Day-Brief

Premier League – Episode 33 : La fête est annulée !

Trois derbys pour cette journée pour notre plus grand bonheur à Liverpool, à Manchester et à Londres. Alors qu’on approche de plus en plus vers la fin de ce championnat, rien n’est encore bouclé ou presque. On va tenter de vous raconter ce qu’on a vu.

Le résumé du week-end

Le nombre 40, synonyme de survie en Premier League, a aussi sa signification quasi-mystique dans le Royaume. Newcastle qui entame une série de 3 victoires en autant de matchs après avoir tapé Leicester (2-1) s’en rapproche avec ses 38 points. Dans la bataille pour le maintien on a eu droit à 3 rencontres qui se sont soldées par des matchs nuls : Bournemouth 2-2 Crystal Palace ainsi que Brighton 1-1 Huddersfield, rien n’est joué dans la zone rouge malgré le match nul obtenu par West Brom aux dépens d’un autre candidat au maintien, Swansea (1-1) et les défaites de Stoke City face à Tottenham (1-2) et de Southampton contre Arsenal (3-2). Les Gunners qui doivent rester concentrés en championnat pour ne pas laisser Burnley qui continue de pousser à 5 points derrière après leur 4ème victoire d’affilée à Watford (1-2). Il y a aussi ces 3 derbys de la journée et on vous en parle plus bas.

Manchester City 2-3 Manchester United : les Red Devils rabat-joies

C’était le scénario rêvé pour Manchester City, remporter le titre de champion d’Angleterre à 5 journée de la fin et de réaliser un record, tout ça face à son rival Manchester United afin de concrétiser sa domination sur la ville. Pep Guardiola a tout de même choisi de laisser Kyle Walker, Gabriel Jesus, Kun Agüero et Kevin De Bruyne sur le banc en optant pour une attaque composée de Leroy Sané et de Raheem Sterling sur les côtés et d’un Bernardo Silva en faux-neuf qui se positionnait entre Nemanja Matic et Paul Pogba afin de profiter des espaces. Côté Man United, José Mourinho avait décidé de se priver de Juan Mata au profit de Jesse Lingard misant sur les qualités physiques plutôt que sur la technique, au milieu de terrain il y avait très peu d’espace entre les 3 Nemanja Matic, Paul Pogba et Ander Herrera. Cela a fonctionné pour les Red Devils qui arrivaient à empêcher les triangles guardioliens de fonctionner, les Citizens s’en sortaient par leur supériorité technique, à l’image de cette première occasion chaude où Bernardo Silva se trouve face à un excellent David De Gea après un très bel une-deux avec Raheem Sterling.

Si ce n’est pas dans le jeu que les Citizens prennent l’avantage au score, c’est sur coups de pied arrêtés, à l’image de ce corner tiré par Leroy Sané pour la tête de Vincent Kompany qui place une tête imparable. Le second but des locaux vient 5 minutes plus tard sur un mauvais renvoi de David De Gea qui atterrit sur Leroy Sané remonte le ballon avant de décaler pour Raheem Sterling. L’anglais remet dans l’axe pour Ilkay Gündogan qui pivote sur lui-même comme un döner-kebab et d’inscrire un but somptueux. 2-0 à la mi-temps, le score aurait pu être encore plus lourd si Raheem Sterling n’avait pas vendangé la pléthore d’occasions qu’il avait. Cependant, Manchester City était virtuellement champion mais c’était sans compter l’affront des rivaux venus gâcher la fête.

