Day-Brief

Premier League’s back, episode 6 : le show Antonio

La Premier League 2019-2020 touche à sa fin, avec la 35ème journée qui se jouait le week-end dernier. La descente de Norwich, un autre match de la peur entre Aston Villa et Crystal Palace et la déroute de Chelsea dans une affiche décisive dans la course à l’Europe, voici le Day Brief de cette 35ème journée de Premier League.

Antonio et West Ham condamnent Norwich (0-4)

Avec un quadruplé de son homme providentiel, West Ham s’est énormément rassuré dans sa quête du maintien. Les Hammers repartent de Carrow Road avec 6 points d’avance sur la zone rouge. Ils condamnent surtout Norwich à la descente. Une opposition à l’image de la saison des Canaries, qui n’ont su ni imposer leur jeu, ni réagir dans ce match.

L’ascenseur descend. La cage ramène les Canaries dans le Championship qu’ils avaient remporté l’an dernier. Pour une équipe comptant 5 victoires cette saison, le challenge face à West Ham était relevé. Les Hammers restaient 17èmes au coup d’envoi, à 3 points de la zone rouge. Leurs deux hommes forts depuis le Restart, Tomas Soucek et Michail Antonio, se trouvent d’entrée, mais ce dernier rate l’ouverture dans un angle serré (3e). Constamment en mouvement entre les lignes de Norwich, Soucek sort un match référence. Inversement des rôles avec l’Anglais qui sert le Tchèque, dont le plat du pied frôle le poteau de Krul (7e). Après un premier tir cadré d’Antonio, Diop dévie un ballon sur corner. Libre de tout marquage au 2nd poteau, Antonio lance les siens (1-0, 10e). Premier coup des Hammers sur la tête d’un Norwich déjà peu combatif. Systématiquement battus après avoir été menés au score cette saison, les Canaries restent au tapis. Face au pressing adverse, ils reviennent trop rapidement vers leur gardien. En phase offensive, ils manquent trop de mobilité pour déséquilibrer le bloc de West Ham. Les combinaisons côté gauche sont les seules à amener un danger, avec des centres de Lewis pour Pukki (22e) et Hernandez (31e), qui ne trouvent pas le cadre. Bowen a deux fois de faire le break pour West Ham, mais croise trop ses frappes (33e et 35e). L’échéance n’est que retardée. Antonio récupère un ballon que Rice lui remet au terme d’un beau mouvement collectif. Faute provoquée par Buendia et coup-franc pour les Hammers, botté par Noble. Du haut de son 1,80, Antonio s’élève entre Godfrey et Klose (1,93m), les deux défenseurs centraux de Norwich. Sa tête décroisée se loge au ras du poteau (2-0, 45+3e). Norwich ne reviendra pas. Alors que la réalisation montre Daniel Farke se ronger les ongles devant son banc de touche, Bowen lance Antonio au coeur d’une défense dégarnie. Le numéro 30 file vers les cages, bute une fois sur Krul puis inscrit le premier triplé de sa carrière (3-0, 53e). L’homme du jour parachève son chef d’oeuvre 10 minutes plus tard. Centreur à l’origine de l’action, l’ailier anglais a tout le temps de revenir se placer devant le but de Krul, pour réceptionner un centre de Fredericks au milieu de 3 défenseurs et marquer avec son pied droit derrière le pied d’appui (4-0, 73e). West Ham soigne son goal-average et se positionne par rapport à la 18ème place, à 6 points de Bournemouth. Plein de promesses lors de sa montée et enthousiasmant en début de saison, Norwich était dans le creux de la vague depuis automne. Et n’a jamais su se relancer. Décomplexés de l’enjeu du maintien, les Canaries tenteront de jouer un mauvais tour à Chelsea ce mardi (21h15). West Ham respire plus que jamais, à 6 points de la zone rouge.

Daniel Farke console ses hommes après la nouvelle défaite des Canaries contre West Ham. Norwich redescend en Championship pour la saison prochaine. © PA Images / Icon Sport – Carrow Road – Norwich (Angleterre)

Pas de record pour Liverpool, accroché par Burnley (1-1)

Déjà couronné champion d’Angleterre, Liverpool avait l’occasion de soigner ses statistiques et de marquer encore un peu plus de son empreinte le football anglais. Dans son antre d’Anfield, le club de la Mersey rendait d’abord un hommage – comme l’ensemble des pelouses du week-end – à Jack Charlton, emblématique champion du monde 1966, décédé en début de week-end. Procédant à un léger turn-over, Jurgen Klopp alignait d’entrée les jeunes Williams et Jones. Un petit événement puisqu’il ne s’agissait que du deuxième match de la saison de Premier League sans un Trent Alexander-Arnold titulaire.

