Day-Brief

Premier League’s back, episode 4 : avantage Gunners

Retour sur quelques matchs de la quatrième journée de Premier League, depuis son tant attendu restart !

Comment Arsenal a surpris les Wolves (0-2) ?

Vainqueurs de Southampton (2-0) et de Norwich (4-0) les Gunners misaient une belle partie de leurs espoirs européens face à Wolverhampton. D’entrée, l’attaque des Wolves peine à exploiter les espaces, face à un bloc d’Arsenal qui défend admirablement la largeur et la profondeur de son camp. Dans cette configuration, la première grosse occasion n’arrive qu’après la demi-heure, en faveur des Gunners. Au terme d’une action entre Saka et Xhaka, la reprise de Nketiah est repoussée sur son poteau par Rui Patricio. Une situation à l’image des matches de Saka et Nketiah, disponibles pour combiner au cœur du jeu et solides pour conserver le cuir dans le camp des Wolves. Avant la mi-temps, ces derniers répliquent sur un coup-franc mal coordonné entre Moutinho, Neves et Saïss. L’occasion concédée ensuite est payée cash. Trouvé dans l’axe par Soares, Aubameyang lance Tierney côté gauche. Le centre de l’Ecossais atteint Saka, dont la reprise Bergkampienne meurt dans la lucarne opposée de Rui Patricio (1-0, 44e). 1er but en Premier League pour l’ailier de 18 ans, récemment prolongé jusqu’en 2024 et leader offensif des Gunners samedi.

Depuis le Restart, Wolverhampton a marqué 3 de ses 4 buts sur des centres venus de la droite. Le cap à suivre était tout trouvé au retour des vestiaires. Fidèle à ses cuisses, Traoré dépose tout le monde côté droit et centre au second poteau, mais Jimenez manque le cadre de la tête (51e). Arsenal fait (a)voeux de défense, en sont témoins les phases défensives en bloc bas et les dégagements multipliés jusqu’à l’heure de jeu. Coup sur coup, David Luiz contre la frappe pondue par Jota au terme d’une rush solitaire (62e), puis le cadre se dérobe sur le ballon piqué tenté par Traoré devant Emiliano Martinez (63e). Mikel Arteta lance du sang neuf à des moments stratégiques. Bellerin et Willock entrent à 20 minutes du terme, Lacazette les suit 10 minutes plus tard. Sur une touche du latéral espagnol, le milieu anglais pénètre dans la surface et trouve le buteur français au premier poteau. L’attaquant élimine Coady sur son contrôle et clôture la messe d’une frappe croisée au deuxième poteau (2-0, 84e). Privé d’espaces et d’occasions par son adversaire, Wolverhampton est resté inefficace. Poker gagnant pour Arteta, dont le 3-4-3 et la résolution défensive ont décroché le résultat escompté. Un réalisme à ré-employer ce soir face à Leicester (21h15), dans un nouveau choc pour la course à l’Europe. Une bise à Nicolas Pépé et à sa femme, absents au match pour la venue au monde de leur premier enfant.

 

Chelsea maintient Watford dans le doute (3-0)

Pas moins d’enjeu pour clôturer la soirée de samedi à Londres, entre des Blues qui venaient de louper une marche à West Ham (2-3) et des Hornets à un point de la zone rouge. Exit Rudiger et Abraham, honneur aux Français Zouma, Giroud et bien sûr Kanté dans le XI des Blues. Dès le 1er quart d’heure, Chelsea appuie sur l’accélérateur, mais le coup-franc de Giroud et les tentatives de Willian n’inquiètent ni le mur (5e), ni les gants de Ben Foster (15e). Encore mis en échec par Foster (18e), Giroud n’attend pas la demi-heure pour remercier Franck Lampard de sa confiance. Touché par Mount devant la surface et entouré de défenseurs, Barkley adresse une passe d’horloger pour le Français, dont la frappe croisée file sous le tacle de Dawson et au ras du poteau de Foster (1-0, 28e). 

