Day-Brief

Premier League – Episode 19 : un Boxing Day royal

Entre plusieurs festins et une grosse indigestion, ce Boxing Day nous a offert des buts à la pelle et son lot de belles surprises. C’était encore Noël sur les prés verts de Premier League.

Liverpool passe la sixième, City dégringole

Rouges de plaisir

Qui pourra arrêter les Reds ? Le Newcastle de Rafa Benitez n’a pas réussi à le faire. Au lendemain de Noël, Liverpool a offert un énième repas copieux sur un plateau, ponctué par un score sans appel (4-0).

Deux jours avant d’accueillir le choc face à Arsenal, Jürgen Klopp n’avait pas ménagé ses troupes en alignant peu ou prou son équipe type avec Shaqiri à gauche et Firmino en soutien de Salah. Mis à l’abri par l’ouverture du score précoce de Lovren, les Reds ont contrôlé la partie de bout en bout, crucifiant les Magpies par l’intermédiaire de Mo Salah, Shaqiri et Fabinho en fin de rencontre. Ce dernier en a profité pour inscrire son premier but sous ses nouvelles couleurs, un pas de plus pour gagner le coeur des supporters et de son coach.

Avec Arsenal et Manchester City en plat de résistance lors des 2 prochaines journées, les Reds ne disposent peut-être pas d’une balle de match, mais d’une belle opportunité de prendre de l’avance dans la course au titre. Un petit indice au passage : le Père Noël s’habille en rouge.

No Man(City)’s land

Le titre ne se gagne pas au Boxing Day mais il peut s’y perdre“. Le fameux adage de Sir Alex Ferguson doit désormais hanter Pep Guardiola, entraîneur d’une équipe en perte totale de confiance. Défaits pour la troisième fois en quatre journées, les Skyblues perdent sérieusement les pédales et accusent un retard de sept points sur Liverpool, en plus de céder la place de dauphin à Tottenham.

Manchester City, à l'image de Fabian Delph et David SIlva, accuse le coup en ce mois de décembre (Crédits : Eurosport).
Le Grinch était à Manchester cette année ! (Photo : Catherine Ivill/Getty Images)

La partie avait pourtant bien débuté avec une belle passe de Laporte pour Agüero à l’entrée de la surface. El Kun trouvait subtilement Bernardo Silva dans l’axe pour l’ouverture du score, mais l’embellie était de courte durée. Pour la neuvième fois consécutive toutes compétitions confondues, les Skyblues n’ont pas su garder leur cage inviolée. Sur leur premier feu, et à l’instar de Crystal Palace samedi dernier, les Foxes sont revenus au score par l’intermédiaire d’Albrighton, idéalement servi par Jamie Vardy.

Manchester City n’est pourtant pas différente de ce qu’on connait dans ses principes de jeu, mais ont encore manqué d’intensité, d’imagination, de réussite aussi, à l’image de cette occasion signée Agüero juste avant la pause. Le moral des Cityzens semble atteint. La faiblesse de Danilo et Delph, expulsé en fin de rencontre, est criante sur les côtés. De Bruyne qui est revenu de blessure manque encore de rythme pour influer sur le sort d’une rencontre.

“Ibérisation” du football britannique ?

Le coup de grâce sera l’oeuvre de Ricardo Pereira qui à dix minutes du terme lâche une frappe puissante à l’entrée de la surface, l’ex-niçois offre à Claude Puel une seconde victoire de prestige après celle acquise à Stamford Bridge. Bien placé parmi les bookmakers dans la “Sack Race“, l’entraîneur des Foxes envoie un message durable à ses dirigeants. Son passage d’un 4-3-3 à un 4-2-3-1 après la demi-heure de jeu n’a fait que renforcer la dangerosité des pensionnaires du King Power Stadium.

Tottenham, tout feu tout flamme

Depuis sa déconvenue à l’Emirates au début du mois de décembre, les Spurs sont sur un rythme digne d’un prétendant au titre. Après la fête à Everton dimanche, c’est Bournemouth qui s’est fait essorer à Wembley.

Mauricio Pochettino s’était même offert le luxe d’effectuer une légère rotation en faisant souffler Sanchez et Trippier, au profit des jeunes Foyth et Walker-Peters. Le second n’aura pas déçu avec pas moins de trois passes décisives et une occasion franche où il manque d’un pointure sa reprise sur un centre magistral de Kane. Son envie trépidante et sa justesse dans ses transmissions nous donnent déjà envie de le revoir à l’oeuvre. Le jeune arrière droit de 21 ans ne compte qu’une quinzaine de matchs en avec les seniors.

Kyle Walker avait trouvé son homonyme, il tient également son successeur.

Tottenham a eu l’occasion d’aligner toutes ses forces offensives, à l’exception de Dele Alli et Erik Lamela resté sur le banc. Sur le terrain, Eriksen s’est positionné en soutien de Kane, Lucas et Son sur les ailes. Le Coréen s’est offert son second doublé en deux journées, Kane y est allé de son traditionnel but et l’international danois a soigné ses statistiques avec une offrande et une réalisation.

Les Spurs, s’invitent désormais dans la catégorie des équipes qui luttent pour le titre après cette manita infligée à Bournemouth. Les semaines qui suivent indiqueront si les Londoniens arrivent à suivre la cadence infernale des Reds. Il est clair que Tottenham dispose d’un effectif bien inférieur à ceux de Man City et de Liverpool, mais les coéquipiers de Kane sont bien là.

