Day-Brief

Premier League’s back, episode 7 : tous vers l’Europe

La Premier League 2019-2020 touche à sa fin, avec la 36ème journée qui se jouait en milieu de semaine. Au menu, la victoire décisive de West Ham pour le maintien face à Watford, le succès précieux d’Arsenal dans la course à l’Europa League et le duel pour les places européennes entre Leicester et Sheffield United , voici le Day Brief de cette 36ème journée de Premier League.

Arsenal fait chuter Liverpool et croit encore à la C3 (2-1)

L’enjeu était de taille pour les Gunners, qui devaient répondre au court succès de Chelsea contre Norwich (1-0) et à celui de Tottenham (voir ci-dessous) pour rester dans la course à l’Europe, pour laquelle ils sont systématiquement qualifiés depuis 1996. Mais la victoire était aussi vitale qu’improbable, contre un Liverpool qui devait aussi gagner pour battre le record de points de Manchester City (100). Mikel Arteta innove encore dans son XI de départ, avec Aubameyang sur le banc et un trio d’attaque Nelson-Lacazette-Pépé. Irréprochable depuis le restart dans les buts d’Arsenal, Emiliano Martinez manque de concéder un but gag en dégageant un ballon dans Firmino (13e). Mais l’ouverture du score ne tard pas. Sur une action de Firmino côté gauche, Sadio Mané se démarque entre David Luiz et Kolasinac, attend le débordement de Robertson et pique devant le but pour convertir le centre de l’Écossais en but (1-0, 20e).

Mais Arsenal répond deux fois au terme de deux phases de pressing exemplaires de son trio d’attaque. Serré par Lacazette, Fabinho sert Van Dijk, à gauche de la surface. Harcelé à son tour par Nelson, le Néerlandais recherche Fabinho mais Lacazette coupe la passe, efface Alisson et égalise (1-1, 32e). Liverpool est de nouveau piégé avant la mi-temps. Sur une touche de Robertson, Alisson subit le pressing de Nelson et relance sur Lacazette, qui retrouve Nelson pour son 1er but en Premier League (2-1, 44e).

Au terme d’une première période riche en rebondissements, Arsenal a pris la tête juste avant la pause face aux Reds © Getty

Liverpool réplique en deuxième période et Arsenal joue la défense. Sur une transversale de Van Dijk, Alexander-Arnold sert Salah devant le but. L’Egyptien efface David Luiz et frappe presque à bout portant, mais Martinez sort une parade aussi magnifique que décisive (54e). Idem sur la dernière action du match, sur cette tentative d’Alexander-Arnold déviée par Willock (90+5e). Dominant mais surpris dans le North London Derby contre Tottenham (1-2), Arsenal a frappé deux fois grâce à son pressing. Suffisant pour rester à 2 points de la 7ème place et priver Liverpool du record de points en Premier League.

Au moins la C3 pour les Foxes (Leicester 2 – 0 Sheffield United)

Tous les vents vont contre Leicester depuis le Restart. Une seule victoire, une avance perdue sur Chelsea et Manchester United dans la course à la Ligue des Champions, les absences de Maddison, Chilwell, Ricardo Pereira et Soyuncu … La dynamique des Foxes s’opposait en tout point à celle de Sheffield, tombeur de Chelsea samedi (3-0). Comme contre Bournemouth (défaite 1-4), Leicester aligne un 3-4-3 avec la première apparition de Luke Thomas (19 ans) en Premier League côté gauche. Le capitaine Wes Morgan débute pour la 1ère fois depuis le 14 février. Leicester monte doucement en puissance et prend doucement le contrôle.

Premières alertes avec deux corners (3e) et un beau centre de Thomas pour Pérez (8e), avant qu’Henderson ne sorte les tentatives de Vardy (11e) et Pérez (22e). En sous régime depuis plusieurs matches, la paire Ndidi-Tielemans brille. Le Nigérian impose sa combativité (10 tacles, 3 interceptions), son compère belge bouge et combine avec ses coéquipiers partout sur le terrain. La lumière vient avant la demi-heure. Avançant dans l’axe, Ayoze Perez décale Luke Thomas à gauche. Déjà auteur de 3 passes clés (qui amènent un tir) en début de match, le latéral remise pour Pérez, démarqué en pleine surface. L’Espagnol enchaîne d’une frappe au 1er poteau, hors de portée d’Henderson (1-0, 28e).