L’entame de match est ouverte et rythmée. Dominateur et impliqué, Liverpool se créait d’entrée une première occasion. Après une superbe ouverture de Williams, Robertson réceptionnait et centrait vers Salah dans les 7 mètres 50… Vigilant, Long sauvait les siens (7e). Les Reds se créaient rapidement de nouvelles opportunités. Après un petit festival de Mané depuis la gauche, Firmino lui retirait le ballon avant de frapper… Un tir de nouveau contré (13e). A peine le temps de souffler pour la défense de Burnley que Rodriguez fauchait Salah juste devant la surface de réparation, offrant un superbe coup franc à Robertson (14e). Mais Salah, en quête du titre de meilleur buteur du championnat, préférait s’en charger. Sans réussite pour l’Egyptien, dont la frappe s’envolait bien au-dessus du but bien gardé par Pope, à l’image de la nouvelle frappe de Jones, bien stoppée (17e). Très haut sur le terrain, Liverpool faisait preuve d’implication, galvanisé par sa quête de record de victoires à domicile sur une saison. De nouveau à l’attaque, Liverpool manquait de peu d’ouvrir le score avec un joli mouvement venu de la droite. Firmino décalait Jones qui tentait sa chance… Contré avec réussite (21e). Dépassé dans le jeu, Burnley était toujours à flots au water break (0-0, 23e).

A la demi-heure de jeu, Liverpool allait enfin trouver la faille. Malgré un trio d’attaque muet, à l’image d’un Salah peu inspiré, c’est Robertson qui donnait finalement l’avantage aux siens (1-0, 34e). Après une passe de Jones pour Fabinho, le Brésilien levait la tête et centrait vers la droite vers Robertson qui plaçait parfaitement sa tête dans le petit filet opposé : imparable pour Pope. Un Robertson qui manquait de peu de doubler la mise, après un déboulé côté gauche, suivi d’un excellent crochet et d’une frappe à quelques centimètres du poteau (41e). La fin de première période voyait Liverpool se relâcher quelque peu, laissant davantage d’espaces à Burnley. Servi par-dessus la défense, Jay Rodriguez manquait complètement sa reprise, le ballon finissant sa course en touche. Sans regret : l’ancien de West Brom était probablement hors-jeu (44e). C’est finalement Liverpool qui se procurait la dernière occasion de la première période : servi dos au but après un contrôle porte-manteau de Salah, Mané frappait fort en pivot, obligeant Pope à la parade (45+2e).

Au retour des vestiaires, nouvelles opportunités pour les Reds avec une première tentative pour Firmino, servi dans la profondeur par Salah. Le Brésilien ne trouvait que le poteau (49e). En contre, Salah donnait à Jones qui frappait de nouveau. A côté (1-0, 52e). La dernière tentative avec le water break était encore pour Liverpool : seul côté droit après un cafouillage au point de penalty, Salah frappait fort… bien trop fort. Sa frappe s’envolait dans les nuages d’Anfield (62e). Un Salah qui aurait peut-être pu bénéficier d’un penalty après un contact litigieux dans la surface de réparation trois minutes plus tard (65e). Mais à la surprise générale, c’est Burnley qui allait marquer le second but de l’après-midi. Sur un coup franc longue distance, Tarkowski était trouvé de la tête devant le but d’Allison. Le capitaine des Clarets remisait derrière lui vers 3 de ses coéquipiers. C’est finalement Jay Rodriguez qui reprenait à la volée, trouvant là aussi le petit filet opposé : 1-1 (69e). Dès lors, le match changeait de physionomie et Burnley jouait crânement sa chance. Rodriguez cherchait Vydra au point de penalty, mais Allison sortait in extremis pour empêcher le but du chaos plus que du KO.

Liverpool réagissait dans les dernières minutes. Dans la surface, Robertson était fauché par Gudmundsson (86e)… Nouvelle alerte qui aurait pu valoir une faute. Quelques secondes plus tard, à l’image de ce match riche en occasions, Burnley se procurait la balle du 2-1 sur corner. Flottements dans la défense des Reds et ballon repris par Wood ! Repoussé par Allison mais directement sur Gudmundsson qui frappait instantanément… La barre transversale sauvait les Reds d’une deuxième défaite en quatre matches. Salah se procurait la dernière opportunité après un changement de côté superbe de Van Dijk. Alexander-Arnold centrait pour Salah qui reprenait trop mollement pour inquiéter Pope. 1-1 score final. Match nul finalement logique, qui prive Liverpool du record et qui maintient Burnley dans le Top 10 de Premier League.