L’absence de Jorginho dans le 11 des Blues fut compensée par Mount et Barkley, dont les décrochages assurèrent la fluidité du jeu des leurs. Systématique depuis le Restart, le rôle de remplaçant de l’Italien sera expliqué par Lampard, qui affirme compter encore sur lui : “Il a été très professionnel alors qu’il joue peu. Il veut jouer comme tout le monde. Il a bien géré cette situation. Nous verrons avec ma sélection demain, mais le choix va dépendre de la tactique comme d’habitude“. Revenons au terrain. Avant la mi-temps, Watford concède trois coups de pieds arrêtés. Les deux premiers sont des coup-francs (37e, 41e), le troisième est un penalty provoqué par l’intenable Pulisic et transformé par Willian (2-0, 43e). 3ème but en deux matches pour le Brésilien, déjà buteur sur penalty sur coup-franc contre West Ham. Dos au mur, Watford et Nigel Pearson lancent Welbeck à la place de Capoue (58e), puis Deeney à la place de Peyreyra (64e). Choix presque gagnant en fin de match, mais Kepa s’impose joliment devant le premier entrant (81e).

Loftus-Cheek manque d’être décisif en sortie de banc, en reprenant un centre de Reece James juste au dessus des cages de Foster (87e). Dernier espoir pour Watford, encore grâce à Welbeck qui dépasse Christensen le long de la ligne de but et sert Hughes en retrait, incapable de cadrer sa reprise dans les 6 mètres (90e). Chelsea parachève son succès sur l’action suivante. Auteur d’une belle protection de balle devant la surface, Loftus-Cheek décale Pulisic puis Azpilicueta côté gauche, dont le centre est repris instantanément par Barkley, pied gauche. Lucarne, rideau (3-0, 90e). Chelsea se reprend et reste au contact du podium. Toujours un point devant la zone rouge, Watford vivra une course au maintien étouffante jusqu’au bout.

Les Foxes croquent les Eagles (3-0)

Embourbés dans un jeu stéréotypé et très peu dynamique, les Foxes de Leicester recevaient Crystal Palace dans l’espoir de se donner un peu d’air face à la montée en puissance de cadors du traditionnel Big Six tels qu’Arsenal mais surtout Manchester United, qui pouvait revenir à égalité de points en cas de déconvenue. De leur côté, les coéquipiers de Mamadou Sakho, englués dans le ventre mou du classement, pouvaient espérer se relancer dans une course à l’Europe encore possible mathématiquement. Rodgers, non convaincu de son 4-3-3 traditionnel, innovait en présentant un 3-5-2, associant un Jamie Vardy en manque de réalisme (2 buts sur ses 14 derniers matchs), avec un Iheanacho convaincant lors de son dernier match. Pereira, forfait, tout comme Maddison était logiquement remplacé, dans l’axe, par James Justin, en forme depuis le retour à la compétition. De son côté, Roy Hodgson imposait son 4-4-2, avec le retour notable de Benteke mais aussi la titularisation de l’ivoirien Zaha, auteur de 2 buts sur ses 3 dernières rencontres contre les Foxes.

La bête noire des Foxes (une seule victoire depuis 2017) commençait la rencontre en repli sur son but tandis que Leicester, fidèle à son attitude depuis la reprise, avait du mal à rentrer totalement dans le match. Malgré une belle frappe de Justin sur la barre transversale et un coup franc millimétré de Milivojevic, les deux équipes rentraient aux vestiaires sous le coup de sifflet de Jon Moss sur un triste et timide 0-0 pour la fin du premier acte. Tout se décantait en seconde période, Leicester, réveillé par Rodgers à la pause, augmentait la pression et faisait céder une première fois les Eagles sur une grossière erreur de Guaita (49′). Le manque de mordant offensif de Palace s’expliquait aussi par le réajustement tactique de Rodgers, faisant rentrer Bennett en début de seconde période pour structurer la défense. Malgré quelques maigres occasions sur coup de pied arrêté, les Eagles ne pouvaient empêcher la tornade Harvey Barnes d’entrer en action. Remplaçant Albrighton à un quart d’heure du terme de la rencontre, il profitait d’une erreur grossière de Sakho puis d’une défense de Palace trop tendre pour adresser deux caviars à Jamie Vardy (77′ et 94′), qui fêtait alors son entrée dans le club très fermé des joueurs ayant marqué au moins 100 buts en Premier League. La rencontre se terminait alors sur une victoire nette des Foxes qui peut être considérée comme l’arbre qui cache la forêt ou alors la victoire idéale pour relancer la dynamique, les Eagles de leur côté, n’avaient pas le cœur à l’ouvrage et semblent déjà avoir l’esprit tourné vers la saison prochaine.

