre et Lukas Jutkiewicz le point de fixation. Dans cette même optique, l’apport de Jérémie Bela sur les phases de contre-attaque et sur les situations de un contre un apportera une menace supplémentaire.

Niveau arrivées, Birmingham a fait preuve de prudence et mesure en s’attachant les services de Tahith Chong  et Dion Sanderson en prêt (respectivement en provenance de Manchester United et Wolverhampton) ainsi que Ryan Woods libre de tout contrat.

Huddersfield Town

À Huddersfield, les jours heureux avec David Wagner sont révolus depuis longtemps et depuis, les Terriers ont traversé plusieurs périodes de turbulences marquées par l’erreur de casting Jan Siewert et le sévère limogeage de Danny Cowley.

L’idée a toujours été de redresser les comptes du club et les aligner au budget moyen d’un club de Championship, ce qui pourrait donner l’impression, à juste titre, que le club du Yorkshire fait preuve d’un manque d’ambition. Les dix-huitième et vingtième places enchainées s’inscrivent dans cette logique. 

Si on veut faire preuve d’un peu plus d’optimisme, on pourra se dire que la saison dernière, Carlos Corberan a dû s’adapter, pour sa première expérience en tant qu’entraineur principal, face à l’hécatombe qui a frappé le club à travers les blessures de plusieurs éléments majeurs. Le vrai exploit de Huddersfield pour l’instant aura été de conserver ses joueurs les plus bankables (Lewis O’Brien, Josh Koroma et Pipa) tout en renforçant des secteurs clés comme la finition, aspect qui a fait défaut aux hommes du manager espagnol, avec le grand retour de Jordan Rhodes, dont le flair et l’instinct du buteur feront du bien à ses coéquipiers. Matty Pearson (ex-Luton Town) et Levi Colwill (jeune talent de Chelsea) devraient être en concurrence pour épauler Naby Sarr, tandis que l’arrivée de Josh Ruffels (ex-Oxford United) devrait inciter l’ancien assistant de Marcelo Bielsa à installer définitivement le prometteur Pipa à droite.

Tout comme la saison dernière, on devrait assister à des Terriers plutôt libérés et à l’aise dans l’utilisation de la balle et la construction depuis la défense. Une approche très louable, mais gare au réflexe de panique.

Preston North End

Le sentiment d’être passé à côté d’une belle histoire et voir ressurgir les risques de stagnation provoquent chez les supporters de Preston North End un certain gout d’inachevé, après avoir endossé le statut de sérieux prétendant pour les places de barragistes.

Avec Alex Neil, les Lilywhites avaient réussi à rivaliser avec les gros morceaux du championnat tout en boxant avec la catégorie inférieure d’un point de vue budgétaire et doivent espérer garder cette même tendance avec le successeur en place Frankie McAvoy, qui a su faire basculer le schéma de jeu de Preston vers son préféré 3-5-2 tout en réussissant à engranger les points au cours du sprint final (17 sur les 8 derniers matchs), chose qui a convaincu le propriétaire Trevor Hemmings à lui offrir un nouveau contrat.

En attendant les confirmations des recrues hivernales (Ben Whiteman et Ched Evans), le recrutement estival concerne surtout la ligne défensive avec les arrivées de Liam Lindsay, Matthew Olusonde et Sepp van den Berg (cédé pour une saison par Liverpool). Le seul élément offensif recruté (Izzy Brown) n’effectuera pas sa première apparition officielle avant bien longtemps, pour cause de blessure au tendon d’Achille et devra attendre plusieurs mois avant de figurer aux côtés de Ryan Ledson, Daniel Johnson, Scott Sinclair et Cie.

Capitaine et véritable pièce maitresse de Preston, le très polyvalent Alan Browne pourrait s’installer pour la saison sur le flanc droit sous le rôle de piston après avoir dépanné Alex Neil au poste d’arrière droit. Réputé pour sa débauche d’énergie et ses intenses courses sur les phases de transition, l’international irlandais a toujours su s’illustrer et sortir du lot. Une bonne saison du club du Lancashire passera certainement par celle d’Alan Browne.  De son coté, Tom Barkhuizen, et malgré son profil offensif, peut lui aussi dépanner en tant que piston droit et gauche après plusieurs expérimentations de l’ancien assistant de Neil au cours de cette intersaison.

Devant, s’il y a bien une mission qui se présente, c’est de tirer profit des mouvements et du profil de Sean Maguire, peu avare en efforts, afin de libérer encore plus Scott Sinclair et Ched Evans à l’aube de ce qui représente probablement  un tournant pour Preston North End.

