Day-Brief

Premier League – Épisode 3 : Des matchs serrés et un choc attendu

Après deux premières journées riches en enseignements, la Premier League faisait son retour pour la troisième fois de la saison ce week-end, avec un programme plus qu’alléchant. Retour sur les faits marquants de cette dernière journée du mois d’août.

Liverpool, Chelsea et Watford : la passe de trois 

Avant la rencontre au sommet de cette troisième journée remportée par les Spurs, la Premier League comptait trois leaders. En effet, seules trois équipes avaient réalisé la performance de gagner tous leurs matchs. Trio donc rapidement rejoint par Tottenham ce lundi.

Les Reds ont tout d’abord montré la voie, samedi en fin d’après-midi face à Brighton, à Anfield. Dans un match, où, en première mi-temps, Liverpool domine brillamment les débats. Grâce à un pressing tout terrain réalisé par son bloc entier et notamment par son trio d’attaquants, les Reds étouffent leurs adversaires, comme ils savent si bien le faire, dans le but de pousser l’opposition à la faute. Et ça marche. Brighton ne ressort en effet aucun ballon, et commet des erreurs dans la transmission. Erreurs fatales puisque sur une perte de balle dYves Bissouma provoquée par un pressing de James Milner, en une touche Sadio Mané trouve Firmino qui trouve lui même l’inévitable Mo’ Salah qui sur un plat du pied, inscrit son deuxième but de la saison et ouvre le score par la même occasion.

Une phase de jeu parfaitement maîtrisée par Liverpool et typique du jeu des Reds depuis l’arrivée de Jürgen Klopp. Mais le plus intéressant dans cette première période, c’est que Liverpool tente et arrive à mettre en place un jeu de position. Chaque observateur de cette équipe le sait, la difficulté récurrente du Liverpool de la saison dernière était de manœuvrer des blocs bas, ce qui a été la cause de nombreux points perdus contre des équipes plus modestes, qui jouent en majorité ainsi. Mais dans ce match, Liverpool n’a pas eu ces difficultés, se créant un grand nombre de situations à la suite de phases de possessions.

Mo' Salah et Virgil Van Dijk célébrant le seul but des Reds, ce samedi.
Les deux patrons des Reds, c’est bien eux. (Source : https://www.thisisanfield.com)

Le score n’est cependant que d’un but à zéro à la mi-temps, et les Seagulls sont donc encore en vie. D’autant plus qu’au retour des vestiaires le français Anthony Knockaert se procure une énorme occasion.

Un changement de physionomie semble même se dessiner. Le pressing des Reds s’estompe et Brighton arrive donc à se créer plus de situations, en ressortant le ballon plus facilement. Au contraire, à certains moments, c’est même Brighton qui presse et empêche Liverpool de produire du jeu. Le trio Mané-Firmino-Salah est coupé de ballons.

La fin de match offre un suspens inattendu par rapport à la réalité de la première mi-temps. Faute à une gestion dangereuse des efforts par Liverpool ou à un réel danger amené par Brighton ? Certainement un peu des deux. Le nouveau gardien des Reds, Alisson Becker, est même obligé de sortir une parade exceptionnelle pour empêcher Pascal Gross d’égaliser d’une tête à bout portant, à la 89ème minute. Score final, 1-0. Liverpool s’est fait peur après une première période pourtant dominée, qui aurait du laisser entrevoir une victoire plus rapide mais empoche logiquement les trois points et se positionne en tête de la Premier League. De son côté, Brighton peut s’en vouloir. D’abord d’avoir raté des occasions nettes qui auraient pu amener une égalisation. Ensuite, de ne pas avoir adopté l’approche de la seconde mi-temps plus tôt dans la rencontre. Les Seagulls réalisent tout de même un bon début de saison malgré deux défaites en trois journées et pourront s’appuyer sur des points positifs pour continuer à travailler.

Mais comme vous l’avez probablement suivi, dimanche deux autres équipes ont rejoint Liverpool en haut du classement, Watford et Chelsea. Les Hornets ont effectivement marqué leur histoire en s’imposant à domicile face à Crystal Palace, puisque c’est la première fois qu’ils réussissent à gagner leurs trois premiers matchs de championnat. Une victoire dans la douleur. En effet, dans un début de match haché par les fautes, c’est Palace qui se montre plus dangereux par l’intermédiaires de Benteke et McArthur, à deux doigts d’ouvrir le score. Watford laisse passer l’orage et se dépêtre enfin du pressing des Eagles avant de se créer de multiples situations et d’ouvrir le score en début de deuxième période par l’intermédiaire d’un Roberto Pereyra intenable. Son troisième but déjà cette saison. La mise est doublée par Holebas sur un centre-tir (chanceux) qui finit sa course dans la lucarne du portier des Eagles. Wilfried Zaha, qui a vécu un match difficile, réduit l’écart et offre une fin de match de folie à son équipe. Finalement, le score ne bougera plus, malgré une énorme occasion ratée par Ward tout proche d’égaliser pour Palace sur le dernier corner du match dans les arrêts de jeu. Un match nul aurait certainement mieux reflété la physionomie du match.