Jamie Vardy, buteur et auteur de son 101e but en Premier League samedi face à Crystal Palace. © PA Images / Icon SportKing Power Stadium – Leicester (Angleterre)

Newcastle – West Ham : Les Hammers se rapprochent du maintien (2 – 2)

La belle semaine de West Ham se poursuit. Trois jours après avoir battu Chelsea au stade Olympique (3-2), les Hammers ont fait un pas de plus vers le maintien en décrochant un nul sur la pelouse de Newcastle (2-2). Les choses débutaient d’ailleurs parfaitement pour les coéquipiers de Declan Rice : dès l’entame, Antonio profitait d’une intervention complètement manquée de Lascelles pour ouvrir le score à bout portant après un contre rondement mené. Profitant d’un excellent ballon au second poteau de Jarod Bowen, l’un des hommes en forme des Irons, Antonio inscrivait son deuxième but en deux matches (1-0, 4e). Mais la joie n’était que de courte durée et Newcastle ne tardait pas à réagir. Sur leur premier vrai mouvement offensif, les très pragmatiques Magpies trouvaient la faille. Permutant avec Joelinton sur l’aile droite, Alan Saint-Maximin décalait sur sa droite un autre ancien de Ligue 1, Emil Krafth, qui adressait une passe délicieuse au premier poteau. Profitant de l’offrande, Almiron jaillissait et poussait le cuir au fond des filets de Fabianski (1-1, 17e). Dominateurs mais pas vraiment dangereux, Newcastle vivait une fin de premier acte plus délicate. Omniprésent, Bowen amenait constamment le danger dans les derniers mètres adverses, adressant une flopée d’excellents centres vers le point de penalty. C’est aussi l’ancien de Hull qui obligeait Dubravka à la parade, déviant malicieusement une frappe lointaine de Fornals (33e).

Au retour des vestiaires, West Ham reprenait sur le même rythme, laissant la possession aux Magpies tout en se projetant en nombre en contre. Bien en place, les Hammers étaient récompensés peu après l’heure de jeu. Sur un corner parfaitement botté par Bowen, la tour de contrôle Declan Rice plaçait sa tête sur la barre. A la retombée, Soucek reprenait et redonnait l’avantage aux siens (2-1, 65e). Là encore, il s’agit du 2e but en 2 matches pour le Tchèque, buteur face à Chelsea. Profitant de l’euphorie générale, Newcastle faisait à nouveau parler son froid réalisme pour égaliser coup sur coup. Une minute plus tard, Shelvey égalisait, profitant du relâchement adverse juste avant le water break (2-2, 67e). Alors que Gayle semblait en position de hors-jeu, le milieu espagnol sollicitait le une-deux avant de tromper Fabianski. Les ralentis montreront que Gayle était couvert par le mauvais replacement de Cresswell dans le couloir gauche. Malgré une fin de match où West Ham aura poussé jusqu’au bout pour arracher les 3 points, plus rien ne sera marqué dans la rencontre. La faute notamment à un Dubravka (comme souvent) impérial dans le but de Newcastle. Au classement, les hommes de David Moyes ont pris de la reprise – et en l’espace de 3 jours – 2 fois plus de points qu’Aston Villa (18e) et 4 fois plus que Watford (17e), deux de leurs principaux concurrents pour le maintien. Avec désormais 31 points au compteur, les Hammers ne sont plus très loin d’assurer leur maintien au sein de l’élite.

David Moyes et ses hommes ne sont plus très loin d’un maintien en Premier League. © PA Images / Icon Sport – St. James Park – Newcastle (Angleterre)

Liverpool-Aston Villa : Le champion se reprend (2 – 0)

Trois jours après avoir subi la loi du champion sortant Manchester City, Liverpool s’est bien repris dimanche sur sa pelouse d’Anfield (2-0). Accueillis par une haie d’honneur de son adversaire du jour, Aston Villa, les Reds ne pouvaient toutefois pas profiter de la fête dans un Anfield toujours à huis-clos, Covid-19 oblige. Et dans un match assez pauvre, où il ne faisait pas bon être daltonien (Liverpool évoluant en rouge et Villa en vert), le néo-tenant du titre s’est quelque peu rassuré, s’imposant sur ses terres. Pourtant, Liverpool n’a pas vraiment forcé davantage que face à City quelques heures plus tôt (0-4). Avec un rythme de sénateur ayant déjà assuré l’essentiel, le club du Nord-Ouest de l’Angleterre a tranquillement géré la rencontre face à un mal classé. Car les Reds sont en roue libre depuis deux matches. Et leur rigueur avec. Dominateurs mais imprécis, les hommes de Jurgen Klopp restaient muets en première période face à des Villans disciplinés tactiquement, calquant le schéma qu’avait proposé Pep Guardiola jeudi dernier. Bien en place défensivement, les remuants Villans se montraient sur des contres pas toujours bien menés. 0-0 à la pause.