Pas de record de victoires à domicile pour le Liverpool de Roberto Firmino et Fabinho, tenus en échec par Burnley à Anfield. © PA Images / Icon Sport – Anfield Road – Liverpool (Angleterre)

Sheffield United donne la leçon à Chelsea (3-0)

A l’occasion de cette 35èmejournée de Premier League, Sheffield United (7ème) recevait Chelsea (3ème) dans un match crucial en vue de la course aux places européennes. Poussif depuis la reprise, les Blades s’étaient relancés la journée précédente avec une victoire face aux Wolves (1-0). Quant aux Blues, hormis la défaite contre les Hammers (3-2), la reprise avait été plus concluante avec des victoires notamment contre Liverpool, Manchester City ou Leicester. 

Les hommes de Frank Lampard arrivaient donc avec un certain avantage à Bramall Lane, accompagnés de leur meilleur joueur depuis la reprise ; l’américain Pulisic. Dans un début de match complètement dominé par les Blades, le seul danger côté Chelsea se nomme sans surprise Pulisic. Il faut attendre la 18’ pour que David McGoldrick marque le premier but à bout portant après un arrêt de Kepa sur une frappe contrée de McBurnie (1-0). L’irlandais inscrit alors son premier but en Premier League après 35 journées, et la soirée ne fait que commencer. Les Blades ne relâchent pas la pression et à la 33’ McBurnie conclut une superbe action de la tête face à une défense de Chelsea complètement à la rue, la soirée s’annonce longue pour les coéquipiers d’Azpilicueta (2-0). A la mi-temps les seules satisfactions pour les Blues sont Pulisic et Barkley, trop peu pour créer le danger sur le but d’Henderson. 

A la sortie des vestiaires, Frank Lampard décide de faire rentrer Rudiger et Alonso à la place de Christensen et Mount passant alors en 3-4-3. Cependant, la deuxième période ne fut guère différente malgré le fait que Chelsea ait la possession. Il faut alors attendre la 77’ pour voir le clou du spectacle. Sur une contre-attaque de Sheffield United, Rudiger décide de changer de camps et administre une superbe passe décisive à l’homme du match David McGoldrick, marquant alors son deuxième but du match (3-0). Les Blades auraient pu aggraver le score lors des dix dernières minutes face à un Chelsea résigné. 

N’ayant toujours pas réglé leurs gros problèmes défensifs, les Blues ont encore concédé des buts, couplé à une attaque inexistante, il est dès lors difficile de gagner. Sheffield United mérite amplement cette victoire et se relance dans la course pour la League Europa. Les Blues offrent quant à eux une magnifique opportunité à Leicester et Manchester United de s’installer dans le top 4. 

L’homme du match est comme dit précédemment David McGoldrick. L’irlandais de 32 ans n’avait jamais marqué en Premier League, il aura fallu attendre les cadeaux de la défense Blues et un bon match de sa part pour débloquer son compteur. 

De son côté Frank Lampard est inquiet ; “Ils étaient meilleurs que nous. Physiquement ; dans l’esprit ; avec la balle. Donc nous perdons le match. Ils étaient plus forts que nous. Nous étions trop lents avec le ballon. C’est décevant. Je dois faire attention à ne pas trop analyser ce match, nous devons mettre cela de côté et nous battre pour le top 4. Mais j’ai beaucoup appris et je ne l’oublierai pas. Je m’inquiète de nos performances”.

Frank Lampard fait grise mine après la triste défaite de Chelsea à Sheffield United. © PA Images / Icon Sport – Bramall Lane – Sheffield (Angleterre)

Aston Villa maintient l’espoir en s’imposant contre Crystal Palace (2-0)

Match de la peur dans le bas de tableau. Si Crystal est maintenu mais n’a plus rien à jouer cette saison, Aston Villa de son côté joue sa survie dans l’élite. Sous une énorme pression après les succès de West Ham à Norwich (4-0) et de Watford à Newcastle (2-1), les Villans savaient que seule une victoire compterait dimanche à Villa Park. Face à Palace, Dean Smith faisait le choix d’aligner en dernière minute Elmohamady plutôt que Hause. Un choix notable puisqu’il s’agissait de la première fois que Villa alignait deux latéraux de métier depuis le « restart », Taylor étant aligné côté gauche. La première vraie occasion est à mettre à l’actif de Crystal Palace dès le premier quart d’heure. Sur la droite, Zaha obtient un coup franc sous forme de corner ouvert. A la baguette, Milivojevic adresse un excellent centre vers Sakho qui reprend et marque d’entrée (7e). Lâché au marquage par Konsa et Samatta, le défenseur français reprend du haut de l’épaule, trompant un Reina à la pêche juste derrière. Après examen de la VAR, le but est finalement refusé pour une main. Une décision controversée, semblable à celle de Mings qui avait valu un penalty pour Leicester avant la coupure Covid-19 (0-4, le 9 mars dernier). L’entame de match est assez terne en occasions de buts. La défense des Claret & Blue se regarde et laisse filer Benteke au-devant de Reina. C’est finalement Taylor qui revient in extremis pour donner à son gardien qui se charge de dégager (0-0, 19e). Une petite altercation éclate peu avant la demi-heure de jeu entre Zaha et Mings, le défenseur reprochant à son vis-à-vis une balayette sur Konsa. Les cartons jaunes sont dégainés par Martin Atkinson (25e).