Leicester poursuit sa domination. Justin et Thomas exploitent la largeur sur les côtés. Ndidi et Tielemans continuent leur abattage au milieu. Défensivement, les Foxes ne sont pas vraiment mis en péril par une équipe qui ne réussit que 65% de ses passes en 1ère période. Le spectre d’un retour des Blades plane au retour des vestiaires, car Leicester menait aussi à la pause contre Bournemouth (défaite 4-1). Triple changement à la pause pour Sheffield. Lundstram, Fleck et Mousset remplacent Berge, Osborn et McGoldrick. Les Foxes ne changent que la manière et cherchent la verticalité vers Vardy.

Dans un match âpre, haché, difficile, les Foxes et les Blades se sont renvoyés coup pour coup pendant 90 minutes © Sky Sports

Parfaitement lancé par Tielemans, l’attaquant anglais file au but mais trouve le poteau (50e). Evans adresse ensuite une transversale Vandijkienne à Vardy, qui contrôle joliment et touche Barnes dans la surface. L’ailier perd son duel contre Henderson (56e). Bis repetita avec un ballon chipé par Ndidi au milieu, passe en profondeur pour Vardy qui remise pour Barnes, encore mis en échec par le portier des Blades (60e). Première grosse occasion pour Sheffield sur corner, avec une tête d’Egan reprise à bout portant par le genoux d’O’Connell, mais Schmeichel sort un bel arrêt réflexe (63e). Très actif mais en échec devant les cages, Barnes laisse sa place à Demarai Gray (75e). Le 1er ballon sera le bon pour l’ailier de 24 ans, sur une action type des Foxes en 2ème période. Récupération de Tielemans, Evans en profondeur pour Vardy, remise dans la surface pour Gray, frappe croisée au ras du poteau (2-0, 79e).

Dépossédé du ballon en 1ère période, incapable de contenir le jeu en profondeur des Foxes en 2ème, Sheffield voit l’Europe s’éloigner (8e, 54pts). Cette même Europe est promise à Leicester, qui terminera au moins 7ème. Reste à savoir dans quelle compétition. Pour la première fois depuis la fameuse saison 2015-2016, les Foxes enchaînent 4 clean-sheets à domicile. Poursuivre cette série contre Manchester United lors de la dernière journée ne sera pas synonyme de titre. Mais sûrement de qualification en Ligue des Champions. Et ce sera amplement suffisant.

Tottenham confirme à Newcastle (1-3)

Dominés mais vainqueurs d’Arsenal dans le North London Derby (2-1), les Spurs avaient pris une option dans la course à l’Europe. Mais le déplacement à Newcastle avait tout d’un piège. Déjà, les Magpies sont envieux de se rapprocher de la 1ère partie de tableau. Victorieux seulement 2 fois à l’extérieur cette saison, Tottenham n’avait cadré aucun tir lors de son dernier déplacement à Bournemouth (0-0). Et en 7 ans passés en Angleterre, José Mourinho n’a jamais gagné à St James’s Park. Mais la 7ème place de Sheffield United n’est plus qu’à 2 points et les Spurs (8e, 52pts), ont à coeur d’accrocher l’Europe.

Comme contre Arsenal, Tottenham démarre en 4-4-2. Malgré le meurtre de son frère, tué par balles à Toulouse lundi matin, Serge Aurier tient son poste d’arrière droit. L’entame est intense et Newcastle montre ses intentions. Sur un centre de Khafth côté droit, Almiron reprend de l’extérieur du pied mais est contré par la défense (5e). Sur un rush solitaire, Saint Maximin passe une partie de l’équipe des Spurs en revue, mais est aussi contré à l’entrée de la surface (11e). Nouvelle opportunité avec le remuant ailier Matt Ritchie, qui adresse un centre pour Jonjo Shelvey dans la surface, pour un coup de casque au-dessus (16e). Tottenham réplique et pique sur sa 1ère grosse occasion. Sur un ballon récupéré par Lucas, Kane trouve Lo Celso dans la surface de Newcastle. L’Argentin trouve Son à sa gauche, qui fixe Yedlin et frappe au ras du 1er poteau (27e). À l’origine de l’action ? Serge Aurier, très actif côté droit avec Sissoko.