Au retour des vestiaires, Villa poursuivait sa bonne marche chez le champion en titre. Grealish, finalement hors-jeu, alertait la défense de Liverpool d’une frappe repoussée par Allison (51e). Et à l’heure de jeu, Jurgen Klopp faisait entrer ses trois bons soldats, Henderson, Wijnaldum, Firmino. Comme par magie, le milieu des Reds se montrait plus consistant, sûr de sa force. Au retour du water break (64e), ce qui devait arriver arriva. Sur un bon ballon de Keita depuis l’arrête gauche de la surface, Sadio Mané jaillissait devant Taylor pour expédier le ballon au fond des filets de Pepe Reina, de retour à Anfield pour l’occasion, après avoir heurté la barre transversale (1-0, 71e). Un but qui venait récompenser l’outrageuse domination des Reds, proche des 75% de possession de balle. Reina sauvait son camp 5 minutes plus tard, sortant une frappe soudaine de Salah (76e). Mais ce n’était que retarder l’échéance. Entré en jeu quelques 3 minutes plus tôt, le jeune Curtis Jones (19 ans) entérinait la victoire des Scousers d’une demi-volée à bout portant, après une belle remise de la tête de Salah (2-0, 89e). Le tout premier but en Premier League de la pépite anglaise. Suffisant pour assurer le 29ème succès de Liverpool cette saison.

A peine entré en jeu, Curtis Jones célèbre avec ses partenaires son premier but en Premier League, face à Aston Villa. © PA Images / Icon Sport – Anfield Road – Liverpool (Angleterre)

Norwich City – Brighton : Les Seagulls prennent le large (0 – 1)

En déplacement chez le dernier de Premier League Norwich, Brighton se devait de ramener des points de Carrow Road. Dans un match difficile, les Seagulls ont réussi à arracher la victoire et comptent désormais 36 points après 33 journées de championnat, égalant par ailleurs leur total de point de la saison précédente. 

Resté sur cinq défaites d’affilé depuis la reprise, Norwich City se devait de gagner face à un concurrent direct pour le maintien. Dans une première période maitrisée, les hommes de Graham Potter ont réussi à prendre l’avantage par l’intermédiaire de Leandro Trossard dès la 25èmeminute à l’issue d’une superbe action collective initiée par Aaron Mooy. En deuxième mi-temps, les Canaries sont ressortis des vestiaires avec de nouvelles intentions, conscients de l’importance de ce match. Malgré cette domination, les coéquipiers de Teemu Pukki n’ont pas réussi à revenir dans la partie, en raison notamment d’un gros manque d’efficacité en attaque. L’homme du match est sans aucun doute le jeune Tariq Lamptey, encore auteur d’un match complet. Le joueur de 19 ans a été transféré de Chelsea FC l’année dernière, une très bonne affaire pour les Seagulls qui ont récupéré un joueur très prometteur. 

Graham Potter s’est réjoui de ce résultat, absolument indispensable pour son équipe : « C’est un de ces jours où le résultat est le plus important. Pour obtenir trois points et une feuille blanche, il faut un peu de chance, et nous l’avons eue à la fin. Mais nous sommes absolument ravis. Il nous reste encore cinq matchs à jouer et nous nous battons encore pour les points. »

Grâce à cette victoire, Brighton a quasiment validé son maintien dans l’élite même si cela n’est pas encore mathématiquement fait. Concernant Norwich City, la descente en Championship ne fait quasiment plus de doute, il faudrait un miracle pour que les hommes de Daniel Farke restent dans l’élite l’année prochaine. 

La grimace de Daniel Farke, de nouveau battu face à Brighton. Norwich est quasiment condamné dans son opération maintien. © Focus Images / Icon Sport – Carrow Road – Norwich (Angleterre)
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