La plus grosse occasion intervient à la demi-heure de jeu. Sur la droite, Elmohamady trouve Samatta au point de penalty. Le Tanzanien reprend de la tête ! Au-dessus (30e). Villa se désinhibe alors et se projette davantage. Nouveau centre d’« Elmo » vers Grealish qui tente la volée, stoppée par Guaita (38e). Si Crystal Palace évolue à un petit rythme, Villa se montre prudent mais a les meilleures occasions. Sans parvenir à concrétiser. Zaha et Benteke se jouent tous deux de la défense pour se procurer deux occasions, stoppées en deux temps par Reina (42 et 43es). Dans le temps additionnel, Villa trouve enfin la faille. Sur un coup franc obtenu par Grealish sur la gauche, Hourihane adresse un centre repoussé par la tête de Ward. Au second poteau, Trezeguet jaillit et reprend de volée pour trouver le petit filet opposé (1-0, 45e+4). La fin d’une disette qui aura duré 9 matches pour l’ensemble des attaquants vêtus de grenat et bleu. Pour Trezeguet, il fallait remonter au 28 janvier pour retrouver trace d’un but, en League Cup, face à Leicester (2-1).

Dès le retour des vestiaires, la VAR est de nouveau sollicitée. Grealish s’écroule après un contact avec Van Aanholt. Le ralenti montrera que le numéro 10 intensifie sa chute après avoir lui-même marché sur le pied de son adversaire, à l’image du (généreux) penalty accordé à Bruno Fernandes trois jours plus tôt face à Manchester United (0-3). Pas de penalty cette fois, une décision logique. Un peu moins logique en revanche l’absence de carton jaune pour simulation adressé à Grealish pour cette « faute »… Peu avant l’heure de jeu, les choses s’accélèrent pour Villa. Sur un bon coup franc obtenu par Samatta à l’entrée de la surface, Hourihane prend sa chance et trouve les bras de Guaita qui repousse en corner (57e). Le corner est dégagé à l’emporte-pièce. Le ballon traîne devant la surface de réparation puis à l’intérieur… En renard, Trezeguet en hérite et double la mise d’un petit pointu devant Guaita ! (2-0, 59e). Dès lors, le match s’éclaircit pour les Villans. Retrouvant leur allant offensif de début de saison, les hommes de Dean Smith multiplient les occasions de 3-0, à l’image de la frappe lourde d’Hourihane aux 18 mètres (63e). Une main de Dann dans la surface sur un centre de Samatta n’est pas sanctionnée (65e). Milivojevic perd ses nerfs et fauche violemment Grealish, écopant d’un jaune orangé (67e).

Palace se crée deux occasions après le dernier water break de la partie. Echappé côté gauche, Van Aanholt s’offre un face à face avec Reina mais le portier espagnol sort parfaitement et repousse sa tentative (75e). Entré en jeu quelques minutes plus tôt, Townsend centre vers Benteke qui reprend en déséquilibre de la tête devant Dann, pourtant dans de meilleures conditions (78e). La tentative de l’ancienne idole de Villa Park passe à gauche. Défensivement Villa fait preuve d’expérience, à l’image de Pepe Reina et Tyrone Mings. Très appliqués en deuxième période, les hommes de Dean Smith s’accrochent à un si précieux 8e succès en Premier League, mais aussi à un deuxième clean sheet depuis le « restart ». Villa a même l’occasion de crucifier Palace en fin de rencontre. Sur la gauche, Targett passe vers Trezeguet dans les 7 mètres… L’Egyptien ne parvient pas à reprendre. Juste derrière lui, Davis pouvait lui aussi reprendre mais laisse filer le cuir (86e). Benteke a deux dernières tentatives mais manque encore la cible. La fin du match est sifflée, Villa l’emporte 2-0 et maintient l’espoir de rester en Premier League la saison prochaine. Benteke est finalement exclus après le coup de sifflet final après de nouveaux accrochages avec Konsa. Palace enchaîne une cinquième défaite consécutive, attendant patiemment la fin de saison.

La délivrance pour Trezeguet, auteur d’un doublé salvateur pour Aston Villa face à Crystal Palace. © PA Images / Icon Sport – Villa Park – Birmingham (Angleterre)

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