Touché contre le cours du jeu, Newcastle insiste. Depuis son côté gauche, Matt Ritchie voit ses nombreux centres être renvoyés par la défense des Spurs. Alors l’Écossais se mue en buteur. Juste entré en jeu, Lazaro perce vers la surface des Spurs. Aurier parvient à dégager dans son dos à côté gauche, où se trouve le seul Ritchie. Le numéro 11 des Magpies arme une frappe croisée puissante, qui termine dans le petit filet d’Hugo Lloris (56e). Avec l’entrée de Lazaro, le coaching de Steve Bruce est payant. Celui de Mourinho le sera aussi et la réaction de Tottenham est immédiate. discret, Lucas laisse sa place à Bergwijn après l’égalisation. Pour son 2nd ballon, le Néerlandais adresse un centre clinique pour Kane, qui inscrit son 200ème but en club (60e).

les Spurs, grâce à leur homme providentiel Harry Kane, sont parvenus à enchaîner une quatrième rencontre sans défaite en championnat © Guardian

Comme en début de match et après avoir subi l’ouverture du score, Newcastle déploie toute sa volonté dans la dernière demi-heure. Pressing quand les Spurs font circuler le ballon pour temporiser. Phases de jeu rapides côté gauche avec Ritchie. Surnombre dans la surface quand Saint Maximin avance vers le but. Sur l’une de ses actions, l’ailier français fixe la défense et décale Lazaro côté droit. L’Autrichien prend sa chance dans un angle fermé et touche l’extérieur de l’équerre d’Hugo Lloris (72e).

Mais Newcastle ne convertit qu’un seul de ses 22 tirs dans ce match. Avant le temps additionnel, Tottenham ne s’en est procuré que 6. C’est le moment choisi par les Spurs et Kane pour une contre-attaque. Kane lance Lamela dans le dos de la défense. L’ailier argentin se déjoue des retours de Krafth et d’Almiron et frappe sur Dubravka, qui repousse à bout portant. Kane suit et finit de la tête (3-1, 89e). Newcastle a été entreprenant mais peut regretter un petit manque d’efficacité, face à une défense des Spurs regroupée et solide. Bilan diamétralement opposé pour Tottenham, qui chipe la 7ème place de Sheffield (7e, 55pts).

Everton-Aston Villa : les Villans manquent le gros coup (1-1)

Bien mal embarqué dans son opération maintien, Aston Villa se savait dos au mur face à Everton. Vainqueur de Crystal Palace quelques jours plus tôt (2-0), Villa espérait enchaîner un deuxième succès consécutif et se replacer ainsi à une longueur du 17ème. À Goodison Park, Dean Smith faisait confiance à Samatta pour mener l’attaque des Villans. Côté Everton, quelques ajustements avaient été effectués par Carlo Ancelotti après la lourde défaite concédée face à Wolverhampton (0-3). Et notamment en défense où le technicien italien faisait le choix de repasser à 4, avec Digne et Coleman sur les côtés et une charnière Keane-Holgate.

L’entame de match est à l’avantage des Toffees qui frappent deux fois au-dessus par l’intermédiaire de Calvert-Lewin (1ère, 9e). Quatre minutes plus tard, c’est Bernard qui trouvait avec réussite la barre de Reina après avoir manqué son centre (13e). Symbole d’une entame de match assez ouverte, Elmohamady centrait au point de penalty vers Samatta qui ne cadrait pas sa tête. En retard, Holgate restait au sol, avant de céder sa place sur blessure au jeune Jarrad Branthwaite (18 ans). Bien en place, Villa se montrait, à l’image de son match face à Palace, très discipliné défensivement. Servi aux 30 mètres et pas pressé par la défense adverse, Grealish s’avançait vers la surface avant de prendre sa chance. La frappe du numéro 10 était contrée et passait de peu à côté (35e). La fin de première mi-temps sera à l’avantage des Villans, qui frappaient deux nouvelles fois au but, d’abord par Douglas Luiz (42e), puis par Samatta, servi par le Brésilien (45e+3). 0-0 à la pause.

Dans la course au maintien, Aston Villa se devait d’accrocher une victoire à Goodison Park pour continuer à croire au maintien © Sky Sports

Bien plus déterminés à frapper un gros coup, les hommes de Dean Smith attaquaient tambour battant la seconde période. Par deux fois, Grealish se frayait un chemin vers le but avant de frapper… toujours sans réussite (0-0, 49e). Il faut attendre les 20 dernières minutes pour voir le match s’emballer. Dominés mais plus dangereux, les Villans frappaient les premiers sur coup franc. À la baguette, Hourihane adressait un centre tendu devant le but de Pickford. Premier sur le ballon, Konsa tendait le pied pour reprendre le cuir de l’extérieur du pied droit, logeant le précieux ballon au fond du but (73e). 1-0 pour les Villans, plus proches que jamais du très gros coup. Le deuxième but était d’ailleurs à portée de main pour les Claret & Blue.