Blackburn dans le doute

Abreuvée de louanges pour le style de jeu prôné souvent, critiquée pour le manque de réactivité tactique parfois, l’équipe de Tony Mowbray est en train de passer un été calme, beaucoup trop calme même quand on connait la dynamique négative qu’ont connu les Rovers depuis le début de l’année civile.

Aucun renfort enregistré après les départs de plusieurs cadres (Stewart Downing, Amari’i Bell, Lewis Holtby, Corry Evans pour ne citer qu’eux) et le retour de prêt du jeune prodige Anglais Harvey Elliott au cours d’une pré-saison sportivement dominée par le dossier Adam Armstrong (en fin de contrat dans douze mois), le constat est clair : Blackburn doit vite connaitre le sort de son buteur afin de procéder enfin au recrutement d’au moins un joueur par ligne.

Car si Thomas Kaminski apporte une assurance devant la cage, l’ex-manager de Coventry City n’a pas ce luxe pour le secteur défensif en particulier. Daniel Ayala, malgré toute l’expérience qu’il apporte, est trop sujet aux blessures depuis son arrivée à Ewood Park. La récurrence des blessures concerne aussi d’autres joueurs clés comme Bradley Dack, Joe Rothwell, Bradley Johnson ou encore Lewis Travis. Dans ce contexte, il ne serait pas surprenant de voir les Rovers s’appuyer sur les jeunes Harry Chapman (ailier) et Hayden Carter (défenseur central), tous deux de retour de prêt après une bonne expérience respectivement à Shrewsbury Town et Burton Albion.

Mais la véritable attraction de la saison du club du Lancashire devrait probablement être Ben Brereton. Propulsé au rang de jeune prodigieux très tôt, l’ancien attaquant de Nottingham Forest a traversé plusieurs moments de doute depuis son transfert en 2018 mais a réussi toutefois à adapter son jeu au style de Blackburn et à trouver un rôle qui lui colle parfaitement. La progression dont il a fait preuve cette saison lui a finalement ouvert les portes de la sélection chilienne au point de devenir une véritable icone après une Copa America très réussie.

Sur la sellette à une certaine période au cours de l’exercice dernier, Tony Mowbray n’a plus le choix et doit soigner la dynamique de son équipe pour réussir son démarrage en attendant le petit effort financier de la part de la famille Venky.

Same old Derby

Pour le compte du preview de la saison dernière, God Save The Foot vous avait concocté la présentation de Derby County avec une série d’évènements pour lesquels seul le club des Midlands de l’Est tient le secret.

Depuis, le club, excusez du peu, est passé à côté de deux offres de rachat, (l’une d’entre elles ayant été officialisée par le club avant un désaccord de dernière minute), a vu un potentiel repreneur se prendre la main dans le sac essayant de prouver son luxueux train de vie à travers une vidéo détournée de la plateforme Tik Tok, s’est vu imposer un embargo par la Football League faute d’une écriture comptable des transferts peu commune (après avoir échappé à un scénario à la Wigan au passage), a évité sportivement la relégation au terme d’un scenario rocambolesque face à Sheffield Wednesday pour la dernière journée de la saison régulière, a perdu un de ses éléments clé (en la personne de Jason Knight) pour douze semaines sur un contact avec son entraineur, et on en passe des détails sur la gestion quotidienne du club.

L’ambition et la volonté que dégageait Mel Morris au début de son règne n’y sont plus et Derby County est plus que jamais sur le déclin, ou pire, au fond du trou compte tenu de la situation actuelle. À quelques jours du coup d’envoi du championnat, Wayne Rooney ne dispose que de treize joueurs professionnels (y compris Jason Knight et Krystian Bielik toujours en convalescence) et d’aucun défenseur central de métier.

Les dossiers chauds du mercato (Curties Davies, Sone Aluko, Ravel Morrison, Phil Jagielka, Teden Mengi ou encore Ryan Allsop) tardent à obtenir l’approbation de la ligue, ce qui semblerait dégager la voie à une potentielle titularisation du jeune défenseur central Eiran Cashin. Héroïque par moments mais très souvent chaotique, la très jeune carrière d’entraineur de Wayne Rooney est en train de prendre un virage crucial auquel n’aura pas survécu celle de son prédécesseur Phillip Cocu en Angleterre.

Les revenants

Hull, la revanche de Grant McCann

Grant McCann n’a pas mis longtemps à obtenir sa revanche sur le football un an après avoir connu l’amère expérience d’une relégation. Une sanction méritée, probablement, mais peut-être aussi un mal pour bien pour un club, malgré une certaine soudaineté de ce fiasco incarné par la famille Allam.

