Day-Brief

Manchester City – Tottenham, un air de déjà vu à l’Etihad

Il y a des matchs où le score ne reflète en rien le contenu. Cet après-midi du Samedi 17 Août 2019 à Manchester, c’était le cas. Retour sur un 2-2 surprise.

Nous avons joué d’une manière incroyable, a déclaré Pep Guardiola, un des meilleurs matchs depuis mon arrivée”. En face, Mauricio Pochettino a admis : ” Je pense qu’ils étaient les meilleurs [sur le terrain]. Ils ont dominé le match”. Malgré ces deux déclarations, le score au terme du match était bien de 2-2, après un samedi riche en retournements. Un véritable rappel d’une soirée incroyable, il y a quelques mois ici-même à l’Etihad…

Man City a proposé son 4-3-3 classique, dans une sorte de “W-W” avec Sterling et Bernardo Silva sur les côtés, Rodrigo en pivot défensif et Gündogan préféré à David Silva sur le banc par rapport à la semaine dernière au London Stadium. En face, Tottenham a repris son 4-2-3-1 (4-4-2 en phase défensive) de la fin de match face à Villa, avec Eriksen et Sissoko sur les côtés et Lamela dans une position de raumdeter sur Rodrigo.

Lors de cette soirée incroyable il y a quelques mois, Tottenham avait hésité entre défendre l’axe ou les ailes. Le début de match avait été en faveur de l’axe, ce qui laissait à Walker ou Raheem Sterling la liberté de s’amuser, tandis qu’une fois les côtés bloqués avec un 4-2-3-1, Gundogan se retrouvait libre de créer le jeu.

Sa fé réflaichir. (Source : betweentheposts.net)
Sa fé réflaichir. (Source : betweentheposts.net)

Samedi dernier, le 4-4-2 défensif de Tottenham n’a toujours pas réussi à contenir les flans de Man City, déployé en 3-4-1-1. Avec un Zinchenko se mettant aux côtés de Rodrigo, un Walker en défenseur central droit et De Bruyne en numéro 10 très libre, les Sky Blues avaient tout le champ pour jouer sur les ailes et étirer la défense de Tottenham. L’équipe de Guardiola a contrôlé le match, en s’amusant à progresser balle au pied jusqu’aux 30 mètres de Tottenham sans trouver d’adversaire. Les latéraux pouvaient même s’offrir le luxe d’apporter du surnombre en se déplaçant à l’intérieur des ailiers, permettant à Gundogan et De Bruyne de s’engouffrer dans les demi-espaces. Lorsque les Citizens perdaient la possession du ballon, le contre-pressing se mettait alors en marche et asphyxiait les Spurs, qui n’ont presque jamais existé.

Le 3-4-1-1 de City, c’est tellement beau. (Source : Premier League)

Les deux buts de Man City ont été inscrits en première période et découlent de deux actions similaires grâce à un “KDB” stratosphérique. Lors du premier but (voir ci-dessus), ce dernier est redescendu pour recevoir le ballon de Bernardo Silva, avant de centrer pour la tête de Sterling au second poteau. Lors du second, le magicien Portugais lance le Belge dans le demi-espace entre Rose et Sanchez, ce qui permet à l’homme à la chevelure dorée de centrer pour Aguero dans les 6 mètres. L’argentin savant exactement quoi faire sur ce genre d’action. City a dominé mais entre ces deux buts, Tottenham a eu l’occasion d’en inscrire un.

Du mouvement pour créer des dysfonctionnements. (Source : Premier League)
Du mouvement pour créer des dysfonctionnements. (Source : Premier League)

Ce but vient d’une action qui se déroule sur l’engagement suite à l’ouverture du score. On voit un Tottenham qui parvient à garder le ballon et à se dégager du 4-4-2 de City. Pour une des rares balles jouées dans le camp de City, on voit les Londoniens permuter, Kane et Eriksen ont échangé leurs positions et Lamela est un peu plus dans le coeur du jeu. Ce dernier positionnement a dérouté De Bruyne et surtout Gundogan, qui avaient l’habitude de se déplacer entre les deux milieux de Tottenham, Winks et Ndombele, et la première opportunité de passe vers l’avant. C’est d’ailleurs une passe du 8 Anglais vers le 28 Français qui enclenche les mouvements: Sissoko repique vers l’intérieur et Lamela se positionne entre les lignes pour recevoir le ballon de Ndombelé. L’Argentin profite alors d’un mauvais placement d’Ederson pour enrouler et égaliser.

