Day-Brief

J18-19-20 – La symphonie des fêtes

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Admirer la Premier League, rêve de gosse. (crédit : premierleague.com)

La Premier League est un orchestre, une symphonie à plusieurs mouvements, à plusieurs tendances, à plusieurs tempos. Cette musique accompagne la magie des fêtes de fin d’année, moment tant attendu par les spectateurs et considéré comme décisif pour le résultat final de l’oeuvre.

Prestissimo

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Certainement le plus beau but de la saison, le scorpion Olivier Giroud. (crédit : premierleague.com)

Les percussions, cette famille d’instruments maître du rythme, qui dans un orchestre emmène avec elle le reste de la troupe, mais en Premier League elle s’en extirpe, seule. Les six soeurs, Tottenham et Manchester United en tête, sont pressées, très pressées. Cette période a été décisive non pas pour le titre mais pour sa guerre. Celle-ci est rude, preuve en est avec Manchester United. West Brom, Sunderland, Middlesbrough et West Ham, les quatre victimes des Reds Devils, ont permis au chef d’orchestre Mourinho et ses musiciens de ramener 12 points. Mais la troupe reste cependant à la sixième place, certes de plus en plus proche du podium, mais sixième. Devant aussi le tempo est presto. C’était un concert grandiose que nous a proposé Pochettino avec Tottenham : neuf points sur neuf possibles et un bouquet final magistral. Les spectateurs étaient au rendez-vous, ce 4 janvier, malgré le froid. Mais le défi était de taille : battre Chelsea qui restait sur 13 victoires et qui voulait battre le record des Gunners. Mais les Spurs étaient bien accordés, en harmonie, offrant un fabuleux spectacle à White Hart Lane. Le soliste Dele Alli s’offre un doublé et stoppe net les Blues.

Les autres prétendants, quant à eux, n’ont pas suivi le rythme effréné mais sortent de la période estivale sans trop de fausses notes. Liverpool avait bien commencé la période avec une victoire lors du derby de la Mersey (0-1), mais reste sur une fausse note contre Sunderland (2-2) qui empêche l’extravagant Jurgen Klopp de rapporter douze points sous le sapin. Chelsea continuait son rythme d’enfer jusqu’au derby londonien, mais rien d’alarmant tant l’avance est nette et l’équipe est stable. Accident de parcours, adversaire coriace, pas d’inquiétudes. Manchester City a trébuché à Anfield lors du dernier jour de 2016 mais restait jusqu’alors sur une victoire contre Arsenal. Les Gunners avaient les armes mais pas les munitions. Sept points pris sur douze possibles, un coup du scorpion de Giroud, un scénario mythique chez les Cherries, on peut dire que le concert des Gunners oscillait entre le bon et le moins bon. Certaines musiques étaient plaisantes, d’autres ratées.

Senza tempo

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Désillusion pour Crystal Palace, une première réussie pour Paul Clement. (crédit : premierleague.com)

Pendant que d’autres montent toujours plus haut, d’autres descendent plus bas. Parfois, le manque d’harmonie au sein d’un orchestre pèse sur la prestation, et dans la société d’aujourd’hui, il y a toujours un fautif. En football, c’est souvent l’entraîneur. Crystal Palace s’est séparé de Pardew, remplacé par Sam Allardyce, l’homme qui traverse sans cesse des scandales mais qui rebondit toujours. Hull City vient de trouver en Marco Silva (ex coach de Olympiakos) un possible entraîneur capable de redresser la barre en lieu et place de Mike Phelan. Après tout, le chef d’orchestre est responsable de ses musiciens, et s’il est bon et longtemps, il peut mener la troupe au sommet (on passe le bonjour à Antonio Conte). Swansea n’a pas manqué d’impatience pour remercier Bradley, engagé le 3 octobre, remplacé par le prometteur Paul Clement, victorieux dès son premier match contre Sam Allardyce et Crystal Palace le 3 janvier dernier.

West Ham fera peut-être parti de ces clubs qui se séparent de leur coach quand la sauce ne prend plus. Cette énigme, West Ham, qui a su redresser la barre avant de rechuter à Leicester et contre Manchester United. Watford, malgré la qualité qu’a pu apporter Walter Mazzarri en Italie, est en pleine crise et ne répond pas aux attentes et aux ambitions des dirigeants.

Mezzo Forte

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Jurgen Klopp pas très heureux du calendrier des fêtes. (crédit : premierleague.com)

Le monde de la musique peut parfois être injuste, tout comme le monde du football. Au profit de certains, au détriment d’autres, le calendrier proposé par la Premier League est une nouvelle fois sujet aux critiques. Chelsea, pendant les fêtes, a joué trois matchs en l’espace de dix jours, alors que les hommes de Claude Puel, les Saints, n’ont eu que six jours pour disputer trois fois 90 minutes. Ces injustices dont se plaignent joueurs et entraîneurs ont arrosé les tabloïdes anglais. Pep Guardiola, Jurgen Klopp, Arsène Wenger, tous se sont plaints du calendrier chargé et injustifié proposé par le championnat. Pendant que les joueurs des autres championnats profitent du foie gras et de la bûche, les joueurs de Premier League s’entraînent le 25 décembre, jouent 3 matchs avec maximum 3/4 jours de repos, le souffle manque pour souffler dans les instruments. Mais après tout, ce n’est pas pour rien que ce championnat est le plus médiatisé et le plus regardé dans le monde, et sa beauté passe par son originalité, jouer pendant les fêtes. Il est de plus en plus question de supprimer cette tradition chère aux yeux des Anglais, mais une chose est sûre, ce n’est pas demain la veille que cette indésirable chose pourrait survenir. Guardiola et consorts vont devoir s’habituer aux exigences du championnat. Sans cette partie de la belle symphonie, la pièce n’est que moins belle. A-t-elle été décisive pour le titre ? Ou Tottenham a relancé cette course ? À vous de juger.

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L’auteur

Benjamin

Benjamin

Fan inconditionnel d'Arsenal depuis la douloureuse finale européenne au stade de France en 2006. Attend impatiemment la gloire retrouvée d'un club forgé par la légende Arsène, enfin parvenu à tourner la page. À la fois procrastinateur et salarié de l'Education Nationale, fan de séries et musicien à ses heures perdues.