Le manager nord-irlandais a profité de son retour en League One pour se remettre les idées en place, construire un projet autour d’un contexte un peu plus sain et d’affirmer toutes les promesses placées en lui en Football League. Hull City a dominé les débats en League One et peut espérer continuer sur cette bonne dynamique en s’appuyant sur le trio George Honeyman – Richard Samllwood – Greg Docherty dans le cœur du jeu avec la probable concurrence que devrait apporter l’arrivée d’Andy Cannon en provenance de Portsmouth.

Offensivement, les Tigers ont aussi de quoi se vanter. Mallik Wilks et Keane Lewis-Potter ont fait parler tout leur talent et seront certainement les principales attractions de la saison de Hull City aux cotés de Josh Magennis (18 buts et 5 passes décisives la saison dernière en championnat) en attendant les débuts de l’ex ailier d’Exeter City Randell Williams.

En comptant notamment sur les jeunes Alfie Jones (23 ans), Jacob Greaves (20 ans) et Di’Shon Bernard (20 ans, prêté par Manchester United) en défense, Hull City espère se projeter sur une stratégie cohérente afin d’éviter des sueurs froides, tout comme Peterborough United, autre revenant en Championship.

Peterborough United

Le retour de Posh s’est fait beaucoup plus attendre néanmoins, et pour mieux mesurer le chemin restant à parcourir pour installer durablement le club en deuxième division, Darren Ferguson peut compter sur un jeune groupe ambitieux, à l’image de l’omniprésent propriétaire Darragh MacAnthony, renforcé par les arrivées de Jorge Grant (Lincoln City), Kwame Poku (Colchester United), Josh Knight (après un dernier exercice convaincant du côté de Wycombe) et surtout le retour de Jack Marriott, auteur d’une saison monstrueuse (la seule sous les couleurs de Peterborough) en 2017-2018 ponctuée par un bilan de 33 buts toutes compétitions confondues.

Au niveau du dispositif, Fergie Jr (vous venez de deviner le père) pourrait alterner entre une défense à trois et à quatre tout en s’appuyant sur les expérimentés Mark Beevers, Nathan Thompson et Frankie Kent tout en essayant d’incorporer petit à petit le prometteur défenseur central de 18 ans Ronnie Edwards. En pointe il ne devrait pas y avoir trop de questions à se poser. Meilleur buteur et meilleur joueur de League One la saison dernière, Jonson Clarke-Harris entame ses meilleures années de carrière à 26 ans et fera figure de force de frappe principale du club du Cambridgeshire et aspire certainement à rester sur la même pente.

Blackpool

Troisième et dernier promu, Blackpool a su trouver ses repères et créer des affinités dans le jeu en réussissant à imposer un style de jeu intense et incisif.

Neil Critchley, ancien entraineur des U23 de Liverpool, avance à visage découvert à la tête des Tangerines et risque d’imposer à ses rivaux la verticalité du jeu prôné par son équipe, avec la ferme intention d’assumer ses ambitions sportives.

Et cela passe, d’abord, par la gestion contractuelle des cadres. Après les prolongations de Chris Maxwell (un des meilleurs portiers de League One la saison dernière) et Kevin Stewart, Blackpool n’a pas fait trop trainer le dossier de son meilleur joueur Jerry Yates en bouclant très vite son renouvellement de contrat, malgré toutes les convoitises suscitées. Élu joueur PFA de la saison par ses compères, l’ancien attaquant de Rotherham United sort d’une saison à 20 buts et aura à cœur de confirmer ses talents de finisseur dans un championnat qu’il retrouve, deux ans après sa dernière expérience en Second Tier.

Sur le plan du recrutement, Pool a essayé de diversifier les profils ciblés en mixant expérience  (l’éternel Richard Keogh et Reece James de Doncaster) et jeunesse (Tyreece John-Jules, jeune prodige d’Arsenal ou encore Sonny Carey en provenance de King’s Lynn Town, club de National League).

Roulez jeunesse !

Le Championship présente plusieurs avantages et centres d’intérêt, et comme pour chaque saison, plusieurs jeunes joueurs peuvent crever l’écran en découvrant ou continuant à évoluer dans le même échelon, à l’image des deux joyaux de Nottingham Forest, Brennan Johnson et Alex Mighten.