Difficile de savoir ce que José Mourinho a dit à ses hommes dans les vestiaires, ce qui est sûr c’est que ce n’était pas des mots doux qui ont sûrement piqué au vif la fierté de certains joueurs et de concentrer toutes les attaques sur les points faibles d’un jour. Face à Liverpool, le technicien portugais avait misé sur la vitesse de Marcus Rashford pour se jouer de Dejan Lovren, ce week-end, il a demandé à concentrer ses attaques sur Nicolàs Otamendi. Le premier but vient d’un Alexis Sanchez qui se joue du défenseur argentin avant de centrer pour Herrera aux abords de la surface qui bombe le torse pour la remettre dans la course de Paul Pogba qui profite de l’espace laissé par le central de City et ainsi ouvrir le score pour son équipe. Le second but de l’international français vient 2 minutes plus tard, Alexis Sanchez lob la défense de City dans la course de Paul Pogba venu prendre le dessus sur Otamendi, 2 buts en autant de minutes, un scénario renversant. Le but de la victoire vient d’un coup franc tiré par le chilien pour le plat du pied de Chris Smalling, seul face à Ederson, manque de chance c’était Otamendi qui était au marquage… Contre toute attente, ce sont les Red Devils qui jubilent et qui gâchent les fastes de Guardiola.

Paul Pogba surplombe Manchester. (Source premierleague.com)
Paul Pogba surplombe Manchester. (Source premierleague.com)

Les Citizens auraient pu revenir au score à l’image de ce penalty non-sifflé sur un tacle d’Ashley Young dans sa surface pour enlever le ballon des pieds du Kun ou de ce même buteur argentin qui n’arrive pas à tromper De Gea de la tête en fin de match. Coup de sifflet final, les joueurs de Man Utd repoussent le sacre de Manchester City d’une semaine et ce sera à Wembley en cas de victoire sur Tottenham.

Une terrible semaine pour les Citizens qui ont pris deux coups sur la tête en l’espace de trois jours, ce n’était pas le meilleur entracte avant la réception des Reds en Ligue des Champions. Pour United on est loin du « milk-gate » lors du match aller et cette victoire demeure un maigre lot de consolation par rapport à la victoire finale qu’attend Man City dans cette saison, à moins de voir Gary Lineker en string la saison prochaine…

Everton 0-0 Liverpool : Une Salah-dépendance ou un match sans importance pour les Reds ?

Un derby de la Mersey comme entracte pour Liverpool, une affiche attrayante d’ordinaire qui n’était cependant pas la priorité pour les hommes de Jürgen Klopp qui avaient tous la tête à l’Etihad et quart de finale retour de la Ligue des Champions qui se profile en milieu de semaine. Le technicien allemand a effectué 5 changements par rapport au match face à City, Mohamed Salah et Andy Robertson sont blessés, Trent Alexander-Arnold, Roberto Firmino et Alex Oxlade-Chamberlain ont début le match sur le banc. C’était l’occasion pour Nathaniel Clyne d’essayer de réapparaitre dans les radars de Gareth Southgate tout comme Danny Ings et Dominic Solanke. Ragnar Klavan était aligné sur le côté gauche avec l’absence de feu-follet écossais blessé ainsi que d’Alberto Moreno. Côté Toffees, on avait une quasi-équipe-type, malgré les absences de Gylfi Sigurdsson et d’Idrissa Gueye au milieu de terrain, c’est Wayne Rooney associé à Tom Davies et à Morgan Schneiderlin en retrait qui s’occupaient de l’entrejeu.

On a eu droit à un match similaire que lors du match aller où Sam Allardyce laissait le ballon aux Reds, en tentant de profiter des contres, sauf que cette fois, ce milieu à 3 a bénéficié de davantage de mobilité qu’un milieu à 4 à plat qui manquait de tranchant dans les duels et les seconds ballons. Il y avait davantage de mouvement et de qualité en attaque avec Yannick Bolasie et la recrue-star du mercato hivernal Cenk Tosun et cela s’est remarqué par de quelques séquences de jeu sur des récupérations au milieu de terrain. C’était mieux qu’au match aller, mais insuffisant pour venir à bout de son voisin.

