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John McGinn, chien de garde des Villans

Arrivé sur la pointe des pieds à Aston Villa l’été dernier, John McGinn n’a pas tardé à s’imposer comme l’une des pierres angulaires de Steve Bruce, puis de Dean Smith. À 24 ans, l’international écossais impressionne déjà l’Angleterre par sa combativité sans commune mesure et sa régularité. Portrait.

Le 23 septembre 2018 restera sans doute une date clé pour John McGinn. Alors que son équipe est menée par Sheffield Wednesday 0-1, le natif de Glasgow va faire vrombir Villa Park et redonner l’espoir à tout un stade. A la suite d’un ballon relancé plein axe par la défense des Owls, le milieu de poche parfaitement positionné aux vingt-cin q mètres réalise le geste juste : une reprise de volée clinique.

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Au moment où il arme sa frappe, John McGinn ne sait pas encore qu’il va inscrire l’un des plus beaux buts de l’année 2018.
© Sky Sports

Pendant une fraction de seconde, le cuir tourbillonne dans les airs de Birmingham avant de finir sa course dans le but adverse après avoir chatouillé la barre. Si à l’arrivée, cette égalisation n’a pas eu l’effet espéré – Aston Villa s’étant incliné 1-2 – ce bonbon fut élu but du mois de septembre en Championship. Un de plus. Eh oui, car McGinn est un coutumier du genre. Au sein de la Scottish Premiership, ses missiles envoyés dans les filets adverses ont renforcé une réputation déjà bien affirmée.

Une ascension précoce

“Il a explosé très vite au plus haut niveau à St. Mirren nous confie Elise Mathieu, co-gérante du compte Scottish France, la référence en matière de foot écossais sur Twitter il formait avec Kenny McLean (aujourd’hui à Norwich) une sacrée paire au milieu du terrain. Même si Saint-Mirren était en grande difficulté en championnat.”

Pur produit de l’academy des Saints, John McGinn a été lancé tambour battant dans le grand bain de la Scottish Premiership à seulement 18 ans par Danny Lennon : “il était très mature pour son âge racontait l’ancien coach de St. Mirren d’une voix teintée d’admiration au The Scottish Sun en mai 2018 à chaque fois que j’allais le voir dans les équipes de jeunes, il sortait du lot. Personne n’arrivait à le passer. J’ai vite compris qu’il était différent des autres.”  Et cette différence va rapidement lui permettre de devenir indéboulonnable.

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A 18 ans tout juste, McGinn affronte le Celtic son club de cœur et surtout, Scott Brown, l’une de ses idoles.
© Daily Record

Après seulement quelques mois dans l’équipe première, McGinn impressionne par sa sérénité et son calme olympien. “Il a très bien géré ses débuts. Mais je savais qu’il serait prêt” affirmait Lennon. Face au Celtic, le club qu’il supporte et Scott Brown, l’une de ses idoles en demi-finale de la League Cup en octobre 2012, le gamin de Glasgow ne se démonte pas d’un iota et réalise une prestation de haute volée : “il évoluait contre Scott Brown, Joe Ledley et Victor Wanyama. Mais il n’a pas été effrayé ni impressionné. C’était même un plaisir pour lui de jouer contre eux.”

Danny Lennon ex coach de St. Mirren : “à chaque fois que j’allais le voir, il sortait du lot.”

Escorté par des premiers pas réjouissants, John McGinn enchaîne à toute berzingue sous le maillot de St. Mirren. Au total, il enfilera le maillot noir et blanc à 98 reprises pendant trois saisons et toujours avec le talent indissociable qu’on lui prête. Mais la fin de l’idylle sera moins enchantée. “Il est parti de manière assez bizarre. Il a signé à Hibernian qui était en Scottish Championship alors que St. Mirren était aussi relégué à l’échelon inférieur note Elise en plus, il a été blessé à l’un de ses derniers entraînements par Steven Thompson.” On a connu mieux comme fin.