Sur la gauche, Grealish crochetait extérieur pour centrer vers le second poteau. L’appel d’El Ghazi lui permettait de passer devant tout le monde pour reprendre ! Au-dessus. Un improbable loupé pour l’ancien de l’Ajax, qui reprenait du talon et manquait son geste pourtant si simple. Et Villa allait le payer cash. Juste après une tentative infructueuse mais pourtant si dangereuse de Calvert-Lewin (84e), c’est Walcott qui égalisait d’une tête lobée venue de la droite (1-1, 88e). À la retombée, Konsa tentait de sauver les siens d’un geste acrobatique inespéré. Sans succès. C’est d’ailleurs lui qui pousse le ballon juste derrière la ligne, malgré l’intervention de Reina. 1-1 score final, un score qui ne fait pas vraiment les affaires de Villa, 3 points derrière Watford (17e, 34pts), quasiment condamné à remporter ses deux derniers matches – Arsenal et West Ham – pour espérer se maintenir.

West Ham-Watford : Les Hammers quasiment maintenus (3-1)

C’était LE match à ne pas manquer de cette 36ème journée de Premier League. Véritable choc du bas de tableau, la rencontre entre West Ham et Watford revêtait des allures de match pour le maintien. Car si mathématiquement, le maintien n’est acquis pour aucun des deux clubs, une victoire de l’une ou l’autre de ces équipes leur assurait 6 points d’avance sur Aston Villa et Bournemouth (31 points chacun). Une avance décisive donc.

La rencontre débute tambour battant pour les deux équipes. Sur le coup d’envoi, un long ballon est adressé devant vers Sarr dans la surface de réparation. L’ancien rennais est proche de reprendre mais légèrement trop court. Une première alerte sans conséquence (1ère). Des conséquences, il y en aura en revanche sur la deuxième occasion du match, la première pour West Ham. Masina manque son dégagement et le ballon revient vers Soucek qui décale Antonio sur sa gauche, malgré le léger contre de Kabasele. L’homme en forme de West Ham parvient tout de même à reprendre et frappe fort : c’est dedans. West Ham prend d’entrée les devants sur ses terres (1-0, 6e).

Mais dans cette entame de match complètement folle, West Ham n’allait pas s’arrêter là. À la suite d’un joli mouvement collectif, Bowen centrait depuis la droite vers le point de penalty où Soucek profite d’un loupé de Kabasele pour reprendre à bout portant de la tête : 2-0 (10e). Une entame folle, difficilement imaginable avant le coup d’envoi. Watford sort la tête de l’eau et se procure une occasion côté droit. Après une belle course en profondeur, Sarr s’engouffre dans la surface et frappe devant Fabianski qui repousse. Le ballon revient dans les pieds de Cleverley, finalement contré (12e).

Joueur de Watford le plus dangereux, Sarr passe en vitesse deux autres fois, repris à la limite par Ogbonna. Pas de penalty. Sur la première course, il était parti trop tôt (15e), sur la seconde, le contact au niveau du bras était trop léger selon Monsieur Atkinson (31e). Et, fort d’un réalisme fou, West Ham allait marquer une troisième fois en quatre tentatives. Sur la gauche, Noble cherche une solution mais n’en trouve pas. Il donne derrière lui, dans l’intervalle vers Rice. Le milieu anglais n’est pas pressé et frappe aux 30 mètres excentré côté gauche… La frappe est pure, limpide et se loge dans le but, côté opposé. C’est imparable et somptueux : 3-0 pour les Hammers qui se dirigent vers un maintien aisé.

Auteurs d’une prestation extrêmement solide, les Hammers peuvent avoir le sourire, ils évolueront bel et bien en Premier League la saison prochaine © West Ham United

La pause est bénéfique aux Hornets, qui repartent pied au plancher en seconde période. Bien plus déterminés et obligés par l’ampleur du score, les joueurs de Watford reviennent d’entrée. Bon rush de Doucouré, servi par Sarr. Le Français réussit le grand pont devant Ogbonna et frappe sur le poteau droit… Le ballon revient dans les pieds de Deeney qui marque dans le but quasi vide : 3-1 (49e). Watford attaque bien plus fort, se met à presser bien plus haut et se montre plus agressif sur le porteur de balle. Les hommes de Nigel Pearson s’installent et campent devant les 30m adverses, en témoigne cette statistique : entre la 45ème minute et la 60ème, Watford tient le ballon près de 65% du temps.

Dans les 20 dernières, West Ham manque de peu le quatrième but, sur une inspiration d’Haller qui reprend acrobatiquement aux 25 mètres. Forster le prive du bout des doigts d’un nouveau but (73e). La dernière occasion vient une nouvelle fois de Sarr, qui centre vers Welbeck qui reprend juste au-dessus (82e). 3-1 score final, un résultat probant pour West Ham qui a quasiment assuré son maintien. Pour Watford, la pression est encore palpable, à deux matches de la fin.

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