Day-Brief

Europa League – Acte 2, Scène 1 : Fiesta et virée en Europe de l’Est

Après un bilan mitigé en Ligue des Champions pour les clubs de Premier League, on a eu droit à deux bon résultats, même si on pouvait espérer mieux.

Arsenal 2-0 SSC Naples

Par Ilhan

Cette rencontre pour Arsenal était l’occasion d’oublier la mauvaise prestation à Goodison Park le week-end dernier. Cependant, cette belle partie livrée par les Gunners s’est révélée bittersweet, douce-amère… Et ce n’est pas la joie “à 50%” d’Emery qui nous fera dire le contraire.

Emeryball ou Wengerball ?

Une victoire exemplaire qui remet Arsenal à l’endroit et de nouvelles inquiétudes en jeu. Les Gunners ont livré une copie parfaite, et surtout en début de partie, chose assez rare pour le signaler Carlo Ancelotti a déclaré après-match :”Nous avons perdu le match lors des 20 premières minutes où nous avons été submergé par la pression exercée par Arsenal.” Arsenal a joué ce match à un niveau de Ligue des Champions, au niveau qu’on attend d’un Arsenal – Naples et un 3-4-1-2 qui sied parfaitement à l’équipe d’Unai Emery. En début de saison, on se demandait si l’espagnol était compatible avec le club d’Ashburton Grove, le résultat est qu’après 9 mois, les Gunners ont intériorisé ce jeu étant néanmoins similaire à celui de son prédécesseur. L’illustration de cela est l’ouverture du score d’Aaron Ramsey, à l’origine et à la conclusion d’un mouvement typique du “Wengerball” où le ballon a navigué entre les pieds d’Özil, Lacazette et Maitland-Niles, dans une très belle remontée de balle. 10 minutes plus tard, c’est au tour de Torreira, revenu de blessure, qui se joue de Fabian Ruiz avant de lâcher une frappe dont le ballon rebondi sur Koulibaly et trompe Meret.

Oui, c’est impressionnant. (Source : @Caley_graphics)

Arsenal maître de la partie

Lors de cette première période, on a vu un duo Ramsey-Torreira intraitable, aussi bien défensivement que pour des mouvements de box-to-box, laissant à un Özil, excentré légèrement à droite, de faire le tempo et de délivrer des caviars à ses coéquipiers. Cependant, l’allemand s’est effacé lors de la seconde partie du match, on regrette toujours son inconstance. Cela est le fait d’Ancelotti qui a décidé de jouer davantage dans un 4-3-3, un Zielinski positionné un peu plus intérieur à l’image d’un milieu gauche, empêchant Maitland-Niles de dévaler sur la défense des napolitains. De l’autre côté, Callejon prenait la place d’attaquant droit. Les visiteurs se sont montrés beaucoup plus dangereux face à des Gunners qui procédaient par contre, tous aussi dangereux les uns que les autres, sans pour autant réussir à faire le break.

Les Gunners ont eu chaud

La fin de partie a tout de même semblé un peu moins certaine. Aves les sorties respectives d’Özil et de Lacazette pour Mhkitaryan et Iwobi (67ème) et un passage au 5-4-1, l’idée était de bloquer les côtés mais laissant la défense centrale du Napoli (Koulibaly et Maksimovic) de préparer les actions. Les circuits des visiteurs étaient clairs, jouer long dans le dos des défenseurs d’Arsenal et tenter de se procurer des occasions sur des centres.

Ce jeu de mouvements a fait peur aux Gunners mais la chance étaient de leur côté, quand les napolitains ne manquaient pas de justesse devant les buts à l’image de l’occasion incroyable de Zielinski à la 77ème minute. Pour autant, Arsenal n’a pas manqué de se procurer des occasions, peut-être un peu trop dans la gestion.

L’amertume de la victoire

Cette belle soirée a paradoxalement soulevé quelques regrets et inquiétudes. Arsenal a bien joué mais a eu plusieurs occasions d’alourdir le score et les expected goals (voir plus haut) en témoignent. On peut se demander si le club du Nord de Londres va réussir à tenir le résultat en Campanie, surtout quand on voit comment l’équipe joue à l’extérieur. Dans un stade San Paolo en feu et derrière son équipe, la tâche s’annonce très difficile pour tenir le score et s’assure une place vers les demi-finales.

On peut également se questionner sur l’état physique des joueurs d’Arsenal. A la fin du match, 4 joueurs souffraient de crampes. On sent une certaine fatigue due à l’accumulation des matchs et le déplacement à Watford qui se disputera lundi ne va pas aider les affaires d’Emery.