L’héritier de Scott Brown en Ecosse

“We’ve got John McGinn, we’ve got John McGinn.” À Hibernian, John McGinn a laissé une marque indélébile auprès des fans. Durant trois saisons, ses prestations d’un excellent niveau n’ont fait que renforcer sa cote de popularité déjà grandissante et lui ont offert la possibilité de s’exprimer en sélection nationale écossaise, le pinacle de tout footballeur. “Il est vu en Ecosse comme le successeur de Scott Brown car il est très hargneux et dur sur l’homme. En revanche, il est beaucoup plus fort techniquement et son pied gauche peut autant servir à mettre quelques pralines dans les buts que de longues ouvertures pour ses partenaires” souligne Elise. Mais si les prestations en club de McGinn sont louées et appréciées, celles sous le maillot bleu nuit du chardon restent en deçà des espérances : “il est souvent emprunté et perdu” déplore-t-elle.

Sous la tunique nationale, les prestations de John McGinn sont loin d’être au niveau de celles entraperçues en club.
© PLZ Soccer

Car en Ecosse, le milieu de 24 ans est au centre de toutes les attentions. Nominé l’an passé pour le titre de meilleur joueur de l’année, McGinn a prouvé depuis plusieurs saisons une grande régularité en Scottish Premiership. Surtout, il fait partie d’une génération écossaise abreuvée de louanges et particulièrement frétillante sur le papier : Andy Robertson (Liverpool), Callum Paterson (Cardiff), Ryan Fraser (Bournemouth), Ryan Christie (Celtic), Oli McBurnie (Swansea) ou encore Stuart Armstrong (Southampton). “L’objectif est d’aller à l’Euro 2020 affirmait McGinn au The Sunday Post en août dernier si nous y arrivons, ça sera une grande fierté. Je pense que nous avons une génération qui peut le faire. Nous devons le prouver sur le terrain.”

À Aston Villa pour voir plus grand

Arrivé à Aston Villa durant l’été alors que le Celtic lui faisait la cour, John McGinn a assumé son choix : “Aston Villa est un grand club. Les infrastructures sont gigantesques. Je suis aussi sur les traces de Stiliyan Petrov qui a été capitaine du Celtic. C’était l’un de mes joueurs préférés quand j’étais jeune.” Après quelques mois à Birmingham, ce choix symbolique lui donne raison et une romance langoureuse est en train de naître.

Le début de saison contrasté de Villa, avec le départ de Steve Bruce et l’arrivée surprise de Dean Smith en provenance de Brentford, n’a pas empêché le milieu écossais d’impressionner les observateurs assidus du Championship. Positionné juste devant la défense, aux côtés de l’Irlandais Conor Hourihane, McGinn nettoie en sobriété, chatouille les chevilles adverses et fait parfaitement le relais entre la défense et l’attaque.

Dean Smith : “c’est le joueur que chaque entraîneur rêve d’avoir dans son équipe.”

Pour le plus grand bonheur de Dean Smith, qui a déjà succombé au charme du petit écossais après seulement quelques semaines d’union : “il a énormément d’énergie. C’est le joueur que chaque entraîneur rêve d’avoir dans son équipe. Il doit encore progresser en phase offensive, mais il est incroyable.”

Titulaire à vingt reprises en vingt-trois journées, McGinn sait qu’une saison pleine dans l’antichambre de la Premier League peut lui ouvrir des portes plus éclairées. Son profil suscite quelques convoitises et nul doute, qu’en continuant à réaliser des prestations XXL, certains clubs viennent taper frénétiquement à la porte. D’ici là, le chien de garde d’Aston Villa continuera à museler sereinement ses adversaires.

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L’auteur

Thomas

Thomas

Selon lui, Wes Hoolahan aka "Irish Messi" est l'un des plus grands joueurs de cette planète. Voue un amour incommensurable pour les divisions inférieures anglaises et le football nord-irlandais. Aime porter le kilt sans son slip, un peu fou sur les bords. Rêve secrètement d'un retour de Leeds en Premier League, le club qui a fait connaître la patte gauche délicieuse d'Harry Kewell. Il aurait voulu être joueur de foot pro, mais en voyant Jon Parkin et son physique grassouillet déambuler sur les terrains de National League, l'espoir n'est pas perdu.