La course à l’Europe

United et Pogba n’abdiquent pas

Après avoir idéalement débuté son intérim à Cardiff, son ancien club en tant qu’entraîneur, Ole Gunnar Solskjær a mené ses troupes vers une seconde victoire d’affilée contre Huddersfield.

Malgré quelques frayeurs défensives, dont une dans les premières minutes de jeu, les Red Devils ont ouvert la marque avant la demi-heure de jeu par Matic. Pogba a régalé avec un doublé, lui qui était aligné en tant que meneur de jeu devant Herrera et Matic. Au terme d’une belle action collective, Pogba ne manquait pas le coche sur une frappe limpide à l’entrée de la surface. Critiqué après le limogeage de José Mourinho pour s’en être apparemment réjoui, le numéro 6 a prouvé qu’il était bien champion du monde, Pogback.

Certes, l’adversité amène à rester prudent quant au niveau des Red Devils. Mais l’envie et là et certaines indications laissent penser à une philosophie de jeu plus fidèle au passif du club du Nord de l’Angleterre. Le déplacement à Tottenham le 13 janvier devrait, d’ici là, donner une idée plus concrète des progrès de l’équipe menée par l’ex-SuperSub.

Le jardin d’Eden…

Surpris par Leicester sur sa pelouse samedi, Chelsea s’en est remis à l’inévitable Eden Hazard pour se relancer dans la course aux places qualificatives pour la Ligue des Champions. Les Blues se rapprochent par la même occasion des Cityzens à 4 longueurs. Watford aura su entretenir le suspense en égalisant sur une jolie volée de Pereyra deux minutes après l’ouverture du score du Belge.

L’international belge a inscrit respectivement son 100ème et 101ème but au sein de l’élite du football anglais. Avec 10 buts et 9 passes décisives cette saison, il est en tout cas sur des bases assez élevées à la mi-saison. « Mes 100e et 101e buts avec ce club, c’est incroyable, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Je veux marquer plus de buts pour ce club et devenir une légende comme Lampard, Terry ou Drogba ». Il est en tout cas bien parti pour, à condition de rester fidèle aux Blues, et de garnir l’armoire à trophées.

Arsenal piétine

Les Gunners semblent tirer la langue en cette fin d’année. Depuis la victoire dans le North London Derby, Arsenal ne réussit plus à enchaîner deux victoires consécutives en championnat.

Le pêché mignon des Gunners sous l’ère Emery.

L’ouverture du score précoce d’Aubameyang après un bon pressing et des multiples erreurs de relance des Seagulls laissait pourtant présager d’une issue positive à cette rencontre. Les Gunners ont cependant été rattrapés par des erreurs défensives récurrentes. Le fautif du jour : Stefan Litschsteiner. Une mauvaise appréciation d’un long ballon a permis à Jürgen Locadia d’arracher un bon point. Avec 12 tirs contre 7, les Seagulls n’ont absolument pas à rougir et stoppent leur série de trois défaites consécutives. De bon augure au moment de recevoir Everton ce samedi.

La lutte pour la survie

Burnley coule

Rien ne va plus dans le Lancashire. Les hommes de Sean Dyche n’ont eu besoin que de vingt-deux minutes de jeu pour concéder trois buts. Mina, Digne sur coup-franc et Sigurdsson sur penalty ont mis au supplice les Clarets. Lucas Digne, pour son premier doublé en premier League, puis Richarlison viendront corser le score.

L’homme fort des Toffees.

Avec 41 buts encaissés en 19 journées, Burnley dépasse son total de l’an passé où ils n’avaient concédé que 39 buts à leurs adversaires. Les Clarets pointent miraculeusement à seulement trois points du premier non relégable, Cardiff, qui a pris un bon point à Crystal Palace. Sans un regain de solidité défensive, la seconde partie de saison promet d’être longue. Ou plutôt courte pour Sean Dyche, plus que jamais dans le mal au moment de recevoir West Ham qui impressionne.

Fulham manque le coche

Les Cottagers peuvent s’en vouloir. Après une bonne première période et un but presque inespéré en seconde, les hommes de Claudio Ranieri perdent une belle occasion de se relancer dans la course au maintien.

Christie et Mitrovic manquaient de peu l’ouverture du score dans le premier acte. Recroquevillés dans le second, les hommes de Ranieri ont pourtant ouvert le score grâce à Ryan Sessegnon (74′) avant que l’ancien angevin Romain Saiss ne leur réponde à l’entrée du money-time (85′). Les Cottagers sont passés tout près du hold-up dans le temps additionnel sur un petit piqué de Mitrovic sauvé sur sa ligne par Coady.

Sans doute pas son dernier dans l’élite…

Les Wolves restent scotchés à la onzième place du classement. Fulham, lui, s’apprête à recevoir Huddersfield pour ce qui s’annonce d’ores et déjà comme le match de la peur en bas du classement.

Le joueur de la semaine

Décrié depuis le départ de José Mourinho, Paul fait encore du Pogba et répond sur le terrain. Deux buts à la clé pour le champion du monde.

La décla de la semaine

Un Jürgen Klopp d’humeur taquine au moment d’évoquer les résultats favorables aux Reds.

L’auteur

Clément

Clément

Maladroit dans la vie comme Valère Germain devant le but, passionné du beau jeu de Bielsa en passant par Guardiola, fan de Manchester City depuis des années, jusqu'aux abords du fameux Emptyhad. Nostalgique de Leeds où il a vécu, dans une ville qui manque à la Premier League. Peut passer du calme et de l'impassibilité d'un Mourinho à la folie furieuse de Klopp en un quart de seconde au cours d'un match.