A Newcastle, Chelsea a finalement pu réussir à transformer sa domination (Source : https://www.telegraph.co.uk

De son côté, le Chelsea de Sarri continue sa progression. Niveau résultats, tout va pour le mieux, pour le moment. Dans le jeu, le tacticien italien imprime de plus en plus sa patte à son équipe même si bien entendu, ce n’est pas encore parfait, loin de là.

Le scénario du match face à Newcastle peut facilement se résumer. Chelsea domine territorialement la rencontre,  sans se créer pour autant énormément d’occasions.

En même temps, c’est difficile, face à un Newcastle qui se contente de défendre très (très) bas, en bloc, et qui peine même à passer la ligne médiane pendant une grande partie du match. Les chiffres de la possession des Blues sont vertigineux (82% sur l’ensemble de la rencontre) et illustrent déjà l’impact de Maurizio Sarri tout comme celui de Jorginho, encore une fois excellent. Mais les espaces sont réduits et les passes latérales sont donc bien plus nombreuses que les verticales. Finalement, Chelsea trouve la faille sur un penalty obtenu par M. Alonso transformé par E. Hazard à un quart d’heure de la fin.

Dans le foot, tout est toujours imprévisible, Newcastle égalise dans la foulée sur sa deuxième occasion du match, avec un David Luiz plus que fautif sur son marquage et un Alonso absent au pressing. Comme pour rappeler que les Blues sont très friables défensivement. À ce moment là, le braquage parfait semble se produire. Mais il semblerait finalement qu’une sorte de justice existe puisque logiquement Chelsea s’impose dans les dernières minutes suite à une frappe de M. Alonso (encore lui !) déviée dans son propre but par Yedlin. Score final, 1-2. Chelsea poursuit sa route, Newcastle inquiète, à l’aube d’un calendrier encore plus relevé.

Les Gunners démarrent, City cale 

Outre le choc entre Manchester United et Tottenham, la Premier League nous a offert deux matchs très agréables à suivre, samedi après-midi.

La journée commençait par une surprise, puisque les Citizens n’ont pu faire mieux que match nul sur la pelouse de Wolverhampton dans un match très relevé. Les Wolves ont certainement réalisé ce qu’il y avait de mieux à faire face à ce Manchester City. À savoir une prestation pleine d’abnégation et de sérieux illustrée par : un pressing périodiquement agressif sur le porteur du ballon et plus particulièrement sur Gundogan et Fernandinho, qui ont perdu des ballons importants, un bloc regroupé qui a su subir grâce à une défense centrale solide et des transitions offensives rapides en appuyant sur les points faibles de la défense de Manchester, Kompany et Mendy (par ailleurs excellent offensivement). Cependant, les Citizens auraient du logiquement l’emporter. Ces derniers n’ont pas été réalistes, voire carrément malchanceux. Après avoir touché plusieurs fois les montants de Rui Patricio et manqué d’autres grosses occasions, City a en effet encaissé un but de la main de Boly qui aurait du être refusé. Avant l’égalisation de Laporte, un pénalty aurait même pu être accordé aux Citizens. Score final, 1-1. Manchester City a de quoi être frustré. Mais la performance des Wolves ne doit pas pour autant être sous-estimée.

Arsenal marque ses premiers points de la saison après une victoire dans la douleur face à West-Ham (Source : Getty Images) 

De son côté, Arsenal a marqué ses premiers points de la saison. En regardant seulement le tableau d’affichage (3-1 pour les Gunners), on pourrait croire que ces derniers se sont imposés sans trop de difficultés. En réalité, Arsenal a vécu un match difficile, surtout en première période. A l‘Emirates, c’est en effet West-Ham qui domine, et largement.

Les joueurs d’Emery, en grandes difficultés défensivement et à la relance, subissent des vagues et encaissent donc logiquement le premier but du match sur une frappe à l’entrée de la surface d’un Marco Arnautovic remuant. Mais comme face à Chelsea, cette équipe d’Arsenal plie mais ne rompt pas et fait preuve d’un répondant presque bluffant. Monreal égalise sur un centre (contré) d’un Bellerin catastrophique défensivement, tout comme son compère Mustafi. Mais cette égalisation ne calme pas les Hammers, tout proches de reprendre l’avantage juste avant la pause. 1-1 à la mi-temps, miraculeux pour les Gunners.

West-Ham aurait du mener largement et a laissé passer sa chance. Car Arsenal, bien qu’en rodage, reste une équipe contre laquelle il ne faut pas rater ses opportunités. En plus, quand la chance s’y mêle… Le centre de Lacazette, entré à la pause, est dévié par Diop dans son propre but. Arsenal, bien meilleur depuis le retour des vestiaires, prend l’avantage, se libère complètement et se procure même plusieurs occasions qui auraient pu mener à un break et à une libération bien plus tôt. West-Ham ne reviendra pas, touché par la sortie sur blessure d’Arnautovic et par un manque de réalisme criant. Arsenal, sous la menace d’une égalisation, est finalement libéré par Welbeck qui fait le break dans le temps additionnel, illustration du coaching gagnant d’Unaï Emery durant cette rencontre. Premiers points pour les Gunners qui s’imposent logiquement en deuxième période mais qui auraient pu perdre ce match en première. Tout l’inverse du match à Stamford Bridge le week-end dernier.