13 tirs à 1 à la mi-temps, on se demande comment City s’y est pris pour n’avoir qu’un but d’avance et Tottenham d’avoir réussi à marquer. Dès l’entame de la seconde période, City a continué à exercer une pression intense avec les mêmes principes. A la fin du match, il y avait 30 tirs à 3, 3.3 contre 0.2 en expected goals (voir plus bas) mais City n’a jamais réussi à inscrire ce troisième but salvateur, ou presque…

Peut-être par chance et surtout par mimétisme, Tottenham a réussi à égaliser sur un corner “anodin” et à être sauvé par le VAR lors des derniers instants de la partie.

C’est aussi grâce aux lacunes des joueurs de City à maîtriser la défense de zone. Sur ce corner, encore un à l’image de celui de Llorente, Lamela tire pour la tête de Lucas tout juste entré en jeu à la place de Winks. Le Brésilien s’est déplacé des six mètres vers le premier poteau, délaissant la zone de Laporte pour celle de Walker, trop juste pour stopper le buteur.

La suite du match est surnaturelle, City n’a jamais arrêté d’harceler les cages d’Hugo Lloris et, disons-le, aurait largement mérité de marquer. Avec ce 4-4-2 en formation défensive quand Lucas se mettait à la hauteur de Kane, Tottenham a toujours laissé les côtés pour tenter de créer un embouteillage dans l’axe. En face, les locaux ont fait entrer Gabriel Jesus à la place d’El Kun (66′) puis David Silva à la place de Rodrigo (78′) et enfin Mahrez pour B.Silva (80′). Symbole du déséquilibre pour l’offensif, on a vu un Gundogan seul en 6 et les offensifs partir à l’abordage. Man City n’a cessé de jouer dans la surface adverse mais la défense regroupée de Tottenham a bien tenu, quand Lloris n’était pas à la parade.

Ils ont sûrement pris l'apéro ensemble après le match. (Photo : PA)
Ils ont sûrement pris l’apéro ensemble après le match. (Photo : PA)

Tout le monde a cru voir le but de la victoire lors du temps additionnel, Jesus ayant inscrit une frappe enroulée sur corner. Même Agüero et Guardiola, qui s’étaient rabibochés après une dispute suite à la sortie de l’Argentin. Véritable écho à cette soirée de Ligue des Champions, le VAR est venu s’engouffrer dans cette histoire et signaler une main d’Aymeric Laporte pour annuler le but. La passion de Jesus…

https://twitter.com/RMCSportPL/status/1162812225817645056

Ce que l’on retiendra de cette rencontre, au-delà de son côté extraordinaire, c’est que le Guardiola de Man City est bien un prétendant au titre. Les Citizens ont écrasé les Spurs, ne leur laissant que des miettes, un peu trop grosses, certes.

Man City va sûrement continuer sur la lancée de ses deux titres précédents, on ne devrait pas trop s’inquiéter pour eux. Pour Tottenham, l’effectif est bien derrière les deux mastodontes et a démontré qu’il pouvait pratiquer un football défensif.

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L’auteur

Ilhan

Ilhan

Ilhan, c’est avant tout un mélange. Le prince de sang-mêlé anglo-turc. Ses parents ont fait un featuring avec Hagrid et Sandro pour le procréer. Sa barbe, c’est Marouane Fellaini. Ne jure que par Tottenham. Apporte sa voix quand il s’agit de parler de foot, et nostalgique de Gary Lineker, Paul Scholes et Mido. C’est aussi un fêtard 5 étoiles. Footballistiquement, son foie est un condensé de George Best et de Paul Gascoigne. Il aimerait mourir dans le rond central de White Hart Lane en jouant à FM.