Habitués à faire jouer régulièrement ses jeunes issus de la Nigel Doughty Academy (Oliver Burke, Jamaal Lascelles, Matty Cash, Ben Osborn et bien d’autres), les Reds peuvent compter sur la dynamique et la fougue que devraient apporter les deux talents offensifs.

Brennan Johnson, 20 ans, a réussi à s’imposer sous la houlette de Michael Appleton à Lincoln City et à susciter les convoitises de certains clubs de Premier League déjà, éblouis par saison à 10 buts et 12 offrandes en League One. De son coté, Alex Mighten, 19 ans, a réussi à enchainer les minutes en fin de saison et sera certainement un élément offensif redoutable de par sa percussion et sa vivacité.

Autre duo qui fait saliver les observateurs du football anglais, Mallik Wilks et Keane Lewis-Potter auront, de leur côté, déjà l’avantage de s’être côtoyés depuis plus d’un an. Si la complémentarité du jeune tandem est plutôt discrète, faute de style de jeu et de rôles endossés sur le terrain, la qualité intrinsèque de chacun n’est plus à débattre.

À 22 ans, Wilks compte déjà 42 buts au compteur en Football League et a toujours su trouver les dispositions idoines sous la houlette de Grant McCann, d’abord à Doncaster Rovers au cours de la saison 2018-2019 (16 buts toutes compétitions confondues) avant de débarquer chez les Tigers en janvier 2020. Keane Lewis-Potter, l’autre pépite de Hull City, a gravi tous les échelons chez son club formateur et confirme jour après jour son statut de jeune prodige, après avoir glané du temps de jeu au cours du dernier exercice des Tigers en Championship. Epatant la saison dernière (15 buts toutes compétitions confondues), le jeune attaquant de 20 ans possède toutes les qualités pour percer au plus haut niveau, et cela passe tout d’abord par une confirmation cette saison.

Freiné par une blessure au tendon qui l’a écarté des terrains pour trois mois, Josh Koroma a été l’un des rares à surnager au milieu d’une saison compliquée pour les Terriers. Vif, technique et très à l’aise balle au pied, le jeune ailier de 22 ans dégage une certaine classe dans son style de jeu et réussit à y rajouter de l’efficacité en ayant été impliqué directement sur 8 buts de Huddersfield, dont 6 inscrits, avant sa blessure début décembre.

Autre ailier, dans le style plutôt tonique, Thyrys Dolan a épaté les observateurs du Championship après un début de saison tonitruant et pourrait tirer profit du doute qui survole l’été de Blackburn en s’annonçant comme élément majeur du dispositif offensif de Tony Mowbray. L’enfant de Preston, non prolongé par son propre club, présente un profil très percuteur qui a donné de l’allant et a offert de a profondeur au jeu des Rovers, tout en trouvant une certaine alchimie avec Harvey Elliott.

Joueur de flanc, mais pas véritablement ailier au sens qu’on lui attribue, Alfie Doughty a fait parler toute sa palette et l’étendue de son talent sur le flanc gauche de son club formateur Charlton et peut espérer confirmer toutes les promesses placées en lui à Stoke City. Le jeune piston de 21 ans traverse une période compliquée sur le plan physique mais sera certainement en mesure d’apporter de l’explosivité et de la verticalité au jeu des Potters dans un couloir bonifié d’une façon sporadique par James McClean.

Lancé dans le grand bain par Nigel Pearson au cours des trois derniers matchs de la saison après avoir longtemps tapé à la porte de l’équipe première, Alex Scott a gagné beaucoup de points au terme de la pré-saison et sera probablement apte à grignoter un peu plus de temps de jeu dans un secteur où il sera en concurrence avec Kasey Palmer (en partant d’un peu loin aussi). La créativité, la vision de jeu et l’insouciance du gamin de 17 ans pourraient imposer un énième casse-tête à l’ancien manager de Watford.

Dans le même profil de joueur de poche, Fabio Carvalho est en train de monter en puissance et commence à rentrer dans le moule de l’effectif mis à disposition de Marcos Silva. Le jeune Portugais de 18 ans apporte un style peu fréquent du côté de Fulham. Son agilité et ses mouvements dans les petits espaces pourraient faire varier le jeu des Cottagers en l’incorporant en cours de match.

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Compte dédié à l'antichambre de l’élite anglaise - là où les termes "Kick" et "Rush" ne sont plus à l'ordre du jour - et créé par un nostalgique du pied gauche de Matthew Taylor, dont le seul rêve serait de couper un centre tendu de Stewie Downing.
Intermédiaire occasionnel entre le Championship et les twittos, intéressé aussi par le football.