La gueule de bois à Liverpool. (Source : premierleague.com)
La gueule de bois à Liverpool. (Source : premierleague.com)

Mais le plus marquant semblait le manque de qualité des joueurs de Liverpool où des joueurs comme Danny Ings et Dominic Solanke manquaient de qualité, Sadio Mané était un peu trop seul côté gauche malgré le soutien de James Milner qui manquait de fraîcheur physique. Le jeu s’est orienté côté droit avec les nombreuses montées de Nathaniel Clyne qui avait un boulevard devant lui entre le dos de Yannick Bolasie et Leighton Baines, cependant, le latéral droit à eu du mal à trouver Ings qui semblait un peu perdu.

Un match qui se solde par un score nul et vierge (0-0), on peut se poser des questions quant à l’importance de Mo Salah dans le jeu, quand on sait que c’est lui qui avait inscrit l’ouverture du score lors du match aller à Anfield. Même si on sait que Liverpool pensait au match retour à l’Etihad, le rendement offensif a été bien moindre qu’à l’accoutumée pour la 2ème meilleure attaque du championnat. On peut se poser une question sur l’importance de Mo Salah et du sort de Liverpool en cas d’absence de ce dernier mardi prochain, il faudra suivre cela mardi.

Chelsea 1-1 West Ham : La Ligue des Champions s’éloigne définitivement ?

C’est sûrement le match qui coûte définitivement la fin des espoirs d’une qualification pour la prochaine édition de la Ligue des Champions, après cette défaite à domicile la semaine dernière face à Tottenham (1-3) et ce match nul face à West Ham, les Blues sont bloqués à la 5ème place à 10 longueurs du rival du Nord de Londres. Pauvre Ray Wilkins qui a tout de même eu droit à un hommage à la hauteur de sa personne.

Un match bien terne malgré de belles occasions de buts et contrairement à ce qu’on entend de la part des détracteurs d’Antonio Conte, on a pu desceller quelques plans de jeu. Volonté d’élargir le jeu pour passer la première ligne et de jouer vers l’avant en direction du trio offensif composé d’Eden Hazard, Willian et d’Alvaro Morata mais encore une fois, Chelsea a déjoué et n’a pas profité de ses occasions en se faisant rattraper au score en fin de match. Là où on retrouvait une formidable capacité de réaction la semaine dernière, ce Chelsea n’y arrive plus et ne trouve pas les solutions de la part des remplaçants, la faute à un mercato totalement raté.

Avec ce départ d’Antonio Conte qui s’annonce à la fin de la saison, le board de Chelsea doit profiter de changer de philosophie et faire une revue d’effectif. Certains départs ne seront pas désirés (Hazard, Willian, Courtois et Azpilicueta) et d’autres (Pedro, Cahill, David Luiz, Fabregas) dans le but de rajeunir l’effectif et d’y intégrer des jeunes joueurs (Loftus-Cheek, Abraham, Izzy Brown, Kasey Palmer…) qui reviendront de prêt l’été prochain. Il va y avoir du ménage à Cobham avec la restructuration du club, du projet sportif et du coach qui devrait faire son arrivée, au risque du déclassement que Paul Merson (consultant sur Sky Sports) prédit dans sa colonne du week-end pour le Daily Star. Avec 3 matchs remportés en 2018, Chelsea doit se reprendre et cela devra passer par une victoire en FA Cup pour ne pas avoir une saison blanche, triste saison pour le champion en titre…

L’homme de la journée : Rafael Benitez

Souvenez-vous il ya deux ans, Rafael Benitez reprenait une équipe de Newcastle en péril et affrontait le futur champion Leicester lors de sa première qui s’était soldée par une défaite. Avec 11 matchs à jouer, il n’avait pas réussi à maintenir le club en vie et était assuré d’être relégué avant même la dernière journée de Premier League, une remontée éclaire spectaculaire à l’image de celle de 2010 qui a permis aux Magpies de ne pas se morfondre en Championship.