Et sans doute la chose la plus importante, le futur départ d’Aaron Ramsey pour la Juventus crée le constat amer qu’Arsenal va perdre son leader technique. Lors des dernières semaines, le dernier joueur du “British core” de l’ère Wenger s’est révélé être le coeur d’Arsenal, celui qui donne le rythme et où tout tourne autour. On l’a dit, cette belle prestation qui devrait être source de satisfaction ne l’est en aucun cas…

Slavia Prague 0-1 Chelsea

Par Celestin

Autre club anglais et londonien engagé en Europa League, Chelsea se déplaçait quant à lui à Prague, pour y affronter le Slavia, tombeur surprenant au tour précédent du FC Séville.

A l’occasion de ce déplacement sur la papier abordable et entre deux matchs primordiaux de Premier League, Maurizio Sarri décidait de titulariser un onze “hybride” composé à la fois de joueurs indéboulonnables, faute de remplaçants qualitatifs à leurs postes (Kepa, Azpilcueta, Jorginho, Rüdiger), de joueurs qui au contraire n’ont eu que très peu de temps de jeu cette saison (Christensen, Giroud) et enfin de joueurs bénéficiant longtemps d’un statut de titulaire mais qui désormais semblent cantonner à un rôle plus secondaire (M. Alonso, Kovacic, Barkley, Willian, Pedro) en conséquence de leurs mauvaises performances depuis des mois.

Par ces choix plutôt logiques, l’entraîneur italien, en plus de conforter de nouvelles hiérarchies apparues ces derniers jours, donnait, en mettant sur le banc Hazard et Kanté, implicitement priorité au choc de dimanche à Anfield, tout en alignant une équipe d’expérience largement capable de venir à bout du Slavia.

L’ennui en une image. (Source : @caley_graphics)

Pour autant, l’équipe de Chelsea a vécu une soirée pénible, et ses supporters encore plus. Concrètement, regarder attentivement ce match sans être tenté de faire autre chose équivalait à perdre deux heures de sa vie. Les Blues ne se sont jamais réellement impliqués dans cette rencontre, tout en la gagnant quand même. Dès le début, on a senti qu’on ne verrait pas le football le plus abouti de la saison, ni même de la soirée. Contrairement à ses deux derniers matchs en championnat, ou même à ses performances plus que correctes, jusque là, en Europa League, dès l’entame un Chelsea endormi et bousculé dans les duels n’arrive même pas à ressortir les ballons et à instaurer son habituel jeu de possession, suite à de trop nombreuses erreurs techniques dans les transmissions et déplacements.

Pedro, certainement auteur de l’un des pires matchs de sa carrière (mouillez vous la nuque avant si vous décidez de regarder un résumé de sa performance) multiplie les duels perdus, les pertes de balle et les approximations, comme grand nombre de ses coéquipiers. L’absence de caractère et d’envie se fait encore plus ressentir lorsque le Slavia, grâce à son pressing intense, se procure très logiquement ses premières situations chaudes. Sans pour autant conclure, faute de justesse technique dans le dernier geste.

Auteur d’une mauvaise performance, Marcos Alonso à cependant permis aux Blues de prendre une option sérieuse pour la qualification, après un match pénible ( Photo : Reuters).

Seul à se démarquer de ce marasme collectif et à faire exister offensivement son équipe, une fois n’est pas coutume : Willian, qui voit sa frappe enroulée heurter la barre transversale en fin de première période. Au retour des vestiaires, rien ne change réellement jusqu’à l’entrée d’Eden Hazard, à l’heure de jeu. Chelsea se procure, quasiment dans la minute, deux situations chaudes sur des corners, avant que Willian ne voit dans la foulée sa frappe frôler le montant de Kolar, portier du Slavia.

On croit alors que Chelsea est enfin rentré dans le match, pour le plier. Mais comme cette équipe reste très difficile à cerner cette saison dans la gestion de ses temps forts et faibles, on va assister au contraire. Chelsea retombe dans sa nonchalance et il faudra deux interventions cruciales de Kepa, meilleur élément des Blues, pour éviter que le Slavia, accusant pourtant le coup physiquement, prenne un avantage qui aurait loin d’être volé, grâce à Traoiré puis Boril.

https://twitter.com/ChelseaFrance/status/1116448327950917637

Finalement, à la 85ème minute, Marcos Alonso, auteur d’une performance médiocre, ouvrira, sur une de ses seules montées, le score d’une belle tête, suite à un centre parfait de Willian. Un succès non démérité mais loin d’être brillant, voire même totalement ennuyant, contre un Slavia conquérant qui certes limité a eu le mérité de tout donner et de respecter son public. Chelsea “fait le job” et c’est bien ici la seule chose à retenir. Grâce à cet avantage et ce but à l’extérieur, les Blues recevront sereinement les Tchèques jeudi prochain et devraient, sauf retentissement dont seul le PSG a le secret, valider leur place pour les demies-finales de l’Europa League où ils feront (enfin!) face un adversaire plus relevé (Frankfort ou Benfica).


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L’auteur

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