Tottenham rejoint la tête, MU sombre 

Ce lundi soir, pour clôturer cette belle troisième journée, se jouait à Old Trafford une affiche classique du championnat anglais, Manchester United contre Tottenham. Un Manchester sur qui pesait déjà beaucoup d’attentes, après une défaite la semaine dernière à Brighton. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que MU répond présent d’entrée. Les Reds-devils réalisent en effet un début de match et plus globalement une première mi-temps très aboutie. Pressing intense, duels gagnés, récupérations hautes, transitions rapides, les joueurs de Mourinho affichent une détermination que l’on retrouve souvent face aux membres du top 6, mais presque inhabituelle autrement. Choisiraient-ils leurs matchs ? En tout cas, ce MU est séduisant et intense, mais imprécis, trop imprécis. Romelu Lukaku manque d’ouvrir le score à plusieurs reprises, dont une énorme occasion face au but vide, après avoir éliminé un Hugo Lloris fantastique (et sobre) hier soir. Le score est de 0-0 à la mi-temps, Manchester aurait pu mener à plusieurs reprises et peut s’en vouloir.

Kane et Lucas plongent Manchester United et José Mourinho dans le début d'une crise (Source : Getty Images)
Kane et Lucas plongent Manchester United et José Mourinho dans le début d’une crise (Source : Getty Images)

Les Spurs eux ont énormément de mal, gênés par le pressing et le défi physique imposé par MU. Les ballons ne ressortent pas, et quand ils ressortent enfin, la gestion des offensives dans les trente derniers mètres laisse à désirer avec notamment Alli, Lucas et bizarrement Eriksen assez brouillons en début de rencontre. Mais point positif, même si elles ne sont pas bien gérées, les situations offensives ont le mérite d’exister. La défense centrale de Manchester United (Jones-Smalling aidée par Herrera sur certaines phases) semble friable et on se demande ce qu’il pourrait arriver avec un peu plus de justesse du côté des Spurs. Malheureusement pour les mancuniens, c’est le scénario de la deuxième mi-temps. Tottenham fait ce que Manchester n’a pas su faire. Les Spurs font enfin preuve de réalisme et de justesse dans les trente derniers mètres et assassinent par deux fois des mancuniens trop faibles défensivement (Kane puis Lucas Moura)Ces derniers, déjà sur un fil mentalement et en manque de confiance, accusent le coup et ne reviendront pas. Lucas inscrira même un troisième but fantastique, après s’être joué de Smalling, symbole de l’apathie défensive de United ce soir là.

Score final, 0-3 pour Tottenham qui rejoint les trois équipes déjà à neuf points (Liverpool, Chelsea et Watford). De son côté, Manchester United se voit infliger sa deuxième défaite consécutive et ne sort pas de la tourmente, avant un déplacement à Burnley s’annonçant déjà capital le week-end prochain. United a montré de bonnes choses, mais les problèmes défensifs (récurrents) et le manque de confiance globale de l’équipe pourraient rapidement devenir insurmontables.

Résultats et classement  

Les résultats de la troisième journée (Source : @premierleague sur twitter)
Les résultats de la troisième journée (Source : @premierleague sur twitter)

Et le classement, après trois journées (Source : @ActuFoot_ sur twitter)
Et le classement, après trois journées (Source : @ActuFoot_ sur twitter)

L’homme et le but de la journée 

Pour désigner l’homme de cette troisième journée, il fallait certainement attendre l’affiche de ce lundi entre Manchester United et Tottenham, ce genre de matchs permettant souvent la réalisation de grandes performances individuelles. Cela n’a pas manqué. Avec un doublé (à Old Trafford s’il vous plaît) et une performance complète, Lucas Moura offre une victoire capitale à son équipe et devient par la même occasion notre homme de la troisième journée.

Un petit résumé de la performance individuelle de Lucas à Old Trafford

Concernant le but, c’est Jean-Michael Seri qui remporte la palme. Son tout premier en Angleterre, et de quelle manière ! Première victoire de la saison pour Fulham (4-2) face à un Burnley éprouvé après ses tours préliminaires d’Europa League, mais qui inquiète tout de même un petit peu.


La décla’ de la semaine

Comme la semaine dernière et comme probablement pour de nombreuses autre fois, c’est notre ami José Mourinho qui a encore fait preuve d’imagination en conférence de presse après la défaite face aux Spurs. On adore. (Source : @Bruno_Constant sur Twitter) 

L’auteur

Célestin

Célestin

Célestin pour les uns, Hazpi pour les siens. Par filiation paternelle, fan d'un club bleu de l'ouest londonien instable (donc drôle et attachant) en conflit avec le gouvernement anglais. Habitué du Bridge depuis l'adolescence et bercé par les Lampard, Terry et Drogba, je cherche désormais à ne pas faire d'AVC à chaque contrôle de Bakayoko.