Quand on regarde le travail effectué depuis son arrivée, à l’image de cette victoire au King Power Stadium, on ne peut qu’être émerveillé, Newcastle n’est pas l’équipe la plus spectaculaire à voir jouer, la cause à une situation du club en suspens puisque le propriétaire Mike Ashley n’a toujours pas trouvé preneur malgré une offre alors que le fondateur de la chaîne de magasins Sports Direct annonçait que le club allait trouver preneur avant le mercato hivernal dernier. Aucun investissement n’a été fait en janvier, même après un été assez pauvre en recrues de qualité qui n’a pas répondu aux demandes de Benitez, mais l’entraîneur a fait avec les moyens du bord et cela a pris du temps à se mettre en place.

a célébration "Zorro" du divin chauve Jonjo Shelvey. (Source : premierleague.com)
La célébration « Zorro » du divin chauve Jonjo Shelvey. (Source : premierleague.com)

Avec les moyens du bord, Rafa Benitez a fait des miracles. On a vu l’éclosion d’un Jamaal Lascelles en vrai patron dans la défense d’United, Deandre Yedlin qui confirme son statut de jeune ou d’un Jonjo Shelvey qui brille tellement que Danny Murphy, l’ancien joueur de Liverpool devenu consultant pour l’émission Match of the Day 2 sur la BBC, a déclaré qu’il le prendrait pour la Coupe du Monde s’il était sélectionneur avant d’avouer qu’il ne sera pas dans les premiers choix de Gareth Southgate. Après la rencontre face à Leicester, Benitez a déclaré :le rythme de travail, l’esprit d’équipe, l’engagement des joueurs et le soutien des fans, ils étaient un seul homme, c’était formidable. Je suis heureux pour tout le monde, les joueurs travaillent énormément, ils étaient très disciplinés [face à Leicester], ils savaient ce qu’ils faisaient et ils ont tout donné« , en ajoutant, je dois remercier les joueurs et les fans, il y a un lien qui s’est crée entre eux. »

Depuis l’arrivée de Rafa Benitez on descelle une logique de jeu, une équipe qui s’adapte à l’adversaire, on a vu une équipe offensive et qui savait créer du jeu lors de la réception d’Huddersfield (victoire 1-0) lors de la 32ème journée ou un XI qui a fait déjouer celui de Man Utd (1-0) en adoptant un jeu plutôt attentiste. Mais il reste des moments très « anglais avec de l’engagement » comme l’a qualifié Rafa lors de cette séquence bizarre digne de l’Instant Ligue 1 de la Rubrique de Julien Cazarre. Quoiqu’il en soit, on sent que même si le destin du club demeure dans le flou tant qu’il n’y aura pas de rachat, et Rafa Benitez s’est déjà projeté vers l’avenir en déclarant avant le déplacement au King Power Stadium : »Nous [Lee Charnley, directeur général du club et Benitez] essayons de travailler et prendre les bonnes décisions pour le futur. On ne peut pas dire « nous ferons ceci ou achetons tel joueur » parce que nous ne savons pas [où le club se trouvera en fin de saison]. Mais nous travaillons sur des noms ou sur ce que nous devons améliorer pour le futur. Cela fait partie de mes responsabilités. Nous commenceront à travailler et nous pourrons prendre des décisions après avoir pris ces 40 points. »

Que les supporters de Newcastle soient rassurés, Rafael Benitez restera dans le Nord de l’Angleterre malgré les appels de la Real Sociedad, mais on sait qu’il ne pourra pas rester s’il ne peut pas exercer son métier convenablement. Il y a quelques jours, le légendaire portier des Magpies Shay Given exhortait Mike Ashley à donner à Benitez les moyens de ses ambitions afin de « concurrencer les gros de la Premier League mais pour cela, Rafa a besoin du soutien du propriétaire » en « espérant qu’il l’aura l’été prochain. » On ne peut qu’acquiescer, dans l’attente de voir Newcastle retrouver sa grandeur passée, réjouissons-nous de ne pas voir ce grand club plonger à nouveau dans les méandres.

Le but de la journée

Le formidable but de Wifried Zaha face à Bournemouth (2-2) à retrouver ici via le site de SFR Sport.

La décla’ de la journée

https://twitter.com/SFR_Sport/status/982310287733